29 octobre 2008
Eclairer la situation...
Par Maurice DUSSOL
Si nous ne pensons aucunement que notre ami Maurice DUSSOL soit un pêcheur devant l'Eternel, nous avons la preuve qu'il est un grand pêcheur de perles!
Imaginez que les perles qu'il nous glisse aujourd'hui dans l'oreille figurent parmi de nombreuses autres qu'il nous a affirmé avoir recueillies à la CAF entre 1950 et 1970.
Garantissant l'authenticité de ces petits joyaux, il tient à indiquer: "Par ailleurs, je confirme mes réflexions" en dorique (ou gras). Des réflexions qui éclairent parfois la situation.
Si je pourrais arriver à pitancer le nouveau né. Pitançer, en languedocien, signifie "nourrir", "alimenter".
Je n'ai pas aperçu mes allocations y a-t-il eu un égarement? Non, Il suffit d'ouvrir les yeux!
Par ces quelques mots je me permé de me trasmetre auprès de vous. Translation latéralement orale.
Mon mari a un certificat de chomage qui est vissé par le service de la main d'oeuvre. Eh oui, maintenant, ils serrent la vis!
J'ai eu ma femme malade et ça m'a fait un grand trou à mon portefeuille. Elle avait avalé de l'acide chlorydrique? .
La Caisse me renvoie aux calandres grecques, et quand j'y vais, on me dit qu'on m'écrira. Quelqu'un a dû se perdre sur la route du temps!
Ma femme est enceinte pour la 9ème fois depuis 3 mois... Faut le faire!
Vous qui avez toujours le derrière sur une chaise vous pensez peut être que tou le monde est pareil... Nous avons tous une position assise à la SecSoc!
J'ai ma femme l'éta de grosse et je désire m'inscrire à la Prénatassion. Voyez piscine!
Vous avais du vouzana persevoir... Traduction: vous avez dû vous en apercevoir .
Je viens me faire exorer de la chambre de Compensation. Exorer = exonérer .
Je vis maritalement avec ma femme. Original .
... Ma feme va à Couché... A pied ou en voiture?
Et que vous pourait des connaissances me payer aussitot... Traduction: dès connaissance...
Je vous prie de bien vouloir me faire parvenir les démarches à suivre... Sous pli cacheté?
Un certificat de grossesse de mon docteur. Ce doit être un gynécologue.
Je suis obligé de travailler un terrain inculte et âgé de 72 ans. Donc, ère quaternaire.
Qui ne sont pas complet du mois car il y a du temps péril, dîtes moi si le temp péril conte pour les allocations. Traduire: intempérie .
Je suis atteint de deux hernies irréductibles ne pouvant etre opéréer et ne pouvant pas trop travailler. Des hernies comme celles-là, ça gonfle!
Notre cas a été Melle Durand qui s'ané tauqupée et j'anlaite complètement mon petit enfin tout ça que nous avons droit. S'en est occupé - j'allaite.
Nous a bitons une nouvelle adresse. Grossier!
J'emplie à titre personnel une bonne le matin seulement. Deux, ça ferait beaucoup.
Orphelin de l'age de 15 ans, j'ai vécu à droite et à gauche mais toujours dans le droit chemin. Et ce ne doit pas être facile!
En réponse à la présente. Pas très clair.
N'ayant pas reçu mes A.F. d'octobre ainsi que mes talons, vous seriez... S'adresser au cordonnier.
26 octobre 2008
La littérature n'a pas d'âge...
LU POUR VOUS
Par François LÉGER
Le romancier perce déjà sous le nouvelliste...
Si le restaurant d'Alain BOYARD veut vous proposer "Morts à la carte", prenez plutôt son menu: il est goûteux et sans risques!!!
L'an passé, j'ai cédé à la tradition de présenter la recension d'ouvrages de la Rentrée littéraire et de Prix littéraires, ce qui m'a conforté dans l'idée que j'avais avant de me lancer dans pareille entreprise et dont je ne me suis jamais caché sur ce site... Mais ne voulant pas que l'on pense que je suis obstiné en ne voyant pas là un vrai rendez-vous littéraire, mais uniquement une opération commerciale; refusant que vous puissiez être amené à croire que j'émets des jugements a priori, je me suis à nouveau intéressé - cette année - à ce grand moment qui ne m'a pas comblé de joie comme vous avez pu le lire dans la rubrique "Rentrée littéraire 2008". Aussi, je me demande si je vais avoir la volonté de tenter une nouvelle aventure de ce type après l'attribution des Prix littéraires!!!
Toutefois, il faut que vous sachiez que la rubrique "Lu pour vous" paraissant aujourd'hui ne remplace en aucun cas la recension littéraire du 1er de chaque mois! Non, cette recension est juste due au fait que je veux être logique avec moi-même en pensant que, bons ou mauvais, les livres de la Rentrée littéraire vivent leurs vies à grands renforts de publicité tandis que d'autres ouvrages de qualité restent sur le bord de la route... Alors, pourquoi ne pas s'intéresser à l'un de ces ouvrages en un pareil "moment de littérature"? C'est d'ailleurs ce que je fais dans la plupart de mes rubriques mensuelles penserez-vous. Cela est vrai et il y a de plus en plus de jeunes auteurs qui me contactent pour que je parle de leurs ouvrages dans cette rubrique où je dois tout de même inclure quelques noms connus... Ainsi ai-je une petite pile de livres qui m'attend.
Mais alors, pourquoi en avoir sorti "Morts à la carte" d'Alain BOYARD qui aurait normalement dû
attendre son tour... au mois de mars? Tout simplement parce qu'il ne pouvait pas trouver place dans une Rentrée littéraire ou une librairie, non pas parce que cet ouvrage est sans qualités, mais parce qu'il ne correspond pas aux normes actuelles!
Lorsque Alain BOYARD est venu me voir lors d'un Salon littéraire auquel je participais, j'ai compris qu'il avait tout essayé - comme je l'ai fait et refait pendant des années - pour faire paraître son livre dans une maison d'éditions le publiant en contrat à compte d'éditeur et non pas en lui demandant de l'argent...
Lorsqu'il m'a dit qu'il s'agissait d'un recueil de nouvelles, j'ai compris, par expérience, comment toutes les portes - ou presque - s'étaient fermées devant lui... J'ai d'ailleurs expliqué dans un article intitulé "Pourquoi accepter l'inacceptable?", mis en ligne le 21 septembre dernier dans la rubrique "Rentrée littéraire 2008", tous ces arguments stupides et fallacieux que rencontre un nouvelliste français...
Lorsqu'il m'a dit comment il était arrivé à faire devenir livre ce qui n'était qu'un "tapuscrit" et m'a expliqué ensuite qu'aucun journaliste, qu'aucun critique n'avait seulement accepté de lire son ouvrage, je n'ai pas pu, décemment, refuser de le faire même si mon site est bien petit avec son bon millier de visiteurs par mois... Mais, attention, n'allez surtout pas croire que je ne l'ai pas lu avec la même attention que n'importe quel autre livre, avec le même esprit critique.
