François Léger

Journaliste honoraire et membre Adhérent de la Société des Gens de Lettres, François Léger - essayiste et nouvelliste - présente ses livres, ses réflexions et des travaux de ses amis partageant la même passion.

26 février 2009

Cercueil décédé!

Maurice_DUSSOL            Perles orales

      Par Maurice DUSSOL

Grand chasseur de perles devant l'Eternel, notre ami Maurice DUSSOL vous propose quelques perles orales qu'il ne manque jamais de commenter (texte en caractères gras).
De plus, pour vous aider, voici un petit glossaire afin que vous puissiez rendre à César ce qui est à César ou plus exactement la perle à qui de droite (ou de gauche).
Vous vous y retrouverez ainsi aisément : D= député; JC= Jacques Chirac; M= ministre; MEN= ministre de l'Education nationale; Pub= publicité, SP= speaker.

Chirac, président de la république sortante (SP). Il n'y avait qu'à attendre, lui aussi a été sortante .

C'est en ville qu'il y a le plus d'accidents de la route (JC). Et c'est sur les autoroutes qu'il y a le plus d'accidents de rues .

Décédé à l'âge de 101 ans, le cercueil de la reine d'Angleterre sera enterré... (SP). C'est de l'humour en glaise? 

Tous les morts qui vont arriver pourraient se retourner contre eux (SP). Surtout s'ils ont mal dormi sous terre .

Ce plat doit être précuit à l'avance (Rebuchon). Et c'est comme ça que l'on devient chef cuisinier.

Les brouillards matinaux, le matin seulement (SP). C'est beau la précision !

Polensky a dit : "J'ai été ému d'avoir la palme de Cannes que j'ai reçue". Au son ça peut faire marrer si on pense au palmipède.

Il faut les réhydrater à l'huile d'olive (SP). Ou, plutôt, les huiler avec de l'eau distillée .

C'est sous bonne escorte que la cuisse la plus précieuse de France est entrée sur le terrain (SP sportif). Cet exploit, voisin du miracle, confirme qu'il n'est pas de limites à l'idolâtrie. Mais il ne s'agit pas de la cuisse de Jupiter: c'est celle de ZIZOU! .

Comme l'ostracisme que pratiquaient les Romains dans l'antiquité... (D). Peut-être, mais alors seulement ceux qui bavardaient sur l'Agora qui était le Forum d'Athènes .

Un commando cagoulé de dix hommes sont entrés (SP). Avec leurs cagoules, on a cru qu'ils étaient seuls .

On va lui parler pendant qu'il grappille une pomme (SP). Pourquoi pas, s'il le fait après avoir pelé les grains de raisins?

Le Ventoux est un col difficile à repasser (SP sportif). Surtout quand on l'a trop amidonné .

Ce coureur va faire achopper cette échappée (SP sportif). A prononcer à voix haute sans se faire chopper .

C'est le retour de l'enfant prodige (SP). La télévision, qui en est très prodigue, distribue des adjectifs prodigieux .

Dans cette église, à Jérusalem, celle où repose le Christ... (SP). Qui diable le lui a dit?

Ça va permettre aux mosquées de sortir des ghettos... (SP). Et aux synagogues de revenir dans les souks .

Papon ne semblait être ni grabataire, ni omnipotent (SP). Mais il a eu presque tous les pouvoirs à un certain moment .

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19 février 2009

"Granada... Granada..."

Daniel_Pagniez Contes d'un jardin extraordinaire

          

           XV) Les grenadiers

          Par Daniel PAGNIEZ

"Il était une fois..." la singulière épopée d'un groupe de grenadiers d'une garde impériale qui avait stationné dans mon "Jardin extraordinaire"...

Rien d'étonnant et d'insolite à revenir à un autre siècle dans mon jardin où des événements extraordinaires se produisent toujours avec vigueur et, chaque fois, à ma stupéfaction. D'ailleurs, malgré cette dernière, j'ai  accepté ce qui est arrivé, ce jour-là, avec un naturel inhabituel, comme une raisonnable réalité sans m'émouvoir outre mesure.

Un groupe de militaires, curieusement vêtus pour notre époque, se présenta à mon portail d'entrée. Six hommes de grande taille, robustes, à la moustache tombante, en uniformes soignés, en habits de drap bleu à revers et gilets blancs, avec épaulettes à franges de couleur rouge, pantalons blancs serrés. Ils étaient coiffés d'un bonnet à poils surmonté d'un petit plumet - carotte écarlate - le sommet du bonnet avec une calotte de drap également écarlate ornée d'une grenade ocrée et tressée, et une plaque dorée frontale représentant un aigle. Ils étaient munis de leurs sacs de peau, de leur fusil, de leur giberne et d'un sabre-briquet à bretelles. Et d'avoir - s'il vous plaît ! - "la légion d'honneur" sur la poitrine.

Ils me demandèrent l'hospitalité. Leur chef, un capitaine, s'adressa à moi.
"Citoyen! Nous ne voulons pas déranger! Nous marchons depuis la côte et souhaiterions bivouaquer chez vous jusqu'à demain... Hier, 1er mars 1815, était un grand jour pour la France. Nous avons débarqué à Golfe Juan du brick "L'Inconstant". Nous appartenons au corps d'élite de la garde de l'Empereur et sommes des éclaireurs chargés de surveiller les alentours de la route empruntée par une troupe qui comptera 1 200 hommes. Nous devons rejoindre l'Empereur à Castellane et  Fayence est sur notre chemin, route plus discrète que celle empruntée par la troupe devant "monter" par Grasse. Pouvons-nous entrer? Nous avons tout le nécessaire, sauf de l'eau."

Ainsi, j'étais en 1815! Pourquoi pas ? Napoléon revenait de l'île d'Elbe. Le maire de Golfe Juan avait remis les clefs de sa ville à Napoléon qui avait dit à Cambronne: "Je vous confie l'avant-garde de ma plus belle campagne... Songez que je veux reprendre ma couronne sans verser une goutte de sang"... Eh bien, voyons... Tout ceci était normal pour moi dans mon domaine enchanteur..... Pourquoi s'étonner lorsque l'on franchit le seuil d'un conte?

