François Léger

Journaliste honoraire et membre Adhérent de la Société des Gens de Lettres, François Léger - essayiste et nouvelliste - présente ses livres, ses réflexions et des travaux de ses amis partageant la même passion.

29 mai 2009

Les étoiles disparaissent aussi...

      Vivre dans la société d'aujourd'hui...

                 Le miroir aux alouettes

                    Par Daniel PAGNIEZ

Paris. Dans le haut, sur la gauche des Champs-Elysées. Un bar, le "Carlos Bar", lieu incontournable fréquenté par la "Jet Set"  et le "Show Biz". A l'intérieur: ambiance feutrée, lumières tamisées, douce sonorisation musicale. Des couples, des groupes conversent à voix basses. Accoudé à un  guéridon, cerné d'admiratrices caquetantes et gloussantes, un jeune homme, 25 ans, très "mode", récente vedette apparue dans la chanson, Mario Marini, termine son "Manhattan Dry Cocktail" lorsqu'un homme entre dans le "Carlos Bar", son "visa d'entrée", sa carte de presse, à la main.  Sa tenue contraste avec l'élégance déployée par la "clientèle". Chapeau mou, gabardine et chaussures de ville, l'homme - il s'appelle Paul - dans la cinquantaine, aux traits burinés, s'avance et s'arrête soudain, figé d'étonnement. Puis, haussant le ton - bien peu civil pour la "bonne société" du lieu - il lance...

- " Holà!... Eh! Toi, là-bas! Mais c'est Léo! Léo, mon petit Léo, mais c'est toi? ... Léopold, tu me reconnais: c'est moi, Paul! Ca alors! "

Le beau Mario Marini tourne la tête et semble très gêné. Paul insiste dans sa réflexion et s'avance vers Mario. Ce dernier, de plus en plus mal à l'aise, écarte ses  "perruches", quitte son guéridon et vient à la rencontre de Paul.

- " Monsieur Paul... Vous ici? Quelle surprise! Je vous en prie: restez discret... Allons nous installer à l'écart et parlez... plus bas.  John... - lance-t-il à un barman - tu nous  prépares deux  "Manhattan"... Ce cher Monsieur Paul, il y a plus de cinq ans que je ne vous ai pas vu! Que faîtes-vous ici ?"
-"
Mais dis donc Léo, cette question est pour toi...."
- "Monsieur Paul... S'il vous plait! Il n'y  a pas de Léo, il n'y a plus de Léo! Ici, à Paris, je suis Mario, Mario Marini! Quelle joie de vous revoir! "
- "
Explique toi Léo! ... Euh! Excuse moi, Mario! Je vais avoir du mal à m'y faire à ton ... pseudo! Tu as quitté le pays? Tu as abandonné Saint Florent et notre Berry?... "
- " Installons-nous ici, nous serons tranquilles. Eh oui! Je sors un album... Je suis si heureux, Monsieur Paul, un rêve irréalisable pour moi! ... "
- "
Tu es < monté > pour faire prendre l'air à un album de famille?... "
- " Ne me charriez pas, Monsieur Paul. Vous savez très bien ce qu'est un album. "
- "
Oui, certes. Mais, vois-tu, pour moi, ce mot pompeux moderne me gêne. Un album se feuillette et ne s'écoute pas.. Alors tu as enregistré? .. Le temps passe si vite! Quand je pense que je t'ai connu sur les genoux de ta mère, à Saint Florent et tu as grandi, tu es entré en apprentissage chez mon ami Emile, le garagiste... Tu t'es mis à pousser la chansonnette, pour arrondir ton argent de poche, dans les fêtes, les bals, les banquets et les noces, avec tes copains du petit orchestre... Excuse -moi Léo - Pardon - Mario, je vais être franc avec toi, ne m'en veux pas, je te connais trop bien!... Quand j'étais à Saint Florent, je crois me souvenir que tu n'étais pas vraiment doué pour imiter Pavarotti, je pense que tu es d'accord avec moi, mais enfin, ça plaisait aux gens... Comment en es-tu arrivé à faire ton disque? Tu as beaucoup progressé? Tu as pris des cours de chant?  "
- " Oui, c'est vrai Monsieur Paul, vous avez raison! Je sais ce que je vaux... Sachez que je n'ai pas demandé à entrer dans le vedettariat. Il se trouve, comme vous le savez, que j'étais chez votre ami Emile, au garage. Or, je n'ai rien demandé à qui que ce soit et c'est mon patron qui a tout organisé sans m'en parler. Le frère de Monsieur Emile, celui qui est aux Finances à Bercy, avait rendu un grand service à la petite amie d'un directeur d'une maison d'édition ici à Paris, les disques "
Polyphone"... Monsieur Emile a cru bon de vouloir me faire une fleur en faisant demander par son frère un service un peu forcé à "Polyphone".  Moi, le petit chanteur interprète au micro dans les bals de province, j'ai été appelé à Paris pour une audition, ravi et inquiet sur mes capacités. Je n'avais pas de chansons à moi, n'étant ni écrivain, ni compositeur, ni parolier. Alors, "Polyphone" a sorti de ses archives une dizaine de chansons un peu faciles que j'ai apprises. Ils m'ont corrigé bon nombre de mes défauts sans toutefois les gommer tous, j'en suis conscient.  Et j'ai donc fait cet album qui sort...
" Quant à mon nom, lorsqu'ils l'ont découvert, ils ont estimé qu'il était impératif de le changer. J'ai eu droit à pas mal de sourires: Léopold Degame, ça ne collait pas du tout. J'ai toujours eu droit, à Saint Florent, à ces quolibets sur mon nom, "les hauts de gammes". Vous vous souvenez de tout ça? Il fallait faire éviter ce jeu de mots facile et chez "
Polyphone" ils m'ont baptisé Mario Marini! Voilà où j'en suis...
" Après deux mois d'efforts, j'ai été lancé sur les ondes à grand renfort de publicité... Encore une fois, je sais que ce n'est pas très brillant, mais enfin... "
- "
Mon petit Léo... Excuse, Mario! Te voilà transformé en homme-sandwich, condamné à faire connaître ton < album > "
-  " Je connais toutes ces contraintes... Je suis déjà en période de promotion... Mais, dîtes-moi, Monsieur Paul, j'ai toujours eu grande admiration pour vous. Je ne vous ai pas vu depuis des années. Vous avez quitté Saint Florent alors que vous étiez correspondant chez nous pour la presse locale et j'ai simplement appris un jour que vous aviez été appelé à Paris pour entrer au journal "
L'Objectif".
- "
C'est vrai mon garçon, durant de longues années, au pays, j'ai été échotier, pigiste, courriériste, chroniqueur... Mais cette vraie promotion, je ne la dois à personne. On a dû remarquer mes articles du Berry... J'avais des contacts sérieux à Paris où je venais de temps en temps. J'avais du métier et des références et j'ai quitté Saint Florent... A peine fixé deux ans à Paris, j'ai été envoyé comme correspondant de "L'Objectif" au Proche-Orient où j'ai passé trois années et je suis rentré il y a quarante-huit heures. Je n'ai pas encore pu prendre de vacances et je compte très bientôt revenir dans notre coin du Cher pour me reposer des turbulences de l'étranger. J'en ai besoin... Je retrouverai ensuite ma plume au journal.
"
En attendant mon départ en congé bien mérité, on m'a signalé le "Carlos Bar" où gravite une certaine faune et où l'on peut glaner ce dont raffolent les lecteurs d'un journal. Ca ne me plaît que modérément pour l'instant. Je reprendrai mes chroniques plus tard. Vivement les vacances!  Mon absence de France ne m'a pas permis de te suivre dans ton envolée... Où habites-tu? "
- " Hôtel d'Argenson", près de Saint  Augustin, pris en charge par "
Polyphone", et vous? ... "
- "
Je suis revenu dans mon petit appartement de la rue Lepic, dans le XVIII°, sous les toits... Nous allons nous revoir... Je ferai passer un article dans le journal sur la nouvelle < vedette > de la chansonnette... Ecoute moi bien Léo. Il te faut profiter au maximum de ton coup de pouce. Chez "Polyphone", ce ne sont pas des philanthropes. La main forcée, ils ont été obligés de renvoyer l'ascenseur. Ils font maintenant leur  métier d'éditeur. Leur but est d'engranger un maximum de profits, vedette talentueuse ou pas. Crois-moi : tu vas être montré avec ton  < album > dans toutes les émissions de télévision, sur tous les plateaux, bons ou mauvais, par tous les présentateurs... excellents ou médiocres. Tu passeras et tu passes déjà dans toutes les stations de radio... Si ta Maison d'édition sait...  s'organiser, tu me comprends, il se pourrait que tu reçoives même une  < Victoire de la Musique > ! J'aurais beaucoup à dire sur les... < récompenses >.
"
L'important pour "Polyphone" est le profit et de faire travailler à la vente les disquaires. Tu vas être pressé comme un fruit mûr et lorsque le fruit sera sec, c'est à dire chute des ventes, on te renverra à ton garage de Saint Florent sans aucun scrupule. On t'oubliera vite! ... Je te l'ai dit, tu es un homme-sandwich de la consommation. La "Presse People", arrosée, va te louer quelque temps. Elle t'inventera des liaisons croustillantes et douteuses... Garde les pieds sur terre mon petit Léo et la tête froide. Je reste un peu pessimiste sur ton avenir dans la chanson...
"
Je ne suis pas un oiseau de mauvais augure et je souhaite me tromper pour toi... Je n'ai pas eu l'occasion de t'entendre sur les ondes depuis mon retour, mais je pense à tous ces chanteurs ou ces groupes qui ont sombré dans l'anonymat après une gloire éphémère bâtie par des marchands de rêves... Emile t'aime bien, comme un fils... Pour sa suite au garage, il m'a souvent parlé de toi. Il t'a procuré un grand plaisir et, en son for intérieur, je suis certain qu'il pense comme moi... Reste sage mon Léo et soigne tes finances du moment. Pas d'emballement... Ne va pas t'insérer dans une de ces officines véreuses d'agents de vedettes qui, sous le prétexte de soigner tes intérêts, ne pensera qu'à tirer un large profit de tes revenus. Certains en ont été ruinés! Et des grands noms connus encore aujourd'hui! De plus, tu ne composes pas! Je ne suis pas là pour te faire la leçon. J'ai simplement vu, vécu et compris les méfaits du métier... Si l'on peut appeler cela un métier. Les grandes vedettes qui franchissent les années grâce à leur talent sont rares, tout en restant soumises chaque fois, elles aussi, aux contraintes de la publicité et de la promotion...
" Tu ne dis rien? Je ne veux pas être un trouble fête et j'espère ne pas avoir été trop dur avec toi. Je suis sincère et je t'aime bien. Allons, profite, enfourche avec plaisir ta monture actuelle et reste le bon garçon que j'ai connu. "
- " Vous avez toujours été de bon conseil pour moi, Monsieur Paul. Je vous en remercie... J'ai bien compris votre message, je saurai m'en souvenir... Pour le moment on est fier de moi dans le Berry ! "
- " Certainement Léo, tout comme moi, pour cette  aventure qui forge un homme. Au pays, on restera fier de toi si tu dois y revenir quand ton contrat sera déchiré sans aucun égard pour l'interprète. Ne te fais pas moudre par les vendeurs de sons... Encore un conseil Léo: as-tu fait vérifier ton contrat par un avocat? Si c'est non, méfiance! Rappelle-toi que je serai toujours là pour t'aider en cas de besoin... Maintenant, goûtons plutôt à  ces breuvages du "Carlos", offerts sans doute par la direction, et je te laisserai à tes < fans > qui nous regardent... Méfie-toi du miroir aux alouettes! "

