François Léger

Journaliste honoraire et membre Adhérent de la Société des Gens de Lettres, François Léger - essayiste et nouvelliste - présente ses livres, ses réflexions et des travaux de ses amis partageant la même passion.

29 octobre 2009

Le Destin trouve une solution...

Maurice_DUSSOL      Le coin des poètes

   Avec Maurice Dussol

  Le roseau et le chêne

Pieds dans l'eau d'un marais vivotait un roseau;
Près de lui, vers le ciel, se dressait un grand chêne.

Leur sort me fut, jadis, conté par un oiseau
Qui savait leurs destins faits d'une même chaîne.

Mon gentil narrateur, disait, qu'en cet endroit
Où se joignaient l'humus, la pluie et la lumière,
Le chêne se tenait, solide, lourd mais droit...

Sa "robusticité" rendant son âme fière,
Il moquait volontiers son très lointain "cousin"
Qui poussait calmement à l'abri de son ombre:
Comparant ses atouts à ceux de son voisin
Qui ne partageait pas, de ses dons, le grand nombre,
Il enfonçait, profond, ses racines au sol,
Etalait dans le ciel ses ramures nombreuses
Dont les feuilles offraient un vaste parasol
Pour camoufler, parfois, des scènes amoureuses...

De cela, le roseau ne pouvant se vanter,
Il devra, pour l'instant, se courber et se taire
Car, pour s'enorgueillir, il faudrait inventer...

Un cyclone survient! Par sa fureur guerrière,
Il emporte les toits dans ses vents en fureur.
Il brise, sans forcer, le chêne centenaire
Et le jette par terre en un fracas d'horreur...

Le roseau qui s'adapte à cette violence
Se courbe sagement autant qu'il le fallait,
Attendant dans le calme et la "bénévolence"
Que la paix lui revienne à la fin du "ballet".

Mais, le petit oiseau qui narrait cette histoire
(Loin du grand fabuliste et d'Esope malin)
Rappelait que le chêne, afin de mieux y boire,
Vivait près d'un marais qui n'était pas salin.
Or, ce petit détail, inverse la morale
Dont, jusqu'à ce récit, le sens se dévoya
Car, lorsqu'il fut détruit par sa chute fatale
L'arbre, sur le roseau, tomba et... le broya!

Quels que soient nos pouvoirs et si les dieux s'en mêlent
Le Destin va trouver une solution
Où le faible et le fort, lorsque les fils s'emmêlent,
Trouvent l'égalité... sans révolution.

Posté par ARMEE à 08:47 - Le coin des poètes - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Sur votre agenda de novembre

         Aux fidèles lecteurs de ce site

Les fidèles lecteurs de ce site ont pour habitude de retrouver, le premier de chaque mois, la recension littéraire de François LÉGER qui, en novembre 2009, ne sera mise en ligne que le samedi 7, ce dont nous les prions de nous excuser...

Il va de soi que le dimanche 1er novembre sera réservé aux articles concernant la Toussaint et la Journée des Morts.

Vous retrouverez votre habituelle recension littéraire le samedi 7 novembre après avoir apprécié la beauté du pastiche mensuel de Maurice DUSSOL intitulé "La jeune fille et la mort" le mercredi 4 novembre.

Posté par ARMEE à 08:44 - Actualité - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 octobre 2009

Choisir le bon chemin...

Concours littéraire du Pays Mellois 2010

Le Syndicat mixte d'action pour l'aménagement du Pays Mellois organise un concours de nouvelles en se portant garant de l'application du présent règlement. Il détermine la composition du jury et le réunit.
Tous renseignements complémentaires peuvent être obtenus auprès de Sarah Klingler : soit par téléphone: 0549275796, soit par mail: culture@paysmellois.org

Thème et présentation.

Il est demandé aux participants de rédiger un texte en prose original, sur le thème de La Route, dans le genreConcours_de_nouvelles_de_MELLE_001 de leur  choix.
Le texte, sur format A4, devra comprendre 3 pages pleines minimum et 8 pages maximum (environ trente lignes par page, interligne 1,5, police classique, corps 12 ou 14 maximum).
Il sera dactylographié, imprimé recto-verso, paginé et agrafé. Le texte devra obligatoirement comporter un titre. L'auteur de la nouvelle doit se choisir un pseudonyme qui sera dactylographié au bas de chaque page du texte.
Les nouvelles seront rédigées soit en français, soit en parlanjhe, ces dernières feront l'objet d'une catégorie spécifique.
Il ne sera accepté qu'un seul texte par auteur. Les textes ne seront pas rendus à leurs auteurs.

Délais et modalités de  participation.

Les manuscrits seront envoyés en sept exemplaires pour le 1er mars 2010 au plus tard, le cachet de La Poste faisant foi,  au Syndicat Mixte du Pays Mellois, 2 Place BUJAULT, B.P. 67, 79500 MELLE.

Les manuscrits devront être accompagnés d'une enveloppe cachetée sur laquelle devront être spécifiés le pseudonyme de l'auteur et la catégorie dans laquelle il concourt.
L'enveloppe devra contenir:
- Les nom, prénom et coordonnées (adresse, téléphone, courriel...) de l'auteur ainsi que le pseudonyme utilisé et le titre de la nouvelle.
- Sa date de naissance
- La catégorie dans laquelle il concourt (voir ci-après)

- Une attestation selon laquelle le texte déposé est bien de lui. En effet, chaque candidat s'engage à garantir l'originalité des oeuvres qu'il présente. En cas de plagiat ou de contrefaçon,  il en supporterait seul les conséquences.
- Une  lettre par laquelle il spécifie qu'il accepte que le Pays Mellois utilise ses textes ou des extraits à des fins de communication sur support papier ou informatique,  et à des fins non lucratives, telles que, sans exhaustivité, des lectures publiques, des utilisations pédagogiques, etc.