De la cohabitation à la nasse...

Les six hommes de la compagnie d'élite étaient bien des grenadiers de la garde impériale, sélectionnés pour leurs services, et ils s'installèrent sur ma pelouse.
Je m'étais bien gardé de leur parler de mes petits amis du jardin qui observaient de loin la mise en place des militaires. J'avais rassuré Rackam, venu aux nouvelles, sans trop donner d'explications sur l'événement.
Les "moustachus" avaient rassemblé les fusils en faisceau, étalé leur matériel et s'étaient organisés pour un  rapide repas froid. A l'eau réclamée j'avais ajouté quelques bouteilles de rosé de Provence. Ils étaient joyeux, criant "Vive l'Empereur" avant chaque rasade... L'après-midi s'était passé dans un grand calme. Les hommes s'étaient reposés, avaient dormi, plaisanté, chiqué ou tiré sur leur longue pipe. Rackam et ses amis s'étaient même aventurés à venir inspecter et dévisager de près ces grands bonshommes habillés comme pour un carnaval ou une reconstitution  historique. Des abris de toile avaient été dressés pour la nuit. Cependant, vers la fin de la journée, une animation bruyante et une agitation inquiétante s'étaient mises à régner dans le bivouac.
Tourmenté, j'allais alors me diriger vers les voix tonitruantes de mes hommes d'armes au milieu de cris que je reconnaissais pour être ceux de mes petits amis quand Trottemenue, en pleurs, accompagnée de Pain Son, gagna ma terrasse.
"Vite, me dit Pain Son, il faut faire quelque chose! C'est affreux... C'est bien d'offrir l'hospitalité à des inconnus, mais tes soudards sont en train de tisser le plus grand drame jamais survenu au jardin. Ils ont piégé, enlevé et attrapé sournoisement Pickup, Rackam, Rougette et Rubiette, Riquette et Kesdep, qui assistaient sagement à un  genre de spectacle assez nouveau peut-être, mais que je dirais peu éducatif pour eux, et ils les ont séquestrés dans des petites cellules de branchages et de ramures. Si tu entendais leurs appels au secours!... Les hommes disent que c'est pour les offrir à cet Empereur que nous ne connaissons pas... Il faut agir vite et libérer nos camarades! Trottinou était venu me prévenir en toute hâte et j'ai moi-même échappé de justesse à la rafle... "

L'affaire était de la plus haute importance et je devais intervenir au plus tôt.
Je partais déjà vers la pelouse du drame lorsque Pain Son m'arrêta.
"Non, non, me dit-il, attends, ne bouge surtout pas! Je viens d'avoir une idée. Si cela fonctionne, nous allons punir ces soldats et faire évader les amis. Je vais immédiatement me rendre au fournil et préparer une super-baguette magique bien croustillante que je vais leur porter. Elle sera, je l'espère, gonflée de pouvoirs et de maléfices... Mon approche sera dangereuse, je le sais mais je dois réussir: il le faut! Si seulement Elliott était là! Nous ne l'avons pas vu depuis trois jours... Puis, quand je pense à la dégradation de ta pelouse: ils y ont creusé un  trou pour alimenter un feu sous leurs gamelles, eux qui ne devaient que pique-niquer proprement m'avais-tu dit... Enfin! Allons, au travail!"

J'avais insisté pour intervenir mais Pain Son et Trottemenue m'en avaient dissuadé. Pain Son gagna son échoppe et, dans l'attente insupportable d'un dénouement espéré heureux, ma conversation avec Trottemenue se teinta d'angoisse et d'inquiétude sur le sort de mes adorables petits hôtes.

Pénitencier et liberté par enchantement...

En un  temps record, qui nous parut si long, nous aperçûmes Pain Son s'avancer avec  prudence vers le bivouac. Il avait du mal, le pauvre, à porter le pain anormalement volumineux, encore tout chaud et aux appétissantes odeurs. Il réussit à le déposer avec délicatesse près des gardes impériaux surpris et médusés par la délectable offrande... Puis, Pain Son s'enfuit la peur au ventre. Un instant ahuris, les grenadiers se précipitèrent bientôt sur l'alchimie de Pain Son qu'ils se partagèrent et dévorèrent avec avidité, toujours en lançant des "Vive  l'Empereur!" et en se tapant sur les cuisses.
La scène était observée avec attention par Rackam et ses codétenus, devenus muets devant la témérité de Pain Son. L'effet du fluide souverainement vengeur fit son effet avec promptitude. En un éclair, la panification à peine avalée fit s'évanouir et disparaître le bivouac au complet, avec tout le matériel, les fusils et... les six grenadiers!... Des cris, cette fois de joie immense, s'échappèrent des petites cellules improvisées et les portes du pénitencier s'ouvrirent par le même enchantement.
Pain Son sortit de sa cachette de lavandes, soulagé et heureux, et, félicité, il se retrouva sous des bourrasques d'accolades et de baisers. Il ne restait sur la pelouse que des petites prisons de bois à détruire et un trou de feu éteint signalant ses cendres. Trottemenue, avec son violon, avait rejoint Trottinou et ses amis et, de ma terrasse, mon  XXIème siècle remettait quelques-unes de mes idées en place...
Mais où étaient donc passés les grenadiers?

Du rêve à la réalité!