Les deux hommes finissent leurs verres, se lèvent et s'embrassent... Paul donne son adresse à Léo... Mario Marini, tout songeur, accompagne Monsieur Paul vers la sortie sur les "Champs".

-" A bientôt et bonne chance Léo! Euh... Mario... ".


Posté par ARMEE à 16:35 - Pastiches - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 mai 2009

Découvertes dans l'Ariège...

Les 25 et 26 juillet, Troisième biennale du livre à Sainte-Croix-Volvestre

Bien que spécialement voué aux livres d'histoire générale et régionaliste auxquels un espace particulier est réservé, le Salon du Livre de Sainte-Croix-Volvestre (Ariège) - qui se tiendra les 25 et 26 juillet - accueille tous les genres littéraires et voudrait, cette année, s'axer particulièrement sur la bande dessinée. Il est conçu non seulement comme un Salon du Livre, mais aussi comme un salon autour du livre dans la mesure où il reçoit imprimeurs, relieurs, calligraphe et fabricants de papier artisanal aux côtés des éditeurs, des auteurs présents sur leur stand, des auteurs indépendants et des libraires qui y participent habituellement.

Au cours de ces deux après-midi, des interviews seront organisées et permettront à ceux qui en auront fait la demande de présenter leurs ouvrages. La presse régionale - "La Dépêche du Midi" et "Le Petit  Journal" - y sera présente et en fera largement état.

Ce Salon se prolongera du 27 juillet au 2 août par une librairie temporaire à laquelle les éditeurs et auteurs qui le souhaitent pourront confier leurs ouvrages.
Les éditeurs et auteurs locaux pourront reprendre les invendus à compter du 3 août, les Parisiens les récupéreront début septembre au siège de l'Association des Auteurs Auto-édités (cette association sera sans doute devenue à cette date Société des Auteurs Indépendants, S.A.I., puisqu'une assemblée générale est prévue, à la fin du mois de juin, pour en décider). Les autres auteurs pourront demander à ce que les ouvrages confiés à l'Office du Tourisme leur soient retournés par voie postale à leurs frais.
Les auteurs locaux et ceux présents sur place pour des vacances pourront, au cours de cette période, assurer des permanences l'après-midi, permanences au cours desquelles ils dédicaceront leurs livres. La presse se fera l'écho de ces permanences en précisant pour chaque auteur qui y participera ses dates et heures de présence.
Il n'y a pas d'insciption préalable à celles-ci, elle se fera par dépôt auprès des organisateurs (un bulletin sera remis pour ceux qui le souhaiteront à l'ouverture du salon).

Une série d'animations culturelles (une à deux chaque jour) telles que atelier d'écriture, récitation de contes, lectures publiques (spoken words), cinéma, conférences, cercles littéraires auront lieu au cours de ces après-midi.
Aucun pourcentage ne sera prélevé sur les ventes, que l'auteur soit présent ou non. La remise de livres en dépôt-vente au cours de cette semaine de librairie temporaire est gratuite pour les participants au salon (elle n'est pas ouverte aux autres). Bulletin_d_inscription_Sainte_Croix_Volvestre

Toutes commmodités et aménagement du séjour des auteurs sont possibles depuis les chambres d'hôtes chez une chanteuse occitane (vue imprenable garantie sur les Pyrénées) jusqu'à l'hôtel, en passant par l'accommodation chez l'habitant ou le camping (tout cela est envisageable). Il vous suffira de faire part de vos souhaits à Yves Pavie, Editions du Sagittaire, en lui retournant le bulletin que vous trouverez ci-joint et pourrez agrandir, si vous le souhaitez, d'un clic de souris.

Si vous êtes intéressé par cette manifestation, la réservation des emplacements se fait uniquement par l'envoi de la fiche d'inscription dûment remplie et d'une enveloppe timbrée au tarif lettres en vigueur. Si vous ne pouvez pas vous déplacer, vous avez la possibilité d'envoyer aux Editions du Sagittaire mjriou@sagittaire-editions.fr le descriptif avec photo de la couverture d'un ou de deux titres dont il sera fait état au catalogue des auteurs exposants.

