29 mars 2009
De drôles de couples...
Sur l'invitation de l'UEVA
François LÉGER présentera sa conférence intitulée "Presse et société", mardi 31 mars de 18 h à 19 h 30, à Saint-Raphaël
Après ses deux dernières conférences - "Journaliste et nouvelliste " et "La Morale des Médias" - données récemment à Fréjus (VAR), François LÉGER viendra développer d'autres aspects des médias sur le thème "Presse et société", le mardi 31 mars de 18 h à 19 h 30, salle Mistral du Centre Culturel de Saint-Raphaël, pour répondre à l'invitation de l'Université pour Tous de l'Est Varois (U.E.V.A.) 
On se souvient que, dans "Journaliste et nouvelliste", intervention mise en place sur la demande d'une association de Fréjus, à l'occasion de la sortie en librairies de son quatrième ouvrage (un recueil de nouvelles intitulé " Il n'y a pas d'âge..." publié par In Octavo Éditions), François LÉGER avait mis en exergue les points communs existant dans le travail d'un journaliste et celui d'un nouvelliste avec, notamment, une déontologie professionnelle réelle et le respect d'autrui.
Puis, dans "La Morale des Médias", l'écrivain, membre adhérent de la Société des Gens de Lettres de France et journaliste honoraire, avait développé principalement l'importance essentielle pour notre démocratie d'une vraie déontologie professionnelle des journalistes tout en expliquant les écueils à franchir, les pièges à éviter et une lutte incessante contre le soi disant "Devoir d'informer" des gens de presse qui doivent par ailleurs travailler constamment dans l'urgence.
Dans "Presse et société", François LÉGER, également Académicien de Provence, vient expliquer le succès de la "Presse People" en démontrant que ces médias et leurs lecteurs forment une espèce de couple (parfois même un ménage à trois!) dont chaque partenaire a une totale connaissance de l'autre en sachant notamment ce que l'autre désire... C'est dire que la "Presse People" n'informe pas véritablement, mais apporte bien plutôt à ses lecteurs les articles dont ils ont envie. Nous sommes ici assez loin de "La Morale des Médias"!
Dans le deuxième volet de cette intervention "Presse et société", qui se décline en trois phases, François LÉGER explique le fonctionnement de ces journaux spécialisés dans les faits divers, faits divers dont ils choisissent les plus sordides pour emmener le plus souvent leurs lecteurs dans la fange... Mais, là encore, il s'agit d'un mariage entre le journal et le lecteur, l'un répondant aux souhaits, voire aux besoins de l'autre. Toutefois, ici, toutes les informations sont véridiques - ce qui est loin d'être le cas dans la "Presse People" - mais elles répondent pratiquement toujours au bon vieux goût du sang des arènes de la Rome antique.
Troisième et dernier volet: une presse spécialisée sensée être faite pour aider ses lecteurs, des lecteurs dont elle vit et profite avec la plus grande élégance... Il est en effet aisé de léser des lecteurs en leur vendant ce que l'on présente à ceux-ci comme étant la clef de leurs problèmes...
Telle est l'intervention "Presse et société" que fera François LÉGER, le mardi 31 mars de 18 h à 19 h 30, salle Mistral du Centre culturel de Saint-Raphaël, sur la demande de l'UEVA. Une conférence ouverte à toutes les personnes intéressées puisque l'Université précise: "La présence pour la première fois à une conférence est toujours offerte par notre Université, la présence de non-adhérents est donc possible".
Précisons enfin que, à l'issue de la conférence et du débat qui suivra, l'orateur vous proposera et dédicacera avec plaisir l'un ou l'autre de ses trois derniers ouvrages.
23 mars 2009
Cohabiter ensemble...
Rester vigilant
Par Maurice DUSSOL
Trop de Français cèdent à la facilité et parlent une langue qui n'est pas celle de nos grands classiques. Ils ne sont pas conscients qu'une langue est le ciment d'une nation et que si elle doit être, certes, vivante, elle ne doit pas pour autant partir à la dérive.
Heureusement, il reste encore un certain nombre de "gardiens du Temple" pour relever ce qui devient du charabia et ne gène plus grand monde, notamment lorsque ces borborygmes sortent par la lucarne de votre téléviseur devant lequel vous êtes souvent passif alors que Maurice DUSSOL est sur ses gardes. Il nous le prouve une nouvelle fois avec brio en nous montrant avec quelle aisance les gens disent n'importe quoi!
Merci Maurice de cette vigilance sans failles! Merci Maurice pour ces quelques exemples que tu as bien voulu commenter (les réactions de Maurice DUSSOL sont en mauve).
Bonne lecture!
Ce sont des informations qui sont provisoires pour le moment. Mais qui pourraient changer un peu plus tard (Chaîne II le 04/08/07).
Si le moindre rocher venait à croiser sa route, ce serait la catastrophe pour ce sous-marin. Qui, stupidement, ne s'y attendrait pas! (Chaîne V le 05/08/07)
Dans ce cas, cela peut être très gravissime. Superlatifs superbes mais "pléonasmiques" (Chaîne III le 10/08/07).
Il faut en venir à la chose qui prévalait avant. Et qui risque de succéder après. (Chaîne V "C'est dans l'air").