En contrepartie et en toutes circonstances, le Pays Mellois s'engage à mentionner le nom de l'auteur et le titre de la nouvelle et, en cas d'édition de certains textes en un recueil de nouvelles destiné à la vente, le Pays Mellois s'engage à passer un contrat d'édition avec les auteurs intéressés.

Catégories, prix et publication des résultats.

Le concours comprend quatre catégories de participants:
- Une catégorie Jeunes de moins de 15 ans (être né après le 1er mars 1995)
- Une catégorie Jeunes de 15 à 21 ans (être né entre le 1er mars 1989 et le 28 février 1995 inclus)
- Une catégorie Adultes (être né avant le 1er mars 1989).
- Une catégorie Parlanjhe, spécifique aux textes en poitevin sans distinction d'âge.

Une rencontre entre participants à l'occasion de la publication des résultats aura lieu le 19 juin 2010 en  Pays Mellois. Les résultats paraitront ensuite dans les journaux locaux et sur le site Internet du Pays Mellois (http://decouvertes.paysmellois.org) .

Dans chacune des catégories, le jury décernera un à trois prix. Un lot sera remis à tous les participants présents.

Publication

Les nouvelles primées feront l'objet d'une édition par les soins du Pays Mellois sous la forme d'un recueil remis aux lauréats, en libre accès dans les bibliothèques municipales du Pays Mellois et accessible sur le site Internet : http://decouvertes.paysmellois.org .
A cet effet, il sera demandé aux lauréats d'envoyer une version informatique (fichier texte, word, Openoffice...) de leur nouvelle. Ce texte devra être en tout point conforme à celui envoyé pour concourir.
Si ce document n'est pas transmis dans les quinze jours qui suivront la demande formulée auprès des lauréats, les nouvelles en cause ne seront pas éditées.

Application du règlement et annulation.

Ne sont pas autorisés à concourir : les membres du jury et les organisateurs de la manifestation.
Les décisions du jury sont sans appel. Le jury aura la possibilité de ne pas décerner tous les prix au regard de l'estimation qu'il fera de la valeur des textes proposés ou du nombre de participants.
Le Pays Mellois pourra - sans préavis ni indemnités - annuler le concours s'il considère y être contraint.
La participation au concours implique l'acceptation totale et sans réserve du présent règlement.

Posté par ARMEE à 16:45 - Concours littéraires - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 octobre 2009

Dimanche arrivera en son temps...

        C'est l'heure du changement...

                Par François LÉGER

Pour tous ceux qui, comme moi, sont nés au milieu de l'autre siècle, voire entre les deux guerres, l'heure du changement est là constamment et ce, à tel point que l'on se demande qui croire, que penser,  que faire, où est l'avenir... si toutefois il y en a encore un aujourd'hui. Ceci tout simplement parce que l'on nous avait promis de grands changements - que dis-je? Des bouleversements! - pour l'An 2000...

Souvenez-vous de ce "bug" de l'An 2000 qui n'a été que le bruit du bouchon de votre bouteille de champagne au moment où l'on nous avait prédit la fin du monde, ou - pour les plus optimistes - la fin d'un monde... Mais ce changement annoncé et redouté s'est évaporé dans le nectar de vos bulles...

L'on s'est alors empressé d'oublier les évolutions extraordinaires que nous avons connues au cours du XX° siècle! Tout le confort, tout le bien-être que nous connaissons aujourd'hui est naturel! Certains jeunes se plaignent d'avoir une voiture ancienne sans jamais avoir eu cependant à la démarrer à la manivelle - "Manivelle?", "Vous avez dit manivelle?"... D'autres se plaignent de ne pas pouvoir s'offrir certaines chaînes de télévision payantes sans avoir connu mon poste à galène, puis mon premier téléviseur en noir et blanc (souvent en gris et souvent avec un petit train  passant et repassant sur l'écran, un "Interlude" en attendant que la panne d'un émetteur ne fût réparée): "Quelle horreur, je ne pourrais pas vivre sans mes chaînes de télévision en couleur et me moque de votre ami Galène!!! ".

Au cours de ce siècle, nous sommes passés de la voiture hippomobile à l'automobile, puis à la voiture que nous connaissons aujourd'hui: "La voiture presse-boutons!"

Au cours de ce siècle, nous sommes passés de mon vieux vélo aux motocyclettes de course.

Au cours de ce siècle, nous sommes passés de nos avions à hélices aux navettes spatiales qui, à la télévision,  nous auront permis de voir l'homme faire ses premiers pas sur la lune...

C'est dire que notre époque vit toujours à l'heure du changement de quelque chose en ayant pris l'habitude de changer de tout et de rien sans la moindre raison valable et sans se soucier des conséquences de ces changements.

Certains changements sont bons pour demain quand il s'agit de changer d'un matériel devenu obsolète à la maison: si vous changez votre vieille gazinière contre un matériel moderne, vous augmenterez votre confort et donnerez du travail à ceux qui fabriquent l'objet de votre achat...
 
Mais, en disant que "C'est l'heure du changement",  nous devrions finalement être plutôt tristes... dans la mesure où le changement est devenu une habitude inconsidérée...

Regardez votre voisin qui vient de changer de voiture et qui va changer d'appartement parce qu'il va changer de femme alors que cette union sans tache durait depuis plus de vingt ans! Est-ce raisonnable?

