Bien au-delà de l'écran... certaines ombres demeurent !
du philosophe Pierre-Michel KLEIN
Intouchables
Philosopher, c'est s'étonner. Souvent des choses les plus familières, qui passent inaperçues bien qu'elles composent l'essentiel de nos vies, comme le temps qui passe, l'espace que l'on traverse, le hasard que l'on croise, les décisions que l'on prend etc. Mais c'est aussi s'étonner d'événements immédiatement déconcertants, dont on ne sait pourquoi ils nous frappent. Sans doute portent-ils quelque chose d'essentiel, mais quoi? Pourtant ils nous étonnent, et cela ne vient sans doute pas d'une soudaine envie de philosopher, plutôt d'une sorte de source souterraine, dissimulée dans l'événement lui-même. Appelons cela son « secret », assez caché pour empêcher de l'identifier, et suffisamment présent pour qu'il nous impressionne. Voici un exemple : l'étonnant succès du film « Intouchables ».
Partons donc à la recherche de son secret. Mais faisons-le plutôt à la manière d'Auguste Dupin, personnage de « La lettre volée » d’Edgar Poe, où ce policier amateur comprend que la lettre introuvable, intouchable en quelque sorte, échappait aux recherches justement parce qu'elle se trouvait placée en évidence, sous son nez, négligemment mêlée à quelques papiers indifférents qui en neutralisaient l'importance.
D'abord éliminer les fausses pistes. Présence des acteurs, justesse de la réalisation, du montage etc. Dans d'autres films on est évidemment aussi bon, et le succès ne suit pas à ce point. La tendresse de l'histoire alors ? Belle comme un conte, soit. Mais ce qui nous importe ici est ce qui nous étonne en elle, non ce qui nous émeut.
Appelons les comparaisons à notre secours. Il y a des succès dits « populaires » analogues, étonnants eux aussi, quoique dans un tout autre genre. Par exemple la « madeleine de Proust ». Admettons qu'à peu près personne n'a lu le passage en question. Or tout le monde connaît cette fameuse madeleine. De même à peu près personne n'a vu Hamlet au théâtre. Mais tout le monde peut reprendre en chœur « Être ou ne pas être... ». Ou encore « je pense, donc... » etc. Voilà une piste : peut-être y a-t-il dans « Intouchables » une phrase de ce genre ? A moins qu'il ne s'agisse de ce que nous pourrions nommer un phrasé cinématographique, si simple et puissant qu'il s'arrache à tout contexte pour imposer sa force étrange, infiniment au delà des mots et du sens.
Quel est donc le « je pense donc... » ou le « Être ou... » de « Intouchables » ?
Trois hypothèses pour un secret
Première hypothèse, celle qui vient immédiatement à l'esprit : la tétraplégie, arrestation physique de l'un des deux personnages principaux. Ce n'est pas là une « phrase », mais un aspect bien sûr essentiel et dramatique du récit. On pourrait penser que la peur d'être frappé d'une telle impotence, d'une telle impuissance, d'une telle dépendance suffirait à expliquer le succès du film : par la « catharsis » que celui-ci déclencherait, cette sorte d'effet purgatoire que produit sur le spectateur l'impact libérateur de son émotion esthétique, et dont quelques rires (devant telle ou telle scène) sembleraient d'ailleurs faire signe. Sur ce point sans nul doute, un succès. Soit ; mais pourquoi un succès si immense ? C'est cette immensité qui reste étonnante. Car enfin tout le monde n'est pas à ce point effrayé par les risques de l'exercice du parapente. La tétraplégie renvoie à autre chose, mais à quoi ?
Deuxième hypothèse, le chômage, arrestation sociale de l'autre personnage. Celui-ci reflète le désarroi, la détresse, la violence potentielle que nourrit cette exclusion; mais aussi il semble contenir tout cela, manœuvrer sa condition comme il conduit la voiture, à tombeau ouvert, sans permis, mais sans perdre le contrôle et sans accident.
Soit. Mais observez la salle, entièrement pleine semaines après semaines : pour évacuer, le temps d'un soir, un « problème de société » ? Aussi grave soit-il, aussi nombreux soient ceux qui sont directement ou indirectement touchés, c'est sans doute cela qu'ils regardent, mais est-ce cela qu'ils voient ?
Troisième hypothèse, tout dans le film paraît façonné pour renvoyer d'une paralysie à l'autre, de l'arrestation physique à l'arrestation sociale et inversement, mais par le biais du récit de leur dite « improbable rencontre » : le pauvre riche et le riche pauvre, aucun des deux ne se voyant débarrassé par l'autre de ce lourd attribut, d'être socialement riche et physiquement pauvre, ou bien physiquement riche et socialement pauvre ; mais chacun découvrant, par l'amitié, l'humanité pure et simple, ni riche ni pauvre... Deux intouchables se touchant. C'est là l'évidence du film, l'évidence de ses mots, l'évidence de son sens.
Une évidence qui n’est pas totalement satisfaisante…
Oui. Mais une évidence ne suffit pas à déplacer vingt millions de personnes, une population tout entière. N'oublions pas que c'est peut-être une telle évidence qui accompagne la force de « je pense donc je suis », de « être ou ne pas être », mais que ce n'est sûrement pas elle qui la fait naître et qui la fait vivre, bien au delà du sens des mots et des images. Il y a peut-être là un phrasé très simple et étrange, quasi musical, à la manière des quatre premières notes de la cinquième symphonie de Beethoven : « Pom Pom Pom Pom... » Quel est donc le phrasé cinématographique de « Intouchables », quel est donc son « Pom Pom Pom Pom » bien à lui ?
Poursuivons la recherche, cette fois en mobilisant les rappels, en recoupant les ressemblances. Souvenons-nous, un film eût un succès analogue dans les années soixante-dix (de moindre ampleur cependant) : « Vol au dessus d'un nid de coucou ». Un homme seul en lutte contre l'oppression de l'institution psychiatrique. L'institution aura le dernier mot, ou presque : la dernière image est celle d'une évasion (celle de son grand ami indien). Arrestation ; évasion. Autre film, cette fois des années quatre-vingt : « Le grand bleu ». Un homme plonge en apnée, durant le film entier. Il s'arrête de respirer, d'abord provisoirement, et puis définitivement à la fin : après une courte hésitation, il décide de suivre son vrai destin (son grand ami dauphin) au fond de la mer. Arrestation ; évasion.
Nous voici au seuil de l'an 2012, double arrestation : chômage et puissance d'une part, richesse et impotence d'autre part, l'une renvoyant à l'autre. Cela pourrait bien symboliser l'état de notre monde occidental. Mais l'amitié, (la solidarité ?) permet l'évasion. Sorte à sa manière d'évasion au fond de la mer ? Non. Car dans les deux premiers exemples, le personnage sombre corps et bien dans la mort. Dans « Intouchables », les personnages se retrouvent à la toute fin du film devant la mer, qu'ils contemplent longuement ; et la scène ultime montre l'arrêté devant une femme, non pas dans la mort, mais devant la vie. Devant seulement, mais devant tout de même.
Un curieux secret nous est confié…
Nous sentons que nous sommes bien proches de la lettre volée, bien près de découvrir le secret. Elle doit sûrement se trouver sous nos yeux, sous notre nez. Devant la mer,...devant une femme,...l'immensité du succès populaire...voyons. Le tétraplégique a la tête immobile, toujours rivée de sorte que ses yeux regardent devant...DEVANT. Le secret n'est pas la mer, ni la mort, ni la femme, ni l'ami Le secret est devant la mer, devant la mort, devant la femme, devant l'ami. Voilà la lettre. Reste à la déchiffrer.
L'entreprise est périlleuse, mais après tout on peut considérer un immense succès populaire comme une sorte d'augure impersonnel, bon ou mauvais, expressif à sa manière de l'état d'un monde et de ce qui lui pend au nez. Cela sans jugement de valeur, comme cela, débrouillez-vous. C'est ce qui le distingue d'un prophète, qui est personnel et qui vous montre du doigt là où il est bon d'aller. Donc nous voici devant, mais nous pouvons décliner bien des objets devant lesquels l'augure nous dit que nous sommes : devant un écran (celui du film déjà), devant les écrans (un peu partout), devant la faillite économique (qui n'en finit pas de s'annoncer, au point que certains affirment que nous sommes en plein dedans), devant la menace nucléaire, devant l'Europe (sommes-nous dedans ou dehors ?), devant l'Euro (cette monnaie qui pourrait bien nous filer des doigts)... Nous ne trouvons pas dans quelque part (heureusement, nous ne sommes pas en guerre, et quant à nous pas dans la misère pandémique, pas dans la famine, pas dans la mort). Mais nous nous trouvons à peu près tous devant on ne sait où, là où nous irons forcément mais on ne sait comment, d'autant que nous croyons à peine ceux qui pourraient savoir, et encore moins ceux qui nous proposent de nous y mener.
Devant. Drôle de secret. Le film nous remet cette lettre, et il faut bien sortir de la salle avec elle. Avec devant. Dehors.
2012: allez-vous vraiment convoler et sabrer le champagne ?
Sens, non-sens, contre-sens et sens
interdits : revenons enfin à la réalité
Par François LEGER
Certes, je ne voudrais en aucun cas gâcher la fête générée par le Réveillon et le Jour de Noël, qui sont traditionnellement des réunions de famille, et par le passage de l’année 2011 à cet An de Grâce 2012 qui est bien évidemment, pour la plupart d’entre nous, porteur de bien beaux espoirs… Non, je ne veux pas faire en sorte de ne pas vous laisser vivre ces instants magiques qui viennent à vous en ce mois de janvier, mais au contraire essayer de vous apporter ici mon cadeau pour la nouvelle année, un cadeau qui paraîtra probablement désuet à certains d’entre vous puisque ce cadeau n’est autre que cette rubrique linguistique qu’ils ont vue apparaître dès le mois d’octobre sur ce site.
Mais, en revanche, son contenu sera fait de l’évocation de doux moments de la vie. Si j’ai employé d’emblée l’expression « En revanche » et non pas « Par Contre », c’est pour faire un clin d’œil aux lecteurs de ce site qui m’écrivent parfois à la suite d’un pari entre amis pour me demander de leur dire quelle est l’expression correcte et de leur en donner les raisons… Ce sera donc là mon premier cadeau de cette rubrique ! 
Je passerai rapidement sur les ouvrages de référence qui ne semblent guère intéressés par cette question et constitueront en quelque sorte le papier d’emballage du cadeau vous donnant une certitude.
De fait, si vous consultez le Larousse 2008 en cherchant le mot « contre », vous trouverez indiqué « Par contre » comme locution adverbiale avec la définition : « En revanche, à l’inverse ». Heureusement, l’ouvrage fait tout de même une remarque en indiquant « La locution « Par contre » a longtemps été critiquée » mais vous ne saurez pas pourquoi et il est inutile de regarder au mot « revanche » car vous ne serez pas plus riche de savoir.
Vous trouverez pratiquement la même explication, exprimée en d’autres termes, dans le dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française (par Paul Robert), édition de 1970. Mais point de remarque quant à la correction de son emploi.
Le dictionnaire historique de la langue française s’est intéressé un peu plus à la chose puisqu’il indique : « Il semble ici que cette locution adverbiale courante « Par contre » (apparue au milieu du XVIème siècle) soit critiquée par les puristes qui recommandent « En revanche » ou « Au contraire ». Et, de noter qu’elle a été défendue par des écrivains comme André GIDE qui estime que « en revanche » peut ne pas convenir.