Dans mon "Jardin extraordinaire", depuis ce jour, une magnifique haie de solides arbrisseaux épineux fait la joie de la gent ailée, exposant de larges fleurs rouges et de gros fruits bien mûrs: ce sont mes six grenadiers!
Aux heures chaudes de l'été, Pain Son, en chantant "Granada, Granada...", se plaît à servir au jardin, sous les ombrages, une grenadine bien fraîche.
Tout est si étrange ici - le jardin, ma faune, ma flore, le temps qui remonte le temps... - que j'ai un court instant culpabilisé... Non, franchement non, à la réflexion, je ne pouvais pas être responsable, pas plus que Pain Son de la cuisante défaite de la "redingote grise", près de quatre mois plus tard, parce qu'il manquait six grenadiers d'élite dans le dernier carré d'une ultime et vaine défense de grande bataille!... La nature a adopté les arbrisseaux chez moi et, parfois, ils me demandent encore de les excuser du trouble apporté en me tendant de belles grenades "inoffensives".
Il me revient cette chanson: "Les voyez-vous, les hussards, les dragons, la Garde, glorieux fous d'Austerlitz que l'Aigle regarde... " Je vais apprendre ce chant à "Caruso", je lui dois bien cela et à lui de nous séduire de sa belle tessiture. "Les soldats sont là-bas endormis sur la plaine où le souffle du soir chante pour les bercer... " Ma plaine à moi et aux petits amis, mais c'est le "jardin des rêves"!....

Attention à vous, les amis! La curiosité et l'indiscrétion sont souvent de vilains défauts qui peuvent vous coûter très cher!

Retrouvez  Daniel PAGNIEZ pour un nouveau conte de son "Jardin extraordinaire" le samedi 21 mars 2009.

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16 février 2009

Un vrai bijou...

Maurice_DUSSOL      Le collier du roi...

    concocté et réalisé

   Par Maurice DUSSOL

Les habitués de ce site savent que Maurice DUSSOL, grand pêcheur de perles devant l'Eternel et amoureux de notre belle langue, alimente notamment deux rubriques appréciées et ayant pour noms "Perles écrites" et "Perles orales" qui vont continuer à faire la joie de certains en cette année 2009. Pourquoi ces rubriques? Parce que, comme les autres auteurs de ce site, notre ami Maurice DUSSOL est très attaché à la langue de Voltaire qu'il ne manque pas de défendre en toute occasion. Nous le voyons en parfait accord avec Henri TROYAT lorsque celui-ci disait: "Je voulais écrire et écrire en français".
De plus, Maurice DUSSOL, ayant l'oreille musicale du poète, ne désavouerait pas Anton DVORAK pour qui "Sans sa langue, sans sa culture, sans sa liberté, un peuple n'est rien".
Mais, homme du monde et homme de coeur, notre ami Maurice DUSSOL, s'il a comme les autres proposé un texte pour la Saint-Valentin, a pensé aussi à un très beau cadeau à faire à la plus belle de nos visiteuses du mois... C'est un cadeau artisanal - le collier du roi - réalisé, perle après perle, qui montre combien il est essentiel de lutter contre ces dérives linguistiques pour ne pas rencontrer un jour la lettre qui suit, écrite par Maurice DUSSOL en utilisant des perles quotidiennes qui - isolément - ne nous choquent pratiquement plus.

F.L.

Monsieur le directeur,

En réponse à la présente, je vous prie de bien vouloir lire ma lettre avec intention car j'ai voulu exposer mes affaires par téléphone à vos employés et ils m'ont raccroché comme des malhônetes. Je m'adresse directement à vous car vos services restent muets dans leurs réponses et, cette fois, j'espère que mon laïus aura écho.
Mon mari étant de la classe 48 et venant d'avoir un enfant de plus, il a été libéré: c'est mon second mari car je suis séparée d'avec mon premier parce qu'il  vivait avec sa maîtresse dans ma maison dont il avait un enfant. Elle l'a laissé d'ailleurs pour aller vivre avec un riche qui empli une bonne à titre personnel tous les matins et ne la déclare pas. D'ailleurs faîtes une enquête: elle est toujours chez lui et elle tourne les yeux avec une robe à fleurs bleue et blanche.  Et puis je dois vous dire aussi que je suis veuve de mon premier mari pour le moment.
Malgré tout cela, je ne vois pas pourquoi mon mari nouveau serait un cas contraire et je voudrais savoir la marche à suivre pour une naissance afin de m'inscrire à la prénatation. Excusez le dérangement mais j'en ai de besoin! J'ai eu des névralgies dans les jambes et je suis couchée depuis deux mois avec un docteur qui ne me plaît pas aussi je vais en changer bientôt car j'ai eu en plus 3 christs sur l'estomac; il ne m'a pas opérée et j'ai eu une infection internationale. Je vous envoie comme vous l'avez demandé mes deux enfants, respectueusement âgés de 3 et de 1 an, dans ma lettre et j'attends les papiers pour faire manger ma famille. N'oubliez pas que j'ai aussi à ma charge mon père qui est obligé de travailler un terrain inculte et âgé de 72 ans ainsi que sa femme qui a dû cesser toute activité pour se livrer à l'élevage des enfants et qui l'aide à ramasser de la tôle pour faire manger les petits.
Vous voyez, Monsieur le directeur, que je suis dans un gros besoin et que vous feriez un bon acte si vous me le fairiez toucher bientôt. Je tiens à vous signaler aussi qu'on a coupé les bourses à mon fils et qu'il ne va plus en classe car je ne voudrais pas que ça fasse comme pour ma fille aînée que quand elle a eu 5 ans vous m'en avez coupé la moitié.
Je n'ai pas reçu non plus les 3 jours que je suis allée me faire appointer au chômage et je voudrais savoir si pour intempérie du temps, on a le droit de nous faire sauter l'argent car 1000 f par mois pour manger 5 personnes c'est pas beaucoup surtout que, jusqu'au 20, la quinzaine c'est long!
Pourtant le patron de mon mari lui avait dit qu'il lui avait fait faire un certificat pour lui servir de ce qui est droit et que, s'il y avait une infusion, c'était une erreur de plume de son comptable.
Alors, je vous envoie mes talons pour vous faciliter la démarche et empêcher une autre erreur car, s'il a vécu de droite et de gauche, mon mari a toujours été dans le droit chemin et les allocations sont indispensables pour un travailleur de nuit qui vit au jour surtout qu'il a maintenant une bouche de plus à manger.
Devant tous ces retards, inutile de vous dire que ma colère déborde car le coeur qui bat dans un pantalon d'ouvrier vaut bien celui de tous vos employés qui ont toujours le derrière sur une chaise et qui croient que tout le monde c'est pareil.

