François Léger

Journaliste honoraire et membre Adhérent de la Société des Gens de Lettres, François Léger - essayiste et nouvelliste - présente ses livres, ses réflexions et des travaux de ses amis partageant la même passion.

27 août 2009

Recensions

La rentrée littéraire du nouvelliste François LÉGER vue à travers les analyses critiques de ses recueils faites par ses pairs!

On ne parle généralement de "Rentrée littéraire" que pour des livres arrivant sur le marché à l'occasion de ce rendez-vous annuel de fin d'été ou début d'automne, un rendez-vous que nous allons suivre avec intérêt.
Toutefois, il va de soi que tous les écrivains animant un site culturel n'hésitent pas à parler beaucoup plus de leurs ouvrages que je ne le fais. "A quoi bon, direz-vous, faire et refaire les mêmes  présentations des livres déjà proposées aux visiteurs de ce site?"  En cela, vous avez parfaitement raison et il n'est pas question ici que je vous présente mes ouvrages mais que je vous livre, ici et là, une critique faite par des professionnels qui ne sont pas toujours tendres mais apportent toujours leur touche personnelle qui est une information pour le lecteur et une alerte pour l'auteur!
Retrouvez donc ici "Il n'y a pas d'âge" à travers la critique d'Yves PAVIE, responsable des Éditions du Sagittaire; et celle de "Entre rêve et réalité" avec l'oeil de "La Gazette Nord/Pas-de-Calais".
En ce qui concerne "D'ici et au-delà", encore disponible chez l'auteur uniquement, je reprendrai la plume pour vous certifier que le paranormal existe et qu'il est parfois difficile d'avoir affaire à la voyance alors que l'on ne s'y attend pas...

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Recension  réalisée par Yves PAVIE       Couverture_Il_n_y_a_pas_d__ge   

J'ai la fâcheuse habitude d'aborder les livres par leur table. A son examen l'ouvrage me semble très structuré: 14 nouvelles réparties en 3 séries sensiblement égales en nombre (4.5.5) chaque série initiée par un titre reprenant celui de l'ouvrage et évoquant les étapes de la vie.
- Il n'y a pas d'âge pour naître
- Il n'y a pas d'âge pour aimer
- Il n'y a pas d'âge pour vivre
- Il n'y a pas d'âge pour mourir
La première nouvelle narre l'histoire d'une double renaissance, celle d'un couple de vieillards qui renaît à la vie un soir de Saint Sylvestre où leur fils dans le coma depuis 11 ans renaît à la conscience. La nouvelle se développe au rythme de la pendule familiale qui a connu les heurs et les déboires de plusieurs générations paternelles avant d'égrener les problèmes du couple septuagénaire des parents de celui qui a vécu isolé du monde.
Cette première nouvelle sera comme les autres l'occasion, pour le (s) héros ou le narrateur, d'un retour sur son histoire et les valeurs qui l'ont fondée, bref d'un examen de conscience.

La seconde nouvelle de cette première série met en scène un personnage de 17 ans, la troisième un couple de 28 ans, la quatrième un homme de 5O ans. Quel que soit leur âge les héros sont tributaires d'un passé qui a forgé ce qu'ils sont à l'instant du conte. Non seulement l'auteur nous fait partager sa croyance dans le fait que chacun est le fils de ses oeuvres mais il affirme sa foi en la métempsychose. Il est très vite clair que chaque étape est un passage vers un devenir à découvrir, la mort elle-même n'échappe pas à cette règle.

Il n'y a pas d'âge pour aimer ouvre une deuxième série de 5 narrations par le portrait d'une veuve inconsolable que le dévouement d'un ami du défunt, veuf également inconsolable finira par ébranler. C'est la seule nouvelle de l'ouvrage qui se termine par un doute ou une interrogation: "Mais quant à savoir si, vraiment < Il n'y a pas d'âge pour aimer >, il faudra encore du temps, peut-être beaucoup de temps, à Martine et à Jacky pour répondre par l'affirmative'".

Les quatre autre nouvelles de cette deuxième partie, dont je m'attendais à ce qu'elles mettent en scène des personnages à l'âge décroissant tant mon conditionnement classique requiert la symétrie, portraiturent, sauf la dernière dont l'héroïne est une jeune fille de vingt ans particulièrement mature, des sexagénaires. L'une d'elles qui nage en plein Oedipe m'a particulièrement émue Un homme et trois femmes. Elle illustre parfaitement combien l'homme a du mal à se détacher de sa génitrice, la recherche dans son épouse, finit par l'y retrouver même si elle ne lui ressemble pas et, reproduisant le modèle paternel, passe le flambeau à sa fille lorsqu'il n'a pas de fils à qui le transmettre.

Il n'y a pas d'âge pour vivre ouvre la dernière série de cinq nouvelles par une histoire de moeurs villageoise, saisie sur le vif. Une veuve dont le mari s'est tué au travail retrouve à plus de soixante-dix ans la joie de vivre grâce à la prévenance d'un amoureux, transi depuis l'enfance, qui finit par l'émouvoir. Cette dernière série s'achève par Il n'y a pas d'âge pour mourir parfaite illustration de ce que l'on peut être âgé et dynamique ou mort-vivant depuis l'enfance. Comme pour faire douter le lecteur des affirmations antérieures, la nature, le tempérament semble ici l'emporter sur les artères. Tant il est vrai qu'il y a une exception aux principes les mieux établis.

Les Nouvelles sont presque toutes structurées selon un même plan, d'abord une mise en situation des personnages, puis l'événement qui n'est pas nécessairement dramatique mais constitue le noeud gordien du conte et permet son dénouement sous la forme d'une conclusion véritable  < billet d'opinion > de l'auteur. Il y exprime avec nostalgie son regret des moeurs perdues.

L'auteur a incontestablement une belle plume et une culture d'une rare étendue, il faut oser faire référence au Banquet de Platon en pleine scène de village. S'agit-il d'une contrainte Oulipienne? Pour qui sait qu'il a été journaliste, qu'il est critique littéraire, et par dessus le marché personnel et indépendant, il est difficile de le croire. L'auteur Oulipien, dont les modèles sont Perrec et Queneau, est un rat qui construit un labyrinthe de mots, de phrases, de caractères (typographiques) et de sons. François LÉGER construit son labyrinthe de personnages et de caractères (humains) diversifié par le lieu, la situation et l'âge, unifié par sa certitude que chacun d'eux est soumis à une morale traditionnelle et bourgeoise que certains qualifieront de BC-BG mais qui, avec le mauvais esprit qui me caractérise, me semble BI-BG, Bonne Intentions - Braves Gens.

S'il n'était que cela l'ouvrage serait lassant tant il serait peu dans le vent ou la simple expression d'une éternelle querelle générationnelle or il interpelle le lecteur tant l'humaine matière est constante et est un perpétuel recommencement. Surtout la fréquence des happy ends des nouvelles est un message d'espoir qui remonte le moral et nous aide à surmonter les doutes et passer les deuils, ce dont nous avons bien besoin par les temps qui courent.

François LÉGER a incontestablement l'expérience de l'Homme. J'en donnerai un dernier exemple qui touchera ceux qui fréquentent les Salons du Livre qu'ils soient auteurs ou lecteurs, c'est-à-dire la grande majorité de ceux qui achètent des livres, tous ceux pour lesquels un auteur ou un critique écrit. L'avant-dernière nouvelle se nomme Écrire sans trop savoir lire! Quel humour dans la description du comportement des visiteurs du Salon. "J'ai été très surpris par votre style, certes irréprochable, mais peut-être d'une trop grande qualité..." ou de celui qui déclare revenir dans un instant acheter tel ouvrage dont il complimente l'auteur mais dont ce dernier sait d'avance qu'il ne l'achètera pas. Quelle dérision dans le portrait de l'auteur à succès qui n'a jamais écrit une ligne, le grand sportif dont l'ouvrage est entièrement écrit par son < nègre >, je veux dire celui de l'éditeur ou enfin, c'est le comble et la conclusion de la nouvelle, dans la déclaration, pleine de succès, de celui qui n'a jamais rien lu car il est dyslexique donc d'une intelligence supposée supérieure à celle des autres et a en conséquence beaucoup à dire.

J'apprécie particulièrement les Nouvelles, elles permettent au lecteur l'abord en un temps court d'une oeuvre achevée, c'est pourquoi je m'étonne toujours de ce qu'elle n'ait pas plus de succès à une époque où la télévision empiète de plus en plus sur le temps consacré à la lecture. Avec ce troisième recueil, à lire pendant les vacances et l'hiver au coin du feu, et chaque fois que le < moral > est en berne, François LÉGER confirme être passé maître dans l'art de la Nouvelle.

