François Léger

Journaliste honoraire et membre Adhérent de la Société des Gens de Lettres, François Léger - essayiste et nouvelliste - présente ses livres, ses réflexions et des travaux de ses amis partageant la même passion.

28 novembre 2009

Nouvelles plumes

Deux nouveaux poètes classiques sur ce site

Bienvenue à Edmonde FAUCON et...

                        à Michel MARTINEZ

Edmonde FAUCON et Michel MARTINEZ ? Voilà deux noms qui "vous disent quelque chose", n'est-ce pas ? Cela n'est point étonnant puisque ces deux poètes - appartenant au Cercle de Montpellier du Conservatoire Littéraire du Languedoc-Roussillon - étaient à l'honneur sur ce site, le 9 novembre, pour avoir tous deux remporté le Concours International de Fables de Château-Thierry...
Vous avez eu, à cette occasion, la possibilité d'apprécier les travaux présentés à ces joutes littéraires par Edmonde FAUCON, de Montpellier; et Michel MARTINEZ, de Mauguio (Hérault), deux personnes dont il convenait de faire plus ample connaissance.

Apprenez donc qu'Edmonde FAUCON est née à Montpellier et a été, pendant plus de trente ans, directrice de l' École Notre-Dame de cette cité. Mais le plus important n'est-il pas qu'elle ait obtenu plusieurs grands prix de poésie et publié plusieurs ouvrages?Edmonde_FAUCON_identit__001
Parmi ceux-ci, "Le parler de l'Hérault" (Édition Lacour, 1994) est incontournable. Toutefois, on n'oubliera pas "La clapassière" (Édition Lacour 1997), livre dans lequel elle narre ses souvenirs de jeunesse et évoque la vie d'autrefois. Notons ici que, pour les indigènes, "Le clapas" désigne Montpellier! On trouvera les souvenirs de sa carrière dans l'ouvrage "Mes huit cents enfants du Clapas" (Ed. Lacour 1999).
Quant à son amour pour la Lozère, il est tout entier dans son recueil de poésie "En passant par la Lozère" (Éditions du Mistral, 2001).
Enfin, si vous voulez tout savoir, apprenez qu'Edmonde FAUCON  est aussi Baron de Caravettes (Dignité accordée aux natifs de Montpellier ayant plusieurs générations d'ancêtres montpelliérains)!

Quant à Michel MARTINEZ, né à Montpellier, il a grandi dans le village voisin de Mauguio et est professeur de français, un professeur de français véritablement amoureux non seulement de la poésie, mais également de cette belle langue de Voltaire.Michel_Martinez_rubrique_001
Michel MARTINEZ a obtenu plusieurs grands prix de poésie et a publié trois recueils: "Poèmes à Saint-Lazare" (sur le cimetière de Montpellier); "Contes enfantiques" (un travail en prose édité par l' EBAE au profit de la recherche médicale) et "Poèmes pour un amour"...
Vice-président du Conservatoire Littéraire du Languedoc-Roussillon, Michel MARTINEZ s'apprête à devenir secrétaire de l'Association des Amis d'Eugène Claret, fondée par son arrière-petite-fille, professeur d'occitan, pour perpétuer, à travers le félibrige et la musique, la mémoire de ce compositeur de Mauguio qui créa des mélodies sur les poèmes des grands félibres...

Vous l'aurez compris, ces deux plumes ne sont pas n'importe quelle plume et j'aurais été déçu qu'elles ne viennent pas se joindre à nous pour vous apporter des textes d'une très grande qualité comme vous avez déjà pu en juger.

Mais, il y aussi le fait que si nous voulons - nous qui donnons le meilleur de nous-mêmes depuis des mois, voire des années (c'est le cas de Maurice DUSSOL, de Daniel PAGNIEZ et de moi-même!)  - que ce site soit véritablement une pierre de l'édifice d'une littérature et d'une culture de qualité, il nous faut proposer de la belle ouvrage. De même, pour défendre notre belle langue de Voltaire, il faut non seulement relever les perles, comme le fait Maurice DUSSOL, mais également en prendre régulièrement quelques-unes pour expliciter les erreurs de notre langue. Or, notre ami Michel MARTINEZ a accepté de se livrer à ce travail dans une rubrique mensuelle appelée "Des mots pour guérir des maux". Ce titre, qui pourrait prêter à confusion me semble tout de même assez clair: Michel MARTINEZ va utiliser des mots pour tenter de convaincre le plus grand nombre d'entre nous de nos erreurs qui infligent des maux à cette langue qui est encore celle des quelque cinquante pays de la Francophonie!

C'est dire que notre combat n'est pas d'arrière-garde et que j'ai le plaisir de vous annoncer la venue sur ce site d'Edmonde FAUCON et Michel MARTINEZ, deux personnes aux qualités littéraires indiscutables, qui doivent améliorer le niveau et la notoriété de ce site.

François LÉGER


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25 novembre 2009

Dure, dure, la levée des couleurs!

Maurice_DUSSOL                 Perles orales

     Par Maurice DUSSOL

Un seul député, un seul ministre et un publicitaire!
Heureusement que les speakers continuent de parler sans tourner sept fois leur langue dans la bouche et nous livrent des déclarations à nulle autre pareille que Maurice DUSSOL a retenues pour nous sans manquer de nous livrer, à chaque fois, son  petit commentaire (en caractères gras soulignés).

- On n'a pas trop de temps pour consacrer avec eux, quoi! (Lycéen) Justement, pour consacrer quoi? 
- Un déménagement d'usine sauvage (SP) Ah! ce racisme. Les usines maintenant!
- Les véhicules ont été caillassés et l'un d'eux a été gravement blessé (SP) Ca dépend où?  A la roue? C'est grave quand la roue pète!
-
Il faut juste tendre l'oreille pour voir que... (SP) Il vaut mieux entendre ça que d'être aveugle.
-
La journaliste a été sauvagement assassinée (SP) Quelle époque! Si les assassins deviennent brutaux, où allons-nous!
-
La journée commence par la levée des couleurs (SP) Oui, mais il faut d'abord se lever et trouver un jeu de cartes.
- Cette truffe a la particularité d'avoir une odeur particulière (SP) Et ce n'est pas n'importe quel particulier qui le dit.
-
La France a été condamnée à une astreinte journalière de trois millle francs par jour (M) A payer quotidiennement?
-
Le mari tue la femme, puis se suicide. Il semblerait que ce couple traversait une crise (SP) Sans blague?
-
Plusieurs membres de la famille en sont mortes (SP) Moi aussi, mais c'est de rire.
-
Potentiellement, on pourrait y découvrir la vie (SP) Encore faudrait-il que ce soit possible? 
- Si on le grave dans le marbre de la vidéo (D) On risque de la casser.
- Le silence est garanti ou remboursé (Pub) Je demande à voir!
-
Les socialistes nous promettent de les généraliser partout (MAM) Et même ailleurs.

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22 novembre 2009

Deux autres vies d'un humaniste...

                L'INVITE DU SITE

              Par François LÉGER

II) Le premier roman de Bernard TETTELIN : trente ans  déjà !

Bernard TETTELIN, invité du site présenté dans un texte en deux volets, constitue une première pour ce site tout simplement parce que j'ai pensé honnête de parler de lui pour plusieurs raisons... Jusqu'ici j'avais par exemple présenté M. GUERARD en tant que photographe, c'est à dire un homme et une facette de grande qualité.

Mais aujourd'hui, pour avoir eu l'occasion de faire la critique de plusieurs ouvrages de M. Bernard TETTELIN, j'ai découvert au fil des mois, au fil des années, trois facettes méritant de faire de lui l'invité du site...  Alors pourquoi m'en serais-je privé, vous en aurais-je privés?... Alors que le Web a cette chance de donner à l'auteur la place qui lui semble nécessaire pour traiter un sujet...

Alors, après le professeur, Bernard TETTELIN  a achevé sa première vie - celle de professeur  - pour nous parler de celle de l'auteur, c'est bien la moindre des choses, puis de lui-même, ce qui est toujours très difficile.

Alors, reprenons notre conversation avec Bernard TETTELIN...

- Si tous les individus  ont, sans y prêter généralement la moindre attention, plusieurs vies au cours de leur traversée terrestre, nous allons maintenant nous intéresser à cette autre vie, la vie d'écrivain, qui est encore la vôtre aujourd'hui. Une vie dont l'origine est plus ou moins lointaine...

Tettelin__30_ans" Je suis né de parents < imprimeurs >. Mon père était compositeur typographe, ma mère s'occupait des illustrations. Elle aurait, dans notre société actuelle, exercé dans la conception graphique. Mon grand-père paternel, que je n'ai point connu, eût aimé faire partie des "Hussards noirs" de la Troisième République. Mais à l'époque, les ouvriers ne faisaient pas  d'études.
" J'ai donc baigné dans les livres. A 6 ans, mon père me fit découvrir les rotatives de l'entreprise dans laquelle il exerçait. Enfant unique et tardif, je n'ai connu que ma grand-mère paternelle qui est décédée alors que j'avais huit ans. Il me fallut dès lors découvrir la solitude car, petits ouvriers, mes parents ne pouvaient pas renoncer au second salaire et les structures d'accueil, en 1954, n'existaient pas. Cette solitude m'a permis de feuilleter tous les livres que mon père avait entassés dans  le grenier. J'ai lu de façon précoce (et naturellement sans tout assimiler, parfois en les survolant) des livres qu'on n'oserait pas confier à nos lycéens de 2009.