Regardez ce couple qui vient de prendre sa retraite et, en changeant de vie, devrait connaître une dernière ligne droite heureuse... Pourquoi va-t-il éclater? Parce qu'en changeant de vie, les deux membres du couple ont appris à mieux se connaître et à mieux se gêner! Heureusement qu'il est des couples qui apprennent à mieux s'aider et s'aimer davantage... Le changement est tout de même plus sympathique et encourageant!!!

Encourageant oui! Car, alors que "C'est l'heure du changement" ont voit les couples  se déliter à tous les âges sans s'occuper de l'avenir des enfants dont ce n'est plus - si cela a été un jour - le problème! Même si "C'est l'heure du changement" arrêtons d'avoir la stupidité de vanter les couples recomposés (parfois en de véritables couches stratifiées!) car avant ces recompositions merveilleuses combien a-t-on laissé d'êtres humains sur le bord de la route?

En disant "C'est l'heure du changement", chacun vit sa vie comme il veut, au fil de ses pulsions et se transforme souvent en une montagne d'égoïsme en ne pensant pas à la "Grande heure du changement" qui est au bout de notre route à tous...

Ne pourrions-nous pas réfléchir un peu à tout cela - une simple pensée - lorsque, dimanche, nous dirons "Le temps du changement d'heure est là", cette fois avec raison et de manière obligatoire! Un changement qui effraie certains car ils savent que leur horloge biologique se moque complètement de savoir que "C'est l'heure du changement"...

"C'est l'heure du changement" ou le "Temps de la nouvelle heure" - qui était là il y a six mois avant de prendre des vacances pour... changer un peu - certes, mais cela pose quelques problèmes tout de même... Je pense ainsi à un capitaine de gendarmerie célibataire, qui sortait la nourriture de son chat à heures fixes sur le palier. Il l'appelait en disant: "Avant l'heure, c'est pas l'heure; après l'heure, c'est plus l'heure!"... Imaginez la situation de cet animal habitué au régime militaire s'il "était encore là de nos jours" car, un quart d'heure plus tard,  le capitaine retirait la gamelle!

Mais, la situation la plus délicate se pose à mon avis en fin de vie! Imaginez cette nonagénaire qui aura dit, samedi à son gendre, que sa dernière heure était arrivée! Imaginez l'inquiétude et l'angoisse de ce gendre qui sait que l'horloge biologique de sa belle-mère ne se mettra pas obligatoirement sur la nouvelle heure au moment idoine! Alors, à quelle heure doit avoir lieu le trépas de cette femme pour qu'elle soit sûre de ne pas avoir perdu une miette de vie terrestre tout en n'essayant pas de tricher avec le temps pour rester parmi nous un peu plus longtemps... Car le temps s'allonge et se rétrécit en fonction des situations et nous ne pouvons jamais savoir quand "C'est vraiment l'heure du changement de la grande horloge de la vie" si ce n'est en écoutant Bruxelles qui ne change pas en donnant constamment ses directives...

Posté par ARMEE à 17:30 - Phénomènes de société - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 octobre 2009

Nouvelle 2009 de la Ville du Mans

Le 1er prix est remporté par un biologiste belge: Jean-Paul COUTELIERPrix_de_la_nouvelle_du_Mans_pphoto_3_001

Les organisateurs du Prix de la Nouvelle 2009 de la Ville du Mans ont été heureux de voir l'ampleur qu'ont prise, cette année, ces joutes littéraires puisqu'ils ont reçu 178 nouvelles dont quatre de Belgique, deux de France d'Outre-Mer, une du Québec et une d'Afrique.

Et, Anne-Marie Gillet - qui a bien voulu nous servir d'intermédiaire pour nous donner ces informations et les illustrations ci-jointes - de nous préciser: "Nos trois lauréats sont de grande qualité, tant par leurs nouvelles que par leur personnalité. Le premier prix a été attribué à M. Jean-Paul COUTELIER, un biologiste belge, pour sa nouvelle < Le dernier des Coronas > que vous pourrez bientôt découvrir et apprécier sur le site de la ville du Mans.
"Le deuxième prix est allé à M. YvonPrix_de_la_nouvelle_du_Mans_1_001 MONET, un photographe de Nérac, dont vous pourrez trouver les photographies sur Internet. Notons qu'il expose actuellement à Cholet. Sa nouvelle < Félix > raconte la mésaventure d'un prestidigitateur qui s'est fait disparaître par mégarde...
" Enfin, c'est un jeune cinéaste de Paris, M. Paulo TREMAR qui a obtenu le troisième prix pour sa nouvelle intitulée < Ronflements >, l'histoire tragi-comique d'un homme qui assassine sa femme parce qu'elle ronfle... "

Voilà donc un beau palmarès et les organisateurs nous ont déjà déclaré : "L'aventure recommence pour nous l'an prochain" en nous envoyant d'ores et déjà le règlement que nous mettrons en ligne dès le mois de novembre...

Sachez tout de même, dès maintenant, que le thème en sera: "Rencontre avec un être, un événement, un objet...".

Posté par ARMEE à 11:00 - A l'honneur... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 octobre 2009

Bonjour Monsieur Loyal...

Daniel_Pagniez Contes d'un jardin extraordinaire

            Par Daniel PAGNIEZ

        XXII) La piste aux étoiles

... Il était une fois la surprenante et remarquable installation du chapiteau d'un cirque dans un "jardin extraordinaire"...