Alors je pense que vous prendrez ma démarche en mains et que je le recevrai cette semaine sans avoir à m'adresser plus haut car le temps n'est plus où l'on se faisait balloter comme un foetus de paille ou bien, alors, il ne me restera plus qu'à avaler un tube de cardinal comme ma voisine dont le petit dernier, comme il n'y voyait pas, dépérisssait à vue d'oeil! Vous me les ferez parvenir à la maison et pas à la Poste car je suis restée l'autre mois plus de 1/2 heure au guichet des PTT, haletante et frémissante en me rongeant les sangs en songeant au plus jeune qui monte déjà au rideau et sait ouvrir les fenêtres.
Espérant, Monsieur le directeur, à votre iniquité et  dans la tente d'une réponse je vous envoie mes condoléances distinguées.

P.S.: Tant que j'y suis je voudrais savoir la démarche pour un prêt de l'amélioration de l'habitat car j'habite sur un derrière et je ne m'y sens pas bien à cause des mauvaises odeurs. Je l'ai déjà demandé à l'assistance sociale et elle m'a répondu affirmativement "Non"! Elle m'a renvoyée aux calandes Grecques et quand j'y suis allée on m'a dit que je n'y étais pas, ce qui m'a beaucoup surprise alors je viens insister auprès de vous.

Posté par ARMEE à 10:35 - Protégeons notre langue... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 février 2009

Un coeur plein d'amour...

         Bizarre matin de Saint-Valentin...

                   Par François LÉGER

Ce matin, comme chaque jour que Dieu fait, après m'être levé, rasé et habillé, je suis allé chercher mon journal dans la boîte aux lettres pour découvrir les nouvelles du jour dans mon quotidien déposé, à six heures précises, pour un sou, par un gamin...

Ce matin, comme hier, comme demain, je vais regretter de ne pas avoir un fanzine entre les mains... Enfin!...
Je regrette alors d'apprendre l'existence de ces bruits de bottes ici et là, de cet assassinat perpétré par un adolescent qui a poignardé son professeur de latin, de ce charnier découvert dans un pays où l'on pensait éteintes les rivalités entre ethnies après ce véritable génocide qui eut lieu, là-bas, dans ces pays lointains au devenir toujours incertain.

Ce matin, je m'aperçois que tous ces événements qui ont jalonné ma vie m'ont laissé indifférent tant étaient essentiels pour moi mon présent et mon demain.

Ce matin, ma gazette  réserve aussi une belle place, - entre les chars qui entrent dans un pays où les militaires tueront aussi femmes et enfants pour s'approprier les richesses du sous-sol et cet avion qui s'est écrasé en faisant plus de deux cent cinquante morts dans un attentat pas encore revendiqué - une belle place à la Saint-Valentin en invitant tous mes concitoyens à vivre cet amour qui donne à l'animal que nous sommes sa place d'être humain. Voilà, en ce jour, un être humain généreux et oubliant son ego exacerbé pour partager avec sa douce moitié tout l'amour qui s'est éveillé en lui en ce matin de Saint-Valentin... Dîtes-le avec des fleurs, quelques mots, ou un geste à celui ou celle qui partage votre vie, pas de fausse pudeur, n'attendez pas de porter des fleurs... au cimetière! Saint_Valentin

Ce matin, alors que mon épouse n'est pas encore levée, commençant tout juste à vivre cette retraite que nous avons tant attendue tous les deux, je pense brutalement à cette Saint-Valentin et réalise soudainement qu'il est temps pour nous de conjuguer le verbe aimer. Oui, il est grand temps de nous aimer après quarante années au cours desquelles nous nous sommes côtoyés sans un seul moment nous arrêter.

Nous sommes-nous aimés lorsque nous nous sommes rencontrés? Non, nous n'en avons pas eu le temps tant ce coup de foudre a fait brûler notre tendresse, tant notre attirance physique mutuelle était fusionnelle. Oui, Platon avait raison: quelle merveille de s'unir physiquement à cette autre moitié de nous-même dont nous avons été séparés par  des Dieux ayant eu peur de la croissance de notre puissance... Une peur qui les conduisit d'ailleurs, dans un assaut final, à diviser les hommes en créant des  barrières linguistiques si difficiles à franchir... Ces Dieux ignoraient alors que les hommes atteindraient un  tel niveau de narcissisme qu'ils créeraient eux-mêmes leurs barrières... religieuses autrement sanglantes.

Nous sommes-nous aimés à la naissance de Xavier? Nous sommes-nous aimés ou bien avons-nous chacun été émerveillé d'avoir été capables de donner la vie à un tel enfant?

Nous sommes-nous aimés en affrontant toutes ces difficultés de la vie que connaissent tous les couples, naissance après naissance, varicelle après varicelle, lycée après lycée, inquiétude après inquiétude pour l'insertion des uns et des autres dans la société, cette société dont nous n'avons pas lieu d'être fiers de la laisser dans un tel état à nos héritiers...

Mais il est vrai que, comme nous n'avons pas eu le temps d'écouter ou d'aider notre conjoint dans ces moments où il avait besoin de nous, comme nous n'avons pas écouté la nature, mais forts de nos connaissances, nous nous sommes acharnés à créer une société de consommation générant un certain confort de vie sans nous occuper du lendemain...  Ainsi peut-on se demander si l'animal pensant que nous sommes est vraiment capable de penser et de donner cet amour qui fait de lui un animal digne de figurer parmi les Humains.

A tout cela je pense en prenant connaissance des événements du jour et, brutalement, je comprends que le véritable événement du jour, le seul qui doive compter, est que ce soit la Saint-Valentin... Je repense à tous ces moments vécus avec ma femme, tous ces écueils que nous avons surmontés ensemble, tous ces efforts et toutes ces attentions qu'elle a eues pour moi et les enfants depuis quarante ans... Non, vraiment, je n'ai pas assez vu ou apprécié tous ces gestes et je suis persuadé qu'il est grand temps pour nous de conjuguer le verbe aimer... à deux.