Yves PAVIE

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Critique parue sous le titre "Rêves éveillés" dans "La Gazette du Nord/Pas-de-Calais".Deuxi_me_recueil_recto

Ce recueil de nouvelles de François LÉGER raconte de petites histoires, celles de journalistes confrontés aux écueils de leur métier, celles d'amoureux, de parents, de personnes âgées. Tous se regroupent autour des valeurs chères à l'auteur: la sincérité, le partage, le respect. "Des valeurs qui donnent un sens à la vie et permettent de rester debout face à l'adversité, en un mot: d'exister". Poète de la vie ordinaire, François LÉGER livre des récits d'une extrême sensibilité assénant parfois quelques vérités que l'auteur, journaliste dans la vie, doit brûler d'envie d'écrire dans ses articles.

Lorsque l'un de ses personnages, journaliste de province, semble perdre la foi devant la réussite de son fils, grand reporter, quelle n'est pas sa surprise lorsque son fils lui dit son admiration et sa volonté de se réorienter comme son père. "C'est vrai les Français sont versatiles et assez égoïstes, mais ce qu'ils ne savent pas, c'est qu'ils sont nés avec le bonheur dans leur berceau", explique-t-il.

Conscient des difficultés de la vie, François LÉGER essaie de montrer que l'espoir est en chacun de nous, même dans les pires moments, dans le deuil, dans l'abandon. Une fois refermé, ce recueil continuera de vous habiter: parce que vous connaissez des personnes décrites dans ces lignes, parce que vous partagez ces valeurs, parce que tout simplement l'émotion vous gagne au fil de la lecture: François LÉGER n'est pas seulement un auteur, c'est aussi un formidable archer qui vous touchera en plein coeur.

C.M.

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Des nouvelles crédibles et plausibles?...Couverture_d_Iic_et_au_del_

Oui, celles constituant le recueil "D'ici et au-delà" le sont toutes, malgré ce titre ambigu...

Pourquoi avoir intitulé cet ouvrage "D'ici et au-delà"? Un recueil de nouvelles disponible uniquement chez l'auteur qui a enlevé tous ses droits (y compris tout droit de commercialisation), depuis maintenant deux ans, à l'éditeur de ce livre! Là est la question à laquelle je vais essayer de répondre aujourd'hui en m'appuyant sur une récente conférence ayant pour titre "L'art de la nouvelle" que j'ai donnée, il y a peine quelques semaines, ce qui vous permettra de mieux percer les "mystères" de ce recueil de nouvelles qui a été mon premier arrivé en librairies et qui, s'il est fait différemment de ceux dont mes confrères vous ont parlé ci-dessus, ne me fait rougir en aucun cas...

De fait, il s'agit là tout simplement d'un recueil de nouvelles parfaitement classique qui n'a rien à envier à un recueil de  "Short stories" chères à nos amis anglo-saxons ou à la "Novela" de nos amis espagnols et italiens. Beaucoup de ces recueils sont en fait une compilation de nouvelles construites sur des thèmes différents qui ont pour titre soit celui de la première nouvelle de l'ouvrage, soit un titre bateau comme "Voulez-vous de mes nouvelles?", mais cela ne gêne en rien les lecteurs de nos pays voisins à partir du moment où chacune des nouvelles répond aux règles strictes régissant cet art littéraire où chacune d'elles est un morceau de littérature bien composé.

Je veux insister ici sur le fait que la "Nouvelle" est bel et bien un genre littéraire et qu'elle ne mérite son titre que lorsqu'elle répond aux règles de sémantique, de linguistique et de stylistique qui sont les siennes. C'est dire qu'il faut que ceux qui ne connaissent pas ce genre de littérature - comme de trop nombreux libraires - cessent de clamer qu'il s'agit de "petites histoires"... Oseraient-ils parler ainsi des livres d'Anna Gavalda, nouvelliste française de 39 ans au succès incontesté? Pourraient-ils traiter ainsi des recueils de nouvelles de Marcel Aymé, du nouvelliste français Régis Jauffret, né en 1955; du nouvelliste américain - qui a l'âge de celui qui écrit ces lignes - Pete Dexter; sans oublier des plumes comme Alex Garland, britannique né en 1970? ...

Mais, que l'on ne s'y trompe pas, ces auteurs contemporains n'ont rien inventé, ils sont tout simplement les héritiers de "petits écrivains" écrivant de "petites histoires" comme Balzac, Flaubert, Maupassant, Prosper Mérimée, Tolstoï - mais oui ! - l'écrivain Adolfo Bloy Casares (né en 1914), écrivain argentin dont l'oeuvre principale est constituée de nouvelles policières... C'est dire que l'on comprend mal cette sorte d'inhibition des Français pour ce genre de littérature, tout au moins à en croire les éditeurs.

Le paranormal peut parfaitement être crédible et plausible!!!

Cela étant dit, je reste persuadé que la nouvelle doit être crédible et plausible et qu'elle doit présenter des personnages forts, complètement impliqués dans les situations que va vous proposer l'auteur. C'est ainsi que, pour ma part, je ciselle et peaufine mes personnages qui vont être ceux de la nouvelle que je suis sur le point d'écrire, ce qui me mène à penser que mes personnages ne sont pas interchangeables: vous ne trouverez jamais le même personnage dans plusieurs de mes nouvelles car il est une partie intégrante de la nouvelle pour laquelle il a été créé.

Comme tous les nouvellistes, je fais en sorte que le titre de chaque nouvelle soit incitatif et non pas informatif car il va de soi qu'une nouvelle bien menée doit prendre le lecteur à la première ligne pour le mener à la dernière où l'attend une surprise, un basculement, qui explicite le titre.

Cela étant posé, je pense m'être parfaitement acquitté de ces tâches en écrivant "D'ici et au-delà" et que le fait d'y avoir évoqué quelques phénomènes que nous considérons comme étant des choses inexplicables (qui ne sont pour moi seulement qu' "inexpliquées" dans l'état actuel de nos connaissances) ne devraient pas gêner le lecteur. Un lecteur qui se doute bien, en ouvrant un livre ayant pour titre "D'ici et au-delà", qu'il va y trouver des choses qui le surprendront. Toutefois, je tiens à préciser que tous les événements "paranormaux" que vous y trouverez sont réels pour les avoir vécus, sauf deux d'entre eux... Parmi ceux-ci, il en est un connu de tous les vieux habitants du Touquet-Paris-Plage (l'une de ces plages favorites des Parisiens) et l'autre m'a été narré par une de mes belles-soeurs qui ne croit pas à toutes mes "fariboles", mais ne veut plus en parler aujourd'hui car elle en est à chaque fois toute retournée... sans pour autant être convaincue qu'elle ait pu vivre cet événement!!!

Bien évidemment, si, dans "D'ici et au-delà", il n'y a que des histoires vraies, elles sont toutes contées de façon à ce que les personnes en cause ne puissent en aucun cas être reconnues... Cet homme ayant assisté à son enterrement existe (c'est un ancien espion français qui, "grillé", a été obligé de disparaître pendant plus de vingt ans pour sa sécurité et celle de ses collègues... Mais vous lirez cette histoire : c'est la première du livre!)...

Cet homme qui, brutalement, voit la mort de son frère alors qu'il n'y a aucune raison pour que cet homme en bonne santé vienne à disparaître, flash de quelques secondes peut-être, suivi d'un second flash de l'enterrement, oublie rapidement cette rencontre avec la voyance. Mais, que dire lorsque, le lendemain matin, il apprend que son frère est décédé dans la nuit? Cet événement est vrai, mais présenté de façon à ce que la personne en question ne puisse pas être reconnue: l'événement est décalé, mais véridique... Toutefois, je sais que certains lecteurs m'ont reproché de ne pas avoir donné d'explications à ces phénomènes dits " paranormaux", mais je ne possède en aucun cas l'explication, je ne fais qu'un constat placé dans une nouvelle dont la construction ne souffre en aucun cas de cette absence de réponse: c'est une nouvelle finie, travaillée et composée comme tout morceau de littérature...

Si vous voulez en savoir davantage, n'hésitez pas à contacter l'auteur - par la petite fenêtre idoine du site - pour vous procurer cet ouvrage...

François LÉGER

Posté par ARMEE à 16:38 - Rentrée littéraire 2009 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Sur votre agenda...

            Aux fidèles lecteurs de ce site

Les fidèles lecteurs de ce site ont pour habitude de retrouver, le premier de chaque mois, la recension littéraire de François LÉGER qui, en septembre 2009, ne sera mise en ligne que le samedi 5 ce dont nous les prions de nous excuser...

Toutefois, nous pensons tout de même qu'une visite s'impose à partir des mardi 1er septembre et mercredi 2, dates respectives de la rentrée des enseignants et des élèves, car François LÉGER vous proposera à cette occasion "Un grand retour vers la culture" tentant d'analyser sans parti pris la qualité de notre enseignement jusqu'au baccalauréat et la valeur de ce "parchemin", sans oublier de se pencher sur les qualités humaines des élèves et de leurs parents.

Posté par ARMEE à 16:24 - Actualité - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 août 2009

Se parler dans les yeux

Maurice_DUSSOLSoyez à l'écoute de celui qui écoute pour vous...