Le montant de l'inscription est de 25 euros. Celle-ci donne droit à la participation au Salon les 25 et 26 juillet et à la participation à la librairie temporaire de la semaine qui suit. Votre participation au Salon impliquant votre présence donne droit à une table d'un mètre cinquante linéaire environ, avec chaise(s) pour l'exposant et son(ses) accompagnateur(s). Elle donne droit aussi à
- des réductions sur les ateliers qui pourraient être payants,
- un apéritif de bienvenue et de clôture le dimanche,
- des soirées thématiques organisées avec ce que chacun serait en mesure d'apporter au pot commun,
- des réductions sur la visite du musée (semaine),
- une visite guidée gratuite par les historiens du patrimoine local, voire environnemental du canton (semaine),
- une documentation touristique d'accueil locale et départementale,
- un espace d'accueil camping-cariste (gratuit),
- l'occasion de la proximité du lac pour la baignade (gratuite et règlementée),
- la découverte du jeu de quilles (mercredi matin),
- la possibilité de randonnées par la mise à disposition de guides par l'Office du Tourisme.

Les organisateurs attendent votre réponse soit par mail à ypavie@sagittaire-editions.fr , soit par poste à Editions du Sagittaire, bureau de Paris, 5 rue Sainte-Beuve, 75006 PARIS, à l'aide du bulletin de pré-inscription ci-dessus.

Posté par ARMEE à 13:12 - Salons et dédicaces - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 mai 2009

Aux amoureux de l'écrit...

Dans leurs rubriques respectives,
Maurice DUSSOL, François LÉGER
et Daniel PAGNIEZ font tout leur possible pour vous donner des textes de qualité.

D_dicaces_Nice_3

Ce site a été créé il y a plus de trois ans et la "nouvelle" page d'accueil du 21 avril 2008 ne peut être considérée, maintenant, que comme un document d'archives!
Certes, membre de la Société des Gens de Lettres, essayiste et nouvelliste, François LÉGER a tout d'abord créé ce site, comme bien de ses confrères, pour qu'il soit la vitrine de ses ouvrages arrivés ou arrivant en librairies. Toutefois, le journaliste honoraire qu'il est s'est très vite rendu compte qu'il convenait de reprendre la plume pour vous offrir des articles relatifs à l'évolution de notre société, de notre littérature et de notre culture.
Un but fort louable en soi puisque vous êtes actuellement entre trente et quarante personnes à faire, chaque jour, l'honneur d'une visite à ce site pour prendre connaissance de la culture mosaïque - chère aux sociologues - qui vous est offerte.
Mais, François LÉGER ne serait pas parvenu, seul, à avoir l'honneur de recevoir ces milliers de fidèles visiteurs - venant de France et du monde entier, notamment du Canada qui représente 20% de la fréquentation totale du site - parce qu'il ne pouvait pas répondre aux goûts des uns et des autres.

Vous aimez la poésie? Vous vous rendez donc régulièrement dans la rubrique "Le coin des poètes" pour y retrouver Maurice DUSSOL. François LÉGER a rencontré Maurice DUSSOL, latiniste et helléniste distingué, une des grandes plumes de la poésie classique française actuelles,  au cours d'une remise de prix littéraires. Devenus amis, l'auteur de ce site a convaincu Maurice DUSSOL à venir sur ce site en poète mais en alimentant également très largement des rubriques comme "Protégeons notre langue", "Phénomènes de société", "Perles orales" ou "Perles écrites"!

Quant à Daniel PAGNIEZ, l'auteur de ce site le connaissait depuis des années et savait qu'il rêvait d'écrire des contes pour enfants... Après bien des hésitations de Daniel, celui-ci s'est laissé convaincre et vous fait cadeau d'un conte chaque mois depuis maintenant plus d'un an sans manquer d'intervenir épisodiquement dans les rubriques "Phénomènes de société" et "Coup de gueule".

"L'équipe des trois" est maintenant formée depuis plusieurs années et chaque membre tient à donner le meilleur de lui-même pour vous offrir des textes de qualité. Chacun croit pouvoir apporter sa minuscule pierre au grand édifice de la littérature et de la culture françaises qui semble avoir - actuellement - de par le monde un rayonnement dont la lueur est bien plus faible que d'antan. Le Siècle des Lumières serait-il revenu à la bougie?

Mais que fait donc François LÉGER dans tout cela? Il est le "webmaster", présente, le 1er de chaque mois, sa rubrique "Lu pour vous", au moins un article mensuel sur des phénomènes de société ou des faits marquants de l'actualité dont font partie la "Rentrée littéraire" et la "Remise des prix..." du même nom.

Mais tout ceci ne veut pas dire qu'il ait cessé son travail d'écrivain. C'est ainsi que, si vous êtes un habitué de ce site, vous devez avoir remarqué que son livre "Il n'y a pas d'âge", publié chez In Octavo Éditions, a fait bon nombre de salons Littéraires depuis quelques mois. Récompensé par l'Académie Poétique et Littéraire de Provence et par La Renaissance Française du Nord/Pas-de-Calais avant d'être soumis à votre jugement, ce livre est le quatrième ouvrage de François LÉGER arrivé en librairies.

Mais ne croyez pas que François LÉGER se réserve le droit de présenter, ici, uniquement ses ouvrages! Que nenni, il en est ainsi parce que Maurice DUSSOL n'a pas l'intention d'éditer ses poèmes et articles divers. Quant à Daniel PAGNIEZ, il ne semble pas, pour l'instant, qu'il soit prêt à éditer un petit recueil de contes pour enfants. Ceci n'empêche pas Maurice DUSSOL et Daniel PAGNIEZ de protéger leurs écrits contre la copie et le plagiat...

Voilà, vous êtes maintenant vraiment chez vous sur ce site pour le connaître et avoir découvert les hommes qui l'animent, leur volonté et leurs travaux.

Bonne lecture à tous et n'oubliez pas que ce site est interactif: vous pouvez laisser un commentaire au bas de chaque article ou écrire à l'auteur directement par la fenêtre idoine. Tous vos commentaires sont pris en compte et la plupart du temps François LÉGER y répond, soit personnellement, soit sur le site.             

Posté par ARMEE à 17:02 - Page d'accueil - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 mai 2009

Retrouvailles... et disparition

Daniel_PagniezContes d'un jardin extraordinaire

           Par Daniel PAGNIEZ

   XVIII) Une ténébreuse affaire

Deuxième épisode émaillé d'une rencontre étonnante...

Inattendues, ces simples paroles heurtèrent Rackam et le figèrent sur place. Son fanal tenta d'en définir l'origine mais, à courte distance, l'obscurité pesante, quelque peu effrayante, avait mis notre petit ami sur ses gardes. Était-il interpellé par l'odieux Koukou? Pourtant la voix lui semblait plutôt amicale. Rackam recouvra ses esprits, chassa son appréhension et s'adressa à l'inconnu.