Voilà déballé votre cadeau puisque vous allez découvrir une position beaucoup plus déterminée qui est celle du dictionnaire des difficultés de la langue française (Edition de 1995). Ici, les choses sont on ne peut plus claires puisque l’on peut lire dans cet ouvrage incontournable : « La septième édition du dictionnaire de l’Académie (de même que Littré) classait «Par contre » dans le style commercial. Le passage relatif à cette locution a été supprimé dans la huitième édition (édition actuelle), ce qui laisse à penser que l’Académie n’admet « Par contre » en aucune façon. » Toutefois, cet ouvrage reconnaît que l’on trouve cette locution adverbiale chez de bons écrivains.
Mais, il met fin au débat en écrivant : « Ceux qui ne veulent pas se mettre en désaccord avec l’Académie pourront employer les synonymes « en revanche », « en compensation », « du moins, « au contraire » !
Le temps de sabler le champagne est venu…
C’est dire que les « parieurs » m’ayant contacté et ayant gagné peuvent aujourd’hui sabler le champagne comme ils l’ont fait, déjà, au 1er de l’An….
Que nenni ! Il n’est point ici de faute de frappe, j’ai bien parlé de « Sabler le champagne » et vais m’en expliquer…
Je sais que la plupart des gens nous parlent de « sabrer le champagne », mais… Mais, en premier lieu, dans le dictionnaire historique de la langue française, ne figure en aucun cas la formule « sabrer le champagne ». En revanche, il nous spécifie : « Par allusion au métal en fusion versé dans le moule, SABLER a signifié « boire d’un trait » (1695) et vit encore au XIXème siècle ». Dernière précision, il est à noter que, dès le milieu du XVIIIème siècle, « sabler le champagne » s’emploie pour « boire du champagne en abondance ».
Le Robert pour tous (édition de 1994) est peu loquace à ce sujet tout en indiquant : « Sabler le champagne : boire du champagne lors d’une réjouissance ». Mais il n’évoque pas l’expression « sabrer le champagne ».
Le petit Larousse 2008 ne veut pas, quant à lui, se faire d’ennemis puisqu’il nous indique : « Sabrer le champagne, ouvrir une bouteille de champagne en cassant le goulot d’un coup de sabre, de grand couteau, etc. » et « Sabler le champagne, boire du champagne à l’occasion d’une fête ».
Mais, Paul Robert est beaucoup plus sérieux en ignorant totalement « sabrer le champagne » dont l’existence n’est qu’une image d’Epinal…
Convoler peut-être, se marier plus sûrement
Vous avez sablé le champagne et comptez le sabler de nouveau lors de votre mariage ? Je ne vais pas vous demander si vous avez déjà été marié, ni quel est votre âge, mais simplement apporter quelques précisions qui pourront aussi vous faire « sabler » le champagne.
De fait, il semble de bon ton, à l’heure actuelle, de parler de ces gens qui « convolent en justes noces » dans une société où beaucoup de couples vivent sans être passés par la mairie, l’église ou le temple, ce qui ne regarde qu’eux. …
Alors, vous pensez bien que, lorsque des jeunes gens décident de se marier, certains parents se sentent libérés, heureux et veulent faire partager leur bonheur en employant une expression qui, pour eux, apporte plus de force au mariage : les jeunes gens « convolent en justes noces »… Et, les médias de suivre cette mode : qu’un jeune homme de dix-huit ans et une demoiselle de dix-sept ans convolent en justes noces ne gène absolument personne, cette expression étant devenue en quelque sorte « bon chic bon genre »…
Toutefois, lorsque vous aurez lu les lignes qui suivent, vous serez moins nombreux à « convoler en justes noces » et beaucoup plus nombreux à vous « marier » comme l’ont fait vos parents et amis !
L’explication tient en quelques lignes dans le dictionnaire historique de la langue française (Edition de 2010) qui nous dit, pour « convoler » : « Verbe intransitif emprunté (1417) au bas latin juridique CONVOLARER (se remarier) dans la formule « Convolare ad secondas nuptias » : se marier une seconde fois … le sens est proprement « voler ensemble » de « cum » (avec) et volare (voler). ». Puis, cet ouvrage de nous indiquer : « Le mot a été repris dans son acception juridique (convoler aux secondes noces) traduisant littéralement la locution latine. Il n’est plus employé que plaisamment dans la locution « Convoler en justes noces » et au sens de « se marier ».
N’est-il pas intéressant de retenir que cette formule n’est plus employée que « plaisamment » ?
La plupart de mes autres « bréviaires » se contentent d’expliciter cette formule par « se marier ».
Toutefois, on notera que le dictionnaire des difficultés de la langue française se montre très intéressé par cette formule à la mode. C’est ainsi que pour cette expression qu’il estime être employée par des gens pensant que l’expression est d’une véritable qualité littéraire, cet ouvrage de référence indique : « Convoler est un mot familier qui, selon l’Académie, ne signifie pas seulement se marier mais « contracter un nouveau mariage », « se remarier ». Et de donner quelques exemples avant de conclure : « On ne peut donc convoler qu’en deuxièmes, en troisièmes noces, etc. mais non en premières noces ».
C’est bon à savoir non ? Mais le principal est de vivre heureux et c’est le moment de «sabler le champagne » en faisant ce vœu : que votre vie pétille comme ce breuvage.
Crédits Photo: Anne Buissart.
Rameau poétique, où es-tu ?
Le coin des poètes
Avec Michel Martinez
Le grand Malherbe
L'honneur de ce métier, le glorieux Malherbe,
Ce chêne auprès duquel nous sommes tous brins d'herbe,
Sagace courtisan mais terrible censeur,
Jusque sur Henri Quatre exerçait sa rigueur.
Les dieux, dans le berceau de ce grand politique,
N'avaient point déposé le rameau poétique,
Et les plus durs efforts du plus juste des rois
Donnaient leur quintessence en des vers maladroits;
Ce n'étaient qu'hiatus, lourdeurs, inharmonies,
Vocables des faubourgs et rimes mal finies,
Et l'auteur sans égal des plus beaux vers français
Riait insolemment de ces tristes essais.
Tant qu'un jour le bon roi, croyant y voir malice,
Pour s'en venger un peu conçut un artifice :
On verrait bien des deux qui rirait le dernier.
Fier d'un sonnet conforme à son art coutumier,
"Interrogez, dit-il à quelque gentilhomme,
Malherbe sur ces vers; mais présentez-les comme
De votre invention car, s'il en sait l'auteur,
Il se croira tenu de faire le moqueur."
L'autre prend le sonnet, va trouver le poète.
Le vieux maître le lut, et, relevant la tête :
"Eh bien, s'exclama-t-il ricanant, par ma foi,
Il ne vaut guère mieux que les sonnets du roi !"
L'impossible, imaginaire réel de l'irréel ?
L’incompréhension a-t-elle ses limites ?
Par Daniel PAGNIEZ
Je ne vais pas user de la prose d’une célèbre Marquise dans ses courriers à l’adresse de sa fille, mais je dois vous conter l’aventure que j’ai vécue comme la plus extraordinaire, la plus incroyable, la plus imprévue, la plus invraisemblable, la plus insolite, la plus étrange, la plus déroutante, la plus incompréhensible, … dans le calme de mon quotidien.
Depuis quelque temps, la télévision diffusait à longueur de journée des annonces publicitaires fondées sur des références à ces bandes dessinées par Georges REMI, alias HERGE, dites « pour les jeunes de 7 à 77 ans », les « Aventures de Tintin »… Imaginez : 230 millions d’albums vendus sur toute notre planète ! Sur mon écran, m’était proposée la construction, au fil des semaines, d’une maquette reproduisant la frégate du XVIIIème siècle « La Licorne », vedette de l’album « Le secret de la Licorne », et une autre publicité évoquait les vertus d’une voiture automobile encadrée des personnages et des situations d’HERGE rappelant les différents albums du dessinateur… Je suis quelque peu « tintinophile » pour avoir été passionné par les exploits du petit reporter belge et ces annonces m’ont conduit à réveiller tant de souvenirs de jeunesse que je me suis dirigé vers ma bibliothèque pour y relire plus particulièrement ce « Secret de la Licorne », album remis en éclairage par ces messages de publicité. Je ne possède pas – hélas - la première version en noir et blanc parue en feuilleton dans le journal « Le Soir » de Bruxelles à partir du 11 juin 1942, me contentant - ô combien - de l’aventure réduite à 62 pages en couleur et publiée en 1943, mon album que je m’étais procuré à l’époque en Belgique.
J’ai donc prélevé de mes rayons cette onzième création d’HERGE qui, dit-on, était pour lui une œuvre maîtresse et, tout guilleret à l’idée de me rajeunir, encore que pour moi le seuil des 77 ans soit dépassé (!), j’ai ouvert l’album d’images dessinées qui n’avait pas trop souffert après les manipulations de nombreuses escouades d’adorateurs de Tintin et quelle ne fut pas ma gigantesque surprise ! Sidéré, hébété, stupéfié, j’ai constaté que, sur la première page et sur la deuxième, puis sur toutes les suivantes, les personnages avaient disparu, s’étaient envolés ou évaporés, avaient été escamotés ! Seuls dans les cases, à l’intérieur des bulles, les phylactères étaient intacts, bien en place… Qu’étaient devenus mes acteurs ? Où étaient donc passés les Tintin, Milou, les deux Dupondt, le capitaine Haddock et tous les autres ? Étais-je dans un délire onirique ?
Désorienté par une pièce jouée sans les acteurs…
Quelle était donc cette blague de mauvais goût ? Je suis resté longtemps à m’interroger, sans comprendre… Totalement désorienté devant l’incompréhension… Afin de ne pas passer pour un aliéné, je n’ai pas voulu faire part de cette énigme à mon épouse en lui montrant l’album, laquelle, je le craignais, n’aurait pas manqué d’éclater de rire en constatant sans doute a contrario qu'aucune anomalie n’était venue par magie faire disparaître les personnages dessinés. Je me suis tu, tournant et tournant encore longtemps, interdit, les pages aux cases vidées de mes héros. Ma vue me jouait-elle des tours à sa façon ? Devrais-je consulter un ophtalmo et/ou un psy ?, enfermé dans ma bulle de temporalité fictionnelle ?…
L’album avait regagné sa place dans ma collection cerné de mes mille et une interrogations. L’inquiétude m’envahissait sur mon état mental ne m’apportant qu’une longue hésitation d’anxiété avant de me faire renoncer à la vérification de mes autres albums…
Cependant, le lendemain et à chacun des jours suivants, je me suis penché de nouveau et encore sur les pages du « Secret de la Licorne » et chacune de mes visites m’a offert le même résultat : aucune esquisse de dessin, aucune ombre de personnage ! Seules des cases avec des bulles et leur phylactère intérieur qui semblaient me narguer…
Huit jours se sont ainsi écoulés sans que je retrouve mes esprits et le constat d’une normalité sur mes bandes dessinées…
La réalité rejoindrait-elle la fiction ?