        Par Maurice DUSSOL

Si les trois compères oeuvrant sur ce site sont de fervents défenseurs de la langue française et ont souvent mal aux oreilles en écoutant les propos déversés dans la lucarne de nos téléviseurs, il en est qui - sans bruit, sans relâche, depuis des années - se font l'avocat de la défense de notre langue en écrivant un nouveau "J'accuse"...

"J'accuse" des professionnels de la communication de nous livrer des propos inconsidérés ou, plus exactement, à considérer comme étant du "Javanais" et non pas une langue latine comme le français.
Pitié pour nous qui aimons les belles lettres et la belle ouvrage et ne sommes que les représentants de dizaines de milliers de Français qui voudraient ne pas être l'objet de ces attaques inconsidérées et pouvoir encore comprendre ce qui se dit à la télévision et ce qu'en retient notre belle jeunesse!
Merci, Maurice DUSSOL de ce qui suit! Cela ne peut pas s'inventer! On peut seulement commenter ce charabia et c'est ce que tu fais: un travail dont nous te savons gré...
Ne pas manquer les commentaires de Maurice DUSSOL imprimés en mauve
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Dans cet avion, un groupe de journalistes accompagnait le ministre qui ne voyageait pas avec eux. Les ministres sont un peu trop fiers mais les journalistes sont malins et têtus. D'où ce reportage!
Seule une petite partie des rebelles se sont rendues. Oui! Mais elles étaient si belles (Chaîne III le 25/03/07).
Il aurait dû appréhender la globalité de la gestuelle. Bigre! C'est un avocat (beau parleur) qui le dit! (Chaîne III le 26/03/07).
Interpellation d'un usager sans papiers qui avait mal tourné. Mais qui était resté dans le droit chemin (Chaîne III le 28/03/07).
A cause des OGM, on a une baisse de la mortalité cet hiver. Qui veut trop prouver... (Chaîne II le 29/03/07).
12  terroristes sont arrêtés, une quinzaine d'entre eux sont tués. Comme d'habitude, la police a dû mal calculer  (Chaîne III le 11/04/07).
Ici, il n'y a pas des Algériens, il n'y a que quelques Africains. Nés en Chine? (Chaîne III le 12/04/07).
Il faudrait, pour cela, un outil qui permette de prévenir à l'avance. Pour être certains de ne finir qu'après (   Chaîne V le 13/04/07).
La troupe ne doit pas être omniprésente partout. Et si certains se camouflaient de ci, de là? (Chaîne IV le 16/04/07).
Ils en profiteront pour s'initier à de nouvelles sciences comme l'Archéologie, l'Astrologie. Et à des jeux d'enfants comme l'Astronomie? (   Chaîne III le 14/04/07).
Comme on le voit dans le reportage que nous venons de visionner. Sans le perdre de vue (   Chaîne III le 26/04/07).
Les deux ont décidé de se parler dans les yeux. Et sans mettre des lunettes! (Chaîne II le 27/04/07).
Rostropovitch est né avec un violoncelle dans les bras. Et, jusqu'ici, je n'ai entendu personne avoir pitié de sa mère!
Au lieu d'émerger au budget de l'Etat, les fonctionnaires... Pas si bêtes: ils préfèrent émarger (Nicolas le 02/05/07).
Du Sud-Ouest jusqu'au Nord-Est et à la Méditerranée. En passant par la Cordilière des Andes.
Il y avait 27 000 m² de décors pharaoniques: Rome y était représentée. Par un Grec, évidemment! (Chaîne II le 24/05/07).
Nous donnons des trucs pour améliorer les choses. Enfin! Voilà qui est clair et précis. (Chaîne II le 28/05/07).
On peut le décider très rapidement, il suffit de prendre le temps. Un génie de l'UMP (Chaîne III).
On pourrait inciter les Bordelais à se déplacer en vélo. Pourquoi pas s'ils en trouvent d'assez grands pour y entrer.
C'est un gouvernement qui s'efforce d'entendre ce qui a été montré dans les urnes. Oui, mais avec de bons yeux (Chaîne V le 03/06/07).
Pour des questions d'ego personnel. Et c'est moi-même, en personne, qui ose le dire! (Chaîne II le 03/07/07).
Ceci est un médicament, pas avant six ans. Restons calmes, le temps ne passera que trop vite!
Ceci est un médicament, pas avant dix-huit ans. Cet esprit de compétition! Quel problème!
Cela devient de plus en plus difficile dans les Alpages Alpins. En tous cas, pas plus que dans les Cévennes cévenoles (Chaîne V le 27/07/07).
Cette mère lui a éduqué ce besoin de vengeance. Mais elle ne le lui a pas "instructionné". (Chaîne III le 27/07/07)
Après les pieuvres, poulpes et autres crustacés, on  va parler... Attention aux dents sur une carapace de pieuvre! (Chaîne II le 29/07/07).


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20 août 2009

Scripta manent

Daniel_PagniezContes d'un jardin extraordinaire

          Par Daniel PAGNIEZ

XX) Une boîte en toutes lettres

Il était  une fois la curieuse offrande d'une boîte à lettres située dans un "jardin toujours extraordinaire"...

Ce jour-là, Trottemenue arriva toute essoufflée auprès des amis du jardin qui préparaient l'habituel petit déjeuner devant la "trattoria" de notre "Caruso" Pain-Son . Le pompon rouge de son bonnet jaune frissonnait encore d'émotion sur sa tête dans sa précipitation et son frère, Trottinou, avait eu beaucoup de mal à la suivre.
Elle en avait même semé en route son précieux "stradimarius" et, brandissant son archet, elle cria: "Les amis! Les amis! Ecoutez-moi tous! Je viens de passer devant notre boîte à lettres qui ne nous donne que rarement du courrier, mise à part, quelquefois, une non moins rare carte postale d'Elliott lorsqu'il est en vacances... Eh bien, figurez-vous que notre boîte à lettres déborde! Elle est si remplie que le couvercle en est soulevé et que des lettres en sont éparpillées au sol! C'est incroyable! Je vous le dis, j'en suis toute retournée..."

Rackam jugea bon d'intervenir: "Remets-toi Trottemenue et calme-toi. Qui aurait l'idée de nous inonder ainsi de courrier? Ou alors ne serait-ce encore que de l'agaçante publicité? "

-" Mais non, Rackam, non et non! Il n'y a aucune enveloppe, ce sont des lettres, des lettres, te dis-je, des lettres de l'alphabet comme a, b, c, d et la suite... J'ai entrebâillé la porte de la boîte: il y en a des milliers... Des majuscules, des minuscules, en caractères d'imprimerie! On nous a fait une blague! Mais qui? Dans quel but? Et pour quoi faire?..."

Les lettres ont toujours un destin...

Chacun y allait de ses réflexions. Kesdep pensait que cet étrange distribution n'était là que pour inquiéter ou pour amuser les amis... Riquette suggérait que c'était peut-être un moyen d'initiation et d'incitation au scrabble pour former des mots... Ramona évoquait les grilles de mots-croisés mais Trottemenue l'en dissuada en lui faisant remarquer qu'elle n'avait aperçu aucune petite case blanche ou noire.... Pickup parlait d'un autre jeu à découvrir, "Le mot le plus long", dont il avait entendu parler... Les Ventraterre ne cessaient de réclamer le nom de l'auteur de la facétie... Les Moyes s'interrogeaient... Et, tout ce petit monde d'en avoir oublié le petit déjeuner de Pain-Son qui ne voyait là qu'un tour de magie d'un concurrent.
C'est Rackam qui, finalement, mit un terme au brouhaha en avançant une idée: "Mes amis, je crois que ces lettres sont en fait un message... J'imagine que l'on nous veut du bien! Vous allez rire, mais je pense à une déesse antique des arts libéraux. Je pense à une Muse, comme Erato, peut-être, qui chercherait à nous faire sortir de notre indolence sans pour cela nous guider trop vers la poésie et l'élégie. Que diriez-vous d'une conseillère, d'une Muse qui nous dirigerait vers cette écriture que vous découvrez dans les livres que notre ami Elliott vous rapporte parfois du magasin exotique de l'île de Kolibri? Pourquoi ne pas nous mettre à écrire ce qui nous passe par la tête à l'aide de ces lettres? D'après Trottemenue, nous disposons là d'une provision importante de lettres et ce serait un jeu de les utiliser pour les mettre en bon ordre de lecture, écrire des mots, des phrases!..."
- " Allons, Rackam, ne dis pas de bêtises" coupa Trottemenue. "Personne ici n'est écrivain et nous sommes incompétents en matière de rédaction. Bien sûr, nous avons des choses à dire, mais de là à les rédiger! De plus, te rends-tu compte du travail gigantesque pour organiser toutes ces lettres qui s'envoleraient à la première brise? Comment les faire se tenir tranquille sur du papier? Tu as une colle miracle?... Ce n'est pas sérieux! Nous imagines-tu sous les rires de ta Muse, ton Erato ou une autre, ou sous les sarcasmes de ton égérie dans nos incapacités? Nous ne sommes ni écrivains, encore moins écrivaillons! "