Tout à l'heure, lorsque ma femme s'éveillera, pour la première fois depuis quarante ans elle sera stupéfaite: je lui souhaiterai une joyeuse Saint-Valentin avec un coeur plein d'amour à lui donner tout au long du chemin qui nous reste à parcourir.

Posté par ARMEE à 15:07 - Fêtes traditionnelles - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Il vivra dans le creux de mon âme...

Saint_Valentin_2 Le coin des poètes

           avec

Maurice DUSSOL

                   Supplique pour un sourire

Cruelle dont les yeux illuminent mes rêves,
Toi dont les fiers regards incarcèrent les coeurs
Et n'accordent jamais ni détentes ni trêves
Dans les tournois galants dont ils sont les vainqueurs,

Tu sais que, sans efforts, tu m'as pris à ton piège,
Que je viens me brûler aux feux de ta beauté
Et que c'est vainement que le doute m'assiège
Car, d'Orgueil à Raison, tu m'auras tout ôté.

Puisqu'il ne te plaît plus de tenir tes promesses,
Que tu veux m'exiler d'un ciel pourtant promis
Je saurais renoncer au jeu de nos caresses
Si tu me permettais cet humble compromis:

Je pourrais oublier les mots qui nous ressemblent,
Chercher loin de tes bras une impossible paix,
Sentir se dénouer les liens qui nous rassemblent,
Et s'estomper nos corps dans des brouillards épais;

En retour, permets moi de garder ton sourire
Le temps d'en effacer ce qu'il a de moqueur
Et, quand je serai sûr qu'il est sous mon empire
Laisse moi le serrer tendrement sur mon coeur.

Pour toujours il vivra dans le creux de mon âme,
Me ramenant vers toi sans jamais me lasser;
Grâce à lui j'oublierai la douleur et le drame
Eden dont, même Dieu, n'osera me chasser.

Posté par ARMEE à 15:04 - Le coin des poètes - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 février 2009

Vous avez dit "littérature" ?

Message aux organisateurs de concours et de manifestations littéraires.

Surpris de voir des organisateurs de concours (ou de manifestations) littéraires s'inquiéter de la somme que nous demanderions pour annoncer sur ce site l'événement qui est  le leur, nous tenons à rappeler brièvement le fonctionnement de ce site.

Celui-ci en est très simple: nous sommes quatre à y publier des textes - Maurice DUSSOL, Daniel PAGNIEZ, Pierre VIRMES - et moi-même qui assume en outre le rôle de "webmaster"! Précision utile apparemment: nous "travaillons" tous les quatre sur ce site le plus bénévolement qu'il soit et avec le plus d'enthousiasme possible.

Mais, le fait d'être tous des bénévoles et de ne rien vendre nous assure notre totale liberté d'expression...  De même, le fait de publier les annonces de manifestations et de concours littéraires BÉNÉVOLEMENT nous permet de ne pas rendre publique ce qui nous paraît (ou ce que nous savons être) douteux.

Aussi, tous les organisateurs de manifestations ou de concours littéraires qui le souhaitent peuvent-ils prendre contact avec le "webmaster" par courriel en utilisant le lien, situé dans la colonne de gauche, "Contactez l'auteur".

Posté par ARMEE à 19:59 - Concours littéraires - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 février 2009

FEVRIER

Maurice_DUSSOL           Le pastiche mensuel

           de l'année  2009

        Par Maurice DUSSOL

            Gentil poète

Inspiré par la chanson de Gibert Bécaud: "Quand il est mort, le poète"

C'était peut-être un esthète,
C'était plutôt un poète
Puisqu'il rêvait
Et qu'il savait
Joliment rimailler.
Mais il gardait cette fête,
Ce grand bonheur dans sa tête
Car il craignait
Et s'indignait
Qu'on pût un jour le railler.

Parfois de belles images:
Fleur, papillon, doux visages
Le fascinaient
Et l'amenaient
A vouloir les chanter.
Mais il restait humble et sage:
Sans un regret
et sans rage
Il les celait
Car il voulait
Ne pas les "désenchanter".

Malgré cette modestie,
Tant de Beauté engloutie
Fut dévoilée
Et révélée,
Un jour,  au Monde entier.
Refusant la moindre palme
Il conserva tout son calme
En avançant
Doux et décent
Sur son  modeste sentier...

Quand il quitta cette Terre
C'est sous une simple pierre
Qu'on l'enterra,
Sans grand extra,
Dans les lieux consacrés;
Au fond du vieux cimetière
Vers le mur vêtu de lierre
Que le soleil,
Dès son réveil,
Lèche de rayons nacrés.

Selon le voeu d'un esthète,
Près du tombeau du poète,
On fit planter,
Pour l'abriter,
L'arbre au dôme éploré;
Une rumeur sans malice
Dit qu'à cette ombre complice,
Furtivement,
Secrètement,
Sa muse vient pour pleurer.

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06 février 2009

Quand la politique s'en mêle...

              PAMPHLET LU POUR VOUS

                   Par François LÉGER

"Chacun pour soi... ": un réquisitoire de Charles Duchêne contre les actes passés, présents et futurs du président SARKOZY!

Lorsque, sur le conseil de l'un de ses amis, Charles DUCHÊNE m'a adressé son livre "Chacun pour soi..." aux fins de recension de ce pamphlet sur ce site, je me suis senti un peu mal à l'aise en me demandant s'il était possible de faire une critique littéraire d'un pamphlet sans entrer dans ce débat politique qui n'est pas de mise en ces lieux... Toutefois, pour être honnête vis-à-vis de l'auteur et pour ma conscience personnelle, je me suis lancé dans la lecture très attentive de ce travail comme je le fais régulièrement pour tous les ouvrages que l'on m'adresse ainsi...