Je commençais à m’interroger sur ma santé lorsque, au passage du courrier, j’ai reçu une carte postale venant de Rochefort, une vue générale montrant la corderie et les darses de l’arsenal. D’une écriture fine le texte disait : « Un petit coucou de Rochefort. Le Capitaine est ravi d’avoir visité et assisté à l’évolution de « l’Hermione » toujours en splendide construction. La frégate devrait être mise à l’eau cette année dans la darse Napoléon III. Amitiés ». Signé « Tintin »…
Comment interpréter ce message dans mes embarras de réflexions ? J’avais et j’ai toujours un groupe d’anciens amis parisiens dont certains auraient pu se rendre à Rochefort. L’un d'eux était mon ami Bertin que nous avons toujours appelé « Tintin » et quant au « Capitaine » dont parlait la carte, un autre ami d’origine anglaise, un « shiplover » grand amateur de vieux gréements, dont le patronyme de Eaglend nous avait toujours amusés. D’ailleurs, pour simplifier nos rapports avec lui, en pastichant la traduction de son nom sur un poisson fumé, vous l’aurez deviné : « églefin », nous l’appelions « Haddock » et le plus souvent « Capitaine »… Alors, question : cette carte postale provenait-elle sans ambiguïté de ce groupe d’amis en balade ? Et quel lointain rapport, si d’aventure une telle liaison existait, avec le problème de lecture qui déroutait mon imagination sans les peintures personnifiées dans leurs mouvements statiques ?
J’ai voulu en avoir le cœur net et j’ai pris mon téléphone pour joindre l’ami Bertin, dit « Tintin », pour le remercier… de son éventuel envoi. Impossibilité de le joindre, son répondeur m’agaçait. En appelant à son tour le « Capitaine », présent à son domicile, ce dernier venait tout juste de rentrer de vacances et ignorait où se trouvait mon « Tintin » mais de toute façon ni lui ni Bertin, ni d’autres copains, à sa connaissance, ne s’étaient aventurés à Rochefort. Alors que penser ? J’étais retombé à la case départ de ma situation en pleine confusion abracadabrantesque.
Je n’avais plus osé rouvrir mon fameux album, pourtant quelques jours plus tard, ma curiosité l’emportant, « Le secret de la Licorne » se trouvait étalé sur mon bureau pour une ultime visite et là, devant moi, quelle énorme surprise : les cases avaient retrouvé tous les Tintin, Milou, les deux Dupondt, le capitaine Haddock et tous les autres. Mes longues aberrations étaient-elles terminées et mon bon sens m’avait-il regagné ? Mon imagination vagabonde, ma folle du logis, avait-elle terminé son errance dans une autre dimension ?
Je ne saurai jamais ce qui s’est réellement passé mais dans mon for intérieur je pense avoir réussi à franchir une certaine barrière de l’incompréhension. Je ne soufflerai mot à personne de mon analyse en restant persuadé, même dans la totale et insolente absurdité, qu’un phénomène étrange s’est déroulé chez moi et que le « Tintin » et le « capitaine Haddock » et les autres du « Secret de la Licorne » se sont réellement bien échappés de mon album pour aller passer quelques jours au berceau de « l’Hermione » à Rochefort… Comment ? C’est étrange n’est-ce pas ? Mais c’est ainsi ! Il ne faut jurer de rien !... Vous ne me croyez pas ?...
Et si vous acceptiez de convertir votre jugement hâtif de l’impossible en un imaginaire réel de l’irréel établi sur un animal fabuleux, légendaire, mythique, cette licorne vénérée jadis comme un emblème de pureté, en vous éloignant de la figure de proue de la frégate dessinée par HERGE, ne seriez-vous pas interloqué dans vos évidences comme je le fus ?
Poésie libre pour vos trois textes !
LES APRES-MIDI DE SAINT FLO
Prix de la poésie 2012
L’association florentinoise « Les Après-midi de Saint Flo » organise, d’ici au 18 février 2012, pour la quatrième année consécutive, un concours littéraire intitulé : Prix de la Poésie 2012.
Le thème de ce Prix est libre et deux catégories sont proposées… En voici le règlement complet et, ci-joint, le bulletin d’inscription à adresser avec votre envoi.
Art. 1 :
Catégorie N°1 : Poésie libre pour les concurrents de 25 ans et plus
Catégorie N°2 : Poésie libre pour les concurrents de moins de 25 ans
Art. 2 : Ce prix est un concours ouvert à tous les auteurs, mais à la condition expresse que les œuvres soumises à l’appréciation du Jury n’aient antérieurement fait l’objet d’aucune parution ni édition. Les membres du jury ainsi que les membres composant le Conseil d’administration de l’association ne peuvent pas concourir à ce prix littéraire.
Art. 3 : Ne seront acceptés, pour concourir, que des textes poétiques en rimes ou en vers libres.
Art. 4 : Tout propos raciste, xénophobe ou diffamatoire entraînera immédiatement le retrait du texte en cause de la présélection du concours.
Art. 5 : Chaque auteur devra obligatoirement proposer trois poèmes, dont la longueur de chacun des textes ne pourra pas dépasser deux pages en format A4. Ils seront écrits en police ARIAL et en corps 12.
Art. 6 : Chaque auteur pourra concourir sous son nom patronymique ou son nom d’auteur.
Art. 7 : Les textes proposés, confiés pour lecture et appréciation au Jury, ne devront comporter aucun nom, ni aucun signe de reconnaissance (chiffre, abréviation, signe, symbole …).
Art. 8 : Les textes ainsi présentés seront envoyés en 5 exemplaires, paginés, agrafés, accompagnés du bulletin d’inscription (1) portant, lui, le nom patronymique, l’éventuel nom d’auteur et l’adresse postale. Le courrier d’envoi devra aussi comporter, si l’auteur ne fournit pas d’adresse courriel, une enveloppe de renvoi, timbrée et portant les coordonnées de l’auteur, ceci afin de lui faire connaître les résultats du concours. Adresse d’envoi : « Les après midi de Saint Flo » Concours de poésie 2012 – BP 43 – 89600 SAINT FLORENTIN.
Art. 9 : La date limite d’envoi (cachet de la poste faisant foi) est fixée au samedi 18 février 2012.
Art. 10 : Les textes, primés ou non, ne seront pas retournés à leurs auteurs.
Art. 11 : Les lauréats consentent sans aucune réserve, et sans se prévaloir de droits, à ce que leur texte, soit édité dans une revue et mise en ligne sur le site Internet de l’association : http://apresmidistflo.unblog.fr/.
Art. 12 : La participation financière à ce concours est de 10 € par auteur. Le versement, envoyé avec le dossier d’inscription, se fera sous forme de chèque bancaire, postal ou mandat international libellé à l’ordre de « Les après-midi de Saint flo ».
LE JURY
Art. 13 : Le jury sera composé de cinq membres.
Art. 14 : Le palmarès de ce concours sera annoncé au cours d’une rencontre à Saint Florentin (Yonne), le samedi 9 juin 2012. Les concurrents dont les oeuvres auront été nominées lors d’une présélection effectuée par le Jury seront invités par courriel ou courrier à participer à cette manifestation.
Art. 15 : Les décisions du jury sont sans appel. Le fait de concourir implique l’acceptation du présent règlement.
LE PALMARES
Art. 16 : Le palmarès se composera de trois prix distincts : Le « Grand Prix des Après midi de Saint Flo » couronnant la meilleure oeuvre (le meilleur groupe de 3 poèmes), le « Prix du meilleur poème libre catégorie adulte» et le «Prix du meilleur poème libre catégorie Jeune (moins de 25 ans)».
Art 17 : Les auteurs en compétition recevront ce palmarès, par courrier, dans les deux semaines suivant la rencontre de remise des prix.
LES PRIX
Art 18 : Le « Grand Prix des Après midi de Saint Flo » sera récompensé par un chèque de 200 €.
Art 19 : Le « Prix du meilleur poème libre catégorie adultes » sera récompensé par un chèque de 100 €.
Art 20 : Le «Prix du meilleur poème libre catégorie Jeunes (moins de 25 ans)» sera récompensé par un chèque de 100 €.
RESERVES (à lire attentivement)
Art. 21 : Les prix liés aux articles 19 et 20 du présent règlement ne pourront être décernés qu’à la condition expresse qu’au moins 30 auteurs participent dans les catégories correspondantes. Si pour raison d’une participation plus faible, ce concours ou une des catégories devaient être annulés, les sommes perçues correspondant aux frais d’inscription seraient bien entendu immédiatement remboursées au lendemain de la date de clôture des inscriptions.
Art. 22 : Du moment où le présent règlement aura été respecté par les organisateurs, aucune réclamation ne sera acceptée.
(1) Le bulletin d’inscription type peut être recopié ou imprimé sur ce site web ou celui de l’association : http://apresmidistflo.unblog.fr/ ; ou encore demandé par mail à : apresmidistflo@orange.fr , courrier ou téléphone : 09 77 90 36 06 .
Les lueurs d'un grand feu d'artifice ?
Le coin des poètes
Avec Edmonde FAUCON
Pluie d'étoiles
Déjà la nuit est sombre et la lune a compris...
Les étoiles, ce soir, auront les premiers prix
Au concours de beauté qui dans le ciel s'apprête
Entre ces mille feux, poussières de comète...
Heureusement pour nous, par hasard merveilleux,
Cette belle nuit d'août a le plus beau des cieux.
L'air est doux, transparent et pas un seul nuage
Ne vient ternir pour nous le céleste visage.
Les constellations jettent leur regard d'or
Sur la Terre lointaine où tout le monde dort.
Chaque étoile a sa place en ce monde immuable
Et scintille pour nous, diamant impalpable.
Tout est calme silence et la pérennité
Semble la seule loi de cette immensité.
Rien ne bouge et pourtant une lueur très brève
A strié le ciel pur, rapide comme un rêve.
Vénus qui la regarde en son éternité
Doit n'avoir que dédain pour sa fugacité.
Puis, une autre survient, encor plus lumineuse,
Son sillage doré la rend plus merveilleuse.
Bien avant de sombrer sûrement dans l'oubli,
Sans rien bouleverser du "grand ordre" établi,
Tous ces cailloux perdus, orphelins de leur mère,
Veulent aussi briller d'un éclat éphémère.
Puis d'autres vont surgir, un instant aperçus,
Retournant au néant, car nos regards déçus
Ne voient que les lueurs d'un grand feu d'artifice
Se perdant dans l'espace, au sortir de leur lice.
Les hommes sont ainsi, météores furtifs...
S'effaçant dans la nuit, à jamais fugitifs...
Même les plus brillants n'ont que fragile trace,
Se perdant pour toujours, car le temps les efface...
Auriez-vous envie d'allonger la liste des auteurs publiés dans la revue ?
2012 : L’Encrier Renversé et la ville de Castres
proposent leur XXIVème Concours de Nouvelle
Depuis sa création, en 1989, le concours francophone de « Nouvelle » de la Ville de Castres/L’Encrier renversé a réuni 8 762 candidats de 59 pays et permis la publication de 230 auteurs dans la revue L’Encrier renversé.
Voilà une bien belle carte de visite qui ne peut que vous inciter à prendre connaissance du règlement de la XXIVème édition que ces mêmes organisateurs nous ont priés de relayer sur ce site, ce que nous faisons volontiers ci-après…
Article premier : La revue de nouvelle L’Encrier renversé et la Ville de Castres organisent leur vingt-quatrième concours francophone de nouvelle. Il sera ouvert du 1erjanvier 2012 au 15 mai 2012. Le Conseil régional Midi-Pyrénées (avec l’aide administrative du Pays d’Autan) et le Crédit agricole Nord-Midi-Pyrénées en sont les partenaires.
Article 2 : Le concours est ouvert à tous les auteurs francophones résidant en France ou à l’étranger.
Le thème et la participation sont libres.
La participation est gratuite :
- pour les abonnés à la revue L’Encrier renversé,
- pour les participants qui commandent le numéro « spécial concours » 2012 (10 €)
- ainsi que pour les moins de 18 ans qui auront à fournir la copie d’un document d’identité.
Pour les autres candidats la participation au concours est fixée à 5 € (chèque établi à l’ordre de L’Académie du trèfle / L’Encrier renversé).
Les jurés ne pourront pas participer.