Un livre de plus de trois mois peut avoir sa place en librairies!
Aussi, comme d'habitude, je commencerai par ce qui fâche: pourquoi Alain BOYARD s'acharne-t-il à doubler nombre de virgules de la conjonction de coordination "ET"? Cela est parfaitement agaçant et je commence à me demander si ce n'est pas là une nouvelle mode littéraire après avoir rencontré cette habitude (fort mauvaise) chez nombre d'auteurs. Ainsi, dans ma recension du "Cimetière des poupées" de Mazarine PINGEOT, ai-je longuement parlé de ces virgules suivies - on se demande bien pourquoi - de la conjonction de coordination qu'est le "ET". Dans cette recension, mise en ligne le 24 septembre 2007 dans la rubrique "Lu pour vous", j'ai donné toutes les explications qu'il sied concernant l'utilisation de la virgule et de la conjonction de coordination "ET".
Qu'Alain BOYARD se rassure, mis à part ce défaut (à corriger très vite!), j'ai apprécié ses différents textes écrits dans la langue de Voltaire et lus sans que je ne fasse des bonds dans mon fauteuil. Alain BOYARD a un style, son style - ce qui est loin d'être un défaut mais bien plutôt une qualité - souvent inspiré, qui fait de ce livre un ouvrage très correct, qui devrait plaire aux amateurs du genre!
Mais, là encore, il y a une norme: quel libraire prendra-t-il en dépôt un livre édité en 2005? Tout le monde vous dira que la durée de vie d'un livre est de trois mois et cela m'inquiète énormément pour tous les merveilleux ouvrages de littérature classique que nous ont laissés nos grandes plumes en héritage au travers des siècles!!!
Par conséquent, avant de parcourir rapidement cet ouvrage - je ne vais pas vous raconter ce qu'Alain BOYARD a écrit pour vous! - vous devez comprendre que ce livre m'a semblé être absolument l'antithèse de la Rentrée littéraire, tellement littéraire d'ailleurs que, cette année, un Monsieur comme Jean d'ORMESSON a demandé à son éditeur de ne pas sortir son nouvel ouvrage avant que le soufflé de la Rentrée littéraire ne soit retombé (!)... Alors, quant aux Prix littéraires, ne rêvez pas Monsieur BOYARD!
Nouvelles et récits...
Après un "auto-portrait", qui ne s'imposait nullement, la "Dédicace" est intéressante puisqu'elle confirme ce que l'on avait déjà compris (!) : c'est dans un monde fantastique que l'auteur a décidé de nous entraîner... Parler de monde fantastique est d'ailleurs bien vague et il serait plus juste de parler du fantastique certes, mais aussi de l'étrange, de l'inexplicable, de l'inexplicable ou de l'inexpliqué, du réel ou de l'imaginaire. Car, présentant ces nouvelles avec un art consommé, l'auteur nous remémore qu'il est des moments de notre passage sur cette terre où l'on hésite entre ces deux états.
Dans "Ce monde étrange", dont le thème est un voyage spatio-temporel qui emmène un homme dans un autre monde qu'il apprend à connaître et à aimer, j'ai senti la présence du choix entre la vie et la mort... Combien de personnes sorties d'un court coma vous disent-elles qu'elles ont décidé, elles-mêmes, leurs retours parmi nous tout en disant avoir beaucoup hésité tant "C'était beau là-bas"?
L'on passe ainsi, sans même les voir défiler - et sans regarder l'heure - une bonne quarantaine de pages avant d'entrer dans la deuxième partie de l'ouvrage.
Après une boutique d'antiquaire assez spéciale, l'auteur nous emmène dans sa nouvelle intitulée "Ominane", une nouvelle dans laquelle j'ai dû revenir en arrière puisqu'il parle de sa fille cadette Anissa dans la présentation alors que Anissa devient sa femme dans la nouvelle. Que de pièges attendent le nouvelliste!
Dans ces deux premières parties, Alain BOYARD travaille la nouvelle fantastique avec un art consommé et utilise brumes diverses et couleurs variées pour nous faire passer en douceur de la réalité au monde dans lequel il veut nous faire pénétrer et c'est à peine si nous nous en apercevons... Ces passages d'un état à un autre - toujours difficiles à réaliser - sont fort bien faits, voire superbes.
Mais quid de la nouvelle dans ce qui suit? Après, "Lauriers noirs" (p.127) qui est un récit - qui tourne bien, mais ne nous enrichit en rien - nous voici dans "Zoophobia" (p.137) où le style reste celui de la nouvelle, avec des phrases courtes tandis que l'auteur ne parvient pas à nous rendre crédibles les faits qu'il raconte comme s'il s'agissait d'un carnet de voyage. Cela pourrait être prenant si ce texte permettait d'élargir et expliquer ces légendes qui sont souvent le reflet d'une réalité qui a traversé les âges.
Enfin, avec "La BELOS", on rencontre le type d'histoires que l'on racontait, à la campagne, le soir à la veillée, lorsque j'étais enfant.... Il y a quelques décennies! L'auteur brosse en fait deux palettes avec ces histoires que l'on racontait autrefois à la campagne et ces nouvelles où l'on passe du réel à d'autres plans de perception.
Un romancier perce sous le nouvelliste...
On aura compris qu'Alain BOYARD nous présente des nouvelles certes, fort bien faites en l'occurrence, mais aussi des récits et de véritables mini-romans...
Ainsi en est-il par exemple de "Boléro" (p.229) qui est un exemple type de l'écriture du roman: les trois premières pages auraient occupé au maximum dix lignes dans une nouvelle, une vraie nouvelle...
En réalité, lorsque l'auteur se limite au fantastique, il fait de vraies nouvelles répondant à ce commentaire de Baudelaire: "L'unité d'impression, la totalité de l'effet est un avantage immense qui peut donner à ce genre de composition une supériorité tout à fait particulière, à ce point qu'une nouvelle trop courte (c'est sans doute un défaut) vaut encore mieux qu'une nouvelle trop longue...."
Mais lorsqu'il se laisse aller dans des légendes, récits et contes qui ont parfois traversé les siècles et dont il fait le squelette, l'ossature de ses nouvelles, celles-ci ne répondent plus à la définition classique reprise par le Centre Européen pour la Promotion des Arts et des Lettres: "Brève, intense, dramatique, la nouvelle littéraire n'est pas un roman en miniature. Son rythme est plus rapide, plus haletant et il n'y a pas de place pour de longues descriptions, digressions philosophiques ou analyse et introspection psychologique..." C'est dire que lorsqu'on lit "Boléro", on découvre un roman en miniature.