- Vous faîtes donc partie de ces auteurs qui sont tombés dans les livres en naissant?

" Vous voulez parler d'atavisme familial? Peut-être! Je fus toujours le "premier de la classe" en français : j'étais aussi doué dans cette discipline que nul en mathématiques! Adolescent, comme tant d'autres, j'ai griffonné des poésies, écrit des "Carnets intimes"...
" Toutefois, ma décision d'écrire est en lien direct avec mon métier. De fait, je vous ai expliqué combien je fus déçu du décalage entre l'idée que je me faisais du monde enseignant et sa réalité. J'ai donc, à l'âge de trente ans, vécu une "crise intérieure" que d'autres font plus tôt, ou plus tardivement.
" Allais-je quitter l'Education Nationale ou y rester tant j'aimais travailler avec les adolescents? Chez moi, cela se traduisit par la création de mon premier roman dans lequel, au travers des personnages, je tentai de peser le pour et le contre. Ainsi naquit "Le volcan éteint" (1979) qui aurait dû finir dans un placard  sans jamais se réveiller.
" Or, quelques intimes, par gentillesse et/ou par conviction, m'incitèrent à le confier à une maison d'édition aujourd'hui "en faillite" et dont je tairai le nom... Bien entendu, je me suis fait arnaquer et si quelque cent exemplaires ont été placés, je suis resté avec l'essentiel du tirage sur les bras et des économies écornées. On apprend la vie aussi de cette façon.

- Ce premier ouvrage fut donc un coup d'épée dans l'eau?

"Je ne peux pas dire cela car ce "premier roman" me valut la curiosité des radios locales, de la presse locale et je connus une "notoriété de village"... Pas davantage!
" Par ailleurs, cette publicité, à mon grand étonnement, me valut d'être contacté par Jean GRASSSIN, décédé à ce jour, qui m'honora de quelques conseils, sollicita ma participation à ses "Anthologies poétiques" auxquelles j'ai contribué une dizaine de fois.
" J'ai alors écrit régulièrement afin de laisser à mes cinq enfants (nés entre 1981 et 1989 - Génération Mitterrand pour reprendre un slogan nataliste de la période) une trace de leur père avec des mémoires de famille, des poésies (j'en ai composé peut-être plus de 500); des romans qui étaient sensés témoigner de mes options de vie.
" Ma vie et les drames personnels que j'ai dû affronter ont également alimenté "ma production" : quand je vais mal, je ne bois pas, je ne me drogue pas, je "m'abrutis" dans l'écriture: c'est gratuit, ça ne détruit pas les neurones, ça ne gêne personne!

- Ainsi, l'expérience un peu difficile dont nous parlions vous a-t-elle mis finalement le pied à l'étrier et votre acharnement sur votre écritoire a-t-il dû vous permettre de vous régénérer et d'avancer?

"Effectivement, à partir du < Nouveau Siècle >, comme ma vie associative a toujours été fournie, j'ai eu la chance de rencontrer des créateurs dans mon département - peintres, sculpteurs, poètes, chanteurs - qui ont élargi mes horizons.
" Avec ces copains de circonstance, j'ai collaboré à divers groupes et un petit éditeur local m'a demandé des nouvelles qui mettent le Nord en valeur: j'allais enfin ne plus rester un inconnu plongé dans son isolement. Ce réseau de "collègues créateurs" m'a permis de "placer" mes travaux d'écriture  dont je tirai quelques subsides pour alimenter mon association de jeunes, le Comité des Échanges Culturels de Saint André (Nord).

- Normalement, vous devriez, à partir de ce moment-là, avoir mangé votre pain noir tant il est vrai qu'il est difficile de trouver quelqu'un qui fasse confiance à une plume qui n'a pas de nom. Vous n'étiez plus véritablement un inconnu de par vos nouvelles?

"Mars 2005 marque pour moi un tournant. Comme je suis moniteur de secourisme, intéressé par tout ce qui touche à la médecine, je participe à une conférence, dans ma ville, sur "l'accident vasculaire cérébral".
" Cet exposé était réalisé par Henri DERIMAECKER, fondateur de l'association France A.V.C. sur la région, touché deux fois par la maladie dont il reste handicapé. Il avait été choisi comme bénéficiaire de la subvention spéciale de Saint André aux associations d'intérêt général qui se créaient.
" Or, à l'époque, j'écrivais "Les sursitaires", roman consacré à la souffrance humaine "en général". Je proposai à Henri (qui est devenu un ami) de lui faire don de mon livre: il avait un large réseau d'acheteurs potentiels et il pouvait se faire deux euros de bénéfice par livre vendu... J'ai modifié quelque peu la trame du livre pour la faire "coller" avec l'A.V.C., puis Henri, le Docteur ROUSSEAUX, spécialiste de l'A.V.C. au C.H.R. de Lille, et moi avons relu la maquette...
" Ce fut un franc succès humain et financier pour le roman et donc pour l'Association. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle je suis surpris qu'ils n'aient pas "suivi" avec "Le chemin des pathes"...
" Arrive l'année 2006 où je fais la connaissance, encore une fois "par hasard de presse", avec Simone BONNET, puis, de fil en aiguille, avec un certain François LÉGER... Ces rencontres appartiennent aux plus belles choses que la vie m'ait accordées. Vous connaissez la suite.

- Si, vous le permettez, pour avoir lu "Le chemin  des pathes", je pense que ce travail, qui est le récit d'une vie parmi les plus difficiles que l'on puisse imaginer, ne cadre pas véritablement avec les problèmes d'A.V.C. En revanche, il pourrait intéresser des professionnels gérant les services hospitaliers accueillant des personnes en fin de vie car il pourrait être très utile aux familles de ces malades.

" J"y réfléchirai mais, pour achever de répondre à vos questions, je dirai qu'à la sortie de mon premier livre, si j'excepte le piège dans lequel je suis tombé, je me suis senti tout drôle: cela fait bizarre de voir son nom sur une couverture de livre. Mais, déjà assez ventru, je me suis gardé de laisser la tête en faire autant!
" Si vous lisiez ce "premier roman", je suis persuadé que, par charité, vous vous contenteriez de sourire... Bien sûr que la plume, comme toute pratique dans la vie, a besoin de bonifier au fil du temps. Il a fallu que je vous connaisse pour savoir si j'étais digne d'écrire, et encore, à ce jour, je dirai : < Oui, je sais utiliser ma belle langue française, j'ai des idées, mais si je traduisais l'opinion que j'ai de Bernard Tettelin en le comparant au monde du football, je dirai que je suis un honnête club de seconde division. >

- Si telle était mon opinion, je ne vous aurais évidemment pas contacté pour être l'invité du site! Mais, je ne vous ai toujours pas demandé si, à l'époque, vous avez considéré votre premier livre comme le livre de votre vie....

" En fait, je crois que, lorsque l'on prend la plume, c'est toujours pour "écrire le livre de sa vie", parce que cette vie, justement, évolue.

- Bien évidemment, mais il reste un point que vous avez laissé dans l'obscurité, un point essentiel qui intéressera tous ceux qui veulent publier leur livre. De fait, vous avez évoqué la fâcheuse expérience de votre premier livre avec un éditeur, mais vous ne nous avez pas dit de quelle manière vous procédiez aujourd'hui pour faire devenir livres vos manuscrits. Votre expérience dans ce domaine me semble être une bonne conclusion à l'entrevue que je viens d'avoir avec l'écrivain.

"A l'exception du livre "Les sursitaires", dont l'impression a été payée par France A.V.C. qui a par la suite empoché la totalité du produit de la vente, je prépare mes maquettes sur ordinateur, j'assure tout le travail de A à Y et un ami reprographe fait le tirage (à prix d'ami) de cette maquette.
" Comme je n'ai nulle prétention de me prendre pour un graphiste ou un imprimeur, mes < productions > restent artisanales et je suis responsable des < coquilles > que j'oublie parfois dans mes livres.
" Mes amis, mes proches, mes connaissances me font l'honneur d'acheter mes livres;  la presse locale a la bonté de me soutenir autant que faire se peut. Ce qui me permet de dégager de ces souscriptions des bénéfices qui vont de 100 à 300 euros (Merci de ne pas rire) que je répartis entre certaines associations qui me sont chères. J'en cite quelques-unes: Association Le Faucon - Père Guy Gilbert; France A.V.C.; S.O.S Enfants Sans Frontières; Petits Frères des Pauvres."

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En revendiquant une philosophie de Gauche, Bernard TETTELIN est avant tout un Humaniste...

- Si vous le voulez bien, nous allons abandonner la vie de l'enseignant et celle de l'écrivain pour vous demander "Qui est Bernard Tettelin?"

Tettelin_bernard_60_ans" Comme le chantait Maxime Leforestier, "On n'a pas choisi de naître sur les trottoirs de Manille ou d'ailleurs...". On vient au monde marqué par un certain nombre de paramètres. Quels sont les miens? Mes parents appartenaient à cette génération qui a vécu les deux guerres mondiales, qui a subi des crises économiques et leurs cortèges de dérèglements sociaux.
" Je tiens de mon père un sens aigu de l'Honneur, un attachement à la Patrie, un contact précoce avec les réalités socio-économiques du monde ouvrier, une ouverture aux autres qui lui valut bien des déboires (autant des patrons que de ses < camarades syndiqués >).
" Ma mère était sans aucun doute plus modérée, plus discrète, avec une finesse intuitive qu'elle utilisait merveilleusement pour préserver l'harmonie, apaiser, rendre l'analyse des événements moins passionnée.
" Je suis sans nul doute "l'enfant de mes parents" et les seules divergences que j'avais avec eux de leur vivant se situaient au niveau religieux...