Article 3 : Le manuscrit sera intégralement dactylographié en quadruple exemplaire.
La nouvelle ne devra pas excéder 15 pages (1 500 signes par page, en moyenne, soit 22 500 signes).
Les pages seront simplement reliées par une agrafe, sans spirale, sans couverture et sans réglette.
Chaque auteur ne peut envoyer qu’une nouvelle.
Les nom et adresse de l’auteur seront inscrits sur une feuille indépendante. Dès réception un codage garantissant l’anonymat du candidat sera effectué.
Les manuscrits non retenus ne seront pas renvoyés aux auteurs mais détruits… et recyclés.
Article 4 : Les nouvelles ne devront jamais avoir été publiées, quel que soit le support (recueil, revue, journal, autoédition, Internet...), à la date de parution du numéro spécial de L’Encrier renversé (1er trimestre 2013).
Article 5 : Les manuscrits seront adressés entre le 1er janvier 2012 et le 15 mai 2012 (cachet de la poste faisant foi) à l’adresse suivante : L’Encrier renversé (concours de nouvelle), 11 rue Nauzières 81100 Castres
Les recommandés ne sont pas acceptés. Aucun avis de réception ne sera envoyé.
Article 6 : Le concours est doté
- d’un premier prix d’un montant de 800 euros,
- d’un deuxième prix d’un montant de 350 euros
- et d’un troisième prix d’un montant de 250 euros
offerts par la Ville de Castres.
Un prix de 150 eurosest offert par le Crédit agricole Nord-Midi-Pyrénées au nouvelliste élu par les élèves des Lycées de la Borde-Basse (Castres) et Maréchal Soult (Mazamet).
Les auteurs classés par le jury de la 4e à la 10e position recevront gratuitement le numéro de la revue Spécial concours 2012.
Les dix premiers textes seront publiés dans le numéro « Spécial concours 2012 » de L’Encrier renversé et un service de presse de 40 numéros sera assuré.
Article 7 : Un premier jury composé des membres de L’Encrier renversé opérera une sélection de nouvelles après lecture par quatre jurés. Une deuxième sélection de 10 à 15 nouvelles sera ensuite proposée au grand jury.
Le grand jury classera du Ier au 10eles textes retenus. Ce jury sera composé de Lodewijk Allaert (lauréat 2009 de L’ER), Gérard Bastide (lauréat 1998 de L’ER), Chantal Celotti (lauréate 2003 de L’ER), Patricia Chauvin-Glonneau (lauréate 1999 de L’ER), Magali Duru (lauréate 2005 de L’ER), Mireille Félix (lauréate 2001 de L’ER), Laurent Fétis (lauréat 1990 de L’ER), Georges Flipo (lauréat 2004 de L’ER), Patrick Larriveau (lauréat 2006 de L’ER), Julie Matignon (lauréate 2008 de L’ER), Martine Poitevin (lauréate 2007 de L’ER), Elisabeth Potdevin-Marin (lauréate 2010 de L’ER), Françoise Provini-Sigoillot (lauréate 2000 de L’ER), Christiane Rolland-Hasler (nouvelliste et critique), Anne Vocanson (lauréate 2011 de L’ER), de représentants de la Ville de Castres, d’un représentant de chacun des lycées polyvalents de la Borde-Basse (Castres) et Maréchal Soult (Mazamet), d’un représentant de la bibliothèque municipale, d’un représentant du Crédit agricole Nord-Midi-Pyrénées et d’un libraire de Castres.
Article 8 : Les prix seront remis à la bibliothèque municipale de Castres au cours du premier trimestre 2013.
La présence des lauréats, invités par la Ville de Castres, est obligatoire pour recevoir les prix.
Important : seuls les dix candidats sélectionnés seront avertis avant le 31 juillet 2012.
Article 9 : Le numéro « spécial concours » de L’Encrier renversé réunira les textes des lauréats (parution : 1er trimestre 2013). La liste complète des participants sera publiée dans ce numéro.
Article 10 : La participation au concours implique de fait l’acceptation totale et sans réserve du règlement.
Les organisateurs se réservent :
- le droit de le modifier ou de l’annuler si des circonstances extérieures les y contraignent
- de régler souverainement tout litige.
L’ENCRIER RENVERSE ▪ Siège social : 25, chemin de l’Arnac, 81100 Castres ▪ Courriel : encrier.renverse@wanadoo.fr ; Blog: http://encrierrenverse.canalblog.com/
Des lauriers pour un médecin poète du Mans
Jean-François FORESTIER est lauréat
du Prix d'Édition Poétique de Dijon 2012
Le jury du Prix d'Edition poétique de la ville de Dijon, lors de sa récente délibération, a porté son choix pour l’attribution du Prix 2012 - 11° édition - sur le manuscrit de Jean-François FORESTIER intitulé « Sous la lune Et autres saisons» et constitué d’un ensemble de très courtes pièces dont l’unité de ton, la justesse et la variété des images, la tenue de langage ont séduit le jury.
Le jury réunissait Raphaël Mendak, Marie-Josèphe Durnet-Archeray, Jean-Michel Lévenard, Marie-Paule Rolin, Janine Bessis, Guy Martin et Christian Amstatt. 
Ce recueil bénéficiera donc de l’édition à 500 exemplaires qui constitue l’enjeu de ce Prix.
Toutefois, il ne faut pas oublier que cinq autres recueils ont retenu l’attention des membres du jury :
- « Le silence du funambule », de Christelle Thébault, de Beaune, Côte d’Or (21);
- « Empreinte », de Pierre Clermont, de Fontenay-le-Fleury, Yvelines (78) ;
- « Jours ardents », de Jean-Baptiste Besnard, de Conflans Ste Honorine, Yvelines (78) ;
- « Le Chant de l’enfance », de France Burghelle-Rey, de Fontenay-sous-Bois, Val de Marne (94) ;
- « Le Papillon » de Charles Viquerat, de Veyrier (Suisse) .
La remise des prix se fera, le 17 mars 2012, dans le cadre du Printemps des Poètes, à Dijon, à la Médiathèque Champollion, partenaire habituel de cette manifestation.
D’ores et déjà, chacun d’entre vous est invité pour ce moment d’échanges et de découverte.
Le Prix d’Edition poétique de la Ville de Dijon, coorganisé par la Ville de Dijon et l’association Les Poètes de l’Amitié, se poursuit en 2013. Vous pouvez, notamment, prendre connaissance des conditions de participation sur le site DES PASSANTES : http://des-passantes.over-blog.com
Coup de projecteur sur le lauréat
Jean-François FORESTIER est né en 1954 dans le Maine et Loire.
Marié, père de quatre enfants, Jean-François FORESTIER est médecin au Mans et, par la poésie, il tente de résister aux maux des autres, de les adoucir et ainsi de donner corps à d'autres formes. Une crainte: à bout de souffle, un jour, se retrouver sans mots…
Il a publié aux éditions "Donner à Voir" en juin 2011 "Sous La Guirlande des Mots"
Crédits Photos: illustrations fournies gracieusement par les organisateurs.
"Amputé de toi sans anesthésie"...
LU POUR VOUS
Par François LEGER
Un mot claque comme un coup de feu :
« Veuf » et Jean-Louis Fournier se voit
condamné à vivre seul avec lui-même
Depuis sa sortie, en octobre 2011, on a beaucoup parlé, ici et là, du dernier ouvrage de Jean-Louis FOURNIER intitulé « VEUF » et l’on a souvent résumé présentations et critiques en parlant du talent de « dérision » de l’auteur qui s’est lui-même emparé du terme lors de certaines interviews. Or, s’il y a effectivement de la dérision, un terme qui me déplaît ici car, à l’évidence, on ne trouve pas, dans ce livre, la notion de « mépris » présentée par ce mot, si ce n’est lorsque l’auteur se tourne lui-même en dérision, c'est-à-dire lorsqu’il se moque de lui-même.
Est-ce à dire que l’on ne pourrait plus parler d’un amour profond, d’une affection sans faille, d’un couple profondément uni au bout de quarante ans de vie commune ? De l’admiration, du respect et de la reconnaissance que l’on peut avoir pour son épouse ? De, comme l’écrit l’auteur, cette amputation de l’autre sans anesthésie : « On m’a retiré ma moitié, ce que j’avais de mieux » ? (p. 43).
Certes, ces valeurs paraissent surannées, mais elles existent encore et – heureusement – avec « dérision » peut-être – Jean-Louis FOURNIER nous les fait vivre au fil des pages de cet ouvrage, des pages d’un ouvrage qui n’a rien d’un roman mais que l’on dévore sans pouvoir quitter le livre comme on le ferait d’un « bon polar »…
D’aucuns viendront me dire, je le sais parce que c’est à chaque fois pareil lorsque j’évoque ces valeurs qui sont les miennes et celles de nombreux couples quoi que l’on en pense, que je me ridiculise en consacrant des lignes à un passé qui est complètement passé. Je me souviens encore d’une récente réaction de ce genre me disant que ce que j’écris concerne l’ancien temps : ce temps où les gens se mariaient, la femme restait à la maison, s’occupait du ménage et de ses enfants ; le mari ramenant le fruit de son travail pour faire vivre au mieux toute sa petite famille. Ce temps où les couples ne se séparaient pratiquement que par la mort de l’un ou l’autre… Et de m’expliquer que, avec l’allongement de la vie et la femme allant travailler, il n’en est plus rien et qu’il faut que j’admette que les couples se font et se défont au fil des années. Mais, lorsque je dis « quid des enfants ? », je n’entends plus de réponse car, pour la plupart, ceux-ci partent vivre ça et là et connaissent des lendemains douloureux. Encore que, la vie s’allongeant, ce soient souvent les grands-parents qui élèvent leurs petits-enfants.
A ces gens, on peut vraiment opposer la vie du narrateur car il a un argument tangible pour tout ce qui est dit ci-dessus : je ne parlerai évidemment que de ce qui est écrit dans « VEUF ».
Mais il me faut tout d’abord, sans vous raconter le livre comme je m’y suis toujours engagé, vous dire ma stupéfaction en lisant les premières lignes : nous avons là un début très fort, digne de la plume d’un nouvelliste et rarement réalisé par d’autres écrivains. De fait, tout va très vite : en cinq lignes le « décor » est planté, tout comme l’histoire ; l’ensemble étant fait avec une rare délicatesse, voire beauté… Effectivement, je ne pense pas que ces cinq lignes ne seraient pas admirées par nos amis les poètes : c’est profond, c’est joli, c’est enlevé et c’est terrible (p.10).
C’est dire que, en une vingtaine de lignes au total, l’auteur nous prend en otage : on est avec lui dans son ouvrage ! Voilà, malgré les circonstances qui ont été à l’origine de ce travail, une véritable bouffée d’oxygène pour le lecteur qui n’est pas obligé – comme c’est très souvent le cas aujourd’hui – de subir plusieurs dizaines de pages avant d’être fixé sur l’histoire et le sort du lecteur !
On regrettera cependant quelques petites erreurs comme, à la page 28 où l’auteur nous parle d’un HLM (ne veut-il pas parler en effet d’UNE habitation à loyer modéré ?). Puis, pour faire pâlir ceux qui ne croient plus à l’amour de la famille, on n’oubliera pas de lire « J’ai été amputé de toi sans anesthésie. On m’a retiré ma moitié, ce que j’avais de mieux. Je m’arrose de ton parfum pour que tu repousses ». (p. 43)
Mon contradicteur dont je parlais plus haut me dira que l’auteur se sert de ses malheurs pour faire de la littérature. Certes, et c’est de la belle littérature… Mais, il faut souligner que ce livre de Jean-Louis FOURNIER est bien davantage, au départ, une lettre à sa femme, cette femme à laquelle il peut tout dire aujourd’hui puisque, malheureusement, par une pudeur stupide, on a du mal à dire de vive voix tout ce que l’on aime chez son conjoint.