Alors, comment ne pas affirmer que le romancier perce ici sous le nouvelliste? Une sacrée chance car il devrait être plus facile pour Alain BOYARD - dont la plume est de réelle qualité - de devenir un véritable romancier, tout en continuant à écrire des nouvelles qu'il pourra imposer lorsqu'il se sera fait un nom figurant parmi ceux de la Rentrée littéraire!!!
"Morts à la carte"
Alain BOYARD
262 pages - 15 euros
Sd'O Éditions - Pour se procurer cet ouvrage, envoyez un chèque de 15 euros (port compris) à l'auteur qui se fera un plaisir de vous adresser son livre, dédicacé ou non, par retour : 75 impasse d'Ulysse, 13270 Fos-sur-Mer... Ou prenez contact par mail auparavant: a.boyard@wanadoo.fr
Rappelons aux fidèles lecteurs de la rubrique "Lu pour Vous" paraissant le 1er de chaque mois que celle-ci sera mise en ligne, exceptionnellement, le mois prochain, en raison de la Toussaint et de l'actualité, le mardi 11 Novembre.
23 octobre 2008
Des plumes récompensées...
"Renaissance Française Nord/Pas-de-Calais":
palmarès complet du concours 2008
Si, dès le 8 octobre, nous vous avons fait part de la décision du président de "La Renaissance Française Nord/Pas-de-Calais" de jeter l'éponge, dans ce même article, nous vous avons promis la publication, le vendredi 24, du palmarès du concours 2008, le dernier malheureusement. Promesse tenue!
Le jury de "La Renaissance Française Nord/Pas-de-Calais" s'est réuni - dans une salle mise aimablement à sa disposition par le proviseur du lycée Paul Hazard à Armentières (Nord) - afin de déterminer le palmarès des oeuvres présentées à son concours littéraire 2008. Avant de détailler ledit palmarès, l'association a exprimé ses remerciements aux mécènes qui l'ont aidée financièrement ainsi qu'aux donateurs de livres de prix: Mairie de Lille, Ville d'Hazebrouck, Mairie de Steenvoorde, Ville de la Chapelle d'Armentières et la Communauté urbaine de Lille.
- Le Grand Prix a été attribué à "La Renaissance de Lens 1918/1932" de Ginette HAY. Ce remarquable ouvrage relate d'une façon méthodique la véritable résurrection d'une ville martyre systématiquement détruite par les Allemands lors de leur retraite en 1918.
-Le Prix d'Excellence revient à "Renoir, les mots pour le voir" d'Anne VANRENTERGHEM et à "Les grands tilleuls" de Véronique DEBUSSCHER.
- Le Prix Gérard DELOMMEZ va à "Chansons" de CRISTAINE. Cette oeuvre poétique a été remarquée par le jury pour son originalité, la qualité et la richesse dont témoigne l'auteur en tant que compositeur de musique et poète.
- Le Prix Yves RÉGNERY revient à l'ouvrage "11 contes" de Christine PRUVOT.
- Le Prix Spécial du Jury récompense l'ouvrage "La santé n'a pas de prix". Ce livre présente un bilan très complet de la santé en France. Les récits sont tour à tour émouvants, sévères ou cocasses et nous font rencontrer des personnages d'exception comme le Dr Schaffer ou Mme Simone Weil.
Voici, après les prix spéciaux, le palmarès général...
Section poésie
PRIX: "Rêveries scintillantes" de Brigitte CASSETTE; "Au fil bleu des mots" de Suzy DARRIBEHAUDE.
MENTIONS: "Amorescentes" de Laurent FAYEULLE; "Sonnet pour les mutines" de Christine DELTOMBE, une écriture sensible et une vision du monde d'étonnement et de fragilité; "L'éclat du silence" de Gérard LEFEVRE; "Crève-coeur" de Stéphane PRINCE: cet ouvrage met en valeur le style SLAM évocateur d'une nouveauté poétique rythmique.
Section contes
PRIX: "Petite mémé" de Guy VANHOLLEBEKE. Ce manuscrit met en valeur l'époque du charbon avec sa puissante humanité et ses douleurs. Les souvenirs remontent à la surface avec beaucoup de reconnaissance pour les "Gueules Noires".
MENTIONS: "Grains de folie" de Bernard TETTELIN. L'auteur est récompensé pour l'ensemble de son oeuvre (également trois romans); "Un petit monde bien surprenant" de Jacqueline ORTEGA.
Section romans
PRIX: "A fond la caisse" de Bernard TETTELIN; "Le chemin des Pathes" de Bernard TETTELIN: dans ce roman biographique à connotation chrétienne, l'auteur nous relate la vie de Clotilde, personnage ayant réellement existé. Torturée, accablée moralement et physiquement par un destin contraire, mais remarquable de courage, elle décide d'oublier quelque peu ses souffrances pour se consacrer aux autres. "Poker menteur" de Colette BOULANGER: roman noir bien ficelé; "Quand l'amour s'en mêle" de Hervé DUCROCQ : deux intrigues entrelacées retiennent l'attention du lecteur.
MENTIONS: "Le colocataire" de Bernard TETTELIN; "Du bout du doigt" de S. LAMBERT: le sujet s'inspire des feuilletons télévisés de notre époque.
Section Histoire-Géographie
PRIX: "Flandre noire" de Gilles WAREMBOURG: le récit baigne dans une atmosphère accablante résultant des souvenirs de la déportation du héros et des suites des événements (résistance, collaboration) se passant dans son village pendant la même période. Le " MAL" est en quelque sorte l'âme et le maître-mot de ce livre.
Section Mémoires
MENTIONS: "Histoire de neige et petit bonhomme" de Joël MAY; "Raconte grand'père, la guerre, l'as-tu connue?" de Gérard VAN DER LINDEN : recueil de témoignages évoquant la vie quotidienne et ses vicissitudes pendant l'occupation.
Section essais
PRIX: "Formes" de Jean-Pierre DROULEZ.
Section Théâtre
MENTION: "Résistance" de Casimir HELLE. L'auteur tente de réaliser, à travers une pièce de théâtre en quatorze tableaux une fresque sur la résistance dans le secteur de Somain/Fenain.
Informations destinées à tous les lauréats
Nous avons enregistré un certain nombre de réactions de membres de La Renaissance Française Nord/Pas-de-Calais et de lauréats de ce concours 2008 privés d'une remise de prix officielle (vous pouvez d'ailleurs en consulter quelques-unes dans la rubrique réservée aux commentaires).
Ces réactions sont pour regretter une telle décision du président de dissoudre purement et simplement l'association et nous demander s'il ne serait pas possible de remettre sur pied une société littéraire du même type qui pourrait également organiser un Salon du Livre dans le Nord. Il est bien évident que c'est une idée que nous ne pouvons qu'approuver.
Ayant eu un message de l'un des lauréats, prêt à se mettre au travail et désirant contacter d'autres lauréats voulant aller dans le même sens, nous demandant les adresses Internet de personnes se trouvant dans ce cas, il est évident que nous ne pouvons pas le faire. C'est une question d'éthique mais, avec un message des personnes intéressées indiquant qu'elles acceptent que l'on transmette de telles données, il est évident que nous sommes parfaitement d'accord pour jouer les "boîtes aux lettres".