-"Qui êtes-vous? Montrez-vous!"
-"Je te connais fort bien, Rackam... Nous nous connaissons d'ailleurs très bien tous les deux... et de longue date!"
-" Mais encore? D'ailleurs, pourquoi n'osez-vous pas vous montrer? Avez-vous peur?"
-" Je n'ai aucune crainte devant un ami... Je tiens seulement à m'assurer que tu ne viens pas ici avec un instinct belliqueux à mon encontre"
-" Moi, un ami? Vous m'agacez... Présentez-vous à la fin! Je ne suis que sur la piste d'un triste individu malfaisant. Êtes-vous ce brigand que je cherche?"
-"Tu veux parler de Koukou? Tu vois, je suis bien au courant de ce qui se passe là-haut. Non, je ne suis pas Koukou."
-"Alors, encore une fois, qui êtes-vous? "
-"Mon cher, t'en souvient-il? Je ne suis que Barbemousse, tu sais bien... Barbemousse, le vieux Barbemousse, le blaireau que tu appelais le Goulu, le Défricheur... Nous avons fait tant de parties ensemble..."
- " Mais, je rêve! C'est toi...? Barbemousse? Que fais-tu ici dans ce trou sans air, sans éclairage, isolé du monde?"
-" Là, je t'arrête Rackam! Ce trou, comme tu dis, est mon domaine où je réside depuis que mes déboires avec les jardiniers m'ont poussé à me cacher, à m'assagir, à vivre autrement. J'ai mes entrées et sorties secrètes, j'ai mes aérations, j'ai ma grotte de splendeur que tu as traversée et que j'avais découverte. J'ai beaucoup vieilli, je marche avec une canne, mais je vis heureux ici. Puis, je fais encore chaque soir un tour de jardin en respectant maintenant les pelouses... J'ai des amis ici, des amis que tu connais aussi... "
-" Tu n'es donc pas seul dans ce sous-sol?"
-" Bien sûr que non!"
-" Je connais tes compagnons souterrains?..."
-"Oui, sans aucun doute! "
-"Mais, je te savais... carnassier! "
-" Je n'ai pas changé. Mes sorties nocturnes me permettent de < nettoyer > ton jardin des horribles petits prédateurs à pattes, tous ces rongeurs que tu détestais. Ces taupes par exemple: tu te souviens, jadis, à la quatrième taupe, je te donnais l'heure exacte!"
-" Arrête cette plaisanterie! Je n'ai pas l'humeur à la bouffonnerie! Si tu savais, Barbemousse, comme je suis heureux de te retrouver, cela fait si longtemps... Tu avais disparu pour nous! Ah! Je comprends ta vie dans l'ombre et ta discrétion. Mais, dis-moi, à propos d'ombre, on ne voit rien ici... Rapproche toi"
-" Tu vas me voir, Rackam, en pleine  lumière, et ne qualifie plus mon domaine de vulgaire < trou > noir! Je te dis que nous avons tout le confort ici grâce à toutes mes joyeuses assistantes, à mes adorables filles!"
- " Tes filles?"
- "Oui, je les appelle comme cela, bien sûr, toutes mes < Lucille >, mes gentilles lucioles qui résident ici. Elles ne sortent au jardin que l'été; lorsque le temps est chaud le soir. Il suffit que je tape deux fois ma canne sur le sol et j'ai mon éclairage qui m'apporte une vision si féerique!
..."
-" Et... pour éteindre?"
-" Un seul coup au sol et mes < Lucille > s'endorment! Tu vas voir"

Barbemousse tapa alors deux fois le sol et le phénomène se produisit: une nuée de joyeux scintillements pour un  doux éclairage et Rackam et Barbemousse tombèrent dans les bras l'un de l'autre. Rackam éteignit sa lanterne...

Révélations en sous-sol...

Ils s'engagèrent de conserve dans la petite galerie illuminée au fur et à mesure de leur progression. Ravi des retrouvailles, le blaireau se faisait "mousser" par ses explications. Ils passèrent devant une porte entrouverte portant une plaque sur laquelle Rackam put lire "Ramona".

-"Tiens! Rackam,  tes amis, mes amis, nous sommes devant l'appartement de Ramona. La porte n'est pas fermée. Tu peux l'apercevoir dans son rocking-chair toute endormie. Une seule  < Lucille > la veille. Elle aussi a le pouvoir d'un bâton pour s'éclairer ou non... Nous voilà, maintenant, devant l'appartement de Trottemenue et de Trottinou. Tu vois, c'est écrit:  < Trottemenue - Leçons de solfège sur rendez-vous >. Ne les dérangeons pas... Enfin, ici, les résidences de toutes les familles Ventraterre, encore des amis... Moi, j'habite un peu plus loin... "
-" Je suis abasourdi Barbemousse... Quand je pense que tous ces cachottiers ne m'ont jamais parlé de toi..."
-" Ils avaient des consignes. Je pouvais compter sur eux tous... C'est d'ailleurs Trottemenue, qui a beaucoup de talents, qui m'a aidé après le tremblement de terre..."
-" La tempête? "
-" Oui, c'est ça! C'est elle qui m'a
préparé les plans pour la construction d'une ouverture plus accessible, près de cette souche coupée, plus mécanique que magique, Les Ventraterre m'ont bien aidé dans leurs ateliers. J'imaginais toujours pouvoir te faire venir: hélas, nos issues étaient trop petites. Enfin, j'ai pensé à cette occasion. Dommage que ce soit dans des circonstances alarmantes, à la suite du vol de Koukou."
-" Parce que tu es - là encore - bien au courant?"
-" Bien entendu, par Pain-Son, chez qui je vais, de temps en temps, passer une soirée et qui a la grande bonté de nous ravitailler aussi en friandises..."
-" Pain-Son également a su se taire pour ta sécurité et ta clandestinité. Bah! Je ne lui en veux pas! Décidément, je suis le seul à ne pas connaître ton existence sous nos pieds..."
-" Tu ne peux pas concevoir, Rackam, notre vie souterraine, si pleine de joies, de jeux, de ris... et, que dire des récitals de Trottemenue dans notre musée des merveilles, notre grotte, sous les coups d'archer de son stradimarius dans l'acoustique, dans le relief des notes et dans la joie de l'éclairage de mes < Lucille >!... Nous sommes si heureux ici!... Je vais te montrer mon chez moi!..."

Dans sa stupéfaction, Rackam en oubliait presque Koukou. Soudain, Barbemousse crut entendre des bruits de pas venant du fond de la galerie. Il demanda à Rackam de ne pas bouger, de rester sur ses gardes. "Je reviens tout de suite", dit-il, "Ne t'affole pas, je dois tout vérifier!". Barbemousse quitta Rackam en claudiquant vers le fond du petit couloir.

Le drame sera-t-il évité?

Barbemousse mit peu de temps à revenir vers son ami... Qu'il ne trouva pas! La lanterne de Rackam gisait au sol, brisée, et une trace de sang frais le fit frémir d'horreur. Il lança dix fois d'une voix tonitruante le nom de Rackam, sans aucune réponse... Désemparé, il se mit à crier encore plus fort.

-"Alerte à vous tous, alerte générale, fermez toutes les issues et venez me rejoindre!"

Les Ramona, Trottemenue, Trottinou et les Ventraterre accoururent.

-"Que se passe-t-il? Il y a le feu? ... Qu'arrive-t-il Barbemousse?... "
-"Rackam est venu nous voir... Je vous expliquerai... Mais il a disparu mystérieusement et je crains le pire pour lui: voyez cette trace de sang, sa lanterne cassée... Nous sommes en guerre contre Koukou, vous le savez, je vous ai parlé de ce monstre... Il a dû réussir à s'introduire chez nous: alors attention vous tous, il est dangereux! Il faut retrouver Rackam coûte que coûte et vite! Nous allons fouiller toutes les galeries, redoubler de prudence et que toutes les filles inondent de lumière tous les recoins de notre domaine, jusqu'à la grotte!"

Les recherches furent entreprises avec ardeur dans une grande inquiétude. Pas de signe de vie! Pas d'indices! Ils arrivèrent sans succès jusqu'à la grotte merveilleuse, étincelante sous l'ardeur des petites "Lucille" inquiètes, elles aussi. L'immensité et les mille recoins rendaient la tâche difficile. Ils appelaient sans  cesse et le nom de Rackam revenait en écho, renvoyé dans cette "glyptothèque" par les sculptures naturelles. Les fouilles étaient interminables et  la lassitude gagnait peu à peu les amis du sous-sol.
Par l'ouverture où il se tenait toujours en  sentinelle, Elliott, apeuré par les appels et l'agitation, se mit à son tour à crier le nom de Rackam. Barbemousse monta jusqu'à lui, ahuri de voir apparaître son ancienne connaissance. Barbemousse, à la hâte, lui donna rapidement toutes les explications et lui demanda d'avoir une grande vigilance et de veiller sur une sortie éventuelle de Koukou et - surtout- de n'alerter personne au jardin....
Elliott assura que personne n'était sorti depuis la descente de Rackam. En bas, dans la grotte, les recherches continuaient dans la désolation. C'est finalement Ramona, qui, de son grand flair légendaire, trouva une piste. Elle appela les autres, qui accoururent et découvrirent une forme ligotée, saucissonnée, bâillonnée et blessée, derrière une vasque basse entre deux stalagmites ocrées... Ficelé avec le long cordon  blanc de la bobine des cerfs-volants, était-ce Rackam?