A contrario, il y a des gens comme ceux évoqués par ce même contradicteur, des gens qui n’hésitent pas à venir raconter à un inconnu (puisque ces propos m’ont été tenus récemment lors d’un Salon du Livre) : « Ma femme est morte depuis trois mois, quelle tranquillité : nous avons passé cinquante cinq ans à nous engueuler… Maintenant, je suis tranquille ». Cet homme, qui entre dans les vues qu’a de l’existence mon contradicteur, n’est-il pas quelque peu exhibitionniste et nettement moins romantique que Jean-Louis FOURNIER?
Parce que ce livre de Jean-Louis FOURNIER n’est pas n’importe quel livre : « Heureusement qu’il y a ce livre, notre livre. Je peux y mettre des mots doux et légers. Je ranime nos souvenirs heureux, il y en a beaucoup. On s’est bien amusés ensemble ». (p. 93)
Des chapitres qu’on lit comme s’ils avaient une suite logique…
Mais je me dois d’être honnête avec vous cher lecteur : les chapitres du travail de Jean-Louis FOURNIER n’ont pas de véritable suite logique entre eux. Il peut en effet très bien terminer un chapitre en parlant d’un cimetière dont il conclut que ce serait « Un endroit où on aurait presque envie de vivre » (p. 104) et consacrer le suivant aux voitures qu’il a eues avec sa femme Sylvie (p. 105). Or, c’est là que le talent de l’auteur est étonnant : il amène tout cela d’une telle manière que l’on n’est pas du tout gêné par cette forme de présentation.
En y réfléchissant davantage, j’ai l’impression que l’auteur nous emmène, par moments, au théâtre avec un plateau tournant qui nous présente des tableaux de qualité.
Certes, le style n’est pas sans reproche… Je n’apprécie guère ce « Pourquoi tu es partie ?» alors qu’il eut été si simple et correct d’écrire « Pourquoi es-tu partie ? » (p. 123)… Mais, l’homme souffre et il est des choses que l’on peut lui pardonner… Car, je suppose que ce que l’on a, par exemple, qualifié de dérision est cette page 125 : « Triste loi des séries : hier, j’ai perdu mes lunettes ». Moi, je pense que c’est un homme qui fait de l’humour noir en essayant de rire pour ne pas pleurer…
Si l’on est amené à découvrir nombre d’événements de la vie du conjoint vivant dans cet ouvrage sur la mort, pour ma part j’en dirai seulement que c’est le travail d’un homme qui analyse la situation en se rendant compte qu’il n’a pas toujours été parfait et en regrettant sa pudeur des mots non dits à sa femme qu’il pare de toutes les qualités.
N’est-ce pas cela qu’il dit dans les dernières lignes : « C’est un peu ton œuvre. Est-ce que je vais avoir le courage de la continuer ? Notre séjour n’a pas été triste, c’est tellement beau ici. Les choses qui sont belles ne sont jamais entièrement tristes. Tu m’as laissé < dans la beauté des choses >, comme dit le poète. Je devrais pouvoir survivre ».
« Veuf »
Jean-Louis FOURNIER
160 pages – 15,50 €
Éditions Stock
D'un signe à l'autre, vers une nouvelle chance...
Le coin des poètes
Avec Alain JULIEN
Le Zodiaque
Pour percer le secret de Mercure et Saturne
Je lève le regard sous la voûte nocturne,
Je vois Mars et Vénus, ce couple sans pareil
Brûlant avec la lune un falot de soleil.
Au signe du "Lion" nul lion ne s'ébroue,
L'univers accomplit l'interminable roue ;
D'un théâtre de vie où l'on bannit les creux
S'élance avec panache un être courageux.
Il brave le destin, il porte haut le verbe,
Poursuit son idéal en gardant sa superbe,
Et d'un auguste élan l'amour est apporté
Par un coeur généreux sous les feux de l'été.
L'aventure est en toi, ton front se crispe et gronde ;
Et ton amour, "Bélier", n'a d'égal que ta fronde
Où Mars paraît pointer des flèches dans les yeux
De celui dont l'audace atteint le fond des cieux.
La rigueur de tes pas et ta main obstinée
Vont écrire en chemin la noble destinée ;
Car, "Vierge", te voilà relevant les défis
Et parcourant le monde à l'appel de tes fils.
Une vague harmonie en douceur nous entraîne
Au coeur de la sagesse où la paix devient reine ;
La nuit égale au jour, à la fin de l'été
Le soleil en "Balance" exalte la beauté.
"Scorpion", le passé, le futur, le mystère
N'ont de secret pour toi sur notre ancienne terre ;
L'errance et le malheur que le destin conduit
Appellent ta lumière au milieu de la nuit.
Sous les soleils rieurs, dans l'extase profonde
La nature renaît, elle embellit le monde ;
Et ta force "Taureau", donne aux jours éclatants
L'espoir et la beauté de la fleur du printemps.
"Sagittaire", ta flèche à la fin des voyages
Atteindra les sommets et rejoindra les sages ;
Ton arc ainsi pointé vers un exemple humain,
Loin des abîmes gris montrera le chemin.
Il marche à reculons vers la montagne austère
Et prend la flèche d'or venant du "Sagittaire" ;
Quand la neige en hiver s'abat comme un linceul
Le "Capricorne" est sage et plein d'amour, mais seul !
Du profond sacrifice à s'oublier soi-même,
D'une vie inspirée à brandir un emblème,
Mystique et dépouillé, l'âme et le coeur joyeux
Le natif des "Poissons" ne regarde qu'aux cieux.
Quand l'air pur du printemps en sa plus douce haleine
Caresse la forêt et la fleur dans la plaine,
Tu rayonnes, "Gémeaux", plein de verve et d'humour,
Papillon de ce monde et des fleurs à l'entour.
En heureuse matrice où naquit le mystère
La mer reste à la lune à jamais solidaire ;
"Cancer" aux pieds d'argile et le coeur agité
Sois mère, épouse et femme aux premiers jours d'été.
Signe du changement ou force qui libère,
L'espace et la vitesse ont sublimé cette ère,
Mais un monde cupide assis sur le trépas
Disparaîtra dans l'ombre avec l'or d'ici-bas.
Pour donner au vieux monde une nouvelle chance
L'ange verse pour nous et Fluide et Connaissance ;
"Verseau", force d'éveil qu'un mal ne peut ternir !
"Verseau", force à tourner l'amour vers l'avenir !
Que nos plumes aient l'heur de vous plaire sans trahir Voltaire...
Les fidèles lecteurs de ce blog vont trouver,
en 2012, le changement dans la continuité !
Le grand Livre de la Vie vient de tourner la page de l’année 2011, une année qui aura été marquée – tant pour vous que pour nous - par ce triste événement que fut le départ de cette terre de notre ami Maurice DUSSOL… Nous avons en effet perdu un véritable ami et une plume des plus brillantes que nos lecteurs ont su apprécier pendant les années où il leur a donné – ici - toutes ces perles écrites ou orales, ces pensées (profondes ?) et des poèmes d’une rare qualité. Pour ma part, je ne soulignerai jamais assez le combat de notre ami Maurice dans la Défense de la Langue Française.
Mais, je reste persuadé – comme d’autres auteurs de ce site - que Maurice est encore parmi nous et y restera tant que nous garderons son souvenir. De même, suis-je persuadé qu’il souhaite, de Là Haut, que je poursuive ici le travail dans lequel je l’avais entraîné !
De fait, journaliste honoraire, essayiste et nouvelliste, j’ai créé ce blog – que tout le monde s’accorde aujourd’hui à appeler Site – en tout premier lieu pour y présenter mes ouvrages arrivant en librairies…
Cependant, je l’ai malheureusement conçu après l’édition de mon premier ouvrage, un essai socio-économique intitulé « Un pays à deux vitesses ? » (Morale des médias et moral des Français) qui m’a amené à participer à des émissions de télévision et de radio et – surtout – à donner nombre de conférences. Vous pourrez d’ailleurs découvrir ce travail dans une autre rubrique de ce site mais le livre est actuellement pratiquement introuvable, même chez l’auteur qui tient à garder son dernier exemplaire !
Toutefois, membre Adhérent de la Société des Gens de Lettres de France, l’ancien journaliste que je suis n’a pas pu résister au désir de reprendre sa plume « d’informateur » même s’il n’allait plus s’agir que d’informations littéraires ou de phénomènes de société traités, ici même, dans des articles très ponctuels.
Une plume « d’informateur » sur ce Site et une plume de nouvelliste puisque j’ai publié successivement trois recueils de nouvelles présentés également sur ce site dans la rubrique idoine.
Le résultat d’un travail d’équipe !
Bien évidemment, lorsque l’on commence quelque chose, on n’est pas toujours très conscient des réalités. Mais, très rapidement, je me suis rendu compte que, pour avoir un site cohérent, varié et attirant, j’avais besoin de la participation de certains de mes amis.
C’est ainsi qu’est arrivé Maurice DUSSOL, un poète classique, ultra-classique, qui ne dérogeait à aucune règle et apportait aussi sa plume pour la Défense de la langue française un peu trop mise à mal à son goût et au mien. Poètes classiques également, Edmonde FAUCON et Michel MARTINEZ sont ensuite arrivés sur le site, Michel MARTINEZ assurant aussi une rubrique apportant une parfaite complémentarité au travail de défense de la langue française de Maurice DUSSOL.
Cette rubrique, d’abord mensuelle, est devenue épisodique et coexistera désormais avec une nouvelle rubrique de Défense de la langue française apparue au mois d’octobre et assurée par François LEGER qui l’a annoncée comme étant épisodique tout en espérant parvenir à la rendre mensuelle…
Mais, cette équipe de poètes a trouvé du sang neuf en la personne d’Alain JULIEN dont le premier poème est arrivé ici au mois d’octobre… Alain JULIEN dont François LEGER ne désespère pas de mettre également en ligne de la prose...
C’est dire que ce Site a eu très vite comme base une structure mensuelle avec, notamment, la recension littéraire du 1er de chaque mois réalisée par François LEGER à qui il arrive de réitérer dans un même mois. Sans oublier une autre rubrique mensuelle, ou bimensuelle, quelque peu « linguistique » : le « coup de plume » de Daniel PAGNIEZ, à découvrir au plus vite si vous ne la connaissez pas, Daniel PAGNIEZ qui vous a présenté, cette année, les vœux de l’équipe.
A partir de cette structure, le site s’est ouvert sur différents thèmes littéraires et d’actualité grâce à des réactions à chaud sur des thèmes d’actualité dans une rubrique intitulée « Coup de gueule » alimentée par l’un ou l’autre en fonction de son inspiration et, plus particulièrement, par Daniel PAGNIEZ dont la plume ne peut pas laisser indifférent.
Bien évidemment, le site est largement ouvert aux « Concours littéraires », petits et grands, accueille éventuellement la Rentrée Littéraire et l‘attribution des Prix Littéraires, sujets sur lesquels François LEGER réagit toujours avec la plus grande honnêteté, mais n’utilise jamais la langue de bois…
On notera le départ, après vingt-quatre rubriques mensuelles plus particulièrement consacrées aux phénomènes de société de notre amie HELGI qui ne manquera certainement pas de se rappeler à nous d’une manière ou d’une autre…
La philosophie a enfin le droit de cité !