Si, contrairement à Charles Duchêne, je ne pense pas qu'il s'agisse ici d'un véritable pamphlet - qui eut été un texte de quelques pages incisif et violent - mais bien davantage d'un réquisitoire contre les actes et décisions de Nicolas SARKOZY entre le moment où il est devenu le locataire de l'Elysée et la fin de la rédaction de cet ouvrage sorti en mai 2008, mais aussi entre cette parution et la fin de la mandature du chef de l'Etat, il est évident que le pamphlet est une forme littéraire... Donc, malgré mes scrupules, il me fallait faire comme Jules César au moment de franchir le Rubicon et me dire "Alea jacta est" même si le début de cet ouvrage n'avait pas manqué de me surprendre et de m'inquiéter... en rencontrant derechef une certaine mauvaise foi chez l'auteur!

Le voici qui nous rappelle (p. 22) que la légion d'honneur a été créée, en 1802, par Bonaparte pour récompenser des services "militaires et civils" rendus au pays en précisant: "Jusqu'alors, avec de rares dérives". Et, de souligner qu'une "des dernières vagues a récompensé un des frères de Cécilia, des amies de Cécilia  ex-Sarkozy, dont celle qui avait prêté au couple de l'époque et à sa famille sa propriété des USA pour ses vacances de l'été 2007"... en insistant sur le fait que Céline DION a reçu cette distinction des mains du président. Voilà des informations dont je n'avais pas eu connaissance, mais il n'y a pas de raison pour que je mette la parole de l'auteur en doute. En revanche, s'il n'est point dans mes intentions d'entamer un débat sur ce sujet, je préciserai à M. Duchêne que les "rares dérives" ont été légions bien avant l'arrivée de M. SARKOZY à l'Elysée!!! Un fait précis? Je voulus un jour remplir le dossier de demande de cette distinction pour l'un de mes grands-pères, militaire de carrière, qui avait fait la Campagne de Chine et la Guerre de 14-18 en revenant avec quelques médailles (comme la médaille militaire) et avec des citations, blessures de guerre, autant d'éléments qui lui donnaient grandement le droit à prétendre à la légion d'honneur! Or, lorsque j'évoquai mon idée géniale auprès dudit grand-père, dans les années 60, celui-ci n'eut qu'une réponse: "Je n'en veux pas, maintenant on l'attribue à n'importe qui, artistes et sportifs... Si tu la demandes, je la refuserai: elle n'a plus de sens!"...

Il faut savoir ce que l'on veut...

Ma seconde inquiétude en abordant cet ouvrage: le fait que l'auteur reproche à Nicolas SARKOZY à la fois une chose et son contraire...

En effet, Charles Duchêne nous explique (p.9): " <Faire la politique pour laquelle nous avons été élus > voilà le credo du président...Certes la politique pour laquelle il a été élu, mais pour laquelle il ne le serait en aucun cas aujourd'hui". Bien évidemment, cette affirmation n'engage que son auteur qui écrit (p. 29) : "C'est en Grande-Bretagne que le président SARKOZY a décidé de renier une fois de plus les propos du candidat qu'il fut à la présidentielle"! Et, Charles DUCHÊNE de persister et signer (p. 79) en écrivant: "Quel changement, quel déni du président des positions du candidat"!

Il est patent que l'auteur est de mauvaise foi - à moins qu'il ne change, lui aussi (?), d'idée en cours de route - une mauvaise foi que l'on retrouve à plusieurs reprises dans cet ouvrage que je ne trouve pas vraiment incisif et violent si ce n'est vis-à-vis de Nicolas Sarkozy en personne: l'auteur donne l'impression d'éprouver envers lui une véritable haine personnelle qu'il justifie par une critique acerbe des décisions et des actes du chef de l'Etat depuis qu'il est à l'Elysée mais aussi jusqu'à la fin de sa mandature... Ceci enlève d'ailleurs une certaine crédibilité à ce travail d'écriture que je me garderai bien cependant de juger quant à sa forme... Toutefois, je ne pense pas que ces envolées d'un véritable réquisitoire donnent le droit de s'égarer par trop souvent dans l'orthographe, la ponctuation, la syntaxe et la conjugaison... Dans ce domaine, il est évident que cet ouvrage manque de rigueur et de tenue: c'est le moins que l'on puisse dire.

Ne pas se tromper de cible...

Je l'ai écrit au début de cet article, je ne veux en aucun cas faire de ce site une tribune politique où il ferait bon se disputer copieusement mais il est des affirmations que leur auteur ne peut pas assener sans être de mauvaise foi! Ainsi en est-il de cette appréciation économique (p. 37) qui pourra être admise en cas de lecture rapide, mais qui est à mourir de rire lors d'une lecture attentive. Ne voilà-t-il pas en effet que Charles Duchêne nous dit la bouche en coeur: "La France n'a pas attendu SARKOZY pour se mettre au travail et elle n'a pas quitté le travail, c'est le travail qui a quitté la France et le président en est plus responsable, lui et ses amis politiques, que les travailleurs de notre pays".

Là, l'auteur se trompe d'adversaire puisque même la "Dame des Trente-cinq Heures" admettra, peu après la sortie de cet ouvrage, que cela pose des problèmes dans le milieu hospitalier... Cela pose des problèmes parce que Martine AUBRY a cru que le travail était un gâteau à se partager et qu'elle n'a pas imaginé qu'en mettant cette loi scélérate en place, elle allait casser notre économie et générer la crise économique telle qu'elle est dans notre pays au moment où Charles Duchêne écrit ce livre. Enfin, l'auteur ne peut pas ne pas savoir parfaitement que la majorité des responsables sont dans son camp.

Mais, surtout n'allez pas croire que je veuille polémiquer avec l'auteur de ce livre qui nous donne aussi de saines analyses et a parfois le courage de dire ce que personne n'a jamais osé évoquer...

Chacun_pour_soiPar exemple, il s'insurge contre tous ceux qui s'élèvent contre la génération 68 et dont Nicolas SARKOZY lui-même voudrait ne plus entendre parler. Or, l'auteur de ce pamphlet écrit en substance - à juste titre - ce que tout le monde oublie: "La génération 68 est des plus respectables... La République sociale date de 1945 et les premiers qui ont travaillé et cotisé pour payer une retraite à leurs anciens, qui eux n'avaient pas ou peu cotisé, c'est bien celle-là"  (p. 60). On pourra d'ailleurs s'étonner aussi que, à ce propos, l'auteur n'ait pas parlé des accords de Grenelle qui montrent encore une autre face des "Événements de mai 1968".