De nombreuses publicités attractives avaient été distribuées et des affiches tout aussi alléchantes installées à proximité du domaine si cher à des petits amis bien connus... Puis, le cirque est arrivé avec son grand convoi de matériel, le célèbre cirque Gavarny! Oui, le cirque Gavarny, avec sa grande notoriété, allait prêter son concours exceptionnel et son aide bénévole aux amis du jardin!
En un tour de main, il avait dressé son chapiteau de toile bariolée, hérissé de pavillons et d'oriflammes multicolores giflés par le vent. Certes, la surprise était de taille pour un environnement habitué à la sérénité et à l'absence de toute agitation excessive! Pourtant, il était là pour couvrir et offrir un fabuleux spectacle et mettre tout spécialement en valeur une Riquette "superstar"!...

Un alléchant programme ...

L'idée était venue d'un organisateur hors de pair, un cousin fidèle de Rackam, un écossais au grand renom en la matière, lui-même artiste de talent aux cabrioles du trapèze volant. Ce cousin écossais venu tout spécialement de l'île de Skye (proche des Highlands), ce Robin McAbann "red breast", qui appartenait au fameux clan des "Six Iliens", avait tout organisé à la perfection.
Il avait beaucoup travaillé pour réunir tous les petits amis du jardin afin de les inclure dans son programme. Tous s'étaient dévoués corps et âme pour une réalisation exceptionnelle. McAbann ne devait pas être déçu...

L'alléchant programme allait donc rassembler les volontaires: Riquette, Rackam, Kesdep, Pain-Son, Elliott, Barbemousse, Ramona, Pickup, Trottemenue et Trottinou. Si les préparations et les répétitions s'étaient révélées laborieuses, tout s'était finalement réglé dans la bonne humeur.
Elliott lui-même en avait oublié ses retards  habituels... Sa désignation pour le rôle de Monsieur Loyal lui avait permis de revêtir pantalon, redingote et plastron blancs, de serrer une large régate noire et de coiffer son chef d'un huit-reflets... Toute la troupe avait vécu dans l'excitation de l'attente du grand moment. Riquette, tête d'affiche, avait passé de longues heures devant ses miroirs en constants essais de maquillage et de tenues à paillettes d'or étincelantes. Choisie comme grande vedette, son exubérance l'avait transportée de joie et d'orgueil.

Un spectacle de haut niveau

Le chapiteau allait faire le plein.... De fait, ils étaient finalement tous venus, les familles Ventraterre, Maisange, Moyes, Zirondelle, Mairlaite... et avaient applaudi à tout rompre dès les premières notes de l'orchestre Tourteur-Aile sous la baguette d'Harpo. La sonorisation était parfaite sous le contrôle de Pickup et l'éclairage sublime, géré par la petite Lucille et distribué par toutes les lucioles, apportait une ambiance féerique... Monsieur Loyal allait pouvoir annoncer le premier numéro!

Entrèrent alors en piste deux clowns grimés à ravir, Barbemousse et Rackam, son complice à la tête enfarinée, le premier s'employant avec maladresse à couvrir Rackam de crème à raser à l'aide d'un énorme blaireau. Le "barbier" d'occasion faisait gaffe sur gaffe avec un long rasoir en bois. La foule riait aux facéties et à l'infortune de Rackam en clown blanc, encore plus blanc, enneigé sous les vagues de mousse! Cependant, ce numéro sembla trop durer pour les spectateurs qui se mirent à scander le nom de "Ri...quette, Riq...quette"! Il fut donc décidé de faire venir la "vedette" plus tôt que prévu.

Pénétrèrent alors Riquette, majestueuse, altière, et Kesdep dans leurs brillants fourreaux pour leur exhibition téméraire et délicate aux trapèzes volants. Sans filet de sécurité, les deux acrobates exécutèrent des voltiges incroyables et dangereuses, des doubles-sauts périlleux dans lesquels Kesdep se tenait dans son rôle de porteur, toujours présent aux "rattrapages". L'assistance était subjuguée par le talent et la hardiesse de Riquette. Les gradins étaient tantôt glacés d'effroi, tantôt en liesse indescriptible et criait : "Encore!... Encore..."... Les longs applaudissements cessèrent pour le numéro suivant.

Pain-Son, vêtu de sa grande cape, avait agréablement réussi une démonstration de haute prestidigitation à l'aide de sa baguette de pain magique où tout apparaissait de son gibus comme par enchantement dans des vocalises et des grands airs d'opéra dont il avait le secret. Il était accompagné de Ramona en "fakir hindou" qui proposait en intermittence des époustouflants tours de cartes et des trucages étonnants... Succès garanti!... Mais on réclamait encore Riquette et ses prouesses. Monsieur Loyal éprouvait des difficultés à annoncer la suite du programme.

Ensuite, le numéro conçu par Trottemenue et Trottinou rejoignait le grand art. Un numéro de funambules à couper le souffle. Le filet de sécurité était bien entendu toujours absent... Trottemenue, pull-over bleu, bonnet jaune à pompon rouge, en chaussons de danse, était juchée sur les épaules de son frère Trottinou, pull-over jaune et bonnet bleu, chaussé à l'identique. Le couple s'avançait à petits pas mesurés sur toute la longueur du fil tendu entre les deux mâts du chapiteau. La progression se faisait avec d'infinies précautions tandis que Trottemenue ne cessait de faire échapper du "Vivaldi" de son stradimarius dont elle n'avait pas oublié de se munir. Et les pirouettes de succéder aux pirouettes, les équilibres aux équilibres, sans l'aide de balanciers, le frère passant sur les épaules de sa soeur aux chants  du violon, et les exploits se succédaient... Que de joie et d'applaudissements! Mais après, là encore, on réclamait Riquette sur l'air des lampions et dans les flonflons de l'orchestre.