Pain-Son apporta alors un peu de sagesse dans l'effervescence de la réunion et s'exprima avec un grand calme: " Je crois que Rackam a raison, les amis. Je suis pour le cadeau d'une Muse bienveillante. Par les lettres, elle nous fournit la base matérielle à coucher une forme de littérature sur du papier si nous faisons l'effort de la réflexion et de l'imagination. Nous voilà dans un jeu de l'esprit et je sais que l'exercice n'est pas aisé. Je ne vois aucune autre raison à cette avalanche de caractères habilement déposés chez nous pour nous  cultiver un peu... Voilà ce que je vous propose. D'abord vous allez tous prendre votre petit déjeuner qui s'émeut de votre absence. On ne doit pas gâcher la nourriture! Ensuite, vous irez précieusement récolter toutes les lettres de la boîte que vous mettrez dans un large panier d'osier que vous m'apporterez. Enfin, je vais aller relire mon vade-mecum sur la magie et pétrir une belle et croustillante baguette de pain magique, mais attention, le pouvoir de mon pain sera d'une durée limitée. Il faudra faire vite!...
"Demain matin nous ferons des essais de rédaction. Il faut que l'un de nous se décide à écrire et nous l'aiderons. Je vais envoyer Pickup au bric-à-brac de rêve d'Ali Baba sur l'île pour qu'il nous rapporte un livre blanc, un livre où toutes les pages sont blanches, les paires O.K. en possèdent certainement un... Nous nous retrouverons ici demain matin."

Une page blanche? Toute une aventure...

Le lendemain, tous les amis étaient à pied d'oeuvre, anxieux de l'aventure envisagée par Pain-Son. Le grand panier d'osier offrait sa pêche miraculeuse et toutes les lettres recueillies frémissaient à l'idée de jouer leur rôle. La baguette magique était tenue par Pain-Son, non sans quelque inquiétude, comme celle d'un chef d'orchestre avant les premières notes d'un concert. Le livre rapporté de l'île était ouvert à la première page toute blanche.

-" Avez-vous désigné, dit Pain-Son, celui ou celle qui va écrire pour la postérité?... Avez-vous réfléchi à un thème, à une histoire à raconter, à des mémoires à rapporter, à une poésie... Que sais-je encore? "
-" Bien entendu, répondit Ramona, nous avons désigné Rackam, le meilleur parmi nous pour utiliser les lettres. Rackam a bien tenté de se défiler en dénonçant son manque d'imagination pour une belle histoire, mais nous lui avons conseillé de taquiner sa mémoire et de nous relater sa jeunesse ou une autre partie de sa vie, une sorte de biographie. Il n'était pas très volontaire.... Et son hésitation devant une grande page blanche lui a paru angoissante... Nous lui avons dit que la venue d'une Muse lui apporterait conseils et assistance selon ton idée et ton pain magique, Pain-Son, car tu vas l'aider n'est-ce pas? "
Il fallait éprouver la méthode. La Muse était certainement tapie dans les environs et souriait sans doute à Rackam, ce volontaire désigné d'office devant sa page blanche, stimulant son imagination... Rackam avait choisi de parler de sa vie passée, de ses mémoires de jeunesse. Pain-Son lui avait dit qu'il se chargeait de fixer le texte sur la page à l'aide de sa baguette. Il ne restait à Rackam qu'à évoquer ses souvenirs... Il commença dans le silence de son auditoire sous les encouragements de Rougette et de sa fille Rubiette: "Il était une fois...".
-" Non Rackam!, explosa Pain-Son, non, arrête! Pas de cela! Il ne s'agit pas d'un conte mais d'une re
lation vraie de ton  passé! Avec cette entrée tu vas nous faire surgir la détestable fée Karembosse! Les "Contes d'un jardin extraordinaire" n'ont pas lieu d'être ici! Ne t'égare pas dans les affabulations d'un autre rédacteur... Allez! Reprends, d'abord par un titre évocateur... Regarde: les lettres s'étaient déjà ruées hors du panier et, fort heureusement, je n'avais pas joué de ma baguette. Elles n'ont pas été écrites, à leur grande tristesse. Elles sont allées retrouver leurs soeurs, toutes penaudes, dans le panier... "

Rackam, confus, aspira alors de l'air comme un véritable soufflet de forge et se reprit: "Mémoires d'un petit voyageur".

Les lettres s'envolèrent à nouveau du panier et se blottirent sur le papier mais Pain-Son avait encore refusé d'agiter sa baguette.

-"Rackam, écoute-moi et pense à ton écrit! C'est un titre, comme dans les livres, et demande, dans ce cas, des majuscules. Bon. Reprenons. Vois toutes ces lettres chagrines d'un nouveau retour au panier! Pense à ta ponctuation et à la mise en page. Ne te soucie pas de l'orthographe, elle se corrigera par la baguette".

C'était enfin bien parti! Avant chacune de ses phrases offertes par sa mémoire, Rackam formulait les indications préalables pour ses mots telles que "majuscule", "minuscule", "italique", "gras"... Les lettres s'échappaient du panier comme des envolées d'insectes, formant des fins rubans d'écriture dans un bal aérien avant de venir maquiller le papier. Pain-Son, de sa baguette, touchait chaque fois la page ouverte du livre et les lettres chahuteuses et ravies se modifiaient, se fixaient en bon ordre, se serraient les unes contre les autres.

"Mémoires d'un petit voyageur"

Rackam avait compris les remarques de Pain-Son et s'était lancé dans sa narration concernant les "Mémoires d'un petit voyageur"...

-"J'ai eu une enfance très douillette, entouré de grands soins par mes parents très attachés à leur territoire. Mais, dans ma première jeunesse, je me suis très vite senti pousser des ailes pour voir du pays. Nous étions plutôt solitaires à la maison dans le nord du pays et j'enviais ces autres connaissances qui, à certaines saisons, partaient en vacances vers le sud. J'étais intéressé par les migrations de certaines familles qui revenaient nous voir pour m'éblouir de leurs voyages, de leurs paysages, de leurs découvertes."

L'assistance encourageait le "narrateur" de ses applaudissements discrets pour son courage et sa réussite.

-" Un jour, un de mes bons amis, un anglais qui s'appelait Robin - non pas "des Bois", le héros de Sherwood et de l'Histoire de la chevalerie - non, un gentil camarade qui connaissait un organisateur de voyages pouvant m'accepter à peu de frais dans un groupe en partance pour le sud, vers l'Espagne. J'étais ravi de m'évader sachant néanmoins que j'allais faire beaucoup de peine à mes parents. Après plusieurs escales techniques, je suis arrivé en Espagne avec mon maigre bagage où j'ai trouvé à me loger assez facilement dans un jardin pittoresque mais très sec. J'avais mon petit chez moi. La nourriture n'était pas facile à trouver et travailler au jardin à retourner la terre était épuisant. J'avais cependant une foule de distractions variées avec toutes ces fêtes assez bruyantes y compris les spectacles dans les arènes, des grosses bêtes à cornes, ponctués des flonflons des musiciens. J'étais jeune et heureux... A la fin des vacances, je suis rentré chez mes parents pour y passer l'automne et l'hiver, fier de mon escapade".

" Encore! Continue Rackam! C'est bien: ça marche sur le papier..." scandaient les amis.

-" L'année suivante, le désir d'évasion m'avait repris et je suis retourné vers l'Espagne où je croyais me réinstaller chez moi. Hélas, un promoteur immobilier du nom de Koukoulos y avait installé sa famille. Je me suis même battu avec les intrus, en vain... Le père Koukoulos avait beaucoup d'amis et de relations importantes et j'ai, cette année-là, passé mes nuits à la belle étoile. La vie était difficile et avec la nourriture toujours assez rare, je ne trouvais ma pitance qu'au hasard de jardins de luxe bien entretenus et copieusement arrosés. Je gardais mon enthousiasme dans mes découvertes de la vie nocturne inconnue dans le nord. Je n'avais pas pu récupérer mes affaires abandonnées l'année précédente dans mon logis. Tout cela était sans grande importance... Revenu dans le giron familial pour le bonheur de mes parents, je passais mes soirées à raconter et même à inventer ces vacances espagnoles, sans parler, bien entendu, des Koukoulos. Je n'étais pas rentré vraiment satisfait de ce second voyage... D'accord, j'avais vu et appris beaucoup de choses. Je ne restais pourtant fier et hautain que devant mes amis, envieux de mes périples. Je me demandais si, finalement, le bonheur ne se situait pas plus au nord. L'Espagne - et ses castagnettes - était curieuse et envoûtante, seulement mon caractère, bien que plutôt solitaire, ne parvenait pas à m'extérioriser pleinement dans une totale béatitude..."