La dépression est venue se centrer sur le Massif Central. Et risque de se décentrer sur les bords (Chaîne III le 20/08/07).
Tout le monde doit apprendre à cohabiter ensemble. Et pourquoi pas en communauté? ( Chaîne III le 20/08/07).
Il l'a invité ainsi qu'une petite dizaine de ministres. Tout diminue avec cette politique! Même les dizaines. (Chaîne II le 24/08/07).
Il me semble qu'un congélateur c'est quelque chose qui vient geler la situation. Mais celle-ci restera de glace (Chaîne V le 29/08/07).
Les meubles de jardin sont en train de sortir dehors. Ce n'est pas leur faute! On les avait entrés dedans. (Chaîne II le 08/09/07).
Je pense toujours à l'éducation que j'ai acquis. Et on peut le croire! C'est Monsieur DARCOS, ministre de l'Education nationale, qui a acquis cette éducation à l'école! (LCI le 27/10/07 à 19 h 15).
J. C. Spinetta s'est dit prêt à se mettre autour d'une table. Carrée, rectangulaire, ronde ou ovale? ( Chaîne III le 29/10/07).
Dans le Sud de la Corse il est tombé jusqu'à un mois de précipitations. Affirmation un peu trop précipitée pour... la Corse! ( Chaîne II le 31/10/07).
Fusillade dans un lycée qui a fait huit morts. Ces établissements scolaires ont perdu toute mesure! Les voilà devenus assassins! ( Chaîne II le 07/11/07).
A Toulouse, six personnes ont été hospitalisées dont deux sérieusement. A Toulouse, on a toujours été très sérieux et surtout dans les hôpitaux. (Midi Libre le 21/11/07).
En Amazonie, sans parler de la piqûre des serpents. Il ne faut pas négliger les morsures des moustiques. (Chaîne II le 07/11/07).
C'est une question difficile à répondre pour le moment. Ça dépend de celui qui la poserait plus tard. (Chaîne V le 11/12/07).
Il est bon de vivre en harmonie quelque soit la différence. A force de mettre des "quelque" un peu partout, il semblerait que l'un d'entre eux se soit égaré ici !
Je ne me suis jamais posé cette interrogation. Il attendait qu'on lui pose la question . (Chaîne II le 16/12/07).
Les prix ont augmenté et les conséquences sont lourdes de conséquences. Et, par conséquent, les gens renâclent!
C'est dommage que cette mesure d'agréabilité ne soit pas reçue. On attendait, pour cela, une personne habilitée! (Roselyne Bachelot le 31/12/07).
Un grand tiers des invités sont arrivés trop tard. Et ce grand tiers sont repartis très tôt.
Nous avons parlé de questions qui pouvaient bien être posées éventuellement. Je tremble à l'éventualité qu'il continue (Guéant) à faire les discours du président (Chaîne II le 13/01/08).
20 mars 2009
Hiéroglyphes...
Contes d'un jardin extraordinaire
XVI) Le nom du Pharaon
Par Daniel PAGNIEZ
"Il était une fois...", dans mon "jardin extraordinaire", la découverte inattendue d'une vanité inhabituelle chez un "étudiant" qui se vantait de tout savoir...
Ce matin-là, je fus tiré de mes pensées par la petite voix de Trottinou qui avait escaladé la table de ma terrasse et cherchait à me parler.
- Daniel! Daniel! Réveille-toi... C'est moi, Trottinou... Écoute-moi!... Je suis là!...
- Quelle nouvelle m'apportes-tu Trottinou? Que t'arrive-t-il?
- Je te salue de bon matin car j'ai des choses à te dire... Ça ne va pas très bien.
- Tu es souffrant?
- Non, non!
- C'est ta soeur, Trottemenue? ... Elle a brisé son stradimarius?...
- Non, la santé est bonne et son violon garde sa bonne âme... Mais elle s'insurge, comme nous tous, contre les vantardises et les fanfaronnades d'Elliott.
- Elliott a encore fait des bêtises?
- Pas vraiment... Pour tout dire: il nous ennuie sans cesse "Monsieur Je-sais-tout", sur ses connaissances acquises - depuis peu - dans les livres qu'il parcourt dans la paillotte de son île et il nous lasse avec ses prétentions d'orateur et de professeur qu'il n'est pas!
- Mais c'est très bien, au contraire, Trottinou, il s'instruit et vous instruit à votre tour!
- Peut-être, mais sa vanité et sa fatuité le gonflent d'orgueil. Nous savons qu'il n'est guère intelligent et cette manière de nous réunir chaque jour pour nous bafouiller ce qu'il pense avoir appris nous fatigue beaucoup. Il aurait même, dit-il, suivi des cours particuliers chez Ibis l'Egyptien et il se vante de savoir déchiffrer maintenant les hiéroglyphes, ce dont nous doutons. Il aurait rendu de nombreuses visites à Ibis, chez lui, tu sais, près du petit lac si serein, le lac dit "des méditations" où aurait rêvé un visiteur connu sous le nom d'Alphonse, le copain de la Martine, la soeur de Martin-le-pêcheur... Tu vois bien! Du côté de chez Swan, le Grand Cygne de Soolh Apel House..., d'après ce que Kolibri nous avait décrit.