Un peu de patience, chers lecteurs... Un peu de patience: vous aurez, le vendredi 12 juin, la solution de toutes ces énigmes dans le troisième et dernier épisode de ce XVIIIème conte d'un jardin extraordinaire.

Posté par ARMEE à 20:03 - Contes - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 mai 2009

Un poème à ne jamais oublier !

Pierre_Virmes_1238

      

       Le coin des poètes

      Avec Pierre VIRMES

        La leçon d'amour

Quand nous eûmes posé l'écrin où gît ma mère,
Près de celui du père au fond d'un noir tombeau;
Après avoir senti couler la larme amère
Qui, du tréfonds de l'âme en arrache un lambeau,

J'ai voulu  parcourir - comme une ultime offrande -
De la cave au grenier, la modeste maison.
Des armoires, filtrait un  parfum de lavande;
Tout semblait assoupi sous la chaude saison.

Meubles! Objets! Témoins d'une chère existence,
Qui vîtes en ces lieux: aimer, naître et mourir!
Je reviendrai, pour rompre un lourd et long silence;
La source de l'amour ne doit jamais tarir!

Neuf coups firent vibrer l'horloge magistrale;
Le soleil, au couchant, perça le clair-obscur;
Du sombre vaisselier, la théière ancestrale
Miroita, sous le rai, de l'éclat le plus pur.

Je la pris lentement, avec délicatesse;
Soulevai,pour humer, l'opalescent chapeau;
C'est alors qu'apparut au fond de l'étroitesse
Un cube enrubanné, tel un joli cadeau.

Tout attendri j'ouvris pour découvrir la chose;
Une dragée avait - nuptiale, je crois -
Encore sa couleur et sa senteur de rose:
Souvenir. Trente avril mille neuf cent trente trois.

J'ai remis le bonbon dans son brin de voilette
Et rangé la théière avec son attirail;
La leçon remontait du fond de la cachette:
"L'amour, le vrai, le grand, c'est le petit détail!"

Posté par ARMEE à 14:33 - Le coin des poètes - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 mai 2009

Coup de gueule

Arrêtons de fermer les yeux et laisser faire: il est temps de juguler une certaine société...

                 Par François LÉGER

On a longtemps voulu nous faire croire que la société dans laquelle nous vivons en ce début de XXI° siècle était la conséquence d'un certain Mai 68: c'est dire que les générations d'aujourd'hui nous imputent - à nous sexagénaires -tous les problèmes de la société française d'aujourd'hui! Certes, nous avions alors vingt ans et les rêves de la jeunesse, mais cela ne nous a pas empêchés de très vite comprendre que, pour avoir une chance de réaliser ces rêves, il nous fallait relever nos manches et prendre nos responsabilités: ce que nous avons fait pour la plupart d'entre nous et ce qui aurait dû laisser à nos enfants des outils de travail en état de marche et une société française dans laquelle il fait bon vivre... C'est dire que je refuse d'endosser la responsabilité d'une Société qu'il faut sans nul doute imputer à des générations nous ayant suivis...

Car, les générations qui sont la cause de cet invraisemblable laisser-aller à la fois des adultes et des jeunes sont celles qui ont trente, quarante, voire cinquante ans tout au plus... Ces générations auxquelles on a laissé croire que nous allions vers la civilisation des loisirs et que le travail était un gâteau qu'il fallait se partager sans trop en abuser.... Trente-cinq heures? C'est passé, on en voit les résultats! Trente-deux heures? C'est le voeu d'un ancien candidat à la présidence de la République: ce n'est pas passé et l'économie ne s'est donc pas écroulée derechef! Mais le problème est que la plupart de ces générations auxquelles on a promis qu'elles auraient tout sans efforts l'ont cru béatement!!! Pourtant, sur la route du Paradis terrestre, elles ont eu un feu orange qui aurait dû les alerter: François Mitterrand avait promis que le nombre de chômeurs n'atteindrait pas le million sous sa mandature... et il fut de plus de deux millions...

Combien de Français - parmi ces générations - ont-ils conclu que l'on pourrait vivre sans se casser la tête, sans faire le moindre effort, sans prendre la moindre responsabilité, y compris vis-à-vis de leurs enfants pour lesquels ils ont délégué l'éducation aux établissements scolaires... C'est tellement plus facile de faire faire aux autres ce qui est de notre ressort! Mais combien d'hommes et de femmes ont ainsi laissé toute liberté à leurs enfants en comptant sur les autres pour faire leur éducation? Quelle facilité de laisser toute liberté à ses enfants en ayant ainsi soi-même toute liberté...

Cependant, cette liberté se paye aujourd'hui par l'existence d'une société qu'il faut s'empresser de juguler! Pour ma part, je ne plains pas les parents qui, ayant refusé de s'occuper de leurs enfants, ne peuvent rien en tirer aujourd'hui: pour avoir fui leurs responsabilités, ils sont aujourd'hui privés de toute autorité! Je dirais que "C'est bien fait" mais ce qui est beaucoup plus grave est que ces jeunes soient  - pour nombre d'entre eux - immatures, oisifs, sans rêves, abhorrant toute contrainte et détestant le seul mot de "travail". Voilà une entité de personnes à laquelle il faudra s'intéresser afin qu'elle ne puisse pas vivre en étant à la charge de ceux qui travaillent, tous ceux qui travaillent...

Mais, le plus grave est cette liberté totale laissée à ces enfants qui, aujourd'hui, ne savent pas vraiment ce qui est mal et ce qui est bien, ces enfants qui vivent dans un monde virtuel grâce à tous ces jeux vidéo pour lesquels les parents ne sont même pas conscients que leurs enfants font une addiction, une addiction qui peut mener à la catastrophe. Ils ont tous les droits, alors pourquoi s'étonner aujourd'hui de lire notamment (dans "Le Figaro" de ce jour) ces rappels de la violence des enfants: début janvier, un professeur est blessé à coups de couteau par un élève de 18 ans; dix jours plus tard, un élève de 12 ans entaille la joue de son enseignant d'un coup de ciseaux; en mars, le directeur d'un lycée privé est attaqué au canif; vendredi dernier, un collégien de 13 ans blesse son enseignante à l'aide d'un couteau de cuisine, etc.

Et de ne pas faire mention ici de toutes ces menaces avec armes par destination faites aux enseignants à l'aide d'un compas ou d'un cutter qui sont d'autres réalités tout aussi inquiétantes... On est ici en droit de se poser la question de l'introduction de ces armes dans les établissements scolaires et ce même numéro du "Figaro" s'y intéresse largement...

Mais, cette violence s'exprime partout: souvenons-nous que, à la suite d'une bagarre à l'extérieur d'un établissement scolaire, un garçon de 16 ans est mort poignardé par un jeune de 19 ans mercredi dernier!

Quelle société tous ces jeunes nous préparent! Une Société dont je ne veux pas, une Société qu'il faut juguler... Ne parlons pas du jeune de 19 ans dont le cas relève de la Cour d'Assises, mais bien plutôt des plus jeunes. Personnellement, je trouve normal que le jeune de 13 ans dont il est fait état ci-dessus soit incarcéré dans un établissement pour mineurs et le regret de cette décision par son avocat soulignant que l'adolescent est "pétrifié, paniqué par ce qu'il a fait" ne me touche en aucun cas... Le gosse n'a pas volé un stylo à un copain!