De plus, dans le cas de la création d'une nouvelle société littéraire, nous sommes disposés à l'aider au maximum dans sa communication.
21 octobre 2008
Kidnapping
Contes d'un jardin extraordinaire
Par Daniel PAGNIEZ
XI) Le drame de Rougette
"Il était une fois..." la naissance d'une progéniture qui avait causé bien des soucis à ses parents.
Il se passe toujours quelque chose d'étonnant dans mon "jardin extraordinaire". Ainsi, la joyeuse communauté de mes petits amis avait-elle, ce jour-là, sombré dans une profonde inquiétude. Au cours de l'une de nos conversations matinales habituelles sur ma terrasse, Trottemenue en était encore toute émue en me brossant le tableau des événements.
Et, Trottemenue de raconter.
"La journée avait débuté dans la joie à l'annonce de la naissance d'une petite Rubiette-rouge-gorge chez Rackam et Rougette. Fringilla-Pain-Son, notre maître-boulanger, traiteur dans les grandes occasions, avait organisé un pique-nique royal pour l'arrivée de la nouvelle habitante. Ils étaient tous venus pour féliciter les parents sauf Elliott, non encore prévenu et sans doute encore dans les bras de Morphée sur son île magique. Rougette, absente elle aussi, avait demandé à se faire excuser par Rackam pour cause de surveillance de son "petit poussin" à peine éclos dans sa petite chaumière décorée et embaumée par ton jasmin, Daniel! Les amis comprenaient son devoir de mère et avaient décidé de lui rendre visite plus tard. Les convives portaient des toasts à la famille Rackam dans une ambiance de rayonnante kermesse lorsque, tout à coup, ils aperçurent un personnage inconnu, venant du bout du jardin, clopinant lentement vers eux. La réjouissance s'arrêta pour attendre et dévisager la silhouette inconnue."
Présence étrangère
Trottemenue continua.
"Rackam était sur ses gardes. La forme inconnue, semblant bossue, avec un long nez sous deux petits yeux tristes, les deux oreilles attentives, assez mal vêtue d'un grand collet brun rabattu sur les épaules, en bottines éculées, un sac de toile pour tout bagage, s'adressant avec lassitude aux amis..."
"Je m'appelle Ramona... Ramona la hérissonne... J'ai marché des jours et des nuits pour trouver ce jardin que l'on dit si extraordinaire. Vous êtes en fête et je regrette sincèrement de venir déranger votre réunion. En deux mots, ma situation n'est guère brillante. J'ai quitté ma lointaine région pour trouver un peu de bonheur. J'étais mariée et mon époux est décédé, mort d'un accident du travail. Il était ramoneur et est tombé dans le conduit de fumée d'une cheminée. Je suis maintenant sans ressources. Au pays d'où je viens, je n'ai trouvé aucun soutien, bien au contraire, on s'est mis à se moquer de moi, la veuve, la < pelole d'épingles... , l'oursin... > comme ils disaient, et j'ai dû abandonner mon foyer sous les quolibets."
"Ensuite, Daniel, Rackam l'invita à se défaire de son vêtement, à venir s'asseoir, à se reposer et à se restaurer. Les petits amis prirent la dame en pitié et furent fort étonnés de découvrir le dos de l'arrivante couvert d'un genre de longs poils épais et piquants. Elle n'était pas du tout bossue!"
"Je sais, dit Ramona, je surprends toujours avec mon dos, mais sachez que je ne suis pas agressive. Ma volvation, l'érection des piquants est un énorme moyen de défense lorsque je me roule en boule. Ce n'est qu'une armure de défense. Je suis de nature calme, je sais faire beaucoup de choses, j'ai un flair de fin limier et je peux facilement nettoyer un jardin. N'ayez pas peur de moi. Puis-je rester parmi vous?"
"Moi, Trrottemenue, j'avais proposé d'héberger Ramona chez moi, < ou chez nous > avaient ajouté les Ventraterre. Chacun y était allé de sa charitable proposition."
Le drame
Trottemenue poursuivit son exposé.
"Pendant ce temps, Rougette, étonnée du calme soudain de la fête et - en curieuse - était tout de même sortie de sa maison pour comprendre ce qui se passait. Bébé dormait mais elle ne voulait pas s'absenter trop longtemps. Elle fut présentée à Ramona et se montra compatissante sur son pauvre cas. Ramona était ravie de pouvoir rester avec de vrais nouveaux amis. Pain-Son emmena Ramona se refaire une beauté chez lui."
"Rougette leva son verre à la gloire de Rubiette et regagna sa petite chaumière. A peine était-elle entrée qu'elle poussa un cri de douleur, de souffrance aigue!"
"Rackam, viens vite, Rubiette a disparu! C'est horrible... Elle a été enlevée! Venez tous... Comme je m'en veux! Au secours tout le monde! Mon bébé, mon bébé... "
"Une chappe de plomb venait de tomber sur la tête de nos amis. Ramona et Pain-Son avaient rejoint le groupe désemparé par le drame."
"Tentons de rester calmes et de maîtriser notre énervement, dit Rackam, il faut retrouver Rubiette! C'est atroce mais celui qui a commis ce crime, nous allons le démasquer et reprendre notre petite Rubiette encore si fragile..."
La chasse au ravisseur
Intarissable, Trottemenue!
"Rougette était inconsolable dans les bras de Kesdep. Il fallait se mettre aux trousses du kidnappeur et s'organiser... Pickup était chargé de prévenir la police et les médias. Les Ventraterre avaient un secteur à explorer. Ramona, avec son flair, se proposa pour diriger les opérations. Les Tourteur, elles, secondées par la famille Maisange, avaient pour mission de prendre l'air et de rechercher du ciel. Riquette avait son secteur. Moi, Trottemenue, mon violon déposé chez Rackam, je courais déjà, avec Trottinou dans un autre secteur. Riquette, pour une fois la huppe en bataille, devait vérifier toutes les hautes herbes... Enfin, tous étaient sur le pied de guerre. Rackam avait demandé à Kesdep de rester auprès de Rougette à la maison et à Pain-Son de préparer une de ses baguettes magiques qui pourrait éventuellement aider à pister le monstre."
"Les recherches durèrent une bonne partie de l'après-midi. Le temps sembla long et passa si vite tout à la fois. Tous les recoins du jardin furent visités. Rubiette et son escroc ne pouvaient pas être vraiment trop loin."
"Nous craignions la venue de la nuit et j'avais demandé à mes amies les lucioles de se tenir prêtes. Nous pouvions compter sur leur aide."