- Il est vrai que, de notre temps, puisque nous avons le même âge, nous étions pratiquement tous "les enfants de nos parents", ce qui n'est plus forcément le cas aujourd'hui... Mais dîtes-moi ce que "L'enfant de ses parents" en a retenu pour sa vie d'homme...

" J'avoue avoir fondé mon existence sur des Valeurs que mes parents avaient eux-mêmes adoptées: l'honnêteté, le respect des engagements pris, le sens du travail bien fait, la solidarité.
" Ceci explique que, dès l'âge de 14 ans, j'aie gravi tous les échelons de la vie associative et appartenu à une multitude d'associations sociales, culturelles ou sportives. Mon engagement associatif a été, plus tard, mon second métier, ou plutôt un prolongement "civil" de ma vocation de professeur.
" Grâce à ces activités multiples, en tant que directeur de centres de loisirs, de président d'association, j'ai acquis une "valise de brevets en tous genres" et, surtout, j'ai pu côtoyer tous les milieux sociaux (ce qui est rare chez les professeurs qui ne sortent jamais ou si peu de leur monde). J'ai fréquenté le Haut patronat, les milieux bourgeois, le monde rural, les employés, les ouvriers...

- Est-ce cette expérience qui vous a amené, vous que l'on voit comme Humaniste dans vos livres, à prôner une politique de Gauche à "concevoir avec modération"?

" En fait, tout cela m'a amené à revendiquer une philosophie de Gauche, mais j'ajoute que, comme ce fut le cas dans l'enseignement, il y a loin entre l'idéal de Gauche auquel j'adhère et le triste cinéma auquel se livrent ceux qui prétendent l'incarner. Ceci est vrai dans tous les milieux: les socialistes ont trahi Jaurès, les communistes ont tourné Marx en dérision, les curés ont oublié Jésus, à gauche comme à droite, les uns et les autres se servent des grands noms de l'Histoire et des plus belles idées à des fins personnelles
" Je revendique ma part de vérité et j'affirme que la bêtise et la méchanceté humaine comme la bonté et la générosité n'appartiennent à aucun mouvement, aucun groupe en particulier.
" Si je contiens mal ma colère quand je vois le grand capitalisme traiter les hommes en "marchandises", je la contiens aussi mal quand je vois des travailleurs casser l'outil de travail: on peut comprendre la désespérance, on doit tenter de la soulager, on ne doit pas la confondre avec la violence et la destruction de ce qui appartient à tous.
" Je considère les patrons, les sociétés qui délocalisent des entreprises viables pour plonger les hommes dans la misère et exploiter d'autres hommes ailleurs en Europe ou dans le monde comme des "déserteurs"!  En  temps de guerre on envoie un soldat au poteau pour cela.
" Je hurle de rage quand je constate la désinvolture de certains travailleurs qui n'ont aucun respect de leur travail, d'un client. Ils sont représentatifs d'un monde pourri qui n'est pas le mien!
" Je nage en pleine utopie quand j'affirme que la société des hommes ne pourra pas faire l'économie d'un dialogue clair, d'un partage réel et objectif des responsabilités COMME des profits.
" Il n'existe pas de < mauvais patrons > ni de < mauvais ouvriers >, mais l'Humanité manque de repères acceptés par tous, la rigueur lui fait défaut autant que la générosité et le Socialisme, à mes yeux, n'a pas pour mission de < bouffer du patron > ni d'assister les profiteurs, mais de promouvoir le dialogue social, de rassembler les hommes et les femmes autour d'un consensus et d'assurer la stricte application de ce consensus.
" On a le droit de rêver..."

Les photos de Bernard Tettelin au fil de ses vies nous ont été aimablement prêtées par lui-même.

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19 novembre 2009

Rencontre avec un humaniste...

                    L'INVITE DU SITE

                  Par François LÉGER

Aujourd'hui à la retraite, l'enseignant laisse l'écrivain travailler à plein temps... ou presque!

Bernard TETTELIN ne compte pas en effet le temps donné aux jeunes et à des oeuvres ou associations caritatives.

Combien de fois ai-je entendu, dans les salons littéraires, des auteurs d'un certain âge - je dirai même d'un âge certain - dire "Vous savez, maintenant, j'écoute ce que me disent les uns et les autres mais, pour ma part, je m'en tiens au vieux dicton de mes pairs < Montre-moi comment tu écris et je te dirai qui tu es >".

Cela peut paraître une pure formule d'homme de plume alors qu'il n'en est absolument rien, croyez-le bien... Pourquoi? Tout simplement parce que vous débusquerez forcément un auteur au coin d'un chapitre, d'une description, de certaines réflexions... à condition de lire son livre avec une réelle attention pour ne pas prendre une mauvaise piste!

J'éliminerai, ici, bien  évidemment des amis ou des proches de l'auteur car, pour ma part, je fais en sorte de ne jamais écrire la moindre chose, le moindre événement autobiographiques et tous lisent ma vie dans mes ouvrages! Je crois que ceci est dû au fait que, me connaissant  bien, ils extrapolent beaucoup de choses dont je parle dans mes livres. Toutefois, cela étant précisé, je crois tout à fait que les auteurs ont parfaitement raison de dire: "Montre-moi comment tu écris et je te dirai qui tu es"!

De fait, même en ne parlant jamais de sa vie privée, de sa vie familiale, des heurs et malheurs que subit l'auteur, je crois qu'il est pratiquement impossible pour lui de prendre suffisamment de recul dans ses écrits pour ne pas y être omniprésent!

Il est présent tout d'abord dans sa façon d'écrire: il écrit avec le langage d'aujourd'hui, il ne se permet pas la moindre erreur dans la langue de Voltaire ou écrit dans une sorte de style ampoulé? Voilà déjà que l'on cerne un peu la personne cachée derrière sa plume.

Dans certains de ses livres, il vous emmène dans des familles de la "France d'en-bas" ou dans des familles pauvres bien que l'homme de la maison aille travailler tous les matins. Dans la plupart de ses ouvrages, il traite de la difficulté de la jeunesse d'aujourd'hui en employant, bien souvent, le langage de celle-ci... Puis il vous fait penser de temps à autre à Zola en vous dépeignant la situation ouvrière d'aujourd'hui. Vous voilà avec une idée de l'auteur: encore un gauchiste prêt pour une nouvelle révolution pour nous faire une société où il fait enfin bon vivre!

Or, dans le cas de Bernard TETTELIN, si vous ne lisez pas plusieurs ouvrages, il se peut que vous ayez cette image de l'auteur! Mais si vous aviez lu cet ouvrage avec davantage d'attention ou en aviez lu un deuxième pour vous faire vraiment une idée de l'homme caché derrière sa plume, vous vous seriez aperçu que votre première image était fausse et que le révolutionnaire que vous aviez vu en lui est en fait un Humaniste, mais un véritable Humaniste. Il ne fait pas partie de tous ces gens qui donnent des conseils: il retrousse ses manches et fait le maximum..

Dans une première vie, il a retroussé ses manches pour tenter d'obtenir une certaine connivence avec ses élèves car il est persuadé que le drame de notre société est que les professeurs et les élèves ne soient pas heureux d'aller à l'école! Vous pourrez prendre connaissance ci-dessous de l'interview qu'il nous a accordée à ce sujet, une interview d'autant plus intéressante qu'elle est celle d'un homme qui a aimé son métier et ses élèves: ceci est tellement vrai qu'il recherche parfois sur la toile ce qu'est devenu l'un ou l'autre dans sa vie d'adulte.

Puis, dans une deuxième vie, menée un temps en parallèle avec la première, Bernard TETTELIN s'est lancé dans la grande aventure de l'édition qu'il nous explique clairement dans une nouvelle interview dont je ne vais pas dévoiler les thèmes dans ce chapeau de présentation.

Enfin, il s'est livré à une interview peu courante pour répondre à nos questions concernant la troisième vie de Bernard TETTELIN : la sienne! Il nous explique sa conception de notre société et, en se réclamant Homme de Gauche il a l'honnêteté de reconnaître les erreurs du passé et du présent et de voir dans le mot "Socialisme" ce qui est le plus important pour  lui : le mot "Social"...

C'est ainsi qu'il s'est engagé dans un certain nombre d'oeuvres et associations caritatives tout en s'occupant de jumelage et de jeunes, ces jeunes qu'il essaie de tirer vers le haut en les intéressant par exemple au théâtre et en les y amenant!

Relisez bien l'un de ses livres et vous verrez que le citoyen transpire au travers de ses ouvrages et que, malgré l'erreur que nous eussions pu faire à son sujet, il est bien vrai que l'on peut dire: "Montre-moi comment tu écris et je te dirai qui tu es".

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Bernard TETTELIN: "Merci, mes élèves, d'avoir fait de moi un Professeur".

- Monsieur Tettelin, il me semble vous avoir entendu dire un jour que l'enseignement avait été pour vous une vocation subite. Ne serait-elle point venue, comme pour beaucoup d'autres, de votre vie d'élève ou de collégien?