S'il est évident que cette violence est alarmante et exige des mesures rapides et dures de l'Etat, si la sanction doit être proportionnelle à la faute, je reste persuadé que les parents devraient partager cette sanction visant ces mômes de 12 ou 13 ans pour de tels faits. Ces parents comprendraient certainement ainsi leur responsabilité vis-à-vis de la Société qui ne peut pas tolérer cette pente savonneuse... De plus, en médiatisant ces sanctions infligées aux jeunes et à leurs parents, je suis persuadé que certaines générations d'adultes comprendraient leur devoir d'autorité et de responsabilité qui est le leur envers leur progéniture...

Posté par ARMEE à 18:04 - Coup de gueule - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 mai 2009

Ponctuation et précisions...

Maurice_DUSSOL         Pour mettre un point final

         aux points ...finauds?

          Par Maurice DUSSOL

Voici, comme promis, le texte de Maurice DUSSOL mettant un... point final à l'assaut à fleurets mouchetés - ayant tout d'une bien sympathique joute littéraire -dont nous  nous sommes fait ici l'écho le mardi 12 mai. Ce dernier argumentaire relatif à cet intéressant débat publié par le mensuel "Plumes au vent", dans sa livraison de juin 2003, sous le titre "Faisons le point sur... les points!" était, nous en sommes certains, très attendu par les puristes de notre langue.

Cher Monsieur B.N., qui avez bien voulu vous intéresser à "l'amusette" que j'avais "pondue" (sans penser qu'elle pourrait être publiée un jour) je tiens, avant toute autre chose, à vous remercier d'avoir porté autant d'importance à ce qui n'était pour moi qu'un coup de coeur, un petit cri dans le silence.
Je vous dois cependant, ne serait-ce que par politesse envers vous, de vous apporter ci-après quelques éclaircissements qui me paraissent indispensables pour l'avenir de nos relations: relations que je souhaite vivement les plus agréables possibles. J'ai horreur des polémiques et je ne vais pas en commencer une avec vous, surtout pas sur un sujet pour lequel je ne me ferais pas torturer ou pendre! Il n'en reste pas moins que je me dois (que je vous dois) de réagir en toute humilité pour une plus complète compréhension de nos positions respectives.
(...)
Un point qui a son importance: je n'ai écrit nulle part qu'il était "inadmissible" de créer une phrase sans verbe. En effet, comme vous,  je pense que cette licence peut très bien être admise dans certains cas et surtout dans un désir de "style". Ce que j'ai voulu souligner dans mes réflexions sur les points c'est que cette liberté est, ces temps-ci, de plus en plus utilisée au point d'être galvaudée et de perdre ainsi ses seules valeurs (originalité, surprise, inattendu, etc.) et, par conséquent, l'intérêt qu'elle pouvait offrir.
Et cela m'ouvre la porte sur ceux qui, dîtes-vous, ne "respectent pas à fond l'orthodoxie d'une construction grammaticale". Honnêtement! Croyez-vous que tous le font exprès? Croyez-vous que tous sauraient écrire autrement?
Quand j'entends et subis sans cesse les âneries d'un langage (parlé ou écrit) où fourmillent les solécismes, les accords erronés ou absents, les contresens et les non-sens, je me demande si je ne suis pas en effet un de ces dinosaures dont vous parlez dans le titre de votre article. (Note de la rédaction:  le commentaire signé B.N. et résumé dans notre publication du mardi 12 mai avait pour titre : "Nobles créatures, les dinosaures, mais..."). Mais alors je me demande si ce n'est pas le moment de mêler, aux beuglements des passifs diplodocus, les feulements des tyrannosaures en colère! (Rex ou pas Rex).
Et cela d'autant plus que, comme vous, je pense que la beauté ne peut pas, ne doit pas être statique et je trouve normal qu'on s'efforce de l'embellir de plus en plus mais permettez-moi de souhaiter que ce ne soit pas systématiquement, n'importe comment et, surtout, pas tout le temps!

Qu'une langue varie dans les mots, les expressions, les prononciations, tout cela est on ne peut plus normal, mais il ne faut pas tomber dans le piège que, pour ma part, je trouve dangereux et redoutable: vouloir changer uniquement pour changer! Faire du changement pour "progresser", d'accord! Mais faire n'importe quoi, détruire ce qui existe, pour "ne plus faire comme avant", c'est  nul!

Nous avons la chance d'avoir la plus belle, la plus claire, la plus imagée, la plus subtile (et ma liste est loin d'être exhaustive) de toutes les langues et, par mode, sournoisement, par snobisme, par bêtise, nous la "modifions" par une foule de petits détails qui, après avoir surpris, choqué, étonné, se glissent d'abord dans le langage courant puis dans les textes de plus en plus sophistiqués et sont finalement admis comme "normaux".

C'est contre ces faits (que vous ne pouvez pas ne pas avoir remarqués) que je me suis amusé à écrire (au départ c'était mon plaisir égoïste) quelques "amusettes" (Castigat ridendo mores) parmi lesquelles "Faisons le point sur... les points!"...

Posté par ARMEE à 19:45 - Protégeons notre langue... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 mai 2009

Ponctuation

Maurice_DUSSOL

         Faisons le point sur...

                les points!

         Par Maurice DUSSOL

Voici un texte paru, en 2003, dans le mensuel "Plumes au vent", un texte qui n'a rien perdu de son actualité. Au contraire!

D'où viennent-ils? Pourquoi cette prolifération dans trop de textes récents? Quelle est cette nouvelle mode (ou manie?) et qu'apporte-t-elle à la beauté du style de la langue française?
Quel nom savant (évidemment tiré du grec ancien comme "catachrèse" ou bien "anacoluthe") va-t-on devoir fabriquer pour désigner ou justifier cette nouvelle "exception grammaticale"?
Je veux parler de cette "exception" qui consiste à mettre des points au petit bonheur la chance, n'importe où, dans n'importe quelle suite de mots, n'importe quand et sans la moindre logique; de cette "exception" qui devient presque une règle et qui consiste à créer des phrases sans verbe principal ou bien des propositions sans verbe du tout...

J'ose poser cette question au sujet des "points" car, ces points, nos professeurs nous les avaient présentés comme les bornes infranchissables, les limites inébranlables et nécessaires des phrases. A cette époque, la phrase se construisait grâce à des propositions principales (avec leur cortège de propositions surbordonnées) ou bien se contentait d'une proposition indépendante ou incise. Mais il y avait, au moins un, toujours un verbe entre deux points (dits "finals" ou "finaux"?).
Une phrase ne commençait pas (comme il arrive trop souvent de nos jours) par une conjonction de subordination pour se terminer par un point final sans avoir rencontré sur son chemin le moindre verbe principal (ou autre). Depuis peu, sous prétexte de "style" mais aussi et surtout par "mode", les scribouillards placent des points çà et là dans leurs textes. On obtient ainsi des écrits hachés, déchiquetés, tronçonnés qui laissent rêveurs ou inquiets un bon moment avant d'être compris par le lecteur moyen et quelques fois pas du tout, surtout par ceux qui osent encore respecter les règles de grammaire. Je sais que, il y a  peu de temps, par opposition aux longues périodes "cicéroniennes" ou "chateaubriandesques", on poussait les étudiants à faire des phrases courtes, claires, concises, etc., etc.  D'accord! Mais, entre découper, choisir intelligemment et raccourcir ou se mettre à tronçonner sans règles, il y a tout un monde!
Quand je pense au zéro pointé, aux ricanements et au mépris qui auraient été notre lot lorsque nous étions élèves si nous avions osé le cinquième de cela pendant notre "rétho". J'en reste rêveur et je vois d'ici les "charabias", "petit nègre", "pathos", qui, écrits à l'encre rouge et d'une main rageuse, auraient envahi la marge de nos copies!