Chaque numéro était ponctué des approbations musicales du dynamique ensemble Tourteur-Aile... Monsieur Loyal fit rapidement passer les paires O.K. qui présentèrent des sketchs assez drôles, secondés et mimés par les soins du clown Barbemousse. On riait, bien sûr, mais on voulait Riquette, le "clou" du spectacle et ... Monsieur Loyal annonça - sous les "Hourras" - la "superstar" du jour.

Même dans les cintres, gardons les pieds sur terre!

La piste accueillit alors Riquette, applaudie et McAbann, le voltigeur d'Ecosse et non pas du Canada, le maître de la voltige, applaudi lui aussi, tout comme Kesdep, second voltigeur-porteur... Certes, la réputation de McAbann n'était plus à faire et le public le savait, mais tout le monde comptait sur cette nouvelle étoile de la piste pour surpasser le maître et briller plus encore au firmament du trapèze volant. On put alors assister au triomphe de la beauté, de l'élégance, de l'intrépidité et du courage pour Riquette, McAbann n'étant plus qu'un faire valoir malgré sa technique. Kesdep ne manquait pas non plus de panache, mais c'était Riquette, l'immense Riquette, qui était la reine dans sa discipline aérienne. Toutes les figures de ce sport d'audace furent réalisées à la perfection: ballant, swing, split, back, coupé-écart, retour, rivers... Les envols de la plate-forme étaient superbes. McAbann, le "catcher", rattrapait Riquette chaque fois à l'extrême limite de la chute. Elle fit un double, encore un double, puis un triple et enfin quadruple saut périlleux dans les airs... Du jamais fait, du jamais vu! Les paillettes d'or de sa tunique étincelaient sous les feux des lucioles. Les vivats jaillissaient des gradins entre les craintes et les angoisses des spectateurs. Les balancements des trapèzes avaient été réglés comme les rouages d'une horloge. C'était magnifique! Riquette était la plus grande... Seule l'orchidée fixée dans sa huppe avait choisi la liberté dans un retourné. Et l'extraordinaire exhibition de se terminer sur une "standing ovation" de la foule pour Riquette, devenue, une belle et incomparable idole.

La représentation touchait à sa fin sous des délires d'acclamations. Riquette, transportée de joie et d'orgueilleuse assurance, s'apprêtait à saluer encore une fois ses admirateurs lorsque tout à coup !....

Un envol salutaire...

... Tout à coup une puissante bourrasque, un violent aquilon, souleva toute la toile du chapiteau qui s'envola dans le ciel sous les hurlements et les cris de la foule apeurée et des médias invités en fuite. Il ne restait rien du cirque Gavarny...

... Or, c'est à cet instant précis que Riquette se réveilla d'un bond, secouée par Pickup chez qui elle était venue prendre un peu de repos.

- " Alors, dis-moi, Miss Riquette, que t'arrive-t-il ? Tu faisais une bonne sieste à la maison et tu t'es soudain mise à trembler et à crier. Remets-toi ma chère, tu viens de faire un cauchemar ? ... "
- " Ah! Mon vieux Pickup, si tu savais... Je viens de faire le plus beau de mes rêves, un rêve extraordinaire qui vient de se terminer d'une terrible façon, en cauchemar, tu as bien raison... J'étais la plus grande des stars adulées, fière et infatuée, et me voilà revenue à ma condition de simple petite amie du jardin! ..."
- " Sèche tes larmes Riquette! Tu me raconteras ?..."
- " Non, certainement pas! Ce rêve n'appartient qu'à moi! C'est peut-être un signe, une leçon, je l'ignore. En revanche, je vais m'efforcer d'être moins imbue de moi-même, moins vaniteuse et plus modeste à l'avenir!..."
- " Bien sûr!... La modestie est une immense qualité, Riquette... D'aucuns l'oublient souvent! ".

Retrouvez Daniel PAGNIEZ dans son jardin extraordinaire le vendredi 13 novembre.

Posté par ARMEE à 18:35 - Contes - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 octobre 2009

Coup de gueule

Et, si l'on redécouvrait l'hygiène élémentaire?

                  Par Daniel PAGNIEZ

S'il n'y figurait pas déjà, il faudrait l'y ajouter au livre des inventions... "On" vient d'inventer le savon! Mais oui ! C'est la grande découverte dont les médias parlent, la révélation qui va sans aucun doute nous aider à lutter contre ce fléau qui nous guette chaque année avec plus ou moins de vigueur, j'ai nommé: la grippe, sous toutes ses formes!

Qu'il est bon, qu'il est salutaire de se "laver les mains" nous répète-t-on inlassablement dans une campagne d'avertissements par petit écran interposé. De ces annonces - et jusqu'à présent - on s'en "lavait les mains", si j'ose dire! Mais avec quoi? Avec rien? Gloire au savon que l'on nous passe pour nous rappeler les bienfaits de la propreté! A-t-on "Les mains sales" depuis la lecture des écrits d'un philosophe de l'<existence> ? Semblerait-il qu'un oubli de l'entretien de notre fonction essentielle de préhension soit passé de l'être au néant? Ce n'est pas du propre!