- Ah! Trottinou, je ne connais ni l'île, ni son petit lac. Je ne m'y suis jamais rendu. Mais, pour revenir à Elliott, je sais qu'il est brave et gentil avec vous. Il ne faut pas trop lui en vouloir... Peut-être devient-il - c'est vrai - trop imbu de sa personne ce qui l'amène à vous considérer comme des ignorants et, par là-même, à vous fatiguer par ses leçons fragmentaires... Cela n'est effectivement pas très sympathique de sa part. Je l'ai connu beaucoup plus humble et réservé dans son bagage intellectuel, assez réduit d'ailleurs... Écoute-moi, Trottinou, je vais tenter de le ramener à sa juste valeur, sans le vexer. Il fait sûrement des efforts pour se cultiver et accroître sa compétence... Je crois avoir une idée! Je te demande beaucoup de discrétion.
- A quoi penses-tu Daniel? Dis-moi!
- Ça, c'est mon affaire! C'est mon secret!
Trottinou m'a alors quitté en jurant de ne pas ébruiter sa visite et notre conversation.
Réflexion et obstination d'Elliott
Le lendemain, Elliott avait une nouvelle fois réuni tous les amis du jardin pour une déclaration "sensationnelle".
- Mes amis, ce jour est un grand jour! Notre amie Ramona - hérisson, fidèle à ses travaux quotidiens de nettoyage, a trouvé, sous les lauriers de la grande haie, un document de la plus haute importance. Il s'agit d'un rouleau de textile tressé, non pas d'un parchemin ou d'un palimpseste, encore moins d'une torah du Pentateuque, mais la valeur en est la même. Ce rouleau - d'environ 65 cm de long sur 30 de large que je déroule devant vos yeux - reproduit dans un long cartouche vertical une suite de hiéroglyphes! A n'en pas douter, ce splendide document avait dû échapper aux nettoyages précédents de Ramona et à la baguette magique de Pain Son, lors des événements fâcheux d'un certain bivouac que m'avait narré Rackam. Les Grenadiers avaient vraisemblablement conservé et dissimulé ce document de valeur pour en tirer profit à l'occasion, un rouleau rapporté à coup sûr de la campagne d'Egypte de leur Empereur. Voyez cet objet rarissime! Un cadre bleu-roi et, dans un cartouche cerné de bleu sur fond blanc, ces hiéroglyphes colorés, superbement dessinés! Je vais bien entendu me mettre au travail et déchiffrer l'inscription du cartouche et je vous ferai part de mes résultats. mon savoir va m'aider! 
Le petit monde du jardin était à la fois curieux, émerveillé, impatient et peu crédule sur les dires et la présentation d'Elliott, imaginant une pantalonnade créée de toute pièce par leur ami pour se faire valoir, sauf, peut-être, Trottinou, goguenard, qui se remémorait mes dernières paroles.
Les jours passaient, au désespoir du "grand pansu" qui éludait toutes les questions qui lui étaient soumises sans pouvoir apporter une signification valable à l'énigme. Les amis ricanaient sur son passage.
- Eh! Champollion, où en es-tu, toi, le lettré, à nous barber avec tes appellations ronflantes de mots que tu répètes et pour lesquels tu ne nous donnes aucune explication?
- Patience les amis! Je cherche et je trouverai! Je pense qu'il s'agit d'un support en matière textile végétale, combinaison de lin, coton et chanvre, très ancienne et bien conservée, antérieure au parchemin... Pour moi, les hiéroglyphes sont une reproduction copiée sur un monument funéraire de Louksor ou sur un obélisque donnant le nom d'un prestigieux Pharaon. Je songe aussi à la nécropole de Gizeh à Khéops ou Khephren...
- Tu veux nous faire un éclairage d'un Pharaon ou d'un phare à iode sur ton tricycle? ironisa Kesdep, sous les rires de l'assemblée. Pourquoi ne demandes-tu pas l'aide de la science d'Ibis, le Grand Sage de l'île? Nous pensons que tu perds ton temps! Va le trouver et tout sera résolu!
- Ah! Que non! Je déchiffrerai tout seul l'inscription! Je sais, je sais et je trouverai! La Science sera fière de moi. Je connais tant de choses! Vous êtes moqueurs, mais vous verrez, quand j'aurai tout décrypté: vous applaudirez mon savoir!
Le secours d'Ibis l'Egyptien
Le temps passait et Elliott pataugeait dans ses recherches de traduction... De guerre lasse, Rackam "descendit" sur l'île et se rendit chez Ibis, près du lac. Le Grand Sage, très âgé, ne s'était rendu qu'une seule fois au jardin pour faire revivre Rackam après son adieu à la vie. Il répugnait à se déplacer de nouveau, jugeant qu'Elliott était assez grand pour venir jusqu'à lui avec son document.
Rackam insista longuement, mettant en exergue l'entêtement d'Elliott pour ne pas se déshonorer en demandant de l'aide. Finalement, Ibis, aidé de Kolibri, accepta de "monter" au jardin.