Mais, le site a aussi son événement avec l’arrivée, depuis la fin du mois d’août, d’une rubrique mensuelle de philosophie qu’a accepté de réaliser pour nous le philosophe Pierre-Michel KLEIN. Rubrique mise en ligne le vendredi du dernier week-end du mois.
Un sacré challenge pour un philosophe, mais il est vrai que « notre philosophe » a déjà travaillé dans un cadre semblable en participant à des émissions de radio.
Enfin, comme on s’en doute, François LEGER présente ses ouvrages, ses séances de dédicaces et les salons littéraires auxquels il participe… Pour le reste, prenez votre temps, vous allez trouver ici un peu plus de six cents articles en ligne…
Soyez fourmis et laissez chanter les cigales...
Que l’an 2012 soit heureux!
Faîtes vos vœux !
Par Daniel PAGNIEZ
A l’aurore d’une nouvelle année, il est d’usage de prononcer ses vœux pour une espérance de mieux vivre à laquelle nous aspirons tous. Alors, faites vos vœux sincères dans le calme de votre existence pour les vôtres et pour vos propres résolutions, vœux que vous aurez le devoir d’offrir et de respecter en vous et pour votre entourage.
Faites vos vœux… Rien ne va plus ! Comme au casino !...
Comment ? Rien ne va plus ? On ne doit pas jouer avec les vœux !... A quoi bon, sans y croire, formuler des souhaits rituels et éphémères qui s’envoleront vite après la trêve des confiseurs… Alors, soyons raisonnables et sensés en formulant des vœux réfléchis pour un devenir qui fuira le défaitisme. Tout ne va pas aussi mal que l’on veut bien le dire dans notre pays et il ne tient qu’à vous de ciseler des vœux pour sculpter un avenir de mieux être… Je vous présente donc les miens.
Je ne faillirai pas à la banale coutume qui consiste à venir souhaiter une bonne année 2012 et une bonne santé, encore que j’appuie ces vœux de ma sincérité, mais là où la santé est en cause je souhaite que la bonne santé perdure chez les bien-portants qui ignorent souvent cette richesse et qu’une meilleure santé s’installe chez ceux qui souffrent dans leurs chairs ou dans leur handicap.
J’ajoute à ces vœux des constats qui me paraissent aujourd’hui d’une grande importance, celle qui rejoint une prospérité qui semble perturber certains de mes concitoyens, ceux qui éludent ou ignorent la construction de leur budget. L’absence ou la mauvaise gestion de ses propres revenus conduit inéluctablement à cette maladie moderne à éradiquer que l’on voit galopante dans l’endettement. Tout en souhaitant vivement que le dérèglement mondial trouve un remède à sa carence, je ne lesterai pas mes propos des incompétences des gestions financières d’outre-Atlantique ou de celles des pays d’Europe, je rapporterai seulement ce terme d’endettement à une base beaucoup plus contrôlable chez des citoyens plus soucieux de l’administration de leurs propres deniers, celle que l’on appelle : « d’un bon père de famille ». Je souhaite que le mot « budget » qui, pour beaucoup, semble s’être évaporé de leur vocabulaire, retrouve sa place pleine et entière pour un bon équilibre dans leurs avoirs et leurs dépenses.
Est-il si difficile de se bâtir un budget… de vivre selon ses moyens ? En évitant, par exemple, de s’embourber dans des crédits toujours et toujours plus commercialement attractifs, d’éduquer ses « chères têtes blondes » à la valeur de l’argent sans les inonder de gadgets électroniques pour faire comme tout le monde, pour suivre la mode ?
Ne risquez pas, comme certains, de vous découvrir en grande déconvenue, c'est-à-dire de vous trouver, brutalement, endettés par un budget en faillite, par un manque de savoir vivre, de respect et de prévoyance pour des lendemains qui se révéleront pénibles. Préparer ses « arrières » ne semble pas questionner les incompétents d’une comptabilité élémentaire inexistante dont les éclaboussures se répercutent dans les sommets financiers générateurs d’un réveil difficile pour tous.
Allons ! Je souhaite que le bon sens vienne corriger la course à l’endettement, voire au surendettement endémique chez les irréfléchis pour revenir à une bonne gestion de leurs biens.
J’ai formulé ce dernier vœu avec vigueur, un peu longuement sans doute dans mes propos, car une bonne année 2012 serait tellement plus riante sans se forger des soucis par un manque de saine organisation de ses ressources personnelles…. A ceux, plus sages, qui devront faire face à l’imprévisible dans des fins de mois difficiles malgré eux, je leur souhaite de garder courage et confiance en l’avenir pour des lendemains moins ternis par les aléas de la vie.
Puissent mes vœux être exaucés et se révéler accomplis pour l’embellie et le meilleur de cette nouvelle année 2012.
C'est le moment de tous les espoirs: comment ne pas y croire ?
L'année 2011, c'était hier!
Que scintillent maintenant les lumières...
... Pour une
cuvée 2012
que nous vous
souhaitons
pleine de petits
et grands bonheurs...
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D'ici à quelques heures,
lorsque les feux ne brilleront plus,
Daniel PAGNIEZ vous présentera ses voeux au nom de tous ceux qui oeuvrent sur ce site...
-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=
Quel est ce "moi" qui, en vous, vous tutoie ?
La chronique mensuelle
du philosophe Pierre-Michel KLEIN
Courage !
Tôt ou tard, à tout moment, chacun peut avoir à s'affronter à la question de son propre courage. Bien sûr le courage aide à surmonter une épreuve, mais le courage lui-même est une épreuve, comme une étrange difficulté supplémentaire qui s'ajoute à celle qu'il faut surmonter.
Tel est le paradoxe : le moyen de passer le moment fatidique ne se donne pas mais se mérite. Comme si non seulement il fallait se forcer, mais aussi se forcer à se forcer pour mieux le faire. Autour, les proches vous encouragent : il faut prendre sur soi, ne pas se laisser aller, etc. Parfois vous vous parlez à vous-même comme à un vieux compagnon, ou une fidèle compagne : allons mon vieux, ne te laisse pas tomber ! Allez ma fille, remue-toi ! Le courage ne va pas immédiatement de soi, et c'est exactement là sa propriété première : avant de venir de soi, il lui faut d'abord orienter ce soi vers lui-même.
C'est alors que « je » se dit « tu », et soudain deux sujets étranges et familiers se partagent une seule et même conscience. « Je » n'est pas un visage, un corps, une chose, il est bien ce que signifie ce pronom, et pourtant ce qu'il désigne s'efface, telle une source de pensées évacuée à l'instant de penser, une source d'actions évacuée à l'instant d'agir. Au lieu du « je » s'ouvre ce vide, et « Je » pourrait bien n'être personne si son pronom ne le devinait.
Or le courage appelle à changer de pronom : alors mon vieux, à toi de jouer maintenant ! Une source jusque là discrète et généreuse s'entend bruyamment appelée à s'occuper d'elle-même, comme s'apercevant soudain qu'elle a soif. Une curieuse distorsion semble retourner l'altruisme vers l'ego, sans cependant paraître renoncer à sa générosité. « Allons mon vieux... » Le courage est une générosité tournée vers soi.
On pourrait même se dire : « mon pauvre vieux ! », et cela montrerait un aspect supplémentaire de cette générosité ; à l'occasion de sa distorsion, de son retournement, ladite générosité se ferait ironique, d'une ironie donc généreuse et propre à engendrer une sorte d'humour. Devant l'épreuve on s'avancerait en faisant tournoyer une petite canne, comme pour badiner avec Charlot. Car Charlot est pauvre, pauvre, sauf qu'il a une canne et un chapeau melon. Le courageux est pauvre comme lui, pauvre, sauf qu'il a...qu'a-t-il ?
Il a Toi.
Toi ? Qui, quel « toi »?
Il y a le tutoiement implacable du mauvais sort qui vous désigne : « toi ! », et vous fermez les yeux en suppliant le ciel.
Il y a le tutoiement de maman qui chuchote : « ne t'en fais pas, ce n'est rien... », et vous fermez les yeux contre son épaule.
Il y a le tutoiement du père qui vous conseille de ne pas perdre face : « montre leur donc qui tu es ! », et vous fermez les yeux pour voir par les siens.
Mais quel est ce moi qui, en vous, vous tutoie ? Peut-être un frère, peut-être une sœur, non pas celui ou celle qui rivalisent dans une fratrie, ou qui forment les figures abstraites d'une communauté, non : un frère, une sœur dont s'anime votre fraternité intérieure, même en vous-même, un double inespéré, l'incomparable même qui vient dès que vous souriez.
Pourquoi suis-je si faible ?
Avec Michel MARTINEZ
Prière du pécheur
Les Justes ont le coeur baigné de ta lumière,
Et tes regards, Seigneur, bénissent leur chemin.
Ils sont, forts de ta force et guidés par ta main,
Pleins à leur dernier jour de leur grâce première.
Et lorsque ton amour leur a fermé les yeux,
Leurs corps vont à la terre et leurs âmes aux cieux.
Mais moi, dont chaque pas, Seigneur, est une faute,
Mais moi dont chaque geste offense tes regards ?
L'arbre de la vertu s'offre à mes yeux hagards:
Sa branche la plus basse encore m'est trop haute.
Pourquoi ne suis-je pas de tes agneaux, Seigneur ?
Pourquoi suis-je si faible, et pourquoi si pécheur ?
Mais Tu peux voir au moins combien mon coeur est sombre,
Combien je tremble enfin de me perdre à jamais.
Ainsi que la vertu, la branche de la paix
Me refuse ses fruits et me jette son ombre:
Accorde-moi, Seigneur, la grâce du salut,
Puisque pour mes péchés ton Fils en croix mourut.
Les surprises du premier mois de la nouvelle année
Sur votre agenda de janvier 2012…
Comme vous, comme nous, ce site vivra de manière inhabituelle au mois de janvier… Voici donc quelques repères qui, nous l’espérons, seront pour vous les bienvenus…
Contrairement aux autres mois de l’année, vous ne trouverez pas, le dimanche 1er janvier, la recension littéraire de François LEGER qui cédera sa place au texte « Faîtes vos vœux » de Daniel PAGNIEZ, des vœux auxquels s’associeront tous ceux qui œuvrent sur ce site.
Dès le mercredi 4 janvier, François LEGER vous fera une présentation du nouveau crû du site pour la nouvelle année en souhaitant « Que nos plumes aient l’heur de vous plaire sans trahir Voltaire »
Le coin des poètes vous attendra, le samedi 07 janvier, avec un texte à ne pas manquer en ce début d’année : « Le zodiaque » d’Alain JULIEN.
Puis vous retrouverez vos rubriques habituelles avec, notamment, la recension littéraire de François LEGER le mardi 10 janvier.
Vers ou prose, toute forme littéraire est acceptée
Quatorzième Concours National de Poésie
Le Printemps des Poètes 2012
Règlement 2012
avec thème
“Enfances”
Dans le cadre du Quatorzième Printemps des Poètes - qui aura lieu du 5 au 18 mars 2012 - l’association de la poésie contemporaine française à Dijon organise un concours national de poésie sur le thème : « ENFANCES ».
Vers ou prose, toute forme littéraire sera acceptée pour ces joutes d’idées passant par le chemin de la plume !
Les candidats devront envoyer leurs textes - non signés- en quatre exemplaires, textes ne devant pas dépasser un feuillet A 4 en police Arial corps 11 ou 12. Une devise de la part de l’auteur figurera en outre en haut de chaque texte proposé.
Les candidats enverront leur travail par la poste, avant le 14 février 2012, à l’adresse suivante : Association de la poésie contemporaine française, « Quatorzième concours le printemps des poètes 2012 », 19, allée du Maconnais, 21000 DIJON.