Tettelin___25_ans" En fait, mon adolescence s'est passée à l'époque des premières aventures spatiales et, à l'âge de 13 ans, je conçus le projet d'être astronaute jusqu'au jour où mon professeur de maths me tapota l'épaule: "Tettelin, vous avez pris conscience de votre niveau en maths?" Je l'ai haï une semaine pour avoir cassé mon rêve, mais, bien sûr, il avait raison.
" De façon plus réaliste, amoureux des trains miniatures (j'en possédais un qui faisait l'admiration de tous), je décidai d'être agent de conduite à la SNCF. Cette passion du rail ne m'a jamais quitté.
" Cependant c'est mon entrée en quatrième qui fut déterminante. Mon professeur principal était une demoiselle de dix-huit printemps (à l'époque, le baccalauréat permettait d'enseigner dans ce que l'on appelait les "Cours complémentaires"). Je n'étais pas méchant pour deux sous, ni misogyne, mais, quand la puberté vous titille, accepter l'autorité d'une "telle demoiselle"  m'apparaissait inacceptable!
" C'est ainsi que, un jour, je me suis autorisé une réplique d'une insolence telle qu'elle me valut de la part de cette femme un coup de pied au.... magistral. Impensable à notre époque: elle se ferait tuer!
" Humilié, moqué par les petits camarades, je décidais de me venger. J'allais convaincre mes parents de me
changer de collège: moi, le premier de la classe, j'étais un incompris, je voulais changer d'air!
" Je passe sur les détails. Mais une fois l'affaire tirée au clair, je reçus de mon père, qui s'était renseigné, la seule vraie raclée qu'il m'ait jamais donnée en quinze ans et je dus faire des excuses publiques à Mademoiselle GRIMBELLE. La honte! J'étais < cassé > "

- L'aigle que vous pensiez être alors était-il donc définitivement tombé?

"En fait, mon professeur eut la charité de ne pas profiter de ma déchéance. Mieux: à la fin de cette journée infernale, elle annonça à la classe qu'elle avait décidé de constituer - décision d'avant-garde - un Centre de documentation au profit de tous et que, pour gérer ce nouveau dispositif, elle pensait que j'avais les qualités requises pour être son "bras droit". Anéanti le matin, je sortis donc le soir avec un "galon de ministre".

- Il est parfois difficile de prévoir les réactions du sexe féminin...

" Certes, elle m'a < bluffé > comme diraient les adolescents d'aujourd'hui. C'est bien à son  génie pédagogique que je dois cette volonté de suivre ses traces et, sorti du collège, j'entrais donc à cette école que l'on disait "normale", à croire que les autres ne l'étaient point".

- Si je comprends bien, votre décision était définitive mais, comment se sont passés vos premiers pas dans le métier car je suppose que de monter sur l'estrade pour la première fois doit engendrer un certain stress...

" Eh oui, en septembre 1964, avec ma jolie blouse blanche toute neuve, je fis mes premiers pas de professeur au collège de La Madeleine (Nord) dont j'avais été l'élève pendant neuf ans (dans le primaire et en cours complémentaires). C'est là que j'ai fait "mes classes" avant de partir pour Saint André (Nord) durant sept ans, puis de revenir à La Madeleine pour ... 32 ans.

- Nous savons tous que lorsque nous choisissons un métier, celui-ci n'est pas forcément ce à quoi nous nous attendions car chaque profession a son aura. Comment cela s'est-il passé pour vous?

"Je suis entré dans le monde des enseignants persuadé que je m'introduisais dans le monde de la Culture, que j'allais me trouver à la pointe de toutes les innovations dans ce milieu qui, à l'époque, jouissait encore d'un incontestable prestige. L'exemple de mes anciens professeurs que j'avais (presque) tous admirés cautionnait mon enthousiasme.
" Mais, j'ai dû très vite déchanter... Le temps de passer mes différents Certificats d'Aptitude, le temps de suivre un cursus universitaire même si l'on m'avait dit < Avec le bac, tu es paré pour enseigner! >; le temps de me rendre compte qu'on était loin des grands principes humanistes qui me séduisaient et j'ai compris que le monde de l'Education était une bulle très conservatrice qui reposait sur une < vitrine de réformes  > dont le seul but est de marquer le passage des nombreux ministres que j'ai vu défiler (une trentaine).
" Pas de vagues! On suit son petit bonhomme de chemin, on ne se pose pas de questions: voilà la philosophie existentialiste en vogue dans cet univers où l'on se sent toujours en retard d'une guerre par rapport à la vraie vie."

- Avez-vous pu vous intégrer dans ce schéma qui, à vous connaître, est loin de vos convictions?

"A mes yeux, l'Enseignement devait être au service des jeunes, non pas à celui des enseignants et des parents. J'ai fait le choix d'être un marginal et de vivre mon métier "en première ligne" et non pas "dans les bureaux". J'ai souvent payé cher mes droits de croire que le métier d'enseignant est le plus beau du monde et d'axer mes efforts sur le service des jeunes et non sur la "reproduction d'un  modèle social inaltérable".
" Mais cette marginalité m'a fait deux superbes cadeaux: d'abord j'ai eu la chance d'être contrôlé et agréé par des Inspecteurs officiels de l'Education nationale "d'avant-garde" qui m'ont jugé sur pièces et soutenu de façon claire et nette par rapport à la hiérarchie de l'Enseignement Privé ('j'ai omis de dire que j'étais dans le "Privé" qui n'est sûrement pas, quoiqu'on l'appelle, "libre"). Le second cadeau c'est la merveilleuse complicité qui a régné durant ma carrière entre mes élèves et moi.
" Il me faudrait écrire un mémoire (ou deux) pour évoquer ces années-bonheur vécues avec les jeunes, dans le cadre de mon travail (rémunéré), comme dans le cadre périscolaire (bénévole). J'ai eu la chance de vivre ma vocation à 200% jusqu'au bout et, même si la société actuelle méprise sa jeunesse, même si une frange très minoritaire de cette jeunesse fait tout pour susciter le rejet des adultes, même si ce n'est pas toujours facile pour mes collègues de subir le mépris et les agressions devenues courantes, j'ose dire que les adultes ont les enfants qu'ils méritent et que si, dans un jardin, un arbuste pousse de travers, ce n'est pas lui qu'il faut accuser mais davantage le jardinier.
" Ma conclusion sera tout simplement : "Merci, mes Elèves, d'avoir fait de moi un Professeur".

J'aime beaucoup cette conclusion et c'est avec plaisir que nous retrouverons Bernard TETTELIN, pour deux autres de ses vies, le lundi 23 novembre 2009.

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16 novembre 2009

Comment se faire comprendre ?

          Vivre dans la société d'aujourd'hui...

                   Pour une faim en soi

                   Par Daniel PAGNIEZ

Mes amis... Ce que j'ai à vous dire n'est pas très fin, cependant je ne dois pas enfreindre une vérité sur une hospitalisation récente au cours de laquelle j'ai bien cru que j'étais sur la fin. Rendez-vous compte... Passer des examens à mon âge!
Enfin, après avoir été mis durant trois jours à la diète complète, mon estomac s'était véhiculé dans mes talons et la faim me devenait insupportable tandis que le personnel s'évertuait à me délivrer sans cesse une fin de non recevoir... Pourtant, j'avais faim! Alors, j'ai feint et simulé ma fin!... Je me suis mis à râler comme pour annoncer un futur défunt dans la chambre! La faim justifie les moyens, n'est-ce pas? Il était grand temps de mettre fin à cette mascarade et d'en arriver à mes fins.
A toutes faims utiles on nourrit toujours le patient et je ne voulais pas ces percussions de nourriture liquide par seringues installées dans mon bras... J'ai sonné pour appeler une infirmière, une fois, deux fois, dix fois, et - finalement - l'une d'elles est arrivée pour entendre haut et fort mon râle feint et nous savons tous que le grand air donne encore plus faim! A ma vue et à mon écoute, la demoiselle en blanc s'est mise à hurler: "Venez vite, venez tous, je crois que nous avons quelqu'un bizarrement sur sa fin!"....
Bien sûr que j'étais sur une fin atroce!... Je n'étais pas encore défunt malgré des feintes de la langue française sur les mots que je supposais venir surprendre la blouse blanche très affolée. Le chef de service est accouru, un docteur de couleur, très professionnel, très respectable et à la fine allure, loin de moi de voir en lui un aigrefin de la médecine... Ne vous méprenez pas, je n'ai pas dit un "nègre fin"!!!

Le docteur m'a dit:
-" Alors! C'est vous le mourant qui ameutez tout l'étage?..."

La communication a été pénible entre le toubib et moi: comment lui expliquer que je restais sur une faim qui me torturait?
- "
Mais, docteur, j'ai faim à en crever et j'ai seulement feint d'être sur ma fin pour que l'on s'occupe de moi! Je n'ai rien mangé depuis trois jours!..."
- "Il fallait vous forcer mon ami... Et, pourquoi êtes-vous là?"
-"
Je suis là - et bien las - fatigué parce que j'ai faim!... J'ai été mis en examens!..."
- "Qu'aviez-vous fait de mal pour être mis en examen?..."
- "
Docteur, je crois que nous ne nous comprenons pas! ... On m'a seulement prescrit quelques examens chez vous, sans plus... Et, tout est terminé maintenant... Excusez-moi si j'ai agi en feignant pour attirer l'attention et..."
-" Apprenez mon ami que la paresse n'a pas cours ici ! On ne vient pas se faire hospitaliser pour être au chaud, ne rien faire et réclamer sa nourriture!... Vous êtes un feignant, vous le dîtes vous-même!..."
- "
Oui! ... Euh!... Non!... C'est-à-dire... Enfin, docteur, je ne suis pas un vagabond, un errant! Si je dois rester sur ma faim - c'est ma fin ! - Non, je ne suis pas un feignant! Je feins seulement parfois pour éviter autant que possible ma fin!... Mais, vous m'ennuyez à la fin!..."

