06 août 2009
Coup de gueule...
Dix ans de moins? Quelle déception!
Par François LÉGER
Reçu, récemment, chez un beau-frère et une belle-soeur, l'un des membres de ma belle famille s'est brutalement adressé à moi en me disant : "Tu sais, je viens de relire ton premier livre..."... Voilà qui commençait à m'inquiéter lorsque Jean-Louis a ajouté: "Eh bien, finalement, tu pourrais le faire rééditer aujourd'hui car il est encore d'actualité... Il ne faudrait surtout pas changer ton titre - < Un pays à deux vitesses? > ni ton sous-titre < Morale des médias et moral des Français >, voilà un livre que tu as sorti il y a déjà un certain nombre d'années et dont je comprends maintenant pourquoi il a obtenu le prix de l'essai de La Renaissance Française Nord/Pas-de-Calais... Quant à ton entretien à ce sujet avec Martine MAULEON sur la chaîne "Demain!" (Canal+) dans l'émission "Si on changeait...", il me taraude parfois l'esprit car je me demande si tu ne serais pas quelque peu pythonisse..."
C'est bien évidemment une conversation qui m'avait d'autant plus fait plaisir que ce livre est paru à la fin de l'année 1999 - dix ans déjà! - et que, depuis, je m'étais pris à feuilleter mon ouvrage de l'époque en m'apercevant que, effectivement, en actualisant les chiffres concernant le montant du SMIC (à l'époque il y en avait quatre!) et des diverses allocations possibles, sans oublier les salaires moyen et médian des Français, mon ouvrage était - malheureusement - encore tout à fait d'actualité!!!
"Pourquoi, me direz-vous, vous parler de cela brutalement aujourd'hui?"... Eh bien, tout simplement parce que j'ai vécu, ce matin, une des scènes dont je parlais dans ce livre, une scène toute simple dont les conséquences sont énormes pour notre pays! Les conséquences sont énormes parce que cette scène se reproduit bien évidemment à des millions d'exemplaires...
De fait, voulant remplacer le téléviseur se trouvant dans ma cuisine et ayant mérité de la patrie après plus de vingt ans de bons et loyaux services, j'ai cru tout simple de me rendre dans un magasin d'électroménager pour acquérir l'objet désiré. J'ai tout d'abord fait le tour des différents appareils en démonstration et me suis arrêté sur deux modèles me convenant parfaitement. Mais, après avoir trouvé l'objet de mes désirs, j'ai eu bien du mal à trouver un vendeur des objets comblant mes désirs.
Finalement trouvé, ce brave (?) jeune homme m'a emmené à un bureau où il a tenté de chercher le produit convoité sur son ordinateur et a subitement rejeté violemment la souris qui le faisait grimacer par son manque de fonctions... Nous sommes allés alors à un autre bureau: "Le premier modèle, Monsieur, nous n'en avons plus"... Je risquai : "Et le second?" avant de m'entendre répondre : "Il n'y en a plus, retournons voir les autres modèles"... Le temps de me lever et ce brave (?) vendeur m'a dit: "Vous n'avez que de vous débrouiller pour commander sur Internet" avant de disparaître définitivement du magasin!!!
M'adressant à un autre vendeur, je me suis entendu répondre : "J'ai autre chose à faire, je suis occupé" avant de trouver une accorte jeune femme qui - au contraire de ses collègues - m'aurait bien vendu tout le magasin... si celui-ci avait été approvisionné: "Je suis désolée, mais nous n'avons pratiquement rien en stock. Vous commandez et, dans une petite semaine, vous serez livré"... Finalement, j'ai acheté LE modèle en stock!!!
J'ai cru rêver car j'étais en plein dans mon essai socio-économique, écrit en 1998, dans lequel j'expliquais le drame de comportements comme ceux de ces vendeurs qui sciaient la branche sur laquelle ils étaient assis puisque si le magasin ne vendait plus suffisamment, il serait amené à faire des compressions de personnels. Compressions de personnels après lesquelles nos deux vendeurs auraient retrouvé des forces pour casser le matériel de leur patron qui est aussi leur outil de travail!
J'étais en plein dans mon essai socio-économique dans lequel j'expliquais que les entreprises devaient avoir un minimum de stocks pour une raison toute simple: si un très grand magasin luxembourgeois téléphone, un samedi, pour avoir x téléviseurs, c'est "pour manger tout de suite" et si l'entreprise française ne peut pas faire face, notre Luxembourgeois se tournera vers un autre pays!