Il conviendra bien évidemment de joindre à cet envoi, dans une enveloppe ou sera reportée la devise choisie par le candidat, une feuille à part donnant ses coordonnées : nom, prénom, âge, adresse postale, adresse mail et numéro de téléphone, sans oublier les titres des œuvres présentées et une enveloppe timbrée avec l’adresse du concurrent pour recevoir le palmarès par voie postale.
Les candidats devront enfin s’acquitter des frais de participation : 10 € par texte présenté et adresser leurs règlements à l’ordre de l’Association de la Poésie Contemporaine Française.
Les décisions du jury seront sans appel et les lauréats recevront un diplôme et des ouvrages de poésie par voie postale. Les résultats seront publiés dans la presse, chaque auteur recevant le palmarès comme indiqué précédemment.
Pour tout renseignement complémentaire, on peut téléphoner au 06 12 68 15 47 ou, tout simplement, adresser un courrier par mail à l’adresse suivante: poesieapcfstef@aol.com.
Un étourdi et des gens accueillants
Un vrai train de vie ... de Noël
Par Daniel PAGNIEZ
I) Un train peut en cacher un autre...
Il était une fois l'étonnante aventure d'un jeune homme qui, par une banale étourderie, allait transformer le cercle de sa famille...
Une dizaine d'années après la dernière guerre, Jean-Paul Martin, notre personnage, 26 ans, ses études et son service militaire accomplis, revenait d'Angleterre où il avait passé deux longues années à travailler dans une grande entreprise connue pour ses garanties d'Assurances en tous genres. Il avait obtenu deux semaines de vacances de son employeur et comptait mettre à profit son premier vrai congé pour venir passer les fêtes de fin d'année avec les siens après sa longue absence.
De retour en France par le "Night ferry train" Folkestone/Dunkerque, pour gagner un temps précieux sur son voyage, il avait hélé un taxi à la gare du Nord à Paris qui l'avait déposé à la gare de Lyon pour reprendre un train qui devait le conduire à Nogent où résidait sa famille.
Il s'était précipité au guichet des départs pour prendre son billet, la tête égarée dans ses idées d'allégresse de retour. Le préposé lui avait demandé : "Quel Nogent, Monsieur... Nogent-sur-Marne ?". Sans réfléchir, dans ses pensées vagabondes, sans prendre garde à l'interrogation du guichetier, il avait hoché la tête en signe d'accord. Un train était en partance et il avait "sauté" dedans... Le trajet s'était révélé très court pour lui: une dizaine de minutes... "Bizarre...", s'était-il dit en se rappelant ses nombreux voyages de jeunesse sur la ligne. A la sortie de la gare d'arrivée il s'était trouvé un peu perdu, comme dans un autre monde, ne retrouvant pas ses souvenirs. Ses imaginations avaient pris le dessus sur ses réflexions et, tout bêtement, il avait arrêté des passants pour leur demander la direction de son domicile : "La rue des Lilas, s'il vous plaît ?". A toutes ses interrogations, l'ignorance des gens était totale... Une grande inquiétude avait alors commencé à germer dans l'esprit de Jean-Paul. Que lui arrivait-il ? Il était bien à Nogent, un Nogent méconnaissable, une ville transformée comme par magie ! Était-il entré dans un curieux rêve ?
Vint à passer un employé de La Poste en fin de tournée de distribution de courrier. 
- " Pardon, Monsieur, nous sommes bien à Nogent, n'est-ce pas ?
- " Bien sûr mon ami, bien sûr !
- " Pourriez-vous m'indiquer la rue des Lilas ?
- " La rue des Lilas... La rue des Lilas... Non, je ne connais pas cette rue.... Ce n'est pas dans ma tournée... Mais, comment vous appelez-vous ?
- " Martin, Monsieur, je suis de la famille Martin !
- " Et, dîtes-moi, êtes-vous étranger ?... Je suis désolé, je ne connais aucun Martin !
- " Voyez, je ne comprends pas ce qui m'arrive... Je rentre d'Angleterre, je reviens chez moi et il me semble avoir perdu tous mes repères. Pourtant, je ne suis pas idiot, j'ai vécu ici après un exil pourtant assez réduit ! Je suis français, un vrai Nogentais !
- " Écoutez-moi jeune homme, remettez-vous... Vous allez me suivre... Je rentre à la salle de tri : suivez-moi et, là, nous interrogerons les collègues... Voulez-vous ?"
Au tri central, les différents facteurs et postiers questionnés ne connaissaient pas cette rue des Lilas et si certains distribuaient chez plusieurs Martin connus, ces derniers ne correspondaient nullement à la description de Jean-Paul.
Angelo Colombani, le facteur initialement rencontré, s'était présenté et avait enfin posé une question précise : "Dîtes-moi, Monsieur Martin, vous qui paraissez être sur une autre planète, êtes-vous certain de résider à Nogent, Nogent-sur-Marne, la ville du petit vin blanc?..."
"Mais oui, mais c'est... bien sûr..."
Le jeune homme s'était alors effondré, en proie à la compréhension soudaine de son erreur. Il venait de réaliser que son Nogent à lui n'était pas Nogent-sur-Marne mais Nogent-sur-Seine et qu'il s'était fourvoyé, totalement égaré de sa destination réelle dans son inadmissible précipitation irréfléchie.
Ainsi, s'était-il tout bonnement trompé de train. Il réalisait qu'il lui faudrait d'abord retourner sur Paris et reprendre ensuite un autre bon train, cette fois, pour Nogent-sur-Seine, les liaisons entre les deux Nogent étant peu praticables... Le temps s'était vite écoulé et le brave Angelo Colombani, très sympathique, l'avait invité à venir chez lui pour le déjeuner et les navettes sur Paris ne proposaient que de rares horaires dans la journée. Jean-Paul avait accepté - non sans embarras, mais avec plaisir - le "dépannage" pour le repas de midi si proche.
Arrivé un peu timide et désarmé chez les Colombani, Jean-Paul avait demandé de joindre les siens par téléphone pour les rassurer sur son retard possible.
- " Maman, je suis à Nogent !
- " Enfin, tu es ici mon fils... Mais où ? Où es-tu ? Que fais-tu ? Nous te guettons!
- " Maman, je me suis trompé de train, je ne suis qu'à Nogent-sur-Marne sur une grosse ânerie de ma part. Un monsieur de La Poste m'a invité à déjeuner, je repartirai vers vous dès que possible!...
- " ... Mais écoute, mon Jeannot, il se trouve que la SNCF vient de nouveau de décréter une grève sauvage et générale sur son réseau dès midi, sans préavis comme d'habitude... Comment vas-tu faire ? ... Il nous est impossible d'aller te chercher avec la voiture en totale réparation de ton papy. De plus, il hésiterait à conduire à son âge et moi, tu le sais, je n'ai jamais passé mon permis. Comment as-tu pu faire une telle blague: tu es toujours dans les nuages... Nous allons nous tourmenter! Tiens-nous au courant! Ah! Si seulement ton père était là !... Comment peut-on se tromper à ce point ? Où est passé ton bon sens ?"
Des hôtes très accueillants
L'information radiodiffusée de la nouvelle prise en otages des usagers du chemin de fer n'avait pas troublé outre mesure Mme Colombani, très accueillante dans le petit pavillon que sa famille occupait. Avec les grèves, on n'en connaît jamais l'issue!... Sans bénéficier d'une grande aisance, elle pouvait néanmoins disposer d'une petite chambre à proposer à notre Jean-Paul, "en attendant", avait-elle dit, en regroupant deux de ses trois garçons dans la chambrette de l'un d'eux, et les enfants, ravis, avaient vu là une occasion en or d'y pouvoir chahuter plus que de coutume, le soir venu. Angelo, le père, n'avait pas la possibilité de s'absenter de La Poste pour conduire Jean-Paul dans l'Aube à "l'autre" Nogent, ce qu'il aurait volontiers fait si son travail lui en avait laissé la possibilité.
Jean-Paul s'était senti gêné d'abuser de l'hospitalité de ces braves gens qu'il ne connaissait pas, mais Angelo l'avait rasséréné en lui confiant que cette grève ne saurait s'éterniser à le veille des Fêtes, qu'il ne s'agissait que d'un accueil provisoire et qu'il pourrait, à son avis, assez rapidement retrouver les siens... Ce gracieux hébergement avait néanmoins duré pour trois jours d'inquiétude chez notre Jean-Paul, souvent au téléphone, avec l'accord spontané des Colombani pour converser avec sa mère.
Les journées s'étaient écoulées dans une ambiance très chaleureuse et dans l'attente des communiqués de reprise des transports. Jean-Paul s'était offert, à plusieurs reprises, à participer financièrement aux dépenses domestiques mais la bonté des Colombani s'y était toujours opposée. Après les repas du soir préparés à "la corse" une bonne ambiance était toujours de mise. Pour Angelo, recevoir et inviter des amis, était un plaisir évident. Il aimait à rappeler ses bonnes soirées de rires avec des amis, des bons copains dont son ami Jean, Jean Nau, un célibataire solitaire avec lequel il s'était pris d'affection, un homme qui avait souffert, disait-il, de graves revers dans sa vie... Dans ces quelques soirées de franche convivialité, Jean-Paul s'était montré très éloquent, parlant de ses études, de son travail outre Manche, de la nourriture britannique assez particulière pour un latin et avait parlé de son père Bernard disparu après la guerre.
Envoyé sur Berlin par le STO, après les bombardements meurtriers sur la ville et l'invasion des alliés, la famille n'avait jamais reçu la moindre nouvelle de son père malgré les innombrables recherches de la Croix Rouge qui l'avait considéré comme décédé, disparu dans la tourmente du conflit et dans l'impossibilité de trouver toute trace de son corps auprès des autorités allemandes d'après-guerre, un deuil que la famille n'avait jamais pu faire après tant d'années... Les organismes officiels avaient retrouvé, identifié, bon nombre de Martin, mais hélas, aucun ne correspondait à Bernard Martin, par le prénom, par l'âge... Les Colombani étaient, comme l'on dit, très hospitaliers et Angelo, un soir, avait tenu à fixer sur la pellicule une photo de Jean-Paul entouré de son épouse et ses trois gamins, en souvenir du "naufragé" des chemins de fer, otage victime d'absurdes luttes dites "syndicales".
Crédits Photo : Thibaut Danhiez
Des moments indescriptibles...
Un vrai train de vie... de Noël
Par Daniel PAGNIEZ
II) La force d'une image peut-elle
réactiver une mémoire endormie ?
Cette grève, contraire au bon sens, n'avait donc duré fort heureusement que trois jours. Jean-Paul s'était confondu en remerciements et avait glissé un petit billet à chacun des gamins avant de repartir. Il avait donné son adresse à ses hôtes et appelé une dernière fois sa mère qui en pleurait de joie au téléphone...
Retour nécessaire sur Paris par un train que Jean-Paul aurait dû, quelques jours avant, reconnaître comme train de banlieue, un train qui lui parut d'une lenteur infinie... Achat d'un nouveau billet de transport pour "NOGENT-SUR-SEINE, je dis bien pour NOGENT-SUR-SEINE" avait-il hurlé au guichetier ahuri qui lui fit part - vertement - du fait qu'il n'était pas sourd. Attente interminable de l'affichage d'un train en partance pour "sa" vraie destination... Et Jean-Paul de s'être enfin retrouvé dans les bras de sa mère et de ses aïeux fous de joie... La sérénité revenue, il eut droit à des remontrances d'usage.