Elliott, furieux de l'initiative de Rackam, reconnut son manque de réussite. Il resta tout penaud, embarrassé, gêné et fort déconfit à l'arrivée d'Ibis devant tous les petits amis, invectivant Pickup, le préposé à l'ouverture de l'arbre magique.
A l'examen de la pièce à conviction, Ibis éclata d'un grand rire sonore, si intense et si fort qu'il m'éveilla de ma sieste. Je pressentais le dénouement du bon tour que j'avais joué à mon "gros pansu" d'Elliott et me suis dirigé vers le petit attroupement où gisait, étalée sur l'herbe, MA petite pièce de tapisserie...
Ibis calma son grand rire et déclara: "Mes amis, excusez-moi si je pouffe bruyamment devant vous. Ma surprise est grande et totale... Je ne cherche pas à me gausser de qui que ce soit, n'est-ce pas Elliott? Je n'ai pas l'intention, non plus, de me divertir chez vous devant la requête de Rackam, seulement, votre demande d'expertise est la plus ridicule qu'il m'ait été proposée. Il s'agit sans doute d'une bonne farce pour laquelle je regrette bien vivement mon déplacement...
"Vous savez qu'il m'est assez difficile de me mouvoir, mais enfin... J'aurai bien ri et il est parfois bon de rire..."
- Mais, Maître - avança Rackam, dîtes-nous tout! Pourquoi cette hilarité ? Nous vous présentons nos excuses pour vous avoir supplié de venir, cependant nous voulions savoir et pensions que votre venue était indispensable.
- Premièrement, votre rouleau ou ce genre de tapis tissé, assez remarquable, est de fabrication très contemporaine et récente. Je salue d'ailleurs l'art que je connais bien et le savoir-faire des tisserands du Caire. Certes, il provient de ma lointaine Égypte et j'en admire la confection... Il a été déposé chez vous pour vous intriguer et tester, je crois, les capacités d'Elliott.
- Maître, ensuite. .. Ensuite... quelle est sa signification?
- Deuxièmement, les hiéroglyphes du cartouche, si bien reproduits sont, pour une traduction, de grande simplicité. Je regrette qu'Elliott, qui a passé beaucoup de temps chez moi, n'ait pas retenu mes leçons dans ses désirs d'apprendre. C'est très bien d'étudier, encore faut-il retenir et ne pas claironner une intelligence parfois mise en défaut!
Elliott, mal à l'aise, se tenait, rougissant, à l'écart et mâchonnait son grand mouchoir à carreaux. Il écoutait, confus et gêné.
- Maître, et la traduction?
- J'y viens ! Les caractères fondamentaux de l'écriture idéographique de mes Anciens ne se rapportent en aucune façon à un souverain ou un Pharaon de l'ancienne Égypte et n'ont d'autre signification dans cette présentation verticale du cartouche que d'écrire le mot...
Ibis, par jeu, faisant du regard le tour des auditeurs et cherchant Elliott, s'amusait à susciter chez les petits amis une grande impatience et, dans le silence le plus complet, après un temps de pause, reprit...
-... Que d'écrire, mais voyons, le patronyme de votre hôte... Le propriétaire de votre "jardin extraordinaire": "PAGNIEZ".
Tous restèrent bouche bée! ...
Je suis alors intervenu pour expliquer que, effectivement, j'avais fait tisser mon nom par d'habiles tisserands du Caire, rencontrés en visite dans mon village et que j'avais dissimulé le rouleau de tissu pour donner à Elliott une petite leçon de simplicité, d'humilité et de modestie et lui ai adressé quelques mots....
- Tu vois, Elliott, je t'aime bien, tout le monde t'aime bien ici, mais garde ton naturel. Personne ne t'en voudra pour tes petites erreurs de jugeote et de comportement... Certes, je te félicite de t'instruire, mais reste simple et sincère comme tu l'as toujours été. La tendance conduit à dire souvent "Je sais, je sais..." et finalement on ne sait pas toujours beaucoup de choses! Tu dois rester modeste et humble avec autrui!
Pain Son prépara une petite collation. Ibis, remercié chaudement, regagna son île avec Kolibri. Une légère brise d'apaisement parcourut le jardin. Elliott reconnut chez lui une absence passagère de savoir-vivre, de civilité et de bonnes manières. Courtois, il vint me serrer la main à la fois triste et joyeux, sans aucune rancune, avant d'enfourcher son tricycle pour rentrer chez lui à Draguignan.
Mes enfants, sachez que malgré tout le savoir que je vous souhaite d'acquérir, vous ne serez jamais omniscients. Apprenez vos leçons et évitez le "Je sais, je sais" car on ne sait jamais tout!... Elliott vous le confirmera.
Retrouvez Daniel PAGNIEZ dans son jardin extraordinaire le samedi 18 avril 2009!
14 mars 2009
COUP DE GUEULE...
La SANTÉ ? Le plus grand des trésors!
Par Daniel PAGNIEZ
"Coup de gueule" à l'adresse - hélas! - d'une frange de mes concitoyens qui semblent ignorer la richesse de ce mot majeur, obscurci par leurs sempiternelles prétentions, exigences, réclamations, revendications... A-t-on fait fuir pour eux du dictionnaire ce mot SANTÉ, état physiologique de ce qui est sain? "Coup de gueule" à l'adresse de tous ceux qui se plaignent à longueur de journées et râlent sur tout, pour tout, alors qu'ils possèdent ce capital de SANTÉ qu'ils oublient dans leur égocentrisme. Ils ne se départent pas de cette attitude trop bien française, je l'avoue, de grogner à tout propos.