Comme on le voit, à côté d'une réflexion incontournable, l'auteur dérape et se répète comme c'est le cas ici (p. 98) : "A force de répéter (...) que l'assistanat et les 35 heures sont responsables de tous nos maux (...) A force de rabâcher ces mêmes litanies, ça finit par prendre, par marcher, par s'ancrer dans l'esprit des gens..."... Eh oui, ça finit par marcher parce que c'est la réalité! Loin de moi l'envie d'enclencher un débat sur ce problème de l'emploi, mais je voudrais tout de même rappeler que personne ne veut plus travailler plus de 35 heures (voire 32), qu'un certain nombre d'assistés se sont installés dans l'assistanat et ne le quitteront que lorsqu'on ne leur donnera plus rien... Croyez le journaliste de province que j'étais et qui a compris tout cela en vivant auprès des gens, très près des gens... Imaginez tous ces gens qui vous souhaitent un bon week-end le jeudi midi! Combien de personnes ne pouvons-nous pas joindre au téléphone parce qu'elles sont en RTT? Comment voulez-vous que cette France en sommeil puisse lutter contre la concurrence étrangère?

Alors, M. Duchêne, croyez-moi, Nicolas SARKOZY ne changera pas la situation du pays demain (pas plus que vos amis de Gauche): il lui faudra d'abord et avant tout changer la mentalité d'une France dont la plupart des habitants sont en parfait accord avec le titre de votre ouvrage: "Chacun pour soi..."...

Il faut se battre...

Toutefois, il me semble que cette erreur d'appréciation de l'auteur est normale dans la mesure où il explique ensuite son expérience de cadre quinqua se retrouvant au chômage. Un cadre quinqua qui se bat avec acharnement pour retrouver du travail et qui rend Sarkozy responsable d'une partie de ce qu'il a vécu en tant que chômeur, oubliant - ce que le journaliste que j'étais affirme avec force - que cette situation qu'il a rencontrée existait avant l'An 2000 pour les personnes dans son cas ce qui fait que le chef de l'Etat n'est ni coupable, ni responsable dans cette affaire.

Duch_ne_encadr_Bien évidemment, l'auteur ne manque pas de fustiger la manière d'obliger les sans-emploi à reprendre le travail, les actionnaires "qui veulent toujours plus au détriment des salariés" et "toute cette droite qui détruit l'emploi et la production". Mais, à côté de cela, on mettra à son crédit des choses qui ne me paraissent pas "politiquement correctes" puisque personne n'ose en parler: "... Les indécentes augmentations de revenus (...) des grands patrons, joueurs de foot et autres sportifs de haut niveau, souvent réfugiés dans des paradis fiscaux...".

Il ne faut surtout pas manquer non plus la lecture d'une citation de Guy de QUERCY, extrait de son ouvrage "Politicum cupides" (sorti en 2006), un vrai morceau de bravoure que Charles Duchêne dirige contre Nicolas SARKOZY en fermant les yeux sur le fait qu'il pourrait tout autant s'appliquer à François Mitterrand et la plupart de ses prédécesseurs! (p. 127 et suivantes).

On ne peut pas ne pas s'arrêter encore sur ce passage (discutable quant au présent) dans lequel l'auteur joue encore les pythonisses en s'adressant aux Français: "Vous vous souviendrez en 2012 de ce que furent les cinq années qui auront précédé et principalement des années 2007 à 2009 (NDLR: rappelons que ce livre est sorti en mai 2008!) au cours desquelles vous avez perdu nombre d'acquis sociaux qui ont profité à d'autres... " (p. 160).

Beaucoup d'autres affirmations péremptoires précédent encore la diatribe finale dans laquelle même l'auteur se perd (j'ai dû la relire à plusieurs reprises...) et, à bout d'arguments, se montre vraiment "petit" dans cette péroraison au cours de laquelle il imagine "Nicolas Sarkozy monté sur un tabouret" pour avoir une résonance gaullienne! (p. 173).

Et, de terminer par des commentaires sur les élections de 2012! Mais il est vrai que "Gouverner, c'est  prévoir"...

"Chacun pour soi..."

Charles DUCHÊNE

181 pages - 10 euros

Éditions BTF Concept. Ce livre étant référencé sur "Électre" tout libraire a la possibilité de le commander. Il est par ailleurs proposé dans les FNAC et les "Furet du Nord". Pour tout problème, on peut contacter l'éditeur : BTFconcept@yahoo.fr  .

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01 février 2009

"Elle vit ailleurs, mais elle vit"...

                     LU POUR VOUS

                 Par François LÉGER

"Quand l'Amour s'en mêle", HERVÉ
trouve une belle plume pour
pénétrer
dans le grand Mystère de la Vie...

Primé dans la section "Romans" par La Renaissance Française Nord/Pas-de-Calais lors de son  concours littéraire 2008, "Quand l'Amour s'en mêle" d'HERVE est-il véritablement un roman?  Voilà une question qui mérite d'être posée après la lecture de cet ouvrage, au demeurant fort bien construit et d'une réelle richesse, tant l'auteur a utilisé une structure peu courante et susceptible de dérouter quelque peu le lecteur qui est loin de pénétrer dans un roman de kiosques de gares...

Dans la première partie de ce travail en effet, il est tout à fait évident que l'on découvre bien davantage un "dialogue" - un dialogue qui m'a fait penser au "Banquet" de Platon de par la forme de l'écriture et de par le contenu dans la mesure où il s'agit essentiellement de réflexions et d'appréhensions de différents domaines de la Vie - qu'une aventure romanesque qui n'est point au rendez-vous. Il est d'évidence qu'il faut attendre la seconde partie de cet ouvrage pour pouvoir entrevoir un roman, un roman fait de deux intrigues entrelacées, parfois difficiles à suivre, mais qui retiennent toujours l'attention du lecteur.