"Il faisait encore jour, me dit Trottemenue, quand Rackam explosa de joie et de vindicte à l'autre bout du jardin. Nous l'entendîmes tous et nous nous précipitâmes vers ce coin de lavande sous un arbre de Judée où était tapi, devinez qui? Ce gredin de Koukou, ce fils voleur, la honte de cette famille que nous ne fréquentions guère. Il tremblait de peur. A ses côtés, la petite Rubiette dormait, insouciante de toute cette effervescence, bien protégée. Ramona avait fait un travail remarquable, d'indices en indices, et avait consciencieusement conduit Rackam vers la retraite de Koukou. Rackam envoya immédiatement Riquette prévenir l'anxieuse Rougette."
"On ficela Koukou et on le ramena manu militari jusqu'à l'habitation. Rackam se chargea de sa fille. La police ne nous avait été d'aucune aide, sinon de boucler notre quartier et les médias avaient diffusé les informations d'alerte concernant ce rapt sur toutes les fréquences radio. Avant l'arrivée de Riquette, Rougette, qui ne quittait pas son récepteur, connaissait déjà la nouvelle. Des reporters avaient suivi avec nous l'évolution des recherches. Mais, dis-moi, Daniel, tu ne pouvais pas ne pas être au courant de ce qui se passait!..."
"Petite Trottemenue, dis-je, ni mon poste de radio, ni ma télévision fermés, pour cause de réception chez moi, n'avaient permis de nous informer et nous étions à cent lieues d'imaginer ce que tu nous rapportes. De plus nous n'avons jamais mis un pied dans le jardin! Mais, dis-moi, mon amie, pourquoi ce rapt infâme et horrible?"
Le châtiment
Trottemenue fit une courte pose et enchaîna.
"Avant que la fête ne reprît avec quelques notes de mon violon retrouvé, après les embrassades et les larmes de bonheur essuyées chez Rougette, Koukou fut interrogé par Rackam qui ne le ménagea pas. Il se perdit dans une longue explication inadmissible. Il désirait, disait-il, quitter sa famille assez peu appréciée dans le jardin et avoir le plaisir de paraître dans la société avec un enfant, surtout une fille éduquée et élevée à sa manière et qui ne fut pas de son origine. Les Koukou n'ont pas bonne réputation. Il pensait descendre sur l'île et s'enfuir en bateau, mais sans le sésame de Pickup il avait peu de chances de réussir. Il aurait attendu une occasion en profitant d'une <descente> d'Elliott à Soolh Apel House."
"Nous devions le punir... Après délibérations d'un comité de justice dont je faisais partie, Rackam fit appel à Pain-Son. Nous étions tous d'accord. Pain-Son prit sa baguette magique, fraîchement confectionnée et, tel Merlin, transforma Koukou en lézard. Les Ventraterre avaient accepté de le prendre chez eux sous cette forme, de le surveiller et de le mettre au travail pour leur compte, bains de soleil interdits, et ceci pour une durée de cinq années. Peut-être qu'avec des remises de peine pour bonne conduite, il pourrait retrouver plus tôt son aspect d'origine par la grâce et la bonne volonté de Pain-Son."
"Ramona fut couverte de louanges et nous la portâmes en triomphe. J'ai même surpris notre ténor Pain-Son dans un < Te Deum > à l'adrese de Saint Granier. De son oeil coquin et au fait de son art lyrique il chantait: < Ramona, j'ai fait un rêve merveilleux. Ramona, nous étions partis tous les deux... > "
Et Trottemenue de conclure en continuant de me fasciner sur un ton cristallin:
"La nuit venait. Les étoiles commençaient leurs oeillades sur le jardin et nous nous sommes couchés tard, un peu gris... Par la suite, Elliott, qui revenait de son ambiance exotique, s'était mis en colère contre son grand défaut de farniente sur l'île. Il apprit tout d'une traite: une naissance, un drame, une chasse au Koukou et le grand bonheur retrouvé de Rougette. Il pesta beaucoup contre son absence et son manque de concours aux mandats de recherches... Depuis, il s'est apaisé dans ses regrets en rapportant à Rougette les plus belles orchidées du monde, à six sépales éblouissants, et un adorable petit collier d'ambre pour Rubiette. Quant à Ramona, Elliott l'honora de la médaille de sauvetage en mère trouvée dans l'assortiment du bric à brac des Paires O.K. "
"Voilà, Daniel, toute l'histoire d'un drame à l'heureuse conclusion... Elle est si belle la petite Rubiette!... Longue vie à elle! "
Trottemenue m'a quitté et s'en est allée avec son inséparable violon en me gratifiant d'un joyeux au-revoir de son éternel bonnet jaune à pompon rouge.
Retrouvez Daniel PAGNIEZ dans son jardin extraordinaire le vendredi 14 novembre...
19 octobre 2008
Coup de gueule: "Vous dites culture?" Vous plaisantez!
TF1 samedi soir...
Arrêtez de massacrer la langue française!
"Français: La grande interro!" ?
Une véritable chienlit!!!
Par François LÉGER
Le supplément "TV" de "Var-Matin" avait rendu une émission de TF1 assez alléchante pour tous les amoureux de notre bonne vieille langue de Voltaire, cette langue que je défends constamment avec véhémence car elle est le ciment de notre nation.
De fait, j'avais lu: "Ce soir, Laurence Boccolini et Jean-Pierre Foucault proposent aux téléspectateurs de tester leurs connaissances sur la langue française dans un grand jeu interactif et familial diffusé en direct. Quarante questions pour faire le bilan de ses connaissances. Sur le plateau, plusieurs générations s'affrontent au cours d'une compétition amicale et bon enfant à laquelle se prêtent également six personnalités. Bernard PIVOT apportera son éclairage sur les particularités parfois étonnantes de la grammaire et livrera des anecdotes sur les expressions." Si ce texte de présentation n'est pas vraiment exempt de reproches pour un puriste de la langue de Corneille, nous le considérerons comme correct en estimant, comme beaucoup de Français, que notre langue étant vivante est, par essence, évolutive.
N'oublions jamais cependant que notre langue est une des bases essentielles de notre culture pour laquelle nous devons nous battre. Ah, ce français qui fut un temps "LA" langue internationale et permit à notre pays de rayonner dans le monde entier mais qui, grâce au laisser-aller de trop de nos concitoyens qui se sont mis à parler en "franglais" depuis des années, a laissé cet honneur à la langue de nos amis d'Outre-Manche.
Toutefois, si nous voulons que le français ait encore la place qu'il occupe dans les DOM-TOM, au Canada et dans tous les pays de la francophonie, nous devons faire en sorte de lui donner toujours - et encore - ses lettres de noblesse.
C'est donc avec un grand intérêt que je me suis installé, dans un confortable fauteuil, samedi soir, pour regarder l'émission "Français: La grande interro!". En fait d'émission culturelle, nous avons eu droit à de la chienlit pendant près de deux heures trente!!!
A ne pas en croire ses yeux et ses oreilles!