Ils maugréent sur le temps, le climat, les contraintes, les impôts, les lois, le gouvernement... - et ce, depuis toujours - bien calés dans leur SANTÉ qu'ils estiment inaltérable. La précarité sanitaire, la maladie ou le handicap des autres ne les effleurent pas ou... si peu. Ne devraient-ils pas avoir la pédale douce dans le véhicule de leurs récriminations? Ceux que la SANTÉ abandonne parfois brutalement, temporairement ou définitivement, n'ont que faire de matamores, de beaux parleurs, de syndicalistes passéistes, d'élus, de membres de partis politiques, ces locuteurs atteints de psittacisme, un genre de maladie pourtant! Je reconnais sans retenue le "droit opposable à protester" lorsqu'il est juste et exprimé à bon escient - par exemple le coût de la vie, sujet éternel! - mais il me répugne quant il ne s'agit que de faire "réchauffer" des idéologies sectaires, éculées, d'un autre temps!... Lorsque la SANTÉ déserte, l'affligé n'en a que faire!
Arrêtez de fulminer pour tout et pour rien et penchez-vous sur l'inconfort, la souffrance, la douleur, l'affliction de ceux qui réclament cette SANTÉ qu'ils louent comme le plus grand des trésors. L'inestimable valeur de la SANTÉ reçue au berceau ne doit pas se jouer à la roulette russe!...
Je râle à mon tour contre ces "ados", cavaliers inconscients des dangers sur leurs deux-roues, le chef sans protection, qui slaloment entre les automobiles... Je m'insurge contre ces destructeurs de SANTÉ, ces jeunes plus âgés qui sortent de concerts tonitruants, de "rave-parties" ou de "discothèques" dans l'ivresse de paradis artificiels de l'alcool ou de la drogue édifiés par des ruffians sans scrupules... Je pense également à ces "irresponsables" insouciants des dangers dans leurs amours non protégées! Je peste aussi contre ces décibels distillés avec excès par les "baladeurs", les enceintes acoustiques de tous ordres, néfastes, et pourvoyeuses de hourvaris, étriers de la surdité pour une génération irréfléchie... La jeunesse a des excuses, peut-être, mais l'a-t-on éduquée sur sa mine d'or qu'est la SANTÉ?...
Les réparations de SANTÉ coûtent cher et coûteront cher à la Société!... Le conducteur sauvage, sans maîtrise de son véhicule, a-t-il effacé le mot SANTÉ de son vocabulaire, pour lui et pour autrui? Cependant, il n'est qu'un exemple de combien d'autres comportements dénués de respect, de sagesse, de civisme, d'art de vivre! Que de douleurs et de larmes sans cette notion élémentaire d'éducation, de prudence, de réflexions, d'intelligence et de sagesse, segments de SANTÉ.
La SANTÉ s'échappe souvent sans crier "gare!", abandonnant son rôle de sentinelle du bien-être, au hasard, chez tout individu se croyant solidement campé à l'abri de tout accident de la vie! Mais, qu'elle est belle cette SANTÉ lorsqu'elle existe!... Alors qu'elle est affligeante lorsqu'on lui propose un éventail d'agressions inopinées ou provoquées! Cette fantastique richesse est le premier accessoire de notre vie à surveiller, beaucoup semblent l'ignorer et détournent le regard devant ceux que le destin a malheureusement affectés.
Le soleil de la SANTÉ devrait éclairer certains esprits, être l'instructeur de ce mot si riche à incruster dans leur mémoire et se faire l'écho de bienveillance envers ceux qui ont à supporter leurs pathologies, certaines parfois lourdes, voire incurables. Que ces fâcheux réfrènent leur ardeur dans leurs protestations superfétatoires lorsque la SANTÉ les habite! D'aucuns se battent pour la défendre. Qu'ils fassent la même démarche, avec l'effort de penser à la condition d'être de leur prochain et je leur octroirai le droit à protester à bon escient.
12 mars 2009
Livre roi dans l'Ariège...
Les 25 et 26 juillet, à Sainte-Croix-Volvestre
Auteurs et écrivains, participez au troisième Salon biennal du livre historique!
Les auteurs indépendants (Association des Auteurs Autoédités), 96 rue de la Folie Méricourt, 75011 Paris (www.auteurs-indépendants.com) ; l'association Ensemble Volvestre Avenir (EVA) à Sainte-Croix-Volvestre; l'AFAC - Les Editions du Sagittaire, B.P. 72, 18 rue Léon-Fayolle, 62930 Wimereux (www.sagittaire-editions.fr) ; Ca & Là, association d'animation culturelle, 51 rue Panetié, 62200 Boulogne-sur-Mer (maels.free.fr); Concept du salon Sainte-Croix-Volvestre (Ariège): l'Office du Tourisme de Sainte-Croix-Volvestre, l'AAA (Association d'auteurs indépendants), l'AFAC - Les Editions du sagittaire, EVA (Association Evolution Volvestre Avenir), Ca & Là (Association d'animation culturelle), organisent le troisième Salon biennal du livre historique qui se tiendra, les 25 et 26 juillet 2009 à 09230 Sainte-Croix-Volvestre (Ariège).