Deux intrigues entrelacées et suffisamment fortes pour retenir l'attention du lecteur qui ne voudrait voir dans ce livre que le roman annoncé sur la couverture et par la récompense de La Renaissance Française Nord/Pas-de-Calais alors qu'il est tout à fait évident que l'auteur fait évoluer ses deux intrigues pour plaire tandis qu'elles sont en réalité tout simplement l'arbre qui cache la forêt, mais une forêt qui se mérite. De fait, si je n'avais pas peur d'effrayer le lecteur en lui disant qu'HERVÉ mène dans cet ouvrage à la fois une analyse philosophique de notre monde et une recherche dans la Connaissance, je dirais au moins que ce pseudo-roman est un travail d'humaniste qui s'intéresse à des modes de vie en tentant de les disséquer: les disséquer en cherchant à comprendre et en les étudiant toujours avec amour.

L'amour: une nouvelle naissance...

Car, si l'auteur a donné à cet ouvrage le titre de "Quand l'Amour s'en mêle", il est absolument évident que la véritable trame de ce travail est le sentiment d'amour, cet amour qui transcende un être, cet amour qu'HERVÉ ébauche, débusque, étudie en voulant montrer la force de celui-ci dans sa pureté. Les intrigues du roman ne me paraissent venir qu'en faire-valoir d'une profonde réflexion métaphysique: elles ne sont en quelque sorte que les travaux pratiques des hypothèses avancées pied à pied...Amour_Herv____4__de_couv_

Pour ce faire, l'auteur part de la création, non pas de La Création de l'Homme mais de la création des artistes. Cela permet de mettre en exergue le fait qu'il demeure toujours un écart entre la conception de l'esprit et la réalisation concrète qui permet elle-même d'entrevoir plusieurs directions et clefs d'interprétation qui tiennent compte de la personnalité de celui qui contemple... Partant de l'amour qu'apporte l'artiste à ses créations, HERVÉ peut donner la vraie clef de cet ouvrage, la vraie recherche qui est la sienne, en parlant d'une "nouvelle naissance d'un homme qui comprend que le vrai amour est celui de la gratuité, celui du Mystère, celui qui bouleverse l'ordre du monde, de son monde".

Cette ligne force lâchée, il peut parler de l'un des héros de son roman qui, par ce vrai amour, se refaçonne de l'intérieur et quitte cette vie où l'absence d'un père, d'une mère et de repères en avait fait un être qui ne demandait finalement qu'à se transformer... Toutefois, cela n'empêche pas la plume d'HERVÉ de revenir sur l'amour en expliquant que le problème de l'un de ses héros est l'appropriation des personnes de la même manière que l'on s'approprie des capitaux... Suit alors un passage sur la jeunesse de l'une de ses héroïnes, une jeunesse qui est longue, très longue, lente, trop lente, tant et si bien que l'on a l'impression qu'elle ne vieillira jamais et que nous n'en sortirons pas...

Des valeurs fondamentales...

Mais, chassez le naturel, il revient au galop... C'est ainsi qu'HERVÉ revient à des valeurs fondamentales qui sont les siennes et qu'il pense devoir être celles de tous les hommes pour vivre dans le bonheur: donner spontanément plein d'amour et de consolation, se battre pour faire quelque chose de son existence, lui donner un sens; respecter l'autre même dans ses silences interminables qui nous sont difficiles à supporter; donner enfin "cet amour qui ne compte pas, qui ne calcule pas, mais qui se donne", comprendre un échange de vie et de richesses...

Il est étonnant de constater la faculté d'adaptation de l'auteur qui, tout en évoluant à un tel niveau de réflexion, sait parfaitement utiliser le vocabulaire qui s'adapte aux êtres et aux situations et faire vivre des personnages nouveaux qui sont parfaitement fondus dans le contexte où ils évoluent.

Cependant, n'allez surtout pas croire que l'auteur est un rêveur, un utopiste inconscient des plus bas instincts de l'homme et, pour vous le prouver, il vous fait plonger dans la drogue en tentant d'ailleurs d'y voir le "signe de la capitulation, de la démission de nos sociétés"... HERVÉ aborde ainsi beaucoup d'aspects de la vie de l'homme en en donnant des commentaires dont on ne partage pas obligatoirement le bien-fondé si ce n'est lorsqu'il nous affirme "Maintenant, je crois qu'il n'y a que l'amour qui puisse faire vivre l'homme" (p. 149).

De même lorsqu'HERVÉ parle du sens à donner à sa vie en vue d'autre chose après - "Tu sais, ta mère, elle aussi fait partie du Mystère. Elle vit, ailleurs, mais elle vit" (p 159), il est certain que c'est un sentiment qui est loin de faire loi chez la plupart de nos congénères qui approuveront toutefois cette définition de l'amour: "Faire confiance et se défier de tout esprit de possession" (p. 172). Ils approuveront, mais seront-ils capables de mettre une telle maxime en pratique pour eux? Eux qui doivent comprendre que les "paumés" "crèvent tous du manque d'amour et de reconnaissance", mais se retrouvent sans moyen de les aider...

Il ne faut pas s'étonner que l'auteur nous entraîne alors dans une visite sans concession des ghettos avec leurs habitants, leurs façons de vivre et les raisons qui les ont amenés là avant de nous expliquer ce que sont, à son sens, '"les valeurs de la rue"...

Mais l'amour prédominant dans cet ouvrage, HERVÉ ne manque pas, avant de nous laisser abandonner son livre (pour y revenir obligatoirement un jour ou l'autre), d'évoquer la fin de vie des malades...

Tout comme moi, vous ne partagerez probablement pas toutes les affirmations de l'auteur, mais vous ne pourrez pas ne pas approuver sa façon d'appréhender l'amour qui nous ramène à des valeurs fondamentales par trop oubliées en cette époque où chacun a un ego surmultiplié et ne pense qu'à sa personnes à laquelle il a tendance à tout ramener.

"Quand l'Amour s'en mêle"

          HERVÉ

228 pages - 17,90 euros

Éditions Thélès.

Posté par ARMEE à 10:52 - Lu pour vous... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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