Pour rester poli, je préfère me mettre à plagier un grand auteur classique sans avoir un soupçon de son talent et en le priant de m'en excuser outre-tombe. "Français: La grande interro!": "Ô rage, Ô désespoir, Oser nous montrer un tel plateau..."... "Français: La grande interro!": "Ô rage, Ô désespoir, Ô déception, comment avoir osé nous parler de la présence de six personnalités aux réactions desquelles se montra un peu perdu notre ami Bernard PIVOT"... D'ailleurs, cela me rasséréna quelque peu en me montrant que je n'étais pas le seul à ne voir que chienlit, chienlit au milieu de laquelle se trouvaient, stupides mais parfaitement à l'aise Éric et Ramzy... qui ignorent probablement ce que signifient les mots politesse et courtoisie!
Deux mots qui ne furent pas proposés dans ce grand "test" aux questions multiples de cour de récréation, tant on aurait été certain que personne n'aurait été capable de répondre. A ce propos, n'oublions pas la présence de l'écrivain Bernard WERBER qui expliqua béatement qu'il n'employait jamais le subjonctif imparfait, un subjonctif imparfait qu'il ignorait, ni même le subjonctif en général en s'arrangeant pour tourner ses phrases sans avoir à affronter un tel ennemi! Que voilà une grande plume - dont la notoriété est réelle - qui ne connaît même pas la langue dans laquelle il écrit, cette langue qui le nourrit: c'est à ne pas croire!!!
De leurs côtés, Éric et Ramzy, sans se rendre compte de leurs stupidités, tentèrent sans complexes d'animer le jeu en ne se privant pas de couper la parole à l'un ou à l'autre pour se mettre bêtement en vedette...
Enfin, en intermède, nous eûmes droit à un peu de "Slam" (folklore typiquement français!) avec un jeune garçon!!!
Mais, me direz-vous, pourquoi cette émission s'appelle-t-elle "Français: La grande interro!" ? Bonne question car je me la pose encore...
Quand on me demande de tester mes connaissances dans ma langue maternelle, je ne m'attends pas à devoir donner la signification d'écritures en texto ou SMS, à traduire de l'argot ou une langue, disons "des plus familières" ou ayant traversé la Méditerranée, et à me voir imposer une autre culture que cette culture aux racines judéo-chrétiennes qui est la mienne...
"Français: La grande interro!" est une émission dont le titre mériterait un point d'interrogation et devrait faire se dire à ceux qui en sont à l'origine: "Le concept n'est-il pas pour analphabètes et enfants de maternelle et primaire?... C'est cela LA GRANDE INTERRO(GATION)! ".
17 octobre 2008
Un peu d'humour dans la poésie...
"Ravoir" son linge
Par Maurice DUSSOL
La Sottise a conquis un vrai "droit de cité"
A la télévision, et, la Publicité,
Grâce à l'effort constant des vendeurs de lessive
Donne à l'invasion une ampleur excessive:
Ne trouvant plus de gags pour attirer "les veaux"
Ils en sont à créer d'étranges mots nouveaux
Que reprendront, hélas, les bonnes ménagères
Soumises sous le joug de "ces pubs" mensongères.
Ayant fait le trop plein du "scénario" rasoir
Ils ont "réinventé" ce beau verbe : "ravoir"!
Si, pour le linge seul, le verbe s'utilise
Il n'en n'est pour autant moins porteur de bêtise;
C'est ainsi qu'une idiote au sourire enjôleur
Vient (plusieurs fois par jour) nous conter son malheur:
Elle voudrait "ravoir" son linge par trop sale,
Ne trouvant pour cela la lessive idéale,
Celle qui ne trouerait ni décolorerait,
Mais avec quoi, d'un coup, elle se le "raurait".
Des amis l'invitant à de folles noubas
Elle n'ose accepter, et se redit tout bas:
"Pour qu'en toute splendeur devant eux je parusse,
Ce linge, il eut fallu, d'abord, que je le "reusse"!
Mais dans les grands malheurs, les vrais amis se montrent:
Sa voisine survient et, sans tarder, démontre
Qu'avec le produit neuf qu'elle lui prêtera,
Sans crainte et sans effort, sûr qu'elle le "raura"!
Et le bonheur revient, et brille sa quenotte,
Le sourire renaît chez la gentille idiote;
Son terrible malheur pour toujours disparu,
Elle revit enfin, son linge, elle l'a "reu"!
Lors, revient sur l'écran la fidèle voisine
Qui veut participer à ce brillant succès
Et qui, laissant brûler son veau dans sa cuisine,
Clame: "Je vous le dis en parlant sans excès
"C'est grâce à mon produit qu'à jamais nous vaincrons!
"Tous vos linges salis, toujours, nous les "raurons" !
13 octobre 2008
Vous avez dit "Devoir d'informer ?"
Le vendredi 17 octobre à 18 heures à Fréjus (Var).
François LÉGER, journaliste honoraire, parlera de la "Morale des Médias".
Après l'intérêt suscité par sa conférence donnée sur le thème "Journaliste et nouvelliste", les responsables de l'association "France-Russie-CEI de Fréjus-Saint-Raphaël Est Varois" ont demandé à François LÉGER de venir faire une autre intervention, cette fois sur la presse.
C'est ainsi que François LÉGER sera, le vendredi 17 octobre, de 18 heures à 20 h 30 (un temps sera laissé au débat), salle Agricola, avenue de Verdun, à Fréjus (VAR), et parlera de cette fameuse "Morale des Médias", une conférence faite par un homme du métier et bien rodé puisque l'intervenant l'a déjà donnée dans des villes comme Calais (où il est intervenu en direct sur "Radio 6" à la demande du directeur d'antenne), Cambrai, Arras, Douai, Lyon et Paris!
François LÉGER commencera par ramener les auditeurs à la réalité en essayant de mettre un terme à cette aura qui entoure les journalistes: une aura d'autant plus malsaine qu'elle attire nombre de jeunes dans ce métier qui risque fort de les emmener dans "Les Illusions perdues" et nuit à la crédibilité des hommes de presse auprès des adultes qui doutent de leur "objectivité" (qui ne peut être qu'honnêteté) et de leur liberté véritable d'informer.
"Médiacratie" et "Omerta française"...
De même, le conférencier sera amené à parler de cette fameuse "Médiacratie" qui réapparaît en ce moment dans l'actualité! Une "Médiacratie" - forte de quelque cent-cinquante personnes (présentateurs de télévision ou de radio, responsables de magazines, éditorialistes et rédacteurs en chef de grands médias nationaux d'informations générales..." qui "surferait" sur l'ensemble de la presse. Ces 150 personnes auraient ainsi régné sur 24 451 journalistes professionnels en France en 1989, sur 28 471 en 1994 et 30 003 en 1998... Quel pouvoir! Totalement illusoire!!!