Ce salon - conçu non seulement comme un salon du livre mais aussi comme un salon autour du livre - réunira à ces dates des auteurs indépendants avec des artisans du livre tels que relieurs, imprimeurs, calligraphes, enlumineurs (il y en a encore dans l'Ariège), des libraires qui accueilleront sur leurs stands les auteurs qu'ils invitent et des éditeurs.
Au cours de ces deux après-midi des interviews seront organisées permettant, à ceux qui en auront fait la demande, de présenter leurs ouvrages.
Leur contenu sera transmis à la presse locale: La Dépêche du Midi et le Petit Journal qui en feront état.
Toutes commodités et aménagement du séjour des auteurs sont possibles depuis les chambres d'hôtes chez une chanteuse occitane (vue imprenable garantie sur les Pyrénées) jusqu'à l'hôtel en passant par l'accomodation chez l'habitant ou le camping (tout cela est envisageable).
Il vous suffira de faire part de vos souhaits à Yves Pavie, Editions du Sagittaire, en lui retournant le bulletin que vous trouverez ci-joint et pourrez agrandir, si vous le souhaitez, d'un clic de souris.
Bien que le Salon soit plus particulièrement consacré à l'histoire de toutes les régions et tous les pays, tous les genres littéraires y sont acceptés avec, cette année, un souhait de BD et de livres illustrés.
Si vous êtes intéressé par cette manifestation, la réservation des emplacements se fait uniquement par l'envoi de la fiche d'inscription dûment remplie et d'une enveloppe timbrée au tarif lettre en vigueur. Si vous ne pouvez pas vous déplacer, vous avez la possibilité d'envoyer aux Editions du Sagittaire (ypavie@sagittaire-editions.com) le descriptif, avec photo de la couverture, d'un ou deux titres dont il sera fait état au catalogue des auteurs exposants.
Le Salon sera prolongé du 27 juillet au 02 août par une série d'animations culturelles (une à deux chaque jour) telles qu'atelier d'écriture, récitation de contes, lectures publiques (spoken words), cinéma, conférences, cercles littéraires. Une librairie temporaire sera ouverte dans le local où ces animations auront lieu, les auteurs qui resteront sur place ou qui accepteront de confier leurs ouvrages à l'Office du Tourisme pourront y poursuivre leurs ventes et la présentation de leurs livres au public, aucun pourcentage ne sera prélevé sur les ventes que l'auteur soit ou non présent.
Si vous laissez des ouvrages à l'Office du Tourisme, vous joindrez à votre dépôt l'affranchissement nécessaire au retour éventuel des ouvrages non vendus.
Le montant de l'inscription est de 25 euros.
Cela donne droit à la participation au Salon les 25 et 26 et à la participation aux animations de la semaine qui suit. La remise de livres en dépôt-vente au cours de la même semaine est gratuite pour les participants au Salon, elle n'est pas ouverte aux autres.
Votre participation au Salon impliquant votre présence donne droit à une table d'un mètre cinquante linéaire environ, avec chaise(s) pour l'exposant et son(ses) accompagnateur(s).
Les organisateurs attendent votre réponse (il ne s'agit pour l'instant que d'une inscription de principe, sans engagement définitif de votre part) , soit par mail à ypavie@sagittaire-editions.fr soit par poste à Editions du Sagittaire, B.P. 72, 62930 WIMEREUX, à l'aide du bulletin de préinscription ci-dessus.
09 mars 2009
Prix d'édition poétique....
Seizième Prix de Poésie
Yolaine et Stephen Blanchard
Que ce soit en poésie classique, néo classique, libre et prose (remise du prix à Dijon à l'automne 2010), voilà un prix d'édition qui a été créé sur l'initiative d'un couple de poètes dijonnais: Yolaine et Stephen BLANCHARD.
Ce prix d'édition poétique, renouvelable chaque année, est destiné à récompenser, à l'issue d'un concours, l'oeuvre inédite d'un poète de langue française, sans aucune obligation de cotisation ou abonnement à une revue. Cependant, les auteurs peuvent recevoir un spécimen de la revue de poche "Florilège" dont la création remonte à 1974 (10 euros port compris).
Le prix de poésie Yolaine et Stephen BLANCHARD s'engage à éditer, aux "Presses Littéraires", un livre de poche de 48 pages pour un tirage de 500 exemplaires.
L'originalité, la qualité, la force des mots et l'unité du recueil primeront pour déterminer le choix de l'unique lauréat. La présence de celui-ci à Dijon est obligatoire pour la remise des prix. Les membres du conseil d'administration de l'association "Les Poètes de l'Amitié" ne peuvent pas se présenter à ce prix.
Le lauréat recevra cent exemplaires de son oeuvre primée et les autres exemplaires seront destinés au service de presse, à la vente et à la publicité. Le jour de la remise officielle du prix, 50 exemplaires seront vendus au profit d'une oeuvre humanitaire ou sociale comme par le passé. Souvenons-nous par exemple des ventes en 2006 au profit de la Croix-Rouge de Dijon, en 2007 au profit de l'ADOT 21 (don d'organes); en 2008, "Les yeux en promenade" (malvoyants).