Pain-Son arrêtait de temps en temps "l'écriture" en insistant sur les indications de procédure que devait formuler Rackam avant l'envolée de ses phrases.

- " J'ai tenu à faire un troisième voyage aux nouvelles vacances, toujours par la même voie, pour tenter de m'édifier dans un plus grand bien-être... Hélas, cette dernière volonté avait été des plus catastrophiques. A l'aéroport de départ, sur une bousculade programmée par des individus malfaisants, j'ai été délesté de ma sacoche, donc de mon passeport, de mes papiers d'identité et de mon argent. Ma plainte déposée est restée sans suite... Adieu l'Espagne! Je ne souhaitais pas revenir chez les parents qui avaient toujours refusé de cautionner mes voyages. Alors, j'ai pris la route vers le sud, par petites étapes. Je me suis arrêté un jour dans un jardin sympathique dans lequel je ne comptais que passer. C'était le jardin du grand bonheur, un "jardin extraordinaire", le vôtre mes amis et vous me voyez heureux d'être resté ici, sur mon territoire, votre territoire, entouré d'amis, oubliant totalement ma solitude d'origine. Ici, j'ai trouvé la joie, le calme, l'amitié totale et surtout l'amour avec mon épouse, chère Rougette, laquelle m'a offert une belle  descendance...
- "Voyez-vous, mes amis, ce sont des souvenirs de voyages qui, dit-on, forment la jeunesse, mais vous ne saurez jamais assez combien le bonheur est dans votre pré, dans ce "jardin extraordinaire" qui vaut mieux que tous les voyages d'un jeune ambitieux..."

Les plus belles choses ont une fin...

-"Stop! Arrête! Tu termines ici... s'écria brutalement Pain-Son, il n'y a plus aucune lettre dans le panier! Ouf! Nous avons eu le temps d'apprécier la qualité et le pouvoir de ma panification! Tu viens de réaliser un exploit et d'honorer toutes les lettres disponibles! Je vais être franc avec toi: ton récit est loin d'être "extraordinaire", mais c'est normal pour un débutant... Je vous demande d'applaudir Rackam... Oui, je sais, tu vas me dire que ma baguette était ton "nègre" pour pallier ton incompétence... Comment? Tu ne sais pas ce qu'est un "nègre"? L'auteur, celui  qui signera l'oeuvre de son nom, soumet ses idées à un scribe, son "nègre", d'ailleurs souvent talentueux, qui saura écrire et mettre en forme les idées du "patron". Bon nombre d'écrivains ou de ceux qui se qualifient comme tels, ont recours à cette facile astuce et en recueillent la gloire, comme toutes ces vedettes dans tous les domaines... Disons que dans le cas présent, tu es tout de même devenu écrivain, en reconnaissant l'aide indispensable d'une Muse et aussi  avec l'aide du pain miraculeux... Rappelle-toi que chez les vrais auteurs il y a toujours une Muse qui sommeille et qui fera l'essentiel du travail que reproduira l'écrivain.
"Il y a toujours de la magie dans l'écriture, avec ou sans "nègre", et il y a toujours une boîte pleine de lettres à trier dans la réserve aux imaginations. Pense aux lettres qui sont les outils de base indispensables et incontournables sans lesquels l'écriture n'existerait pas!"

Barbemousse ajouta doctement : "C'est vrai, les lettres, ces ensembles organisés de signes et de graphismes, ne sont-elles pas nées de l'écrin originel de toutes les possibilités de communication entre les êtres?... "

A partir de ce jour, les hôtes du jardin, après les interminables félicitations d'usage adressées à Rackam et Pain-Son, se sont promis de surveiller avec attention une certaine "boîte à lettres" d'où pouvait naître une véritable culture. Un "jardin extraordinaire" peut-il s'épanouir sans quelques Muses?... Trottemenue s'était mise à songer à Euterpe...

Retrouvez Daniel PAGNIEZ dans son "jardin extraordinaire"  le vendredi 18 septembre.

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18 août 2009

Vers d'humbles bonheurs

Maurice_DUSSOL        Le coin des poètes

     Avec  Maurice DUSSOL

              DRAILLES

Dans l'austère décor fait de vieilles murailles,
De chênes torturés et de pins rabougris,
De la plaine aux plateaux se faufilent les drailles
A l'assaut des remparts de rochers, blancs ou gris.

Leur sol est parsemé d'innombrables pierrailles
Où scintille soudain la calcite en débris
Quand, cherchant son salut aux fentes des rocailles,
Eclair sous le ciel bleu, fuit le lézard surpris.

Le limon, sec, l'Eté, compte plus d'une faille,
Gours miniaturisés, ombres d'oueds taris;
Né des rochers brisés, un sable jaune paille
Pose, dans les recoins, de moelleux tapis.

Tous les ans, un troupeau guidé par la sonnaille,
En un magma houleux de moutons, de cabris,
Pressé par la chaleur, la soif qui le tenaille
Roule sous le soleil, recherchant des abris:

Vers la doline en fleurs où le groupe s'égaille,
Vers la fraîche lavagne où cesse tout ennui,
Vers la voûte romane où le schiste s'écaille
Mais qui protégera le repos de la nuit,

Vers le chant des oiseaux qui jaillit des broussailles,
Vers l'ombre des  cyprès où le chien s'assoupit,
Vers ces humbles bonheurs le conduisent les drailles
Depuis le temps jadis, sans cesse ni répit.

Aimons ces vieux chemins, si riches en trouvailles,
Aux sites enchanteurs trop rarement décrits
Où, rien qu'en avançant, toi, berger, tu travailles
Loin des rudes cités des luttes et des cris!

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13 août 2009

La trilogie du bonheur

Dernier regard vers les frontispices des édifices publics

Vous avez-dit "Fraternité"? Mais qu'est-elle donc devenue: est-ce un mot ou une façon de se conduire?

                   Par François LÉGER

Certes, vous deviez vous y attendre: après vous avoir parlé, ici même, de Liberté et d'Egalité - deux mots qui redeviennent d'actualité, chaque année, à la mi-juillet et dont on se gargarise durant quelques jours - je ne pouvais pas oublier de vous parler de la "Fraternité"...

La "Fraternité" est en effet le troisième et dernier maillon de la chaîne qui pourrait constituer la trilogie du bonheur si ces trois mots ne descendaient pas des frontispices des édifices publics uniquement à l'occasion du 14 juillet et, pour certains anciens combattants et militaires de carrière, le 11 novembre et le 8 mai; si ces trois mots n'étaient pas seulement associés, dans nos esprits, à l'arrivée de notre drapeau tricolore et de celui de l'Europe aux frontons des édifices publics et de nombre de maisons dont les habitants ont encore une certaine idée de la France... sans oublier un jour férié! C'est tellement important un jour férié...

Trois mots associés, de moins en moins à notre hymne national, cette Marseillaise dont nombre des habitants de notre beau pays de France seraient bien en peine d'en dire le texte! Trois mots associés aux flonflons, bals populaires et festivals pyrotechniques ne concernant en rien la plupart de nos concitoyens dont beaucoup de jeunes n'ont seulement pas connu la "Fraternité d'arme" du fait de la disparition de ce fameux service militaire que les générations précédentes cherchaient à éviter, souvent par tous les moyens possibles et imaginables...

"Perte de temps" disaient, en ces temps pas si lointains, tous ces jeunes pour se dédouaner de ne pas aller servir la France, sans savoir qu'ils seraient alors privés de leur premier rendez-vous avec la "Fraternité"... Quand on se retrouve, d'un jour à l'autre - étudiants professionnels, demandeurs d'emploi professionnels, docteurs en médecine, avocats, ouvriers à la chaîne, chauffeurs-livreurs ou employés, etc. -  dans une sympathique chambrée dans laquelle descend de temps à autre, sur le coup de minuit, un adjudant amateur de marches forcées qui fait un contre-appel et une inspection des lieux qui justifiera de décider de cette punition, on commence à comprendre qu'une union ne fera certainement pas la force, mais rendra certainement ce passage obligé moins pénible.Fraternit_

On s'aperçoit que l'on est tous égaux en droits et en devoirs devant tous les gradés qui sont bien décidés à "faire de vous des hommes" en vous expliquant: "Si vous étiez des types bien dans le civil, ici ça se passera bien; autrement, vous en  baverez, on vous mettra au pas"...

On se retrouve tous égaux en droits et en devoirs et l'on s'aperçoit à plus ou moins long terme que la "Fraternité d'arme" a un vrai sens, ce sens que lui donne l'entraide entre tous!  Quand on partage les colis, il n'y a plus d'ouvriers ou de travailleurs en col blanc, il n'y a que des "frères" qui sont tous pareils, ont tous les mêmes besoins, les mêmes souffrances et les mêmes joies... C'est la raison pour laquelle vous avez entendu parler longuement des "anciens" de leurs "copains de régiment" dont ils auraient manqué de faire la connaissance sans cette "Fraternité": c'est ainsi que des amitiés se nouent entre des gars qui font les trois-huit, les commis bouchers et des jeunes hommes que l'on considérera plus tard comme des nantis... Et, ces amitiés dureront souvent des décennies...