Il est vrai que les temps ont changé. J'ai souvenir des visites - jadis - du docteur de la famille dont la première préoccupation était de se laver les mains et de demander une serviette propre avant tout examen, de mes parents qui exigeaient des mains propres avant de passer à table, de mes enseignants de la petite école qui vérifiaient l'état de nos mains avant le début des cours... et, en particulier, ceux d'hygiène que l'on nous inculquait alors! Qui se soucie d'un passage au lavabo avant de quitter les toilettes?... Tout cela aurait-il disparu pour qu'il faille rappeler sans cesse : "LAVEZ-VOUS LES MAINS" pour ne pas être pris en grippe? Il m'arrive de râler contre cette abolition dans la conscience de certains - et ils sont si nombreux - de mes contemporains qui négligent cette maxime, cette règle élémentaire de conduite essentielle!  Éducation, où es-tu ? Et, déjà, ce simple respect de soi-même, sans parler du respect des autres qui a bien piteuse mine aujourd'hui!

De nos jours,  le docteur de jadis est secondé par une infirmière. Vous proposent-ils l'un et l'autre d'user de votre salle de bains pour un rapide lavage de leurs mains, même pour une simple piqûre, ces mains qui ont tutoyé tant d'endroits non aseptisés avant de vous rendre visite? Ne disposent-ils plus au préalable de leurs actes d'un simple flacon d'alcool, simple antiseptique comme la savonnette, chez vous ou dans leur cabinet de consultations ? Dans les centres hospitaliers, l'actualité nous interpelle de temps à autres sur les maladies nosocomiales. Ne serait-ce pas la conséquence d'un manque de sévérité d'hygiène d'un milieu ayant échappé à une stérilité locale élémentaire? Fort heureusement, nombre d'établissements appliquent avec rigueur le principe de précaution, mais qu'en est-il des autres dans lesquels l'on se rend avec confiance? Ces maladies ne devraient pas voir le jour !... Il est fort  louable d'inciter les populations à faire preuve de civisme à l'approche d'une grippe annoncée plus ou moins virulente. La recommandation de porter la main ou un écran de papier devant la bouche lorsque l'on tousse ou de se moucher dans un mouchoir en papier est une excellente disposition pour autrui... Mais, dîtes-moi, que faire du papier souillé ? Où le jeter ? Où trouve-t-on les rares corbeilles prévues à cet effet pour s'en libérer? J'ai souvenir aussi d'un slogan qui couvrait tous les murs: "Cracher à terre c'est attenter à la vie d'autrui", c'était une excellente mise en garde. Qu'en est-il aujourd'hui? Je peste souvent à la vue de projections, çà et là, des mucosités de la bouche par des jeunes ou des moins jeunes!

Encore une fois, tout ceci ne provient que d'une pâle et irrespectueuse éducation !... La lutte contre la grippe est l'affaire de tous!

Posté par ARMEE à 15:38 - Coup de gueule - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 octobre 2009

Enquête, thriller, etc...

Une nouvelle policière intégrant le thème "Au féminin" devrait vous inspirer!

Voici le règlement complet du sixième concours de nouvelles policières de la Ville de Bessancourt (Val d'Oise)...

Art.1: La Bibliothèque municipale Keller et le Service culturel de Bessancourt organisent leur sixième concours de nouvelles policières. Il sera clos le 5 février 2010 et présidé par Gilda Piersanti.
Les envois seront à adresser à : Bibliothèque municipale Keller, 6ème Concours de Nouvelles Policières, 8 rue Madame, B.P. 25, 95550 Bessancourt.

Concours_de_Bessancourt_001Art.2: Les participants au concours devront rédiger une nouvelle inédite dans le genre policier au sens large (enquête, thriller, psychologique, social, noir...) en intégrant le thème "Au féminin". Les textes seront dactylographiés et comporteront 15 000 signes au maximum (espaces compris), soit dix pages de 25 lignes chacune.
Rappelons qu'une nouvelle est une fiction généralement brève et intense présentant des personnages peu nombreux qui réagissent à l'événement au coeur du récit. Elle comporte impérativement un titre qui donne du sens à l'intrigue. Elle se termine par une chute originale et déroutante qui respecte cependant la cohérence du récit.

Art.3: Les textes doivent être inédits, écrits en français correct et dactylographiés dans le format 21X29,7. Ils seront adressés en cinq exemplaires reliés par une agrafe, sans spirale, sans couverture ni réglette. Il est obligatoire que cette version papier soit accompagnée d'un Cederom où le texte aura été enregistré au format "RTF" ou "DOC". Votre nouvelle ne pourra pas concourir si aucun support sur Cederom n'est fourni.

Art.4: Ce concours est gratuit et ouvert à tous. Chaque participant ne peut envoyer qu'un seul texte. Il devra être anonyme et ne comportera donc aucun élément permettant d'identifier son auteur (signature, symbole...). Votre nom ne doit apparaître en aucun cas ni sur l'enveloppe, ni dans le texte (version papier ou numérique), ni sur le Cederom. Le courrier ne doit pas être apporté directement à la bibliothèque. Chaque participant précisera ses nom, prénom, date de naissance, adresse, téléphone et adresse mail, ainsi que le titre de son oeuvre en lettres d'imprimerie sur feuillet séparé placé dans une seconde enveloppe cachetée et vierge, placée à l'intérieur de la première, afin de préserver l'anonymat. La participation est interdite aux membres du jury et aux membres de leurs familles.

Art.5: Les dix meilleurs textes seront primés et bénéficieront d'une publication en recueil.
Chaque auteur lauréat recevra un exemplaire de ce recueil. De plus, les auteurs des trois premières nouvelles primées recevront des chèques-livres d'une valeur de 150 euros pour le premier, de 100 euros pour le deuxième et de 75 euros pour le troisième.