Conditions de participation: envoyer en un seul exemplaire un manuscrit relié de quarante poèmes de moins de 30 vers (environ) libres ou classiques, obligatoirement dactylographié sur un format 21X29,7 de préférence. Prière de donner un titre à l'ouvrage. Joindre deux enveloppes timbrées à votre adresse, obligatoirement une enveloppe affranchie pour le retour de votre manuscrit et un carnet de timbres poste pour les adhérents de l'association "Les Poètes de l'amitié", quatre carnets de timbres poste pour les non-adhérents (argent refusé, coupons internationaux acceptés) destinés à l'association "Les Poètes de l'amitié" qui se charge de la promotion et de la diffusion. Coupures de presse sur demande contre une enveloppe timbrée à votre adresse (à préciser par écrit).
Pas de feuilles "volantes" et envois en accusé de réception acceptés. Le lauréat devra fournir le support de son manuscrit par disquette ou CD pour l'impression de l'ouvrage. A partir de 2009, ce prix n'est plus décerné en alternance (une année classique, une année libre) et plus aucune publication commune comme en 2008. La clôture est fixée au 31 décembre de chaque année. La remise du prix aura lieu publiquement à Dijon (un samedi en novembre ou décembre), à l'issue de l'assemblée générale "Les Poètes de l'Amitié-Poètes sans Frontières"). Chaque candidat sera avisé des résultats après délibérations.
La participation à ce prix implique l'acceptation du présent règlement (sous réserve de modifications).
Pour tous renseignements et vos envois: Prix de Poésie Yolaine et Stephen BLANCHARD 2009, association "Les Poètes de l'amitié-Poètes sans frontières" [Année en cours] 19 allée du Mâconnais ou B.P. 65, 21000 DIJON Lac.
06 mars 2009
MARS
de l'année 2009
Par Maurice DUSSOL
Merci Charles
Elan de gratitude pour Charles Trenet sur la musique de "Douce France"
Merci Charles,
Dans tes chansons tu nous parles
De la Sept qui court vers Arles,
De soleils coquelicots;
Tu dévoiles,
Scintillant au ciel, sans voiles,
Ces yeux qui sont des étoiles;
La France "cocoricos".
Quand tu chantes,
Meurent les rumeurs méchantes,
Tu m'enchantes
Sans faire pleurer Margot!
Mon jeune âge,
Le vieux piano de la plage
Evoquant un doux visage,
Grâce à toi vivent en moi
Toi, le prince de l'émoi!
Il s'arrête!
Il ne meurt pas, le poète;
Il survit dans notre tête
Pour nous aider à rêver:
Poésie,
Cette douce frénésie
De parfums et d'ambroisie
Jamais ne va s'achever.
Ses images,
Beaux cadeaux pour enfants sages,
Ses voyages
Sur musiques de velours,
Lui, l'esthète,
Fit de la "vie" une fête
Il sera notre interprète
Chez les Muses pour toujours
Lui, le roi des troubadours.
01 mars 2009
Rencontres amoureuses avec des mots...
LU POUR VOUS
Par François LÉGER
"Au-delà du dernier horizon" de Nicole CASTALDI-MARIN: un auteur à la recherche de lui-même dans ses luttes intérieures...
En découvrant "Au-delà du dernier horizon", le dernier roman de Nicole CASTALDI-MARIN, je viens d'avoir la surprise de rencontrer - pour la seconde fois en quelques mois - un ouvrage se présentant non seulement en deux parties, mais pratiquement en deux livres distincts car le seul lien romanesque véritable existant entre la première petite centaine de pages et la seconde est le fait que l'héroïne du second volet soit la fille de celle du premier! Oui, vraiment, à la pages 95, c'est dans un travail différent de l'auteur que l'on plonge!
Mais, bien évidemment, tout au long de cette recherche de l'écrivain dans ses luttes intérieures, on trouve et retrouve un certain nombre d'éléments qui lui sont propres et qui donnent à l'ensemble une tonalité assez curieuse qui pourra même sembler quelque peu rébarbative à certains lecteurs car partir à une rencontre amoureuse avec les mots comme le fait Nicole CASTALDI-MARIN est une chose, tomber dans des erreurs linguistiques et de syntaxe en est une autre.
De fait, lorsque l'on veut faire partager au lecteur quelques rencontres amoureuses avec des mots ou de belles sonorités de la langue de Voltaire, ce qui est d'évidence l'une des recherches de Nicole CASTALDI-MARIN dans ce travail qu'elle a visiblement peaufiné, léché, lu, relu et modifié, il faut être, comme la blanche colombe, vierge de toute erreur pour que le lecteur ne doute pas de votre plume... Or, par exemple, comment faire admettre au lecteur une phrase, parfaitement correcte comme celle-ci malgré les apparences dues aux sonorités auxquelles nous sommes habitués: "J'eusse voulu m'exprimer en toute franchise sur ma condition de femme seule" alors qu'on lui sert dans la même page un "pallier aux tristesses" qui est un affreux barbarisme puisque tout le monde sait parfaitement que le verbe "pallier" est un verbe transitif direct! En vérité, je ne me serais pas arrêté si longtemps sur cette page 67 du livre où figure cette erreur de syntaxe si l'auteur n'avait pas en même temps voulu faire des effets de manche.