Cette "Fraternité" là est plus forte que la fraternité dans une corporation qui n'est généralement que de façade, une fraternité pour aller manger ensemble et qui n'a aucun sens face à la "Fraternité" qui est née d'une entraide en toutes circonstances... Ceux qui ont fait la guerre pourraient vous en parler beaucoup mieux que moi...

La "Fraternité" dans la politique...

Si, comme dans les situations évoquées ci-dessus, les habitants de notre pays voulaient bien ne pas faire remonter aux frontispices des édifices publics ces trois mots après usage lors des flonflons d'un 14 juillet, la vie serait tout de même bien plus belle, chacun pouvant user, sans  abuser, de sa liberté en toute tranquillité et comprendre que cette égalité en droits de tous les hommes est bien agréable à connaître et à vivre.

C'est dire que la mentalité de notre pays aurait déjà beaucoup changé et que nos concitoyens seraient parfaitement aptes à comprendre ce qu'est la vraie "Fraternité", pas celle prônée par une ancienne candidate à la présidence de la République qui galvaude sa "Fraternité" dans les rencontres politiques en essayant de ressembler aux bons vieux curés de notre enfance...

Mais, il est vrai aussi que, lors de sa campagne présidentielle, cette candidate m'a également fait penser à un moment qu'elle était entrée dans les ordres tout en n'ayant pas bien compris sa démarche. Grosso modo, j'ai cru comprendre qu'elle allait de réunion publique en réunion publique pour être à l'écoute des Français et savoir ce qu'ils voulaient que nos dirigeants fassent...

Une démarche un peu curieuse, les hommes, ou les femmes, politiques ayant généralement déjà préparé un programme avant d'aborder la phase de rencontres avec les habitants... Une démarche d'autant plus curieuse que - fait du hasard ? - à chaque fois que je l'ai vue, à la télévision, intervenir dans un tel rassemblement, elle donnait la même réponse ... Un homme ou une femme lui soumettait une idée de loi: pas de problème, elle répondait à chaque fois: "C'est prévu dans le Pacte présidentiel" sur lequel elle s'appuyait comme si "Soeur Thérèse Point Com" avait, dans le disque dur de son ordinateur, les solutions à tous les problèmes de la police.

Mais à ce stade de la campagne, elle n'avait descendu des frontispices que les mots "Liberté - Égalité" en faisant également en sorte, d'après ce qu'ont rapporté nombre de journaux, qu'il y ait au moins une personne handicapée  et en fauteuil roulant dans la salle à chaque meeting, cette personne à laquelle elle allait, en toute liberté, promettre l'Egalité... On a même vu cette candidate, lors d'un débat télévisé, aller tenir les mains d'un  handicapé pour le réconforter et, certainement, lui faire des promesses qu'elle était certaine de tenir puisque, à son insu, les lois correspondantes avaient été votées deux ans auparavant...

La "Fraternité" dans l'adversité...

Mais, foin de politique pour passer à la vraie vie, la vie de tous les jours, une vie actuellement difficile.

Une vie difficile d'autant plus mal vécue par tous les Français qu'ils avaient été rassérénés sur l'avenir par les promesses électorales de l'actuel président de la République, un président qui avait fait des promesses face à des difficultés d'ordre structurel et qui s'est retrouvé devant des difficultés conjoncturelles d'une ampleur absolument inattendue et énorme.

Une crise dans laquelle tous les Français devraient faire descendre le mot "Fraternité" des frontispices car, on a besoin de cette "Fraternité" pour en sortir: ce n'est pas en continuant cette campagne orchestrée par certains médias qui ne voient que tout ce qui est noir que l'on s'en sortira... Ce n'est pas en n'osant pas montrer certaines richesses que l'on aide obligatoirement tous nos "frères": il est incroyable de voir de grandes entreprises ayant prévu depuis des mois le financement de certaines campagnes de promotion avec repas, cocktails, etc... y renoncer par peur des réactions "populaires"... Incroyable qu'elles y renoncent  car c'est autant de traiteurs qui perdent des marchés, autant d'employés et de serveurs qui n'ont pas de travail...

La "Fraternité" n'est-elle pas, pour tous, de comprendre que ceux qui en ont les moyens ne doivent pas hésiter à faire tourner la machine? La "Fraternité" n'est-elle pas de penser que les "augmentations de salaires" ne sont pas vraiment une solution et ne pourront en aucun  cas "donner du pouvoir d'achat"... Le calcul est simple:  j'augmente les salaires, donc j'augmente mon prix de revient, ce qui  m'oblige à augmenter les prix de vente en ... reprenant ainsi ce "pouvoir d'achat donné"... et en donnant, en plus, un coup de pouce à l'inflation!

La "Fraternité" n'est-elle pas de laisser travailler quand ils le veulent, y compris le dimanche ou à la Sainte Trinité, ceux qui le souhaitent: tous ces gens qui, gagnant  plus, dépenseront plus et aideront à la remise en marche de la machine...

C'est d'ailleurs bel et bien pour remettre du charbon dans la machine à vapeur - ce qui est tout de même mieux que de brûler du café dans les locomotives comme lors de la crise de 29 - que tous les taux d'épargne ont été baissés dans l'espoir inavoué de dissuader les gens d'avoir un bas de laine... bien compréhensible quand on a peur du lendemain.

Dans le même temps, mettons-nous dans la tête que la mondialisation est là, ce qui engendre la nécessité d'une "Fraternité" dépassant nos frontières...

Arrêtons-nous alors quelques instants pour relire cet extrait de "La Marseillaise de la Paix" d'Alphonse de Lamartine:

"Et pourquoi nous haïr et mettre entre les races
"Ces bornes ou ces eaux qu'abhorre l'oeil de Dieu?
..." L'égoïsme et la haine ont seuls une patrie;
"La Fraternité n'en a pas!".

Peut-être est-ce un peu trop demander dans un pays où chacun ne cesse pas de se regarder le nombril, mais il serait temps, pour le moins, d'adapter ces propos à notre pays et d'en faire notre religion: "Fra-ter-ni-té" comme disait une femme politique...

Notre illustration - montrant combien la "Fraternité" est quelque chose de grand dans les moments difficiles - a été sortie d'une collection privée dont nous remercions le propriétaire.

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09 août 2009

Affrontons les maîtres du genre...

Intéressant concours de nouvelles
d'un éditeur canadien.

"Les anges et les démons sont en fait des êtres venus de l'espace": le sujet vaut la peine d'être creusé...
Editions_Pop_Fiction_Logo

Quand vous faîtes de votre mieux pour développer un blog et que vous croyez le promouvoir au rang de site en raison du nombre de visiteurs mensuel et de la réalité d'un impact régulier dans certains pays d'autres continents, vos amis ont toujours un petit doute...

Quand on fait de son mieux en écrivant bénévolement et de manière régulière sur un blog dont l'administrateur (cet écrivaillon de François LÉGER qui assume les fonctions de webmaster et donne, de temps à autre, quelques coups de griffes à cette espèce d'establishment qui voudrait mettre la main sur la littérature en interdisant à ceux qui ne sont pas "de la famille" de s'exprimer et encore moins de se révolter quand il y a lieu de le faire), comme c'est le cas de Maurice DUSSOL et Daniel PAGNIEZ, on peut se demander si ces textes ont vraiment un impact et sont à la fois vraiment lus dans de nombreux pays comme veut le faire croire François LÉGER... François LÉGER dont c'est l'intérêt car il ne voudrait pas perdre des plumes de qualité comme celle de ses amis Maurice et Daniel!Editions_Pop_Fiction

Aussi, François LÉGER a-t-il été particulièrement heureux de recevoir, il y a quelques semaines déjà, un courriel d'un éditeur de Montréal (Canada) lui demandant s'il voulait bien annoncer sur son site la deuxième édition de son concours de nouvelles. Car une telle demande est bien la preuve que ce site est lu en France et bien au-delà de nos frontières. Une telle demande est bien la preuve que ce site est non seulement lu à l'étranger, mais qu'il est considéré comme étant de qualité!!!

Voilà un courriel qui a donc été un merveilleux cadeau pour "La bande des trois" et ce, d'autant plus que cet éditeur nous a autorisés à utiliser son logo et à reproduire le document ci-joint présentant à la fois le règlement et faisant office de formulaire de participation! Il vous suffira, comme à l'habitude, de cliquer dessus une ou deux fois pour obtenir un document 21X29,7.

Vous avez également la possibilité d'aller le télécharger sur le site web de l'éditeur www.editionspopfiction.com, un site qui vaut véritablement une visite.