Des "Médiacrates" parmi lesquels certains régneraient probablement sur la fameuse "Omerta française" qui a fait l'objet de plusieurs ouvrages et qui existe bien évidemment: pourquoi se le cacher? Mais une "Omerta" limitée à un certain nombre de journalistes (à quelques exceptions près), quelques-uns seulement, les autres s'interrogeant davantage sur ce fameux "Devoir d'informer" que François LÉGER s'est plu à totalement ignorer tout au long de quelques décennies de métier en ne reconnaissant en aucun cas ce fameux "Droit inaliénable à toutes informations" de chaque individu. Bien évidemment, François LÉGER expliquera sa position en donnant quelques exemples concrets et vécus au cours de milliers d'événements relatés.
A contrario, François LÉGER s'appliquera à dire et à redire que, pour lui, dans une rigueur absolue du fond et de la forme, la profession de journaliste consiste avant tout à "rendre compte, informer et aider à comprendre" et ce, avec une totale honnêteté!
Tout en parlant de ces deux questions essentielles pour le public: "Y a-t-il un devoir d'informer pour les journalistes" et "Le lecteur, l'auditeur ou le téléspectateur a-t-il un droit inaliénable à l'information"?, le conférencier ne manquera pas non plus de s'interroger sur cette course à l'information dans laquelle le professionnel doit gérer sa morale, son crédit pour les lecteurs, sans oublier la concurrence et son emploi!
Cette éthique, cette déontologie professionnelle l'amèneront à revenir assez largement sur les événements du 11 septembre 2001 qui engendrent de nombreux commentaires: commentaires sur les événements mais aussi sur la médiatisation de l'information dont on verra qu'elle peut, dans certains cas, avoir des effets très positifs et, dans d'autres, générer de véritables catastrophes. De plus, les événements du 11 Septembre 2001 marquent une page dans l'Histoire de l'information, "qui ne sera plus comme avant", ainsi que l'intervenant vous l'expliquera.
Bien évidemment, François LÉGER ne manquera pas de vous parler, à propos de la médiatisation, d'un sujet qui lui est cher: "L'information méditative".
Précisons enfin que François LÉGER ne parlera pas des journaux People ou spécialisés dans les faits divers par exemple, ce qui pourrait être l'objet d'une conférence ultérieure intitulée "Presse et société" qui permettrait de bien comprendre le fonctionnement de cette sorte de presse et de ses lecteurs.
Entrée libre.
Les personnes souhaitant faire l'acquisition de l'un ou l'autre des trois derniers ouvrages du conférencier pourront de le (s) faire dédicacer.
10 octobre 2008
Eh bien, si vous voulez...
Par Maurice DUSSOL
Encore lui? Eh bien oui, c'est encore moi, moi qui me dois de vous donner le second volet de ces diatribes domestiques! Un second volet qui pourrait devenir un simple deuxième volet si j'étais obligé de poursuivre cette rubrique...
MANIES
Dans la série des "manies", nous avions déjà remarqué : "quelque part", "et puis", "donc", etc., mais nous nous devons (pour rester à peu près à jour ) de signaler deux ou trois derniers nés en les situant.
1°) L'un dans la conversation courante où il prolifère sans se gêner: "Si vous voulez"!
Depuis quelque temps, les phrases, même les plus courtes et les plus anodines, semblent solliciter toutes les dix ou vingt secondes notre approbation (dont, d'ailleurs, on se fiche éperdument) en nous martelant: "Si vous voulez" sans attendre en rien notre "appro... ou impro... bation". Faîtes y attention et vous verrez si je mens!
2°) Écoutez! Même chose et même manie pour cet impératif qu'on nous assène à chaque coin de trop nombreuses propositions comme si nous étions sensés penser à autre chose pendant qu'on nous parle, même si nous sommes très attentifs.
3°) A la télévision: les esclaves de l'O.N.M. (Mesdames ou messieurs) sont, quel que soit le sexe, frappés de la même incoercible, incorrigible et ... insupportable maladie du "Eh bien"!
Si vous ne l'avez pas encore remarqué, je suis obligé de vous demander de continuer à vivre dans ce Nirvana car, pour moi, cela devient de plus en plus insupportable!
Maintenant, chaque fois que l'orateur hésite un temps soit peu, il comble le vide momentané (si bref serait-il) par un "Eh bien " qui, tombant quand il peut et là où il peut, se fait trop souvent très mal et, en tous cas, trop mal aux oreilles de l'auditeur impuissant que je suis. Exemple: Demain, Eh bien, si le vent du Nord se lève, Eh bien, les nuages pourront, Eh bien, descendre vers le Sud ou, Eh bien, le Sud-est. (Phrase authentique)!
DERNIER CLIN D'OEIL
En guise de conclusion (hélas momentanée et passagère)....
Pour aujourd'hui, terminons sur une note qui essaiera de "castigare ridendo mores" ou, si vous préférez, de "contrer les manies par le rire" (traduction librement honnête) du son... "son". En effet, il existe plusieurs "son" s!
Celui qui, adjectif possessif, devient "leur" au pluriel.
Celui qui qualifie le bruit fait par un canon ou de la musique.
Celui que l'on affecte à la nourriture des ânes.
C'est pourquoi je suis triste quand j'entends dire: "Les fêtes battent leur plein" car ici c'est le son qui est dans sa plénitude à l'occasion des fêtes et l'on pourrait (devrait) dire : "Battent sons pleins, ou, son plein" et surtout pas, leur plein! Leur plein de quoi, d'ailleurs?
Et, sur ce clin d'oeil, je vous laisse pour aujourd'hui en attendant d'autres ires, colères ou diatribes car, comme le disait mon vieil ami Rudyard Kipling quand il s'adressait aux enfants: "Mais c'est là une histoire pour les grandes personnes."
08 octobre 2008
Pincement au coeur
Le président de "La Renaissance Française Nord/Pas-de-Calais" jette l'éponge.
Il s'en explique dans une lettre adressée aux adhérents de cette société littéraire.
Regrettant, sur ce site, qu'un certain nombre de groupements ou d'associations demeurent quelque peu confessionnelles alors qu'elles s'attachent à transmettre l'héritage culturel qui est le nôtre, j'ai publié, ici, le 20 octobre 2006, un article intitulé "Défense et illustration de la langue et de la culture françaises". Cet article était alors consacré à la "branche" Nord/Pas-de-Calais/Picardie de "La Renaissance Française", une association régionale créée, en 1982, par Maurice SCHUMANN, de l'Académie Française, qui en fut le président jusqu'à sa mort survenue en février 1988.
Placée sous le patronage du Conseil régional Nord/Pas-de-Calais et des conseils généraux du Nord et du Pas-de-Calais, cette structure - quelque peu indépendante de l'association nationale - était bien évidemment tout à fait en phase avec celle-ci.
L'imparfait que je viens d'employer, dans le paragraphe précédent, est pour moi une espèce de déchirement, ce déchirement que l'on éprouve lorsque l'on perd un ami. 