-" Jeannot, tu n'en feras jamais d'autre ! Mais quel âge as-tu ? Comment peux-tu être aussi écervelé , toujours dans les nuages ! Nous espérons que, dans ton travail, le brouillard londonien ne te fait pas faire de telles bêtises avec ton éternelle tête de moineau ! Que de temps perdu ! Enfin, à ton âge, est-ce raisonnable ? Tu mériterais une fessée comme un gosse !... Nous sommes aujourd'hui le 24, notre réveillon sera notre fête avec toi ce soir : nous désespérions de ton arrivée!
" Encore un réveillon ... sans ton père ! Qu'y pouvons-nous ? Tu nous raconteras en détail cet hébergement chez tes Colombani !... Alors, tu l'as retrouvée ta rue des Lilas ? Espèce d'huluberlu ! Tu sais très bien qu'il faut plus d'une heure de Paris par le rail pour arriver ici! "
Le réveillon avait fait table rase de tous les soucis. Jean-Paul avait retrouvé la chaleur de son nid. Les cadeaux rapportés s'étaient mêlés à ceux qui lui étaient destinés... La vie avait retrouvé l'ambiance joyeuse d'une bonne famille en fête pour la Noël.
L'arrivée du Père Noël... que l'on n'attendait plus !
Le lendemain, en fin d'après-midi, quelqu'un avait sonné à la porte du petit pavillon des Martin. Mme Martin était allée répondre et s'était trouvée face à un homme, figé comme une statue de marbre, qui se tenait à l'entrée... Mme Martin, pâle et un moment interdite, avait hurlé à l'entendre dans tout le lotissement: "Bernard... Bernard ! C'est Bernard ! C'est toi... Mon Bernard... Il est là ! ..."
Le visiteur inespéré était bien Bernard et Jean-Paul et les grands-parents, accourus n'avaient eu que le temps de soutenir la maîtresse de maison, pâle, devenue soudain muette, au bord de l'évanouissement. La stupéfaction générale avait bousculé tout entendement dans l'énervement.
Après ces moments indescriptibles de retrouvailles, de pleurs, de joie immense, d'embrassades continuelles, toute la famille était maintenant réunie dans les fauteuils du salon. Bernard, la gorge encore serrée, était harcelé de questions. Que lui était-il arrivé ? Comment ? Pourquoi ces années de silence ? Où était-il ? Comment se portait-il ?... Bernard, aussi décontenancé que sa famille, avait demandé à se détendre à l'aide d'un bon café que sa mère, grand-mère de Jean-Paul, toute tremblante, avait réussi à lui apporter.
- "C'est une très longue histoire... Et je dois mon retour parmi vous à mon Jeannot ! Oui, à mon cher fils Jean-Paul par son passage imprévu chez Angelo, Angelo Colombani, mon ami dont Jeannot a dû vous parler... Mais revenons aux heures noires de Berlin. La maison dans laquelle j'occupais une chambre dans la Dresdner Strasse a été bombardée... Nous étions descendus dans l'abri de la cave qui n'a pas résisté à un lourd engin... Nous avons tous été emmurés, coincés sous les décombres, sous lesquels j'avais perdu connaissance. Lorsque je suis revenu à moi, je ne saurai jamais combien de temps après, j'étais hébété, ignorant ce qu'il m'était arrivé... Je ne comprenais plus rien à rien, j'avais des meurtrissures, des blessures légères, mais j'étais intact sauf... mon pouvoir d'analyse... J'étais devenu, sans doute par le choc violent, par la peur et le souffle de l'explosion, complètement amnésique... Les autres étaient tous morts... Par instinct de survie, j'ai lutté, combien de temps ? Quarante-huit heures sans doute, pour m'extraire, de mes mains, de ces ruines et je me suis mis à marcher, à errer comme un somnambule durant de longues journées dans Berlin dévasté. Mes papiers d'identité avaient été perdus et je ne m'en souciais pas, mon alliance avait été arrachée à mon doigt ensanglanté, ma pauvre chérie, j'étais comme une loque humaine, sans énergie. La faim et la soif me tenaillaient, besoins évidents que je tentais d'assouvir au gré de mes divagations dans des détritus et des points d'eau de rencontre. Je ne savais plus parler, vraiment sonné, ne parvenant à articuler dans une continuelle psalmodie monocorde que ces deux mots hachés : "No-gent, No-gent" ...
" D'où venaient-ils ces mots ? Finalement, j'ai été arrêté par des militaires que je découvrais sans comprendre, des M.P. américains qui m'ont "embarqué" pour un interrogatoire dans un centre de soins où j'ai pu être nourri, soigné, lavé, débarrassé de mes vêtements sales et déchirés. Ils me posaient toujours les mêmes questions : Are you german, russian, french ? Where are you coming from ? What is your name?... Your name ..., Please, your name ? Une seule réponse me venait à chaque fois aux lèvres, toujours la même : "No-gent, No-gent"... Je ne comprenais plus rien!... J'ai ensuite été dirigé vers un centre de rééducation et baladé d'hôpital en hôpital, toujours amnésique.
"Les autorités américaines m'avaient décerné un genre de carte d'identité sur laquelle on ne pouvait lire que le nom qui m'avait été octroyé, suite à mes uniques paroles... J'étais devenu Nau Jean, Jean Nau pour tout le monde... Petit à petit ma santé avait repris sa bonne place et, grâce aux soins prodigués par des orthophonistes, je me suis mis à récupérer totalement ma langue française... Mais ma vie antérieure était restée irrécupérable dans mes souvenirs... Des explications m'avaient été données sur le parcours difficile que je venais de faire depuis mon errance dans les ruines... Le mur avec ma vie d'avant était infranchissable. Je ne m'étais même pas posé la question de savoir si j'avais été marié, si des enfants et des parents m'attendaient... J'avais endossé une nouvelle naissance à 48 ans !..."
Les Martin écoutaient le père sans l'interrompre, horrifiés par ses paroles, attentifs à la suite que devait donner le héros malheureux de cette aventure. Bernard avait demandé un autre café avant de reprendre son récit.
Une amitié vraie et si rare...
- " J'ai été remis aux autorités françaises qui ne savaient que faire de moi... Identifier et retrouver une famille Nau s'étaient révélés sans aucun succès... Ma vie était redevenue très normale à tous points de vue sous la nouvelle identité que j'avais reçue sans la comprendre. Renvoyé sur la France, j'ai ensuite été dirigé vers plusieurs institutions, maisons de convalescence, de repos, centres d'accueil ici et là au gré des fantaisies de l'administration jusqu'au jour où un centre d'accueil pour célibataires "égarés" m'a ouvert ses portes, devinez où ?... A Nogent-sur-Marne !... Par le plus grand des hasards, j'ai été déposé à un Nogent, pas le nôtre hélas, mais étrange coïncidence, à un Nogent... Y voyez-vous dans ce "parachutage" un signe du destin ? Là, ils ont été chics et dévoués. Ils ont essayé de m'aider à rechercher à nouveau les parents d'un Jean Nau disparu, en pure perte ! Ils m'ont trouvé un travail chez un menuisier... Un petit deux pièces pour me loger... J'étais en pleine possession de mes moyens et j'avais renoncé à un passé que j'étais incapable de retrouver. L'immense trou de mémoire n'était qu'un abysse dans mes souvenirs... A la suite de démarches, longues et difficiles, j'ai pu obtenir des papiers d'identité sur un état civil de pure invention!... Des années se sont écoulées, je vivais heureux dans ma nouvelle peau et j'ai eu la chance de recontrer un Angelo Colombani qui m'a pris en grande amitié. Il m'invitait souvent chez lui et, écoutez bien, m'a offert de passer ce dernier réveillon de Noël avec sa petite famille, ce que j'ai accepté avec enthousiasme."
Les Martin ne comprenaient toujours pas pourquoi la bévue de Jean-Paul avait conduit Bernard à "ressusciter" rue des Lilas. "J'y viens, j'y viens", avait lancé le père. Le Jean-Paul était en pleine interrogation intérieure.
"J'y viens donc... Le réveillon d'hier soir chez Angelo a été, comme toujours, dans la lignée de toutes nos réunions de franche camaraderie. J'avais apporté des cadeaux pour les gosses. A la fin du repas, Angelo avait beaucoup parlé de son aide apportée à Jean-Paul et en était fier. Il avait tenu à me montrer la photo qu'il avait prise du groupe de sa famille avec son vieil appareil à tirage automatique. Et, là, tenez-vous bien mes enfants... Là.... A cet instant, je lui ai demandé si le jeune homme à droite de son épouse était ce gaillard de Jean-Paul dont il m'avait tant parlé... A sa réponse évidente, j'ai ressenti un immense vertige me parcourir, j'avais reçu comme la foudre : un flash fantastique ! Un incroyable rideau venait de se déchirer dans l'obscurité de ma mémoire: je venais de reconnaître... C'était mon fils ! Il avait forci, grandi, certes, mais c'était mon fils, j'en étais certain ! Le passé s'est mis à tournoyer dans ma tête, j'étais devenu blanc, puis écarlate de stupéfaction au point d'inquiéter Angelo et son épouse!...
"Angelo, ai-je articulé la bouche sèche, regarde, c'est mon gamin... Tu viens de perdre ton ami Jean Nau, mais tu viens de gagner plus qu'un ami : un frère, un Bernard Martin ! Nau est mort, je suis Bernard Martin, l'oublié, réapparu par un miracle, par magie... Grâce à mon fils ! Ah,, quel coup !"... Nous avons ri, dansé, pleuré et vidé une autre bouteille de champagne ! Inutile de vous dire que dans ma tête ma valise était déjà prête, je vous imaginais déjà au 23 rue des Lilas, mon adresse, mon chez-moi ! J'étais dans un état d'excitation intense. Les Colombani, aussi heureux que moi, m'ont couvert de baisers et je songeais à tous ceux que nous allions échanger... Viens mon Jeannot, viens sur mes genoux. Je sais que tu as passé l'âge mais viens dans mes bras mon garçon ! Je n'ai pas voulu vous téléphoner... Pour la surprise ! Angelo, gagné par notre immense allégresse voulait bondir sur son combiné ! Je l'en ai dissuadé, trop d'idées à remettre en place et je voulais jouer au Père Noël pour mon cadeau royal, tout en craignant cependant une trop forte explosion de joie chez toi, ma femme, et chez vous chers grands-parents ! Quant à Jeannot, il est solide et je savais qu'il supporterait l'épreuve... J'avais quelques heures devant moi pour me reconstituer, pour me sentir plus stable à mon arrivée... Maintenant, dîtes-moi vous tous, et si nous invitions les Colombani pour le Jour de l'An ?"
Voilà toute l'histoire incroyable vécue par les Martin de Nogent-sur-Seine. Ce miracle qui a résulté d'une erreur d'un jeune homme doublée de mouvements SNCF bizarrement salutaires, en y réfléchissant, ne doit-il rien à l'ombre du vrai Père Noël ?
Question : Cette narration est-elle vraiment un conte ?... Il arrive que, parfois, la réalité dépasse la fiction !
Crédits Photo : Anne Buissart
Un souvenir intense
Le coin des poètes
Avec Alain JULIEN
Jardin de l'enfance
L'ardent esprit de notre enfance
Est blotti dans chaque couleur
Où la lumière et la chaleur
Soulignent la magnificence.
Tenir en mains notre existence
Nous forge une âme de jongleur,
L'ardent esprit de notre enfance
Est blotti dans chaque couleur.
Vivons du souvenir intense,
Accordons-nous à sa valeur,
Restons un jardin pour la fleur,
Retrouvons, avec l'innocence,
L'ardent esprit de notre enfance.