Art.6: Le jury sera présidé par l'écrivain Gilda Piersanti. Le jury se réserve le droit de ne pas décerner tous les prix si la qualité des textes n'est pas satisfaisante selon ses critères propres.

Art. 7: Les manuscrits (versions papier et Cederom) ne seront pas rendus. Du seul fait de leur participation, les candidats garantissent le jury contre tout recours éventuel de tiers en ce qui concerne l'originalité et le contenu des oeuvres présentées. Les délibérations du jury sont confidentielles. Ses décisions sont souveraines et sans appel.

Art.8: Les organisateurs ne sauraient être tenus pour responsables en cas de perte, de vol ou de dégradations de l'oeuvre envoyée.

Art.9: Le fait de poser sa candidature implique pour tous les concurrents l'acceptation intégrale du présent règlement ainsi que le droit reconnu aux organisateurs de publier leurs textes dans un recueil, sur le site Internet de la mairie de Bessancourt (www.ville-bessancourt.fr) et de mettre ce recueil à disposition des lecteurs à la Bibliothèque municipale Keller sans aucune perception de droits, ceux-ci étant cédés automatiquement par la participation au concours.

Art. 10: La date limite d'envoi de textes est fixée au 5 février 2010 (cachet de La Poste faisant foi). Les lauréats seront prévenus par téléphone ou par courriel des résultats. Toutefois l'annonce du classement des lauréats se fera lors de la remise des prix, le 5 juin 2010, à la salle Paul Bonneville de Bessancourt.

Posté par ARMEE à 19:26 - Concours littéraires - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Une rencontre en voyage...

La micronouvelle 2010 des Editions L'iroli

Les Editions L'iroli (http://www.editions-liroli.net) organisent leurs concours de micronouvelle 2010 sur le thème  "Une rencontre en voyage" avec trois catégories cette année: "Micronouvelle Adulte", "Micronouvelle Lycéen" et "Haïbun" (courte nouvelle comprenant un ou plusieurs haïkus).
La date limite pour l'envoi est le 15 janvier 2010.

Engagements de l'auteur.
Le texte ne doit pas dépasser 575 mots.
Les auteurs s'engagent, par leur participation, à proposer des textes originaux, inédits et libres de droits.
Un seul texte par participant.

L'anonymat.
La participation est anonyme.
Les textes doivent être envoyés par La Poste en trois exemplaires.
L'envoi contient:
- Le texte (en trois exemplaires) avec, sur la première page, un code composé de trois lettres et trois chiffres et la catégorie (Micronouvelle Adulte ou Micronouvelle Lycéen  ou Haïbun) de participation (exemple: Micronouvelle Adulte RS63P3).
- Dans une enveloppe à part: le code qui accompagne la nouvelle ET l'identité réelle du participant (pas de pseudonyme) avec ses coordonnées postales, téléphone et mail... et le chèque de participation au concours. Les lycéens doivent préciser le nom de leur lycée .

Droits de participation
Droits de participation: 10 euros.
Chèque libellé à l'ordre des Editions L'iroli, 10 place du Plouy Saint-Lucien, 60000 BEAUVAIS.
Un exemplaire du Prix de la Micronouvelle 2009 sera adressé à chaque participant.
Pour les lycéens, la participation est gratuite: pas d'achat de recueil.

Remise des prix
La remise des prix aura lieu le dimanche 23 mai 2010 à Plouy Saint-Lucien, BEAUVAIS, en présence des lauréats.

Catégorie "Micronouvelle Adulte"
1er prix: 300 euros.
2° prix: 150 euros.
3° prix : 100 euros.

Catégorie "Micronouvelle Lycéen"
1er prix, coup de coeur Fondation Olivier Dassault : 150 euros.
2° prix: 75 euros.
3° prix : 50 euros.

Catégorie Haïbun : 200 euros.

Un recueil des quinze meilleurs textes
Les Editions L'iroli publieront les 15 (au minimum) meilleurs textes dans un recueil.
La participation au concours vaut autorisation tacite de reproduction du texte dans le recueil, sur le site des Editions L'iroli et sur tous les supports destinés à la promotion du concours.

Proclamation des résultats
La proclamation des résultats aura lieu sur le site www.editions-liroli.net le 31 mars 2010. La participation au concours vaut acceptation du présent règlement.

Posté par ARMEE à 19:24 - Concours littéraires - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 octobre 2009

La "Rentrée Littéraire" 2009

D'une Rentrée à l'autre avec Amélie Nothomb: un roman toujours bien écrit, vite lu et à vous donner la peur du vide!

                Par François LÉGER

Les habitués de ce site, qui trouvent (presque toujours), - du moins je l'espère - en fonction de l'actualité, un certain ordre dans les mises en ligne de nos articles, se seront probablement étonnés de voir la recension du livre de la "Rentrée Littéraire" 2008 d'Amélie Nothomb "Le fait du prince" le 1er juillet de cette année, donc à la veille de la "Rentrée Littéraire" 2009! Puis, pour un étonnement total, leur aura été proposé, le premier de ce mois, la recension du livre de la "Rentrée Littéraire" 2009 de cet auteur: "Le voyage d'hiver"!!!

Est-ce à dire que "Le fait du prince" traînait quelque part? Que nenni, soyez absolument certains que j'ai fait la recension littéraire de ce livre au moment de son arrivée dans les librairies et que je l'avais même entrée en mémoire dans l'interface de ce site. D'ailleurs, à l'heure où j'écris ces lignes, la recension de "Le voyage d'hiver" est aussi en mémoire mais pas encore parue. Ce qui sera chose faite lorsque vous pourrez lire ce petit article!