Depuis ce prix de la "Catégorie Essais" de La Renaissance Française Nord/Pas-de-Calais, reçu en 2001 pour mon premier livre - prix suivi, au fil des années, de quatre prix pour des recueils de nouvelles encore au stade de manuscrits, manuscrits dont trois sont aujourd'hui des livres vendus en librairies - j'ai appris à connaître cette société littéraire nordiste. J'avais d'ailleurs noué quelques liens d'amitié avec Madame Simone BONNET dont j'ai compris, au fil des ans, qu'elle portait l'association sur ses épaules. Secrétaire de l'association, secrétaire-adjointe, trésorière et trésorière-adjointe, présidente du jury du concours annuel, Madame Simone BONNET ne portait peut-être pas ces titres, mais elle en assurait les fonctions tout en expliquant, chaque année que, l'âge et des ennuis de santé étant là, elle avait besoin d'aide.
Puis, après cet appel au secours, elle repartait dans toutes ses fonctions pour un an! Je le sais d'autant plus que je suis resté en relations épistolaires avec elle depuis mon installation sur la Côte d'Azur et que, chaque année, je m'inquiétais en moi-même de l'avenir de "La Renaissance Française Nord/Pas-de-Calais".
Mais voilà que le président a réglé le problème par son courrier, en date du 1er octobre, adressé aux adhérents, un courrier guère amer puisqu'il termine en déclarant : "Tout sur cette terre a une fin"!
Pourtant, je me demande si, au sein des membres de l'association, il n'était pas possible de créer un nouveau bureau en répartissant les tâches cumulées par Madame Simone BONNET!
Si le président, M. Jean-Pierre MICHAUX, dit "Ne regrettons rien", pour ma part je regrette que l'on ait ainsi jeté l'éponge en laissant la région Nord/Pas-de-Calais orpheline d'une importante société littéraire et les habitants de cette région amoureux de l'écriture sans cette possibilité qui leur était donnée de se mesurer entre eux et d'avoir les jugements de leurs pairs.
Je pense que, dans le patrimoine culturel de notre pays, on ne peut que regretter amèrement la disparition d'une branche de cet arbre qu'est la langue de Voltaire.
Un mot toutefois pour terminer: "Chapeau Simone pour tout ce que vous avez fait avec tant de dévouement et de coeur. Je suis sûr que la disparition de "La Renaissance Française du Nord/Pas-de-Calais" est une partie de vous même qui s'en va, mais soyez certaine que vous-même restez dans les coeurs de tous ceux dont vous avez eu les écrits en mains".
François LÉGER
Nos lecteurs trouveront ici la lettre de M. Jean-Pierre MICHAUX qu'ils peuvent agrandir - pour une lecture plus confortable - par un clic de souris.
Si "La Renaissance Française Nord/Pas-de-Calais" disparaît sans même faire une remise de prix pour les lauréats du Concours annuel 2008, pour notre part, nous publierons le palmarès de ces joutes littéraires le vendredi 24 octobre.
06 octobre 2008
Séparation
Intelligent et affectueux était ce chien...
Il est vrai que, dans notre beau pays de France, notre culture nous impose de voir en un disparu - homme ou animal - un être merveilleux, un ange, presqu'un saint! La mort rend si beau dans nos verts pâturages...
Ceci est tellement vrai que vous aurez bien du mal à me faire croire qu'il ne vous est jamais arrivé une aventure comme celle-ci lors d'un enterrement religieux... Il me souvient en effet d'avoir entendu un prêtre parler - avec affection - d'un défunt dont il nous a expliqué qu'il était aimé de tous et le pilier d'une famille unie qui aurait bien du mal à l'oublier et à vivre sans lui... S'il était vrai que femme et enfants allaient avoir du mal à l'oublier en raison des coups reçus au quotidien, la veuve apprécierait sûrement de ne plus voir son mari rentrer, à n'importe quelle heure de la nuit, après avoir dépensé l'argent du ménage au bistrot du village... C'est dire que, en vérité, du cabaretier du village seulement le "pauvre défunt" serait regretté...
Ayant quitté ce village depuis quelques décennies, j'ignore si le bistrotier, reconnaissant, est allé souvent au cimetière porter des fleurs... D'ailleurs, à quoi bon? Elles sont si périssables...
Toutefois, il est bien évident que l'on a vu, souvent, des gens ayant passé leur vie à se dévouer pour les uns et les autres être "enterrés comme des chiens" selon la formule consacrée... Formule consacrée qui n'est qu'une formule puisque Pierre VIRMES, notre ami le poète, se penche aujourd'hui - avec tout le talent et la finesse qu'on lui connaît - sur un chien qui a été enterré comme un homme de bien!
Mais il est vrai que reconnaissance est due à "Un compagnon des jours noirs! Au maître trop vieilli, tenant lieu, bien des soirs, d'ami, de confident, l'écoutant en silence". Or, ces compagnons sont beaucoup plus nombreux qu'on ne le pense - ces "petites boules de poils" ou "grosses boules de poils" - à faire preuve bien souvent d'affection et d'intelligence... J'entends déjà mon ami le vétérinaire me dire : "Tu dois comprendre que ton chien n'est doué que d'une < forme d'intelligence > et que son affection n'est en réalité, de sa part, que la preuve d'une possession du maître par son chien..." C'est là une déclaration de mon ami René qui m'a toujours follement amusé car je me suis toujours demandé ce que c'était qu'une "forme d'intelligence" tout en ayant eu, souvent, envie de lui répondre : "Et ta femme? Tu n'as jamais vu que son amour pour toi est une appropriation de ton être dans sa globalité?"... Mais je n'ai jamais osé car René était mon "veto", mais aussi mon ami et je n'aurais jamais voulu lui ouvrir les yeux sur ce qu'est l'amour de la plupart des hommes!
Mon ami Pierre VIRMES m'a certes expliqué que ce chien, Ulysse, était extraordinaire et que son maître - qui était un de ses amis - lui avait demandé ce poème, pourtant je m'étonne... Je m'étonne car je sais l'amour que l'on peut avoir pour un chien, mais je pense qu'il faut savoir raison garder...
Croyez-moi, lorsque j'ai perdu mon chien qui m'avait accompagné - assis à la porte de mon bureau qu'il n'avait pas le droit de franchir - dans l'écriture de trois de mes livres, sa disparition a été, pour paraphraser Pierre VIRMES, la perte déchirante d'un ami, mais de là à lui faire faire un caveau familial, il y a un pas que je n'ai pas franchi...
A une époque où la crémation devient de plus en plus courante chez les humains, je comprends mal que l'on puisse lire, même s'il était le meilleur chien de la terre, "Ci-gît près de chez nous le bon et doux Ulysse" sur une stèle illuminant les lieux où il repose... Ce qui m'ennuie ici est seulement l'existence de la stèle car je reste persuadé, comme le poète, que "Ci-gît près de chez nous le bon et doux Ulysse" dans un niveau de conscience qui n'est pas encore le nôtre...
François LÉGER