Le docteur s'en est allé consulter ses dossiers et le fin du fin de cette affaire, c'est qu'il est revenu me voir pour me dire : "Vous avez de la chance Monsieur, je n'ai pas bien tout compris les feintes proposées de votre part, aussi aujourd'hui est le grand jour du poisson à la cantine et je vais vous faire servir de l'églefin accompagné de pommes dauphines, enfin, s'il en reste; et vous rentrerez chez vous... A la fin, ne vous posez pas ici en dauphin d'un défunt roi de France!... Ne vous goinfrez pas pour qu'une arête n'arrête votre respiration... Vos résultats d'examens suivront."

Voilà comment j'ai échappé à la fin de mes jours en étant resté trop longtemps sur ma faim!

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12 novembre 2009

Une belle portée avant la pause...

Daniel_Pagniez_001 Contes d'un jardin extraordinaire

           Par Daniel PAGNIEZ

XXIII) Un trésor pour une peau de bête...

Il était une fois... le curieux pouvoir d'une peau d'animal qui allait bouleverser le destin de notre petite amie Riquette, hôte du "Jardin extraordinaire".
Selon une habitude bien établie, cet événement inattendu m'a été rapporté par Trottemenue au cours de l'un de nos fidèles entretiens sur ma terrasse.

Tout a débuté par l'arrivée soudaine, au logis de Rackam, de Kolibri suivi de Harpo venus de leur île des rêves avec un mystérieux cadeau. Ce jour-là, les amis du jardin s'étaient réunis pour fêter l'anniversaire de Rubiette, la progéniture de la famille. Rackam avait été quelque peu surpris par l'arrivée des deux visiteurs dans la joyeuse réunion familiale mais il les avait accueillis avec joie.

"Entrez mes amis, vous êtes les bienvenus, c'est gentil à vous de venir honorer ma fille" avait-il dit. "Mais comment avez-vous eu connaissance de cet anniversaire?... Et je vois qu'un cadeau, sans doute, vous accompagne!..."
Visiblement déconcertés, des deux visiteurs c'est Harpo qui avait bredouillé: "C'est-à-dire que..., enfin..., nous ignorions votre cérémonie!... Nous sommes montés de l'île pour te remettre un présent sur l'initiative des Paires O.K. et de notre  Maïtre Ibis l'Egyptien. C'est un cadeau certes, mais je ne pense pas qu'il soit destiné à Rubiette... Nous sommes vraiment navrés!... Si nous avions su, c'est avec un grand plaisir que nous aurions contribué à ajouter à notre démarche une offrande beaucoup plus intéressante pour la petite!..."
"Ne soyez pas dans l'embarras... Mais que m'apportez-vous là?"
"Ce n'est qu'une peau de bête!"

Un mystère bien vite éclairci...

"Une quoi?..."
"D'après les dires des Paires O.K., il s'agit d'une peau de bête... Notre bazar si délicieusement pittoresque devenait très encombré et un peu de rangement s'imposait. Les Paires O.K. tenaient à évacuer cette relique dont nous n'avions aucune utilité sur l'île. Lorsqu'elle nous a été remise, nous ne savions qu'en faire. Nous avons croisé Ibis, très pressé, qui se hâtait vers l'une de ses conférences. Ibis a jeté un rapide coup d'oeil sur ce que nous lui avons dit être une ancienne peau d'animal et il s'est très vite éloigné dans un immense éclat de rire en nous donnant mission de venir porter cette" chose" au jardin, à toi, Rackam, qui en aurait sûrement l'utilisation!..."

Rackam, très curieux, avait voulu voir la "chose"  - qui avait été libérée de ses liens de fines tiges fleuries d'un bougainvillier et de son emballage de palmes vertes - et était aussitôt parti d'un grand rire, comprenant l'hilarité d'Ibis, et tous les petits amis l'avaient imité.
"Mais... Rackam, regarde bien!", avait lancé Kolibri, déconcerté. "Vois, c'est bien une peau d'animal avec ses quatre pattes toutes raides!"

"Je suis intervenue, m'a précisé Trottemenue, pour éclairer Harpo et Kolibri et les sortir de leur situation embarrassante. Musicienne dans l'âme, j'ai vite apporté les explications nécessaires et ce, à leur grand étonnement. J'ai affirmé aux gentils émissaires que nous étions en présence d'un magnifique instrument de musique qui avait pour nom : cornemuse"
"Un biniou, en quelque sorte" ai-je ajouté!
"Le mot biniou correspond au mot cornemuse en langue bretonne, mais attention, ce mot biniou ne s'emploie jamais seul. Il doit toujours être accompagné d'un autre mot de précision locale en Bretagne comme biniou-Kozh ou biniou-Bras
"
"Tu en sais des choses, Trottemenue! Mais reprends donc ton récit."

Une cornemuse? Vous avez dit "cornemuse"?

"J'ai donc développé la structure de cette cornemuse, très jolie par ailleurs. Je leur ai dit qu'en fait, Harpo, Kolibri ou les Paires O.K. n'avaient pas entièrement tort. Le corps principal est une sorte de sac, de poche ou de soufflet étanche en peau animale équipée d'un clapet de non-retour, servant de réserve à l'air qui sera insufflé par un tuyau d'admission, un chalumeau à trous permettant de jouer comme sur une clarinette. On dit que la clarinette serait l'ancêtre de la cornemuse. De cette poche partent trois autres tuyaux, trois "bourdons" qui permettront aux notes très basses de s'échapper. J'ai ajouté que tous ces tuyaux pouvaient prêter à confusion et qu'il ne s'agissait aucunement de pattes!... Cet instrument devrait nous apporter une nouveauté dans les harmonies et les concerts à l'auditorium."

Harpo et Kolibri - ébahis - avaient remercié Trottemenue pour son savoir et ses explications, puis ils avaient été invités à goûter aux desserts et aux friandises de Pain-Son, reconduits ensuite jusqu'à l'arbre magique par Pickup et s'en étaient retournés joyeux sur leur île, promettant de remercier Ibis au nom de Rackam pour le cadeau et assurant l'envoi ultérieur d'orchidées multicolores et parfumées à l'adresse de Rubiette.

Cependant, après leur départ, il s'était agi de faire fonctionner la cornemuse. Là, les très nombreux essais s'étaient révélés vains. Malgré leur pétulance, tous les petits amis avaient bien tenté de souffler dans l'instrument tout en pressant la poche d'air et, seuls, des sons bizarres et disgracieux s'étaient échappés de l'instrument. Rackam, Pickup, Barbemousse, Ramona et les autres, y compris Elliott, venu à la rescousse, qui avait failli faire éclater le soufflet,  s'étaient époumoné pour de piètres résultats.
La cornemuse ne daignait produire que des sifflements curieux, des "pftt", des "vromm", des chuintements semblables à une respiration sibilante. Tout le petit monde avait fini par être essoufflé et fort déçu. Pain-Son  lui-même n'avait rien pu faire en tentant d'user du pouvoir magique d'une croustillante baguette de pain pétri et cuite à la hâte...

L'idée de Rackam

Rackam s'était alors mis à réfléchir et avait annoncé qu'il avait peut-être trouvé la solution pour faire vivre la cornemuse.
Il avait déclaré: "Mes amis, il nous faut un spécialiste, un cornemuseur de talent pour réveiller cet instrument à vent... Et, j'en connais un! Certes, il est loin, mais je crois pouvoir le faire venir au jardin. Lui seul saura jouer de ce magnifique engin si bien conservé et pourra charmer son auditoire! Sans lui, nous n'arriverons à rien et il serait dommage de remiser une si belle pièce dans une armoire. Je comprends que nos amis de l'île paradisiaque aient renoncé à la garder éternellement sans pouvoir la faire jouer! Voilà mon idée. Je vais faire venir mon lointain cousin de ses Highlands, de son île de Skye, je parle de Robin McAbann, il sortira bien de son clan des "Six Iliens" pour nous montrer ce qu'est un "Great highland bagpiper", comme on les appelle là-bas, quand il saura que nous avons découvert une cornemuse rare!..."

Dès l'évocation du nom de Robin McAbann, Riquette était devenue toute rose de confusion à l'idée d'être en présence de l'amour de sa vie qu'elle avait, paraît-il, rencontré dans un rêve qui l'avait profondément marquée. Ce rêve raconté depuis, maintes fois, à ses amis. Rackam avait alors dû aborder son lien de parenté bizarrement échappé de l'émotion onirique de Riquette.

Un Écossais au jardin...

Et, Robin d'être reçu quelques semaines plus tard chez Rackam. Les présentations du cousin -  qui parlait quelques mots de français en roulant les "r" - avaient été riches de cordialité et plus qu'émouvantes pour Riquette qui n'avait pas cessé de rosir,  le coeur battant, à la rencontre du personnage en kilt. Robin était émerveillé par l'aspect net et luxueux de la cornemuse étrangement semblable au pibrocks de ses Highlands. Très rapidement, il en avait fait sortir des sons si exceptionnels, aigus et graves, des harmonies inconnues par des notes hautes et basses, criardes ou langoureuses.
Tout le monde - ravi - avait beaucoup dansé sur un folklore enseigné par l'artiste. Mais, dans ces soirées d'été au jardin, Robin n'avait pas été insensible au charme de Riquette. Les promenades du couple s'étaient multipliées sous les regards plus ou moins complices de Rackam et de ses amis.