J'ai pris l'habitude de mettre ainsi en mémoire ces recensions dès qu'elles sont réalisées car cela me permet alors d'aller voir les critiques proposées par mes confrères car si j'en prenais connaissance avant, je serais influencé et surtout très gêné pour écrire. Or, vous le savez, je veux garder ma liberté de plume: comme l'a écrit récemment, en substance sur ce site, dans une critique de mon dernier ouvrage, Yves PAVIE: "Cet homme est non seulement journaliste honoraire, mais critique littéraire, libre et indépendant"... Or, là le critique n'a pas fait d'erreur!

Par conséquent, si ce n'est là en aucun cas une erreur, il me faut m'expliquer sur cette démarche qui est en réalité très simple...

Comme vous le savez, je suis assez hostile à cette fameuse "Rentrée Littéraire" dont on donne presque les meilleures ventes avant même que certains ouvrages ne soient écrits, ce qui me semble être quelque peu du "grand guignol", mais un "grand guignol" qui met des sommes folles en jeu, enrichissent les éditeurs, même ceux qui ont publié de véritables navets (ces livres dont on dit pudiquement que "L'éditeur aurait dû avoir le courage de ne pas publier cet ouvrage malgré le nom de son auteur"!) alors que des livres qui "enrichiraient notre esprit", selon la célèbre formule de l'un de mes maîtres à penser, Alfred SAUVY, dont j'ai eu l'honneur de faire partie des élèves, sont restés sur une étagère parce que tel ou tel éditeur ne travaille qu'avec ses auteurs...

Mais inutile que je fasse des commentaires sur la promotion, les batailles pour un "Prix littéraire", le jeu des critiques littéraires et celui des libraires qui a aussi son rôle. De tout cela, je vous ai parlé maintes fois, mais je voulais être certain que je ne pénalisais personne par mes articles sur l'un ou l'autre et je me suis donc livré à cette petite et fort intéressante expérience qui ne pouvait évidemment pas faire perdre d'énormes ventes à la Dame des 200 000 exemplaires, mais me permettre en revanche de savoir si tous ces arguments que je vous assène régulièrement constituent vraiment une véracité, une véracité sans la moindre faille.

Il n'y a pas que le nombre de pages qui a diminué...

J'ai donc "mis au frais" la recension du livre "Le fait du prince" pour y avoir noté par exemple: "Il est assez désagréable de refermer un livre en se demandant finalement quelle histoire on a lue et en étant totalement incapable de décrire les personnages, leurs habitudes et leurs rôles... Il est toujours désagréable de rester ainsi sur sa faim..."...

Ma conclusion avait d'ailleurs été la suivante: "... Amélie Nothomb ne fait que développer devant nous une histoire dont elle tire - seule - les ficelles en nous prenant pour des marionnettes... Elle le fait certes bien, mais il serait dommage qu'elle en abuse car le lecteur s'en dégoûterait rapidement..."

Dans ces conditions, je ne voyais pas le moindre cas de conscience à retarder cette critique littéraire en attendant le crû 2009 de l'auteur Amélie Nothomb qui a certes ses lecteurs et ses critiques inconditionnels, mais aussi quelques journalistes qui ont le courage de dire du mal de ce genre de prose...

Vous avez donc parfaitement compris que je n'avais plus en mémoire "Le fait du prince" lorsque je me suis livré à la lecture la plus attentive et la plus objective possible du crû 2009: "Le voyage d'hiver"... Mieux! Je me suis refusé à relire ma critique sortie ici début juillet avant de me lancer dans cette rédaction parue le 1er octobre! Ce n'est qu'ensuite que je me suis replongé dans ce texte en voyant avec étonnement que le crû 2009 n'avait pas beaucoup changé si ce n'est qu'il n'y avait pas ici que le nombre de pages qui avait baissé!

De 170 pages pour "Le fait du prince", nous voici à 132 pages pour "Le voyage d'hiver" et, apparemment, même l'éditeur a fait un geste pour la victime achetant ce livre puisque le crû 2009 est à 15 euros alors que le précédent était à 15,90 euros... Il ne faut surtout pas ne pas réfléchir sur ces chiffres car ils reflètent parfaitement la valeur de cet ouvrage qui nous donne une idée de ce qu'est le vide.

Dans ces conditions, il est tout à fait évident que je ne vais pas revenir sur ma conception de la "Rentrée littéraire" qui n'a pas grand-chose de littéraire, mais qui est une affaire de gros sous pour les éditeurs, les auteurs connus, etc... Je ne vais pas vous tenir mon discours habituel à ce sujet!

En revanche, cela me confirme dans mes idées et notamment celle de tenter d'aider des auteurs méconnus, ou peu connus, qui ont édité "en contrat (dit) participatif" ou à compte d'auteur, qui n'ont jamais pu obtenir la moindre critique et se morfondent de voir leurs ouvrages restés dans le carton envoyé à la librairie et jamais ouvert! C'est dire que j'essaierai de faire arriver le plus grand nombre qu'il m'est possible dans ma rubrique "Lu pour vous" qui peut être pour eux une vitrine... Les personnes intéressées peuvent prendre contact avec moi par la petite fenêtre "Contacter l'auteur"... Mais, bien évidemment, il faudra avant tout s'armer de patience avant de voir arriver une critique car il est des "grandes pointures" qui sortent des petits chefs-d'oeuvre qui sont évidemment prioritaires.

Posté par ARMEE à 09:43 - Rentrée littéraire 2009 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2   Page suivante »