Mais où donc les "nouveaux littérateurs" prennent-ils tous ces points? Les arrachent-ils au ";" que l'on ne sait plus utiliser valablement de nos jours et qui a presque disparu de la phrase? Coupent-ils en deux les ":" qui disparaissent peu à peu de leurs écrits? En ont-ils découvert un stock soldé à bas prix dans les "surplus américains" de la guerre 40-45 (surplus de ce peuple qui a déversé dans notre vieux pays tant de culture, d'élégance, de finesse d'esprit et de poésie)?
Si cela était vrai, s'expliquerait peut-être le fait que l'on puisse trouver maintenant, dans un texte écrit soi-disant en français, un pronom relatif séparé de son antécédent par un point final... On serait peut-être moins surpris de constater que ce pronom arbore fièrement une majuscule pour mieux marquer sa superbe autonomie. Il rivalise parfois avec la conjonction de subordination, qui, atteinte de la même maladie, commence elle aussi une proposition principale par un splendide point final.
On pourrait peut-être sourire avec pitié devant la séquelle de noms, pronoms, adjectifs, adverbes perdus entre deux points sans rimes ni raison et... sans verbe!
Le moment semble donc venu de lutter contre cette nouvelle manie, cette folie de "faire du neuf" qui, insidieusement, détruit peu à peu notre amour pour notre langue; lutter contre cette prolifération  de "point final" qui ne finissent
rien, qui ne séparent rien, qui ne servent à rien d'autres qu'à détruire un peu plus le bel ouvrage de la pensée raisonnable et française (cette pensée qui, jusqu'à maintenant reposait sur les règles d'une grammaire unique au monde). Ce combat est sans doute un combat d'arrière-garde, celui d'un dinosaure, combat livré sans trop d'espoir de victoire mais "c'est beaucoup plus beau lorsque c'est inutile".

Pour le moment je me permets de voler un de ces "points" à ces "néodécoupeurs de phrases" et je vais l'utiliser pour mettre un terme à cette diatribe qui s'achèvera donc (une fois n'est pas coutume) sur un vrai "." (final!).

Oui, mais...

Ce texte ne pouvait pas laisser ses lecteurs sans réaction et l'un d'eux indique notamment : "C'est vrai, nos professeurs, il y a quarante ans, nous présentaient l'art rédactionnel dans toute sa pureté, inspirés en cela par les auteurs d'une autre génération, et attachés aux règles classiques."
Pourtant il ne lui semble pas inadmissible de créer une phrase sans verbe!
Et l'auteur de ce commentaire d'expliquer que les temps changent et qu'il en est de la littérature comme de la peinture. C'est la raison pour laquelle il écrit notamment: "Nos professeurs nous ont enseigné le français sorti du moule de textes anciens, ciselés à la perfection. Prenons la liberté de créer autrement - cette perfection servant d'exemple mais pas de référence absolue."


Voilà les quelques idées fortes de ce texte de B.N., le contradicteur d'un Maurice DUSSOL qui a utilisé - il fallait s'y attendre - son droit de réponse dans un texte intitulé : " Pour mettre un point final aux points ...finauds ?" Une "réponse" de Maurice DUSSOL que les puristes apprécieront sans nul doute lors de sa mise en ligne sur ce site le vendredi 15 mai...

Posté par ARMEE à 19:02 - Protégeons notre langue... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 mai 2009

Gare au pouvoir maléfique ...

Daniel_PagniezContes d'un jardin extraordinaire

          Par Daniel PAGNIEZ

   XVIII) Une ténébreuse affaire

      Premier des trois épisodes d'une sombre aventure

Il  était une fois une sombre aventure vécue dangereusement par l'un de nos petits amis dans mon "jardin extraordinaire". Une sombre aventure dont on sut dès le début qu'elle pouvait tourner au drame et qu'il était, de ce fait, hors de question de vous cacher le moindre événement relatif à cette affaire... Bien au contraire, je me devais de vous laisser vivre ces faits quasiment en direct, raison pour laquelle j'ai dû  me résoudre à vous les relater dans leurs moindres détails et en trois volets...

En cette fin de journée,le soleil préparait son absence quotidienne en s'éteignant doucement derrière la végétation du jardin... Le serin s'installait sous les charmilles et les berceaux de verdure... Par l'étroitesse d'un fenestron du petit fournil de notre boulanger-traiteur, le bien-aimé des hôtes du domaine, Elliott pouvait apercevoir deux de nos petits amis, Fringilla-Pain-Son et Rackam, engagés - semblait-il - dans un conciliabule qu'il jugea important en raison de la mine grave des interlocuteurs. Seule une bougie servait d'éclairage et cela rendait la scène encore plus insolite.
Elliott tapa du doigt au fenestron en révélant sa présence: "Eh! Caruso!... Pain-Son, je suis là! Tu m'as demandé de passer chez toi avant mon retour sur Draguignan... J'arrive donc! ".

Il fit le tour de la petite boulangerie et arriva devant la porte d'entrée pour se heurter à Pain-Son et Rackam qui sortaient.

L'avers et l'envers du pouvoir...

- "Allons plus loin, dit Pain-Son, ... Que personne ne nous écoute! Elliott, tu vas garder pour toi ce que j'ai à te dire! Nous vivons des moments dramatiques et je ne veux surtout pas affoler nos familles et nos amis. J'ai mis Rackam au courant de ma pénible situation... Voilà. Un voleur est passé chez moi en fin  d'après-midi pour me dérober le manuscrit unique relatif à la confection si délicate et si particulière du pain enchanteur. Tu sais, ce très vieil héritage d'une lointaine aïeule, Viviane Pain-Son... Figurent sur ce parchemin l'art de la fabrication et les paroles à prononcer pour faire obéïr la baguette magique souvent farfelue, enjouée et parfois capricieuse. J'ai peur, Elliottt, d'imaginer des desseins machiavéliques de mon voleur! Avec un peu de pratique, l'apprenti-sorcier serait capable du pire pour notre communauté".
- "Mais... Pain-Son, rétorqua Elliott, comment veux-tu que ton malfaiteur parvienne à confectionner une baguette de pain sans matériel, sans four? ... "
- "Eh! Cher Ami! Rien de plus facile: il a tout le détail de la recette et il lui suffirait de se rendre dans une boulangerie du village et - par ruse, ou de gré ou de force - il pourrait réussir à pétrir ou à faire pétrir la baguette d'après les indications volées....Ensuite, avec un peu d'apprentissage selon les directives, il serait capable d'être le maître d'une baguette magique. Alors, je ne réponds plus de rien: gare au nouveau pouvoir maléfique! "

Rackam intervint: "Pour ce soir, Elliott, tu vas regagner ta cité du Dragon. La nuit s'annonce. Tu reviendras demain, nous ne pouvons rien faire pour l'instant! "

Elliott était inquiet: "Dis-moi Pain-Son, tu as une petite idée sur l'identité de ce malandrin, de ce filou? ... "
- "Pour sûr Elliott! Je l'ai vu s'échapper de ma cuisine et c'est... "
- "Dis vite Pain-Son, dis vite! "
- "Hélas! C'est ce vaurien de Koukou. Tu sais, ce bandit qui avait enlevé Rubiette: démasqué par Ramona, je l'avais transformé en Ventraterrre pour le punir et condamné à des travaux d'intérêt général... Sa peine purgée il a repris sa forme et ses noirs desseins et sûrement des idées de vengeance..."
-" Alors c'est lui, c'est lui le monstre! " soupira Elliott.

Rackam ajouta: "Hélas! Hélas! Mais maintenant, quittons-nous et motus et bouche cousue pour tout le monde! "

Étrange? Vous avez dit "Étrange"?...