Puis, dans son ample manteau bariolé, Ramona - en Madame Irma - avait tiré une conclusion plus ou moins préparée dans ses cartes de devineresse sur une consultation de Riquette. "Un, deux, trois, quatre, cinq... Je vois une dame de coeur..., mais c'est toi Riquette! Un, deux, trois, quatre, cinq... Tiens donc, un roi de coeur, mais ... ne serait-ce pas Robin? Dis-moi, ma fille, voilà l'as de coeur... Les cartes ne se trompent jamais! Tu es amoureuse? ... C'est un mariage, Riquette, c'est un mariage en vue!..."

Ramona avait tout raconté! Robin s'était confié à Rackam de son désir d'emmener Riquette en Écosse et d'y célébrer le mariage.
La nouvelle avait fait le tour du jardin. Certains s'étaient inquiétés de voir Riquette partir si loin, d'autres étaient ravis du bonheur de leur amie. Le gros regret de tous avait été de ne pas pouvoir célébrer le mariage dans le "Jardin extraordinaire".
Robin n'avait pas pu prolonger trop longtemps son voyage, appelé à de hautes fonctions chez lui.
Mais les amoureux avaient eu le temps de visiter la délicieuse île enchanteresse d'Ibis qui n'avait pas manqué de les couvrir de cadeaux par les bons soins des Paires O.K.  La cornemuse avait étalé son art en démonstrations sous les palétuviers, les bougainvillées, les muscadiers.

Remerciements, pleurs et rires sous les fleurs...

Enfin était venu le moment du départ, le grand départ du jardin, dans les remerciements, les pleurs et les rires et sous les fleurs. La belle et élégante Riquette à la huppe, aux yeux de velours, majestueuse, en avait oublié son égotisme, son snobisme et son arrogance, corrigée par son amour pour Robin, le héros de ses fameux rêves...
Il avait été convenu bien sûr de revenir, de se revoir plus tard, pour des vacances, en jurant de n'oublier personne.
La "peau de bête", la cornemuse, qui avait rapproché et soudé le couple partait aussi pour l'Ecosse. Les petits amis s'étaient concertés et avaient offert une splendide robe de mariée et tous les parfums préférés de Riquette, oeuvres de Pain Son et du laboratoire d'Elliott.
Voilà comment Riquette avait choisi de quitter son petit domaine, enlevée par son chéri : elle avait trouvé le trésor de sa vie, d'un rêve à la réalité, par le pouvoir magique d'une "peau de bête".

Pour l'heure, les petits amis veulent vivre sans témoins. Le petit amateur de rêves de Daniel Pagniez est parti pour quelques vacances dont nous ignorons la durée...

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09 novembre 2009

Concours de poésie de Château-Thierry

Le Cercle de Montpellier du Conservatoire littéraire du Languedoc-Roussillon rime avec succès...

La ville de Château-Thierry (Aisne) organise, chaque année, des manifestations à la mémoire de son illustre fils, le poète Jean de La Fontaine. Ses habitants appellentMartinez_Michel_001 celles-ci, avec une affectueuse familiarité, "Les fêtes à Jean".

Edmonde_FAUCON_identit__001Concerts, lectures publiques, spectacles et défilés en costumes d'époque rythment joyeusement un week-end complet.
A ces réjouissances s'ajoute la remise solennelle des prix du Concours international de fables qui honore la partie la plus populaire de l'oeuvre de cet
auteur. Cette année, le premier prix a été obtenu à la fois par Edmonde FAUCON, de Montpellier, et par Michel MARTINEZ, de Mauguio, tous deux membres du Cercle de Montpellier (Hérault) du Conservatoire Littéraire du Languedoc-Roussillon.

Voici les deux textes ayant obtenu ces distinctions.

L'homme qui voulait mourir

    Par Edmonde FAUCON

Un vieil homme chenu, miné par le grand âge,
Attendait tristement son ultime voyage.
Il avait tout perdu d'avoir vécu longtemps.
Il était sans amis, sans femme, sans enfants.
Il n'attendait plus rien ici-bas de la vie,
N'avait aucun désir et pas la moindre envie.
Il se plaignait sans fin d'un pitoyable sort,
Puis vint à souhaiter que survienne la mort.
"Que fais-je encore ici, languissant sur la terre,
Quand tout bonheur me fuit et que je désespère?
Quand verrai-je la fin de tous ces mauvais jours?
Ah! je n'aspire plus qu'au repos pour toujours."
Or, voici qu'un matin, dans son lit, il s'attarde,
Et voit à son chevet s'avancer la Camarde
Qui se penche vers lui, sa faux dans une main,
Et lui dit: "Me voici, tu seras mort demain.
- Quoi! sursaute le vieux, pourquoi partir si vite?
- N'est-ce pas ton souhait? A mourir je t'invite;
Tu seras plus tranquille au tréfonds du tombeau."
Un rayon de soleil, puis le chant d'un oiseau,
A ce moment précis rappellent à notre homme
Que le printemps est là, que notre vie, en somme,
Est bien plus agréable en ce matin vermeil
Que le noir qui l'attend sans espoir de réveil.
"Allons! retire-toi; j'ai fait un triste songe!
Qu'importe mon état, je veux qu'il se prolonge.
Je préfère souffrir longtemps dans la clarté
Que le repos sous terre et pour l'éternité;
Retourne d'où tu viens et surtout ne t'avise
De revenir bientôt, cela quoi que j'en dise!"

Ainsi bien des humains mécontents de leur sort
Préfèrent-ils la vie à la plus douce mort!

   La mouche et les dieux

    Par Michel MARTINEZ                                                   

La mouche recevait la louange de dieux,
Lorsqu'une mouche bleue et grasse de sanie,
Se jugea par ce coup victime d'avanie,
Et tint cette harangue aux habitants des cieux:                                                                       
"Quel beau mérite, je vous prie,
Vaudrait à l'abeille, ma soeur,
Plus qu'à moi-même, cet honneur?
Suis-je pas légère comme elle?
Ne fends-je pas l'air de mon aile?
N'ai-je pas, comme, elle, un doux chant?
Ne piqué-je pas le méchant?"
L'abeille n'entend point; dans sa hâte zélée
A chercher en tous lieux son précieux butin,
Peu sensible aux honneurs de l'auguste assemblée,                                           
Elle vole déjà dans l'air frais du matin,
Parmi les champs fleuris de lavande et de thym.
Mais voici qu'au coeur de la ville
Un caniche accroupi répand sa trace vile,
Ornement  incongru d'un paisible trottoir
Où le pied du rêveur souvent se pose et glisse.
Notre mouche aussitôt s'y porte avec délice,
S'y plait, s'y plonge, il faut la voir,
Et de tant de splendeur s'étonne et s'émerveille.
L'hilarité des dieux secoue alors le ciel:
"Voyons de cette fleur ce que sera le miel,
Et tu pourras briguer les lauriers de l'abeille."

Comme l'insecte immonde, ainsi plus d'un mortel
Se croit digne en tout point de la faveur divine:
Tel faiseur de chansons pense égaler Racine,
Tel barbouilleur de murs se prend pour Raphaël.

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06 novembre 2009

De l'impudeur de se citer...

                   LU POUR VOUS

               Par François LÉGER

"L'homme qui m'aimait tout bas": dommage que celui-ci n'ait pas - véritablement - le premier rôle dans
ce livre où l'auteur est omniprésent!

"L'homme qui m'aimait tout bas", cet ouvrage d'Éric FOTTORINO dont je me proposais de vous présenter une recension en ce mois de novembre, ceci afin de vous prouver que je ne suis pas systématiquement fermé à la lecture des ouvrages de la "Rentrée Littéraire", mérite-t-il de se voir attribuer un Prix Littéraire en cet An de Grâce 2009?  Voilà une question que l'on se pose à l'heure où j'écris ces lignes (mi-septembre) et qui aura obtenu une réponse lorsque vous prendrez connaissance de ce papier, mais c'est en tout cas une question qui ne m'a jamais effleuré à la lecture de ce livre. Et ce, pour plusieurs raisons...

Couronner cet ouvrage serait mettre en vedette un travail dans lequel l'auteur n'est pas un simple narrateur mais tient le premier rôle en se citant d'ailleurs moult fois...

Couronner cet ouvrage serait mettre sur la première marche du podium un livre pour lequel l'auteur a sauté sur sa plume pour nous parler en  détail de son père dès que celui-ci s'est suicidé. Car, enfin, son père se suicide le 11 mars 2008 et ce livre fait l'objet d'un premier dépôt légal en avril 2009... Ceci alors que l'auteur explique l'immense affection partagée avec ce père  qui est en fait son père adoptif, mais un père adoptif dont beaucoup de parents devraient prendre des leçons. Certes, l'auteur essaie à plusieurs reprises de nous persuader que l'écriture de ce livre aura été pour lui une  forme de catharsis pour ne pas sombrer dans une sorte de désespérance... Pourquoi pas?

Quel que soit le cas de figure parmi les propos avancés ci-dessus, on ne voit pas très bien la raison pour laquelle un Prix Littéraire viendrait encore à l'aide de l'auteur pour cet ouvrage écrit d'une plume tout à fait quelconque...