Mais, ne croyez pas que la satisfaction de ces trois compères ne soit pas aussi de pouvoir vous ouvrir - à vous jeunes nouvellistes français - d'autres horizons, une autre façon de voir la nouvelle, ce genre littéraire (paraît-il) sans lecteurs en France alors que, de l'autre côté de l'Atlantique, la "Short Story" est vraiment considérée comme un genre littéraire à part entière, un genre littéraire très apprécié.

Vous voilà donc partis vers d'autres horizons sur un thème qui ne manque pas d'intérêt: "Les anges et les démons sont en fait des êtres venus de l'espace"... Mais ne vous laissez pas emporter par le sujet en oubliant que "chaque nouvelle doit débuter par un court extrait de la Bible, du Coran ou de la Torah en lien avec l'intrigue du récit"... Voilà une autre vision de la "Short Story" qui devrait intéresser plus d'un de nos visiteurs nouvellistes... Alors, soyez inspirés pour vous montrer à la hauteur des "nouvellistes" canadiens notamment.

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06 août 2009

Coup de gueule...

       Dix ans de moins? Quelle déception!

                   Par François LÉGER

Reçu, récemment, chez un beau-frère et une belle-soeur, l'un des membres de ma belle famille s'est brutalement adressé à moi en me disant : "Tu sais, je viens de relire ton premier livre..."... Voilà qui commençait à m'inquiéter lorsque Jean-Louis a ajouté: "Eh bien, finalement, tu pourrais le faire rééditer aujourd'hui car il est encore d'actualité... Il ne faudrait surtout pas changer ton titre - < Un pays à deux vitesses? > ni ton sous-titre < Morale des médias et moral des Français >, voilà un livre que tu as sorti il y  a déjà un certain nombre d'années et dont je comprends maintenant pourquoi il a obtenu le prix de l'essai de La Renaissance Française Nord/Pas-de-Calais... Quant à ton entretien à ce sujet avec Martine MAULEON sur la chaîne "Demain!" (Canal+)  dans l'émission "Si on changeait...", il me taraude parfois l'esprit car je me demande si tu ne serais pas quelque peu pythonisse..."

C'est bien évidemment une conversation qui m'avait d'autant plus fait plaisir que ce livre est paru à la fin de l'année 1999 - dix ans déjà! - et que, depuis, je m'étais pris à feuilleter mon ouvrage de l'époque en m'apercevant que, effectivement, en actualisant les chiffres concernant le montant du SMIC (à l'époque il y en avait quatre!) et des diverses allocations possibles, sans oublier les salaires moyen et médian des Français, mon ouvrage était - malheureusement - encore tout à fait d'actualité!!!

"Pourquoi, me direz-vous, vous parler de cela brutalement aujourd'hui?"... Eh bien, tout simplement parce que j'ai vécu, ce matin, une des scènes dont je parlais dans ce livre, une scène toute simple dont les conséquences sont énormes pour notre pays! Les conséquences sont énormes parce que cette scène se reproduit bien évidemment à des millions d'exemplaires...

De fait, voulant remplacer le téléviseur se trouvant dans ma cuisine et ayant mérité de la patrie après plus de vingt ans de  bons et loyaux services, j'ai cru tout simple de me rendre dans un magasin d'électroménager pour acquérir l'objet désiré. J'ai tout d'abord fait le tour des différents appareils en démonstration et me suis arrêté sur deux modèles me convenant parfaitement. Mais, après avoir trouvé l'objet de mes désirs, j'ai eu bien du mal à trouver un vendeur des objets comblant mes désirs.

Finalement trouvé, ce brave (?) jeune homme m'a emmené à un bureau où il a tenté de chercher le produit convoité sur son ordinateur et a subitement rejeté violemment la souris qui le faisait grimacer par son manque de fonctions... Nous sommes allés alors à un autre bureau: "Le premier modèle, Monsieur, nous n'en avons plus"... Je risquai : "Et le second?" avant de m'entendre répondre : "Il n'y en a plus, retournons voir les autres modèles"... Le temps de me lever et ce brave (?) vendeur m'a dit: "Vous n'avez que de vous débrouiller pour commander sur Internet" avant de disparaître définitivement du magasin!!!

M'adressant à un autre vendeur, je me suis entendu répondre : "J'ai autre chose à faire, je suis occupé" avant de trouver une accorte jeune femme qui - au contraire de ses collègues - m'aurait bien vendu tout le magasin... si celui-ci avait été approvisionné: "Je suis désolée, mais nous n'avons pratiquement rien en stock. Vous commandez et, dans une petite semaine, vous serez livré"... Finalement, j'ai acheté LE modèle en stock!!!

J'ai cru rêver car j'étais en plein dans mon essai socio-économique, écrit en 1998, dans lequel j'expliquais le drame de comportements comme ceux de ces vendeurs qui sciaient la branche sur laquelle ils étaient assis puisque si le magasin ne vendait plus suffisamment, il serait amené à faire des compressions de personnels. Compressions de personnels après lesquelles nos deux vendeurs auraient retrouvé des forces pour casser le matériel de leur patron qui est aussi leur outil de travail!

J'étais en plein dans mon essai socio-économique dans lequel j'expliquais que les entreprises devaient avoir un minimum de stocks pour une raison toute simple: si un très grand magasin luxembourgeois téléphone, un samedi, pour avoir x téléviseurs, c'est "pour manger tout de suite" et si l'entreprise française ne peut pas faire face, notre Luxembourgeois se tournera vers un autre pays!

Ces données économiques étaient évidentes en 1999 et, si vous regardez la télévision, vous verrez qu'elles le sont encore aujourd'hui... Alors, franchement, en me retrouvant, ce matin, avec dix ans de moins, je me suis mis à penser de nouveau qu'il y a sûrement quelque chose à faire: changer les mentalités et "remettre les gens au boulot" avant que l'irréparable ne se produise... Je sais qu'en écrivant cela, on me "traitera" de "Pro-Sarkozyste", ce que je ne peux pas être puisqu'il m'a pris mes idées!!! Je disais en effet en substance, en 1999, à la télévision: "Il faut remettre les gens au travail, que tout le monde se mette autour d'une table, gens de gauche et gens de droite, que l'on discute et trouve les solutions adaptées à la situation actuelle.... Les Pays-Bas l'ont fait et les résultats sont évidents". Et, Martine MAULEON d'avoir le mot de la fin : "Quel beau programme... Je vous souhaite bon courage...".

Vous voyez bien que ce n'est pas toujours drôle d'avoir dix ans de moins...

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04 août 2009

Août

Maurice_DUSSOL       Le pastiche mensuel

          de l'année 2009

       Par Maurice DUSSOL

             Kochel 467

Inspiré par le génie de Mozart

Imprégné de "Raison", saturé de "Physique",
Tu vins à ce concert, innocent étranger,
Pour suivre un compagnon féru de "la Musique",
Qui ne t'avait pas mis en garde du danger...

Dès les premiers accords, les séquences divines
Ont brisé les remparts de ton entendement:
Ton coeur et ton cerveau, sans que tu le devines,
Se sont laissés ravir, tous deux, éperdument...

L'Andante a fait s'emplir tes yeux de douces larmes,
Le Final triomphant, par ses chants souverains,
Eveillant le grand art et chassant les alarmes,
De frissons inconnus vient de glacer tes reins!

Alors, n'applaudis pas lorsque le chef d'orchestre
Abaisse sa baguette et se tourne vers toi!
Auditeur envoûté, retrouvant le "terrestre"
Attends donc un moment et reste encore coi!

Tu laisseras, plus tard, éclater ta liesse
Dans ce temple où le "Beau" n'est pas fils du "Hasard",
Savoure donc plutôt cette nouvelle ivresse:
Le silence qui suit, c'est encore Mozart !

Ce silence qui suit... c'est l'âme de Mozart !

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01 août 2009

Préserver des petits gestes d'amour...

                      LU POUR VOUS

                  Par François LÉGER

"Tobias en errance": un roman de
Bernard TETTELIN? Plutôt un essai!

Des thèmes comme l'exclusion par la différence - ou par l'indifférence - les philosophies du bonheur ou de l'humanisme, ou encore une réflexion sur tous ces hommes et ces femmes qui vivent comme s'il était évident de vivre et ne se posent jamais de questions à ce sujet, largement développés par Bernard TETTELIN dans le dernier livre qu'il m'a fait parvenir - "Tobias en errance" - , me semblent bien plus relever de l'essai que du roman...

De plus, en lisant ce livre avec attention, on ne peut pas ne pas se rendre compte que le personnage de Tobias, créé pour la circonstance par l'auteur, ne nous emmène pas dans une rêverie pour jeunes filles en fleurs, mais bien davantage sur les questions que se pose un sexagénaire sur sa vie, sur La Vie, sujets que ne pourrait pas traiter un tout jeune écrivain faute d'avoir vécu et d'avoir vécu en regardant... la Vie et les gens vivre. La trame, qui n'est pas vraiment romanesque, ne m'apparaît donc que comme la structure sur laquelle l'auteur a pu se livrer à ces réflexions sur des questions parfois aussi vieilles que le monde...