Depuis quelque temps, Elliott fréquentait beaucoup moins son île où il avait l'habitude de paresser et il avait passé une agréable journée à rendre divers services domestiques chez ses petits amis après la mésaventure climatique ressentie récemment. Un peu perturbé, il se dirigea d'un pas lent vers son antique machine à trois roues pour reprendre son chemin vers sa résidence de Draguignan. Il avançait doucement lorsqu'il posa le pied droit sur une pierre plate et grise au sol, à la limite d'une large souche coupée qui rappelait la présence d'un grand cyprès bleu abattu lors de la dernière tempête. Il ne trébucha pas mais marqua un temps d'arrêt, surpris par un bruit sourd et insolite à son côté.
Au même instant, son étonnement devint immense lorsqu'il aperçut le bord de la souche coupée se soulever avec lenteur vers lui. Une petite brèche lui apparut dans la pénombre. La faible ouverture ne lui permettait pas d'en inspecter l'intérieur de par sa hauteur de gros pansu. Surpris, inquiet mais pas très téméraire, Elliott s'étendit de tout son long sur le sol auprès de cette énigmatique ouverture afin de tenter de comprendre.
Il ne faisait pas clair dans ce trou et la cavité semblait profonde et plongeait dans les ténèbres. Il écouta... N'entendit rien... Le passage était étroit, bien trop étroit pour lui permettre toute exploration et il pensa aussitôt à un piège de Koukou...
Il était là, allongé et curieux, lorsque Rackam, qui n'avait pas encore retrouvé sa famille, très étonné par l'attitude de son ami, l'observa de loin avant de venir le retrouver.

-"Elliott! Tu cherches des escargots à cette heure? Je te croyais parti! ... Que fais-tu?... Tu apprends à nager? "

Elliott conta sa surprise, l'étrange comportement du bord de la souche et son appréhension à comprendre.

-"Toi, Rackam, tu es petit, ne pourrais-tu pas entrer dans ce trou bizarre et voir ce qu'il s'y passe? Seulement je crains un mauvais tour de Koukou. Il faut rester très prudent!..."

En route pour les ténèbres...

Rackam s'approcha à son tour et déclara qu'il y faisait noir comme dans un four. Qu'il ne pouvait pas s'engager à la légère sans redoubler de prudence et sans être armé d'une lampe d'éclairage. Il courut chez lui et revint avec une lanterne dotée d'une grosse bougie allumée et avec une très longue ficelle blanche et fine enroulée sur une bobine dont il se servait pour les parties de cerfs-volants. Il enserra sa taille de l'une des extrémités libres du cordon. Il demanda à Elliott de dérouler lentement la bobine au fur et à mesure de son avancée dans la cavité...
Et Rackam de s'engager avec précaution dans les ténèbres...

-" Va doucement Rackam, fais très attention. Si l'ouverture se referme derrière toi je saurais marcher à nouveau sur la pierre plate. Je tiendrai bien la bobine, tu progresseras lentement avec ton fil d'Ariane et - en cas de nécessité - tu tireras deux fois sur le cordon et je serai là pour te faire revenir".

La pente était douce...  Rackam renseignait Elliott sur son avancée. Il découvrit bien vite une petite mécanique très rudimentaire qui actionnait l'ouverture et la fermeture du tunnel dans lequel il progressait maintenant . Le mécanisme ne devait rien à quelque action magique. Il en fit part à Elliott resté là-haut, lui expliquant qu'il ne saurait s'agir d'un piège car Koukou était trop peu ingénieux pour concevoir un tel système. Restait posée la question de savoir qui avait pu organiser et construire un tel agencement de pièces de bois...
Rackam parlait sans cesse à Elliott d'une voix devenue "caverneuse" et diminuant graduellement. Rackam ne voyait rien de vraiment intéressant avec sa lanterne.

Soudain,  Elliott put entendre: "Incroyable! Magnifique! Fantastique! Grandiose! Superbe! Somptueux!..."
- " Explique, Rackam! Qu'as-tu trouvé? Parle moi! Parle! ".

Mais Rackam ne répondait plus et le cordon continuait à se dérouler de la bobine d'Elliott lorsque, tout à coup, la dernière longueur du fil conducteur disparut de la bobine et s'échappa du contrôle d'Elliott qui hurlait d'inquiétude et décida d'attendre en tentant de maîtriser son calme. Il connaissait Rackam pour sa vaillance et son sens des initiatives et des responsabilités. Il suffisait donc d'attendre sans alerter tout le jardin.

De découvertes en découvertes...

Mais qu'avait donc découvert Rackam? Sur un sol désormais horizontal, notre petit ami avait pénétré dans une salle immense, extraordinaire, une grotte à la sortie  d'une galerie étroite, une grotte à couper le souffle avec ses concrétions calcaires, ses fistules, ses coulées et ses cristaux de calcite et d'aragonite, ses stalactites et ses stalagmites dont certaines se rejoignaient, ses mousses aux colorations à la fluorescéine. Quel spectacle!...
La lanterne éclairait, au hasard des piliers, des draperies, des buffets d'orgues, des dentelles multicolores teintées sans doute aux passages sur divers métaux, des vasques couleur émeraude comme l'onde de l'île... La lanterne proposait sans cesse des alternances d'ombres et d'éclatantes irisations...
Un court instant, Rackam crut déceler une présence, comme un léger froissement indéfinissable. Son imagination sans doute! Il ne vit rien d'affolant, se résigna et poursuivit son avancée... Rackam avait traversé cette salle, ébloui, jurant d'y revenir, de la détailler, de faire visiter ce musée de la nature à tous ses amis... Mais, pour l'heure, il avait une autre mission: celle de poursuivre son exploration et, peut-être, de découvrir des indices lui permettant de pister Koukou.
Il resta néanmoins sur ses gardes en pénétrant dans une nouvelle galerie étroite... Dans la nuit totale sous terre, sa lanterne ne proposait qu'un pinceau d'éclairage. Rackam savait que son fil d'Ariane avait dû quitter la bobine d'Elliott mais il savait aussi comment retrouver sa sortie et il détacha le cordon de sa taille...

Soudain, il entendit une voix qui le saisit, une voix basse venue à sa rencontre, une voix calme et sereine, toute proche, qui lui dit:

- "Bonjour Rackam!... Comment vas-tu? ..."

Le deuxième épisode de cette "Ténébreuse affaire" sera mis en ligne le vendredi 22 mai.

Posté par ARMEE à 20:10 - Contes - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 mai 2009

Mai

Maurice_DUSSOL       Le pastiche mensuel

           de l'année 2009

       Par Maurice DUSSOL

   Testament pour une main

   Inspiré par le spirituel Sacha Guitry

      

S'adressant à la main de sa future veuve
Le caustique "Sacha", près du "fatal départ",
Donnait, de son esprit, comme une ultime preuve
Faisant, d'un jeu de mots, un étrange rempart.

Il disait, sous couvert d'un élan de tendresse,
Qu'il la soupçonnait fort, ayant fermé ses yeux,
De se muer très tôt en rapace traîtresse,
Pour jouer sans pudeur à des jeux odieux:

Cette main, qui veillait à la douceur des gestes
Allait se transformer en serres de vautour
Et rechercher ses clefs aux tréfonds de ses vestes
Pour ouvrir, sans remords, ses tiroirs, tour à tour...

A la main qui (bientôt) fermera mes paupières
Je voudrais aujourd'hui, laisser un testament
Comportant des pardons autant que des prières,
Lourd des mots inspirés par le dernier moment:

Le droit serait acquis de feuilleter mes livres,
De trier mes tableaux, de jeter mes chansons,
De verser de mon vin à des buveurs trop ivres
Pour pouvoir, dignement, mimer les échansons;

A la main qui pourrait rayer l'antique glace
Ou draper sur un cou mon foulard de Cardin,
Je pourrais pardonner de restreindre la place
Qui permet à mes fleurs d'enchanter mon jardin...

Cette main, du perron, pourrait briser les pierres,
Arracher au bassin ses cheveux de roseaux,
Détruire, par plaisir, mes guirlandes de lierres
Et vider l'abreuvoir de mes petits oiseaux...

Tous ces agissements, si dignes d'un vandale,
Iraient jusqu'à salir mes murs de Comblanchien
Mais je les subirais sans rage ni scandale
Si cette main, parfois, caressait mon vieux chien.

Posté par ARMEE à 13:04 - Rendez-vous - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2   Page suivante »