De fait, je n'ai pas trouvé ici un texte qui vous "prend aux tripes" comme celui que j'ai eu le bonheur de vous présenter ici même le 3 septembre dernier. Je veux parler du merveilleux travail d'Emmanuel CARRERE intitulé "D'autres vies que la mienne", un livre "descendu en flammes" par un certain nombre de critiques reprochant à l'auteur de s'être servi de deux événements malheureux arrivés à d'autres qu'à lui... C'est tout juste si certains ne l'on pas traité de "charognard".

C'est dire pourquoi je comprends mal, dans ces conditions, que l'on porte aux nues l'ouvrage d'Éric FOTTORINO qui se sert, au moment du suicide de "papa", de tout l'amour que lui a porté ce père adoptif "extraordinaire" (le mot est juste croyez-moi: un père comme cela sort vraiment de l'ordinaire!), un père adoptif qui sait tout donner, mais aussi un homme qui sait aider les plus humbles en payant de sa personne dans le plus strict anonymat.

Pourquoi Emmanuel CARRERE serait-il quelqu'un dont le livre, qui plus est fort bien écrit, a quelque chose de malsain (c'est le moins que l'on puisse dire d'après certains) alors que celui-ci d'Éric FOTTORINO, écrit d'une plume sans talent particulier, mériterait louanges et récompenses?

Avec cet état d'esprit, pourrais-je véritablement faire une recension honnête et impartiale du travail d'Éric FOTTORINO? Évidemment non. Aussi, sans suivre son ouvrage comme je le fais d'habitude dans la rubrique "LU POUR VOUS", je vais me livrer à quelques réflexions complémentaires de ce qui précède.L_homme_qui_m_aimait_tout_bas_001

Ne pas juger: à chacun sa morale...

Hormis le fait que je n'ai pas aimé ce livre, il y a quelques autres questions qui me gênent.

Disons-le derechef, pour moi, il n'est pas pensable que l'on puisse trouver dans l'un ou l'autre de mes livres des éléments ramenant à ma famille ou la moindre allusion aux sentiments des différents membres de ma famille: je ne peux pas admettre que, en tant qu'auteur, je puisse trouver l'un ou l'autre de mes personnages parmi eux. Pour moi, un écrivain, quel qu'il soit, doit être capable de créer ses propres personnages n'ayant aucun lien avec ses proches.

Je n'ai en aucun cas l'âme d'un exhibitionniste même si l'on me retrouve, ici ou là, dans un livre du fait que l'écrit émane de moi et qu'il est impossible que je ne transpire pas du tout dans mes textes.

C'est dire que je suis aux antipodes d'Éric FOTTORINO puisque, apparemment, il y a de longs passages inspirés par son père dans ses ouvrages précédents. Il avoue d'ailleurs (p. 81), "Il y a quelque impudeur à se citer" avant de le faire de nouveau sans vergogne quelques lignes plus loin! Des ouvrages précédents que je dois avouer ne pas avoir lus et que, sans vouloir vexer cet écrivain chevronné et connu, le petit écrivaillon de province que je suis n'a pas l'intention de lire pour avoir trouvé, dans "L'homme qui m'aimait tout bas", de très larges extraits des ouvrages précédents de cet auteur. Mais attention, je ne juge pas l'homme : je dis simplement que sa morale est très différente de la mienne et que, personnellement, je trouve à ce dernier ouvrage quelques côtés malsains.

Mais, me direz-vous - et je ne peux qu'approuver votre réaction - "Vous avez beau nous faire un sermon sur ce qui est bien et ce qui est mal dans votre éthique personnelle, il n'en reste pas moins vrai qu'Eric FOTTORINO publie chez Gallimard ce livre que vous n'aimez pas, alors que vos ouvrages sont publiés chez un petit éditeur et passent inaperçus". Ceci est absolument exact et je suis heureux de cette pique que vous m'envoyez car vos propos vont me permettre de rebondir.

Parce qu'il a un nom... tout simplement!

Car, combien de personnes - dont je ne suis pas, vous vous en doutez, bien que j'aurais d'intéressantes choses à raconter - combien de personnes, la retraite venue, souhaiteraient écrire l'histoire de leurs familles, l'histoire d'une vie, des histoires souvent passionnantes? Dans la plupart des cas, ces gens-là font appel à un écrivain public qui dit se charger de la rédaction, de la publication et de la diffusion du livre... qui ne dépassera pas les cent exemplaires... Mais dont le coût est des plus variables...

Ces autres personnes qui veulent en fait un témoignage des événements heureux et malheureux de la famille, n'omettant pas des choses plus intimes qui ont marqué leurs vies s'adressent aussi à un écrivain public parce qu'elles ne veulent pas que leurs vies s'étalent partout. Elles ont une pudeur qui les retient, elles ne veulent pas faire partager ces moments d'intimité familiale, ces moments de désespoir connus dans certaines circonstances, mais elles ressentent comme un devoir de mémoire pour la famille.

Je me demande si Éric FOTTORINO pourra comprendre ce que je veux dire dans les lignes qui précèdent.

Dans d'autres cas, la personne a une véritable histoire à raconter, une histoire qui sera en fait un témoignage historique, et a en plus une plume correcte... Cette personne réalise alors un manuscrit fort bien écrit, ce qui n'est pas vraiment le cas de l'auteur de "L'homme qui m'aimait tout bas", et commence sa course à la publication... Bien évidemment, elle ne trouve pas d'éditeur: "Cela n'entre pas dans la ligne éditoriale de notre maison", "Votre manuscrit est très intéressant mais nous sommes actuellement en pleine restructuration..." (réponse nouvelle et très prisée des éditeurs... depuis quelque temps!), etc.

Que se passe-t-il donc si l'histoire a le même intérêt que celle d'Éric FOTTORINO? C'est tout simple: lancer un auteur inconnu exige de miser de l'argent et de faire ensuite un vrai travail de promotion (presse notamment) et il est beaucoup plus facile pour un éditeur de miser sur l'un des auteurs-maison qui se vend: peu importe l'ouvrage!!! Pourtant l'ouvrage que nous venons d'évoquer présente énormément de "flash-back", qui cassent la lecture à plusieurs reprises parce qu'ils ont "manqué la marche", d'évocations qui ne devraient appartenir qu'à l'auteur qui se met beaucoup en avant dans ses citations, longues et nombreuses de lui-même. Alors?

Serez-vous surpris lorsque je vous dirai que ce livre m'a ennuyé tant sur le plan littéraire que sur celui de ma morale? Et, il en est peut-être de même pour les membres du comité de lecture de la maison d'édition, mais n'oublions pas que l'homme est directeur du... journal "Le Monde" car cela explique énormément de choses.

"L'homme qui m'aimait tout bas"

Éric FOTTORINO

148 pages - 15 euros

Éditions Gallimard

Posté par ARMEE à 12:27 - Rentrée littéraire 2009 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 novembre 2009

Novembre

Maurice_DUSSOL          Le pastiche mensuel

          de l'année 2009

       Par Maurice DUSSOL

    La jeune fille et la Mort

Inspiré par la musique de Schubert

Lorsque j'écoute, en moi, chanter la mélodie
De l'Andante divin qui coule en ré mineur,
Murmure lancinant comme une psalmodie
Que nous rêva Schubert, je suis près du "Bonheur".

Quel poème oserait, avec autant de charme,
Faire que nous pouvons, et cela sans effort,
Changer en diamants les reflets d'une larme
Que verse une humble fille étreinte par la Mort?

Douce enfant qui serait pudique jouvencelle
Car rythmes et motets sont si mélodieux
Que leur ballet, nimbé de lumière cruelle,
Est, malgré ce, très loin de désirs odieux...

Une fois effacés de la proche mémoire
Les longs rugissements d'un Allegro de fous,
Coule, des violons, comme d'un lac de moire,
La valse la plus tendre au motif triste et doux.

Et ces gémissements d'une âme déchirée
(Qu'écorchent, par instants, des pizzicati secs)
Sont comme les lueurs d'une étoile ignorée
Pleurant sa solitude à dix mille parsecs...

Quand le "Tempo" revient, plus rude, plus sévère
Pour, vers d'autres émois, nous mener brusquement,
Pouvons-nous ignorer que le "Mal" persévère
Et que va survenir l'ultime dénouement?

Mais, dans nos coeurs, la Mort a perdu sa victoire
Car, malgré sa puissance et ses pouvoirs déments,
Son rôle est d'adoucir, dans cette belle histoire,
D'une adorable enfant, les tout derniers moments:

"Elle te prend la main, consentante victime
"Et, tout en te guidant vers le sommeil total,
"Elle écarte de toi, jusqu'au fond de l'"Abîme",
"Ce qui rendrait trop dur ce  voyage fatal!"

Posté par ARMEE à 19:08 - Rendez-vous - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 novembre 2009

Vos morts vivent en vous...

Si la vie d'un cimetière se limitait à ses visiteurs et ne reflétait que notre société?

Ici, se côtoieraient alors seulement
le recueillement de personnes sincères,
le besoin d'éblouir et l'Art!

                 Par François LÉGER

Lorsque j'ai commencé à songer à l'article que j'allais consacrer cette année à la Fête de la Toussaint, j'ai, en premier lieu, consulté les archives de ce site de façon à être certain de vous présenter une autre manière  de voir les choses que celles abordées en 2006, 2007 et 2008 et sans m'attarder par exemple sur le Jour de la Toussaint et celui de la Fête des Morts dont la confusion dans les esprits de nos concitoyens est sans grand intérêt et a été déjà longuement évoquée ici.