Toutefois, avant d'aller plus loin - devant être vendu par souscription au profit des associations que soutient l'auteur - le livre que j'ai reçu est, je l'espère vivement, une sorte de "prototype" car il demande quelques améliorations sur le plan technique et, parfois aussi, dans sa rédaction.

De fait, comme je crois m'en être déjà ouvert dans cette rubrique, il va de soi que lorsque je mets une recension en ligne, celle-ci doit respecter à la fois le lecteur et l'auteur, raison pour laquelle j'ai eu, avec le travail de Bernard TETTELIN, quelques difficultés à écrire cette analyse critique.

Respecter le lecteur? C'est lui présenter un livre, non pas de manière objective - car c'est là l'Arlésienne de toute recension - mais de façon honnête: pas de copinage, pas de vengeance, d'envie de quoi que ce soit ou d'animosité. Relever ce qui est digne d'intérêt et apporte une plus-value à l'ouvrage en n'oubliant pas les côtés les plus négatifs qui, bien souvent, malheureusement, l'emportent.

C'est ainsi qu'avant d'écrire toute recension, je m'enferme dans mon bureau avec l'ouvrage sur lequel je dois travailler, fiches de lecture à portée de main, pour découvrir un livre en faisant une totale abstraction du nom de son auteur. Ce n'est qu'au moment de faire mon titre que je retrouve l'identité de l'auteur ou bien lors d'un thème qu'il ne peut pas s'empêcher de traiter dans chacun de ses ouvrages...

Tenir compte de certains cas de figure...

Mais il est parfois d'autres cas de figure dont je pense devoir tenir compte. De fait, je le dis tout net: si ce livre de Bernard TETTELIN  m'avait été adressé par l'éditeur après sa mise en rayons dans les librairies, je n'aurais pas manqué de dire que c'était là un produit artisanal, non fini et aucunement un ouvrage à conseiller malgré sa richesse intellectuelle et humaniste.

Toutefois, ici, la situation est différente si, comme je le pense, j'ai en mains une sorte de "tapuscrit" devant se transformer en un vrai livre qui vous sera proposé pour dix-huit euros (20 euros frais de port compris)après une relecture attentive, des corrections d'auteur et un peu plus de sérieux de l'éditeur! Toutes choses parfaitement réalisables entre le moment où j'écris ces lignes - jeudi 23 avril, en en faisant part à l'auteur par courriel ce même jour - et celui où cette recension doit paraître: le samedi 1er août. Ceci me donne le droit de penser que Bernard TETTELIN aura fait le nécessaire et vous rassurera par un courriel que je mettrai en ligne à la fin de ce papier si tel est le cas.

De fait, ce qui frappe immédiatement en ouvrant ce livre est de constater, à la page 106,  un changement de police de caractères et un changement de grosseur de corps! Ceci est si peu courant que je n'ai jamais vu cela dans les livraisons actuelles des éditeurs et en ai cherché vainement la raison...

Quant à des paragraphes comme "Sans doute avait-elle trop dansé, trop chanté autour du brasero, elle avait-elle pris froid.", qui sont sans nul doute à imputer à l'imprimeur, ils sont d'autant plus désagréables - et cassent la lecture - qu'ils sont accompagnés de l'oubli de mots ici et là qui nous donne une langue quelque peu enfantine ou amène le lecteur à s'interroger sur ce qu'a vraiment "voulu dire" l'auteur!

Un auteur qui n'est pas exempt de reproches car il a aussi quelques tournures malencontreuses qui font s'arrêter dans la lecture... Ainsi en est-il de celle-ci qui, sortie du contexte, devient une énigme: "Pourtant, et Tobias aurait pu en témoigner s'il l'avait pu...". Ainsi en est-il de celle-ci qui surprend par sa redondance: "Voulait-il garder une certaine neutralité ou laisser son amie tisser sa propre appréciation des choses?".

C'est dire que le travail que j'ai entre les mains mérite une très sérieuse relecture qui permettra également de faire les accords manquant!

Un périlleux voyage dans les mondes...

Comme nous l'avons laissé entendre au début de cet article, l'auteur cherche - à travers un roman fictif - à comprendre la Vie et, pour expliquer la genèse de ce travail, il dit avoir "créé le personnage de Tobias et lui avoir demandé d'entreprendre ce périlleux voyage dans un monde où le Mal pourrit l'âme, où le Bien fait de la résistance".Tobias_en_errance

Mais, qui est Tobias en vérité? Acteur certes dans la mesure où il est un être vivant, il me paraît cependant être beaucoup plus que cela: il est le témoin privilégié de différentes conceptions de la Vie, en quelque sorte cet oeil envoyé dans différents mondes d'aujourd'hui faits d'indifférence et d'habitudes dénuées de toute réflexion, faits de structures mentales différentes que présentent de véritables tribus, voire ethnies.

Que de questions! Mais, si l'on n'a pas le courage de les aborder, on risque fort de faire la traversée de cette vie terrestre sans même chercher à comprendre! Au fait, chercher à comprendre quoi? "Y a-t-il quelque chose à comprendre d'ailleurs?" Tout dépend  si l'on ne se pose pas de questions et vit en se levant chaque matin en ayant simplement le plaisir de vivre ou si l'on est épris de réponses aux questions fondamentales expliquant notre existence et nos comportements...

Après un coup d'oeil en France, Tobias, un sans-papiers!, fait un séjour en Angleterre où il peut très vite constater que "le légendaire flegme britannique est devenu une image d'Epinal" et admettre qu'il n'est pas vraiment le bienvenu dans ce pays. Dès lors, c'est le voyage annoncé qui le mène notamment en Belgique et va surtout faire de lui, le brave Tobias, un moment "un loup parmi les loups": ce sont les circonstances de la vie qui vont le faire exceller dans la pratique de la férocité même s'il a, parfois, des relents de bonne conscience.

Puis il a la chance d'être intégré dans une tribu tzigane et de découvrir que chez ses nouveaux amis - bien différents de notre propre société! - "chacun serait mort pour l'autre sans hésitation"... Mais il constate aussi que "Ces gens généreux, solidaires, partageurs et si accueillants peuvent engager des rixes, souvent violentes, justifiées par des moeurs surannées au nom d'un honneur particulier..." Ainsi va la vie d'un monde à l'autre dans notre monde... Avec celui-là, il fait la connaissance du monde germanique et doit bien vite admettre que la convivialité du folklore cède le pas à ce que l'auteur appelle "l'artifice de la vie sociale".

Chassez le naturel...

Dans ces différentes façons de concevoir la vie, l'auteur ne peut pas s'empêcher de céder à son thème récurrent dans chacun de ses livres en y revenant par les deux tirades qui suivent et que je ne commenterai pas.

Bernard TETTELIN ne manque pas en effet d'écrire: "Qu'en était-il de la Valeur de l'Homme dans un monde où l'on sacrifiait le respect dû à l'être humain pour survivre dans une société fondée sur l'argent, l'ignoble domination de quelques millions de nantis, l'étalage du luxe et de la fornication d'un faible pourcentage de privilégiés au détriment d'une masse populaire qui survivrait des miettes du festin de Lazare?".

Deuxième tirade et frapper "coup droit" (!) : "Les travailleurs valaient moins que les cours de bourse et constituaient un simple bétail que l'on abandonnait à la jachère économique au nom de la rentabilité poussée au paroxysme".

Mais Bernard TETTELIN, à l'issue de son voyage dans lequel il s'est fait son petit plaisir de sa déclaration livresque habituelle, semble tirer une espèce de substantifique moelle de toutes les observations et questionnements de son ami Tobias... C'est ce qu'appelle l'auteur "Une autre idée de l'Apocalypse" qui rejoint en quelque sorte ma façon d'appréhender la Mort qui ne serait que le départ de notre être: ce moment où l'on voit son corps désincarné sur lequel on ne peut plus agir... Toutefois, il est évident que cette vue de la Vie ne contente pas l'auteur qui émet l'idée que le Créateur puisse souhaiter qu'on le consolât de la bêtise des hommes, qu'on lui permît de pardonner les humains de rester si médiocres... Peut-être alors déciderait-il de nous octroyer une nouvelle Espérance...

"Tobias en errance"

Bernard TETTELIN

Éditions de La Margotpierre (13 rue des Bouvreuils, 59350 SAINT-ANDRE)

248 pages - 20 euros frais d'envoi inclus (livre vendu par souscription au profit des associations que soutient l'auteur).

En réponse à mon courriel du jeudi 23 avril, Bernard TETTELIN m'a demandé de vous faire part des propos suivants: "Je tiens à remercier Monsieur F. LEGER qui, à propos de < Tobias en errance >, a attiré mon attention sur un certain nombre de < coquilles >, de mise en page notamment. Il va de soi que j'ai repris toute la maquette et apporté les solutions qui convenaient pour que l'édition définitive soit lavée des erreurs signalées."

Posté par ARMEE à 11:39 - Lu pour vous... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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