Car, si ce n'est pour faire arrêter le lecteur, quel est véritablement l'intérêt d'utiliser ce passé 2ème forme du conditionnel alors que le passé première forme serait passé comme une lettre à La Poste... Qui se serait arrêté sur cette formulation : "J'aurais voulu m'exprimer en toute franchise sur ma condition de femme seule"? Personne et pratiquement personne n'aurait relevé la grossière erreur qui la côtoie!
Un travail quelque peu hors norme...
On l'aura compris derechef, la manière dont est écrit cet ouvrage nous mène à nous préoccuper bien plus particulièrement de la forme que du fond et ce d'autant plus que les deux histoires - même si la seconde est générée par la première - avancent à pas lents, presque à pas comptés, de par la plume qui préside à leurs destinées...
Car, bien évidemment, la tournure grammaticale ci-dessus évoquée n'est pas isolée et revient à plusieurs reprises accompagnée d'un vocabulaire peu courant qui oblige le lecteur à avoir à ses côtés à la fois le "Petit Robert" et le "Petit Larousse" qui, la plupart du temps, ne suffisent pas à expliquer ce mot inconnu du lecteur, mot inconnu qui lui arrive brutalement en pleine face, mot inconnu que l'auteur emploiera à plusieurs reprises avec une certaine délectation... Ainsi, tout au long du "premier livre", le lecteur doit-il se plonger dans le Larousse en dix volumes qu'il abandonne bientôt pour ne pas y trouver le fruit de sa recherche...
D'ailleurs, quand ce fruit est présent, on s'aperçoit que l'état de maturation est souvent dépassé car l'auteur aime employer des mots peu courants qu'il sert et ressert lorsqu'il en est tombé amoureux... Mots de la littérature classique, mots quelque peu ampoulés, mots d'une bourgeoisie qui n'en fait pas partie, mots savants, mots surannés et désuets, mais aussi de vrais néologismes dont le sens apparaît comme collé à une ambiance, à un état d'esprit. Cette forme d'écriture qui n'apparaît absolument pas naturelle nous fait quelque peu penser à un certain style des années 50...
Écrire pour être lu!
Honnêtement, combien de lecteurs vibreront-ils en lisant la fin de la page 71: "Si Adrien était poète, il eût répandu sur le papier sa verve lyrique en vers vibrants pour célébrer sa vénusté délectable, au-dessus de toute comparaison, pareille à celle d'une fleur qui répand sa fragrance capiteuse en ouvrant ses pétales. S'il était peintre ou sculpteur, il eût créé un chef-d'oeuvre empreint des blandices exquises d'une grâce inamissible" ? Tout en restant partisan d'un style relativement rigide et en ne me laissant pas aller à transcrire des expressions très "In" dans certains quartiers de banlieues, je pense que l'auteur gagnerait énormément à parler de nouveau comme tout un chacun en ce début de XXIème siècle.
La citation ci-dessus me fait penser à l'un de mes professeurs de l'École Supérieure de Journalisme de Paris qui aurait dit et répété à propos d'un tel texte: "Dépoussiérez, Messieurs, on n'écrit plus comme avant la guerre!"
De même, Alfred SAUVY, l'un des plus grands économistes français du XXème siècle, Professeur au Collège de France, dont j'ai eu l'honneur d'être l'élève, n'aurait pas manqué de dire en substance: "Tout informateur, qu'il soit commercial ou non, écrit pour être lu et entendu. Aussi, même s'il ne doit jamais perdre l'idée qu'il doit choisir l'information qui enrichit et élève notre esprit, il devra tenir compte du but à atteindre".
Un art consommé de la description
Mais, il semble que Nicole CASTALDI-MARIN se contente de cette merveilleuse rencontre qu'elle fait avec les mots même si cette rencontre la mène à se fâcher par moments avec les règles de conjugaison et à prendre la (très mauvaise) habitude de séparer le verbe de son sujet par une virgule. Or, si tout cela fâchera bien évidemment l'auteur, il faut lui reconnaître un art consommé de la description...
Dans la description de certains paysages, elle nous fait penser à un Maurice GENEVOIX tandis qu'elle excelle également dans la description des gens et des lieux, mais aussi des situations: elle sait faire vivre une atmosphère, en use et n'en abuse aucunement.
On peut même affirmer, sans risque d'erreur, que ses descriptions, présentations de gens et d'événements comblent le manque de vigueur d'un texte sans véritable suspens et faisant avancer les personnages à pas lents, à pas très lents.
Ce n'est que dans les tout derniers chapitres que l'auteur - que d'aucuns assimileront à l'héroïne qui nourrit une création littéraire mystérieuse... - montrera l'impossibilité qui est la sienne de répondre à la question "Qui suis-je?" qui est en fait la ligne de fond de ces quelques deux cents pages...
"Au-delà du dernier horizon"
Nicole CASTALDI-MARIN
211 pages - 17 euros
Éditions Les Presses du Midi.