J'ai lu et relu ce que j'avais déjà écrit pour être certain de pouvoir vous emmener sur un terrain qui est le mien sans courir le risque de passer pour un fou, peut-être même avoir la chance, au contraire, que vous soyez nombreux à me suivre. Car si je risque de passer pour un fou, c'est uniquement parce que les personnes qui partagent cette conception de la mort qui est mienne n'en parlent jamais pour ne pas risquer de passer pour quelqu'un de bizarre, très bizarre...

Donc, c'est décidé, cette année, je me lance: il faut savoir vivre dangereusement sinon autant mourir tout de suite plutôt que de se taire pour ne pas risquer de passer pour un  fou!

Dans un premier temps, je tiens absolument à vous assurer que j'ai le plus grand respect pour toutes les religions et leurs pratiquants dans la mesure où ces derniers sont honnêtes vis-à-vis d'eux-mêmes et agissent eux-mêmes en faisant ce qu'ils prêchent!

C'est dire que je respecte cette vieille femme qui fait des efforts énormes pour aller chaque semaine sur la tombe de son mari et ne pas manquer la messe dominicale. En revanche, ces "petits bourgeois" qui vont à la messe de midi le dimanche pour se faire voir uniquement - il en est même qui arrivent systématiquement en retard et traversent toute l'église pour être aux premières places - pour se faire voir et faire croire qu'ils méritent un respect particulier, ceux-là auraient plutôt tendance à m'écoeurer sérieusement...

Quand je pense à ces vieilles bigotes toujours prêtes à donner des leçons de morale alors qu'elles sont les premières à faire du mal si elles ont quelque chose à y gagner - pas grave: un coup de goupillon dimanche, une communion et le compteur sera, pensent-elles, remis à zéro... Que de grenouilles de bénitier dans une paroisse: rien que de les juger, elles seules, au moment du jugement dernier (s'il y en a un) serait un travail que je ne voudrais pas me voir attribuer... Mais je n'ai rien d'un roi,  Saint-Louis en l'occurrence, et je n'ai pas de chêne à portée de la main...

Cela est d'ailleurs mieux ainsi car ce n'est pas ma conception de la religion! Désolé, mais ma morale n'est pas élastique...

A chacun sa religion...

Bien  évidemment, par ce qui précède, vous allez penser que je n'ai que l'église catholique en tête alors que ce n'est nullement le cas. J'ai seulement pris un exemple dans ce que je connais le mieux, mais autant vous le dire tout de suite, non seulement je crois en Dieu, mais en plus je suis monothéiste... Donc peu importe le nom que l'on donne à sa religion et à son dieu, pour moi il n'y a pas de différence du moment que celle-ci reste une religion que l'on ne tentera pas d'imposer à un autre et qui ne prendra pas des allures sanguinaires comme c'est le cas aujourd'hui pour certaines d'entre elles... Pour rester dans la religion catholique, je dirais que la dignité de l'homme ne doit pas être bafouée par certaines croyances (bafouée? Un terme bien faible dans le cas présent) alors que l'on doit le plus grand respect à son prochain: comment l'idée même du Temps de l'Inquisition pourrait-elle ne pas être insupportable?

Il va sans dire, dans ces conditions, que j'ai un respect certain pour tous ceux qui sont venus, au cours de la semaine dernière, nettoyer les tombes d'êtres aimés pour apporter leur pot de chrysanthèmes en cette Fête de la Toussaint ou bien demain, Jour des Défunts. J'en aurais moins pour tous ces gens qui, apportant leurs pots de chrysanthèmes (les plus importants possible) penseront en toute conscience avoir "fait ce qu'il faut" alors que dans le fond d'eux-mêmes ils ont apporté quelques fleurs libératrices pour honorer les morts qui n'existent plus dans leurs êtres.

Car, c'est là que débute ma propre manière de penser aux morts...

Persuadé - tous ceux qui auront lu l'un ou l'autre de mes livres l'auront parfaitement compris - que cette vie terrestre n'est qu'un passage, que nous vivons plusieurs vies comme nous vivons déjà plusieurs vies sur cette terre: le vieux monsieur qui est devant vous a été un bébé, un enfant, un adolescent, un adulte, etc... en  changeant à chaque fois d'habit terrestre et ce, à tel point que si l'on vous montrait sa photo au régiment vous ne le reconnaîtriez pas!!! C'est dire qu'à chaque changement, nous changeons d'aspect, je dirais plutôt que notre âme (qui a d'autres noms dans bien des croyances, ce qui est sans importance du moment que l'on  y croit vraiment) change d'habit...

C'est ainsi qu'après avoir traversé ce pont terrestre qui nous a menés à notre dernière heure, nous abandonnons notre  vieil habit (notre corps terrestre) et notre âme "s'envole" vers d'autres niveaux de conscience...

Voilà la raison des cimetières vides!...

Toutes ces tombes sans vie...

C'est dire qu'en abordant les choses sous cet angle - qui n'est bien évidemment ici qu'une hypothèse sur laquelle je me penche depuis maintenant environ quarante ans et m'a fait constituer une énorme bibliothèque sur le sujet - je ne trouve en aucun cas que soit choquant mon titre "Si la vie d'un cimetière se limitait à ses visiteurs et reflétaient uniquement la société qui est la nôtre? "

Je vous l'ai dit, je respecte tous ces gens pour qui venir au cimetière en cette journée des défunts est un véritable devoir de mémoire. Toutefois, je pense que ces gens-là ont compris depuis longtemps que l'être aimé était parti pour d'autres sphères et que cette démarche n'est en fait que le respect d'une tradition car je reste persuadé - en aucun cas en voulant vous en convaincre - que nos morts vivent en nous... Tant que nous pensons régulièrement à nos chers disparus et les imaginons dans leur dernier appareil, je reste persuadé qu'ils vivent en nous mais sont partis de leurs cercueils dès la mise en bière, voire même avant...

Vous pouvez faire déborder de chrysanthèmes la tombe d'un défunt en cette journée traditionnelle, ce ne sera en aucun cas une preuve d'amour.

Bien au contraire, une telle démarche sera dictée par la volonté d'éblouir les familles de ceux qui sont sensés être arrivés pour très longtemps dans ce cimetière et en aucun par une pensée d'amour.

Je me souviens - bien évidemment - de l'endroit où est le caveau de mes parents, un caveau et une tombe qui me semblent des plus corrects... Or, plusieurs années après mes parents, est mort, à moto, le jeune homme de l'une des plus riches familles de cette station balnéaire des parisiens... Lui a eu un caveau étonnant et un fronton sur lequel il figure en pied (un agrandissement photographique repris avec talent par un tailleur de pierres!!!) Est-ce sérieux? En tout cas, cela a été le début de l'arrivée de gisants et autres phantasmes... Pour moi, il n'y a là aucune preuve d'amour et de souvenirs,  cet amour et ce souvenir qui animent cette vieille dame tordue comme un tronc d'olivier qui vient se mettre régulièrement à quatre pattes pour nettoyer la tombe familiale et sera là aujourd'hui...

L'Art a sa place...

De même on n'enterre pas tout le monde dans les mêmes cimetières, il en est certain qui sont en quelque sorte réservés, par exemple aux philosophes ou aux artistes.

C'est d'ailleurs dans cet esprit que je me suis procuré le livre "Le Père-Lachaise. Promenades au fil du temps" en espérant y trouver des personnages classés sous une certaine thématique, ce qui a été l'objet de ma déception. J'avais pensé notamment à la tombe d'Allan Kardec qui montre que le père du spiritisme n'est pas mort puisque sa tombe regorge constamment de fleurs... C'est dire que l'homme nous a quittés mais qu'il est resté vivant dans de très nombreux esprits... Bien évidemment, comme dans toute hypothèse, vous pouvez voir la réalité différemment et vous exprimer dans un commentaire à ce papier...

Mais il est certain que tous les gens, pensant que leurs morts sont dans des cimetières, ont fait ériger, ici et là, de véritables réussites architecturales... Je pense ainsi à la Chapelle du Duc de Morny, conseiller de Napoléon III, érigée par l'architecte Viollet-le-Duc dont l'ouvrage cité précédemment nous livre une magnifique photo.

Voilà un architecte dont l'âme planera toujours dans ce magnifique cimetière comme celle de l'homme ayant travaillé pour l'éternité de Chopin en ce lieu mondialement connu...

Pour ma part, je suis certain que le caveau de mes parents ne renferme que leurs derniers habits mais qu'ils sont présents en moi: certes je cède à la tradition et fais déposer des chrysanthèmes par des amis puisque l'éloignement ne me permet pas de le faire moi-même... Mais soyons honnêtes, ce voyage dans le temps et dans l'espace, je le fais au minimum une fois par semaine... C'est dire que, au moins jusqu'à mon départ, ils existeront en moi...

Je vais vous dévoiler un secret: une amie anglaise (chez qui j'ai passé de merveilleux étés,  une femme que j'aimais un peu comme ma mère) nous a quittés il y a quelques années et ses enfants ont décidé de ne pas me prévenir... Je l'ai compris lorsque je lui ai envoyé mon avant-dernier ouvrage, un envoi resté sans réponse... Mais, finalement, si je n'ai pas apprécié cette démarche au moment de sa mort, j'ai compris depuis que cet acte avait été volontaire: ils savaient que leur mère resterait dans mon coeur et ont voulu m'éviter un choc. N'est-ce pas de l'Amour?

Posté par ARMEE à 10:52 - Fêtes traditionnelles - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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