Ces données économiques étaient évidentes en 1999 et, si vous regardez la télévision, vous verrez qu'elles le sont encore aujourd'hui... Alors, franchement, en me retrouvant, ce matin, avec dix ans de moins, je me suis mis à penser de nouveau qu'il y a sûrement quelque chose à faire: changer les mentalités et "remettre les gens au boulot" avant que l'irréparable ne se produise... Je sais qu'en écrivant cela, on me "traitera" de "Pro-Sarkozyste", ce que je ne peux pas être puisqu'il m'a pris mes idées!!! Je disais en effet en substance, en 1999, à la télévision: "Il faut remettre les gens au travail, que tout le monde se mette autour d'une table, gens de gauche et gens de droite, que l'on discute et trouve les solutions adaptées à la situation actuelle.... Les Pays-Bas l'ont fait et les résultats sont évidents". Et, Martine MAULEON d'avoir le mot de la fin : "Quel beau programme... Je vous souhaite bon courage...".
Vous voyez bien que ce n'est pas toujours drôle d'avoir dix ans de moins...
Commentaires
Comme il est vrai votre article! Je vous encourage a réediter votre livre et à l'instaurer dans les écoles de "management"J'ajouterais simplement que le sindicalisme a une grande part de responsabilité pour l'auto destruction de l'outil de travail.Félicitation Mr Léger la jeune génération a encore beaucoup à apprendre!!!
Une évidence...
Hélas, il est trop vrai qu'on a souvent (pas toujours, Dieu merci) l'impression de déranger lorsque l'on demande simplement que ceux qui sont payés pour faire un travail veuillent le faire!
Notre société souffre effectivement du refus de dialogue, de l'opposition systématique de catégories corporatistes qui s'évertuent à contester, à critiquer sans forcément proposer aucune solution consensuelle.
Une société de "provocation" où l'on considère les travailleurs comme du bétail, où, d'autre part, les gens se montrent rétifs à tout échange constructif : il faut que "l'autre" cède, craque, les horions pleuvent, le dialogue est banni. Le rapport de force seul compte, "ceux d'en face" sont tous pourris!
Autre perversion en cours dans ce pauvre pays : "Chacun pour soi et Dieu-s'il n'est pas éliminé- pour tous!". Aucun Dieu n'a à résoudre les dérèglements dont l'Homme est seul responsable.
Tout problème, tout conflit a sa solution, à condition qu'on ait l'intention de la construire en éradiquant cette haine qui rend la vie sociale inenvisageable.
Il n'est plus question de "Gauche", de "Droite", mais simplement de respect, et, oserai-je le dire,
de collaboration pour rendre ce monde vivable.
Germinal vous entraîne...
Cher habitué de ce site,
Merci tout d'abord de votre commentaire ci-dessus qui a son avers et son envers...
Votre première phrase me semble être frappée au coin du bon sens et je donne, dans mon livre "Un pays à deux vitesses" de très nombreux exemples de ce type où des gens - pour ne pas vouloir faire un petit effort - cassent notre économie... Aujourd'hui, je vous inviterai à penser à tous ces appels téléphoniques que vous donnez et au cours desquels on vous invite à taper 1, puis 3, puis 5, pour finalement avoir une communication coupée!!! Combien de secrétaires vous laissent au bout du fil pendant 5 - voire 10 minutes ou plus -avant de vous raccrocher au nez? Sans parler de cette secrétaire que je cite dans mon ouvrage parce qu'elle m'avait avoué débrancher le téléphone le lundi matin car "autrement qu'est-ce que j'aurais comme travail"!
C'est dire que vous accepterez que je prenne votre "Pas toujours, Dieu merci" avec réalisme mais en y mettant un sérieux bémol!
Si vous faîtes un premier dérapage - par rapport à l'article considéré - dans votre second paragraphe, je ne peux pas pour autant vous contredire et je suis de tout coeur avec vous pour critiquer tous ces gens qui s'opposent sans jamais rien proposer... C'est dire que vous avez droit ici à une salve d'applaudissements.
En revanche, dans votre troisième paragraphe, vous faites un dérapage incontrôlé qui m'étonne pour un ancien profeseur de lettres: vous êtes complètement hors sujet par rapport à l'article que vous commentez.
Toutefois, si vous ne nous aviez pas rappelé Germinal - que vous devez lire trop souvent car nous sommes au XXI° siècle - si vous n'aviez pas écrit "Une société de provocation où l'on considère les travailleurs comme du bétail", il est tout à fait évident que j'aurais été à 100% de votre côté! Ceci excepté de manière absolue, j'admets que vous exprimez la vérité d'un "honnête homme" et je n'ai point de raison d'y ajouter quelque chose.
Quant à vos deux derniers paragraphes, j'invite les lecteurs de ce site à les recopier et à les relire quotidiennement!!!
Je n'ajouterai rien à tout cela car deux de mes prochains articles seront consacrés à ces phénomènes de société...
Merci de vous être donné la peine de faire ce commentaire qui ne peut qu'éclairer les gens qui viennent sur ce site sur la liberté d'expression que je tiens à respecter à partir du moment où l'on n'attaque personne et où la diffamation est absente.
François LEGER
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