Décès Maurice 001

 

Ce ne peut pas être un adieu...

Maintenant, tu en es certain !

 

Maurice DUSSOL

s'en est allé

ce samedi...

 

Certes, tous ses amis s'attendaient au départ de Maurice DUSSOL qui doit être pour lui une délivrance, un départ qui est aussi des retrouvailles puisqu'il a quitté cette terre le jour anniversaire de la mort de sa femme, un départ qu'il eut bien du mal à surmonter...

Ce que je viens d'écrire ne sont pas des mots, mais une pensée engendrée, surtout, par de très longs échanges téléphoniques au cours desquels nous avons longuement parlé de notre "Après". Tous les deux, nous avions peur des conditions du passage dans la mort, mais pas de la mort... Personnellement, je pense que sa croyance était plus religieuse que la mienne, mais lorsque Maurice sentait que nous n'allions plus être tout à fait d'accord, il me disait : "Je ne suis et ne peux être sûr de rien si ce n'est que nous y passerons tous"!

Nous avons eu beaucoup de ces discussions pendant les années qui viennent de passer et elles m'ont permis de découvrir un Maurice au grand coeur sans rien demander en échange. Au contraire, lorsque je lui ai proposé de venir avec moi sur ce site en lui expliquant que ce dernier n'avait pas de budget, il s'est montré enthousiaste à l'idée de voir ses poèmes et ses textes pouvoir apporter des moments de bonheur à des personnes inconnues.

Puis, au fil des mois, des années, il s'est instauré entre nous une totale confiance menant parfois Maurice à m'envoyer des textes sur lesquels il voulait mon avis tout en me demandant de ne jamais les publier car cela lui ferait trop mal... Cela est d'autant plus merveilleux que c'était plutôt moi qui avais beaucoup à apprendre de lui : il m'arrivait de lui téléphoner pour un problème grammatical auquel je me trouvais confronté... Commençant souvent son propos par une tirade en latin, Maurice savait toujours me donner la réponse en quelques secondes....

Nonagénaire, Maurice était un homme d'une autre époque : le jour où nous nous sommes rencontrés - lors d'une remise de prix à l'Académie Poétique et Littéraire de Provence - ma femme a fait sa connaissance en voyant un Monsieur se précipiter pour lui avancer sa chaise afin qu'elle s'installe confortablement à table et, depuis, il ne manquait jamais une conversation téléphonique sans me prier de présenter ses hommages à mon épouse.

Maurice était aussi un homme à facettes: il pouvait écrire un poème romantique ou le cri de désespoir d'un homme devant une société, il savait nous amuser avec des perles : perles écrites et perles orales, sans oublier ses pensées (profondes ?) puisées dans différents domaines. D'ailleurs, mises à part ces "Pensées (profondes ?) Maurice m'a laissé de très nombreux textes inédits que je ne manquerai pas de publier au rythme actuel, sauf demande contraire de sa famille qui estimerait souffrir de voir toujours ses travaux alors qu'il nous a quittés...

Mais au fait, nous a-t-il quittés ? Je dis "NON": Maurice est parti du plancher des vaches mais il continue de vivre dans le coeur de tous ses amis et des lecteurs de ce site, raison pour laquelle nous avons voulu lui rendre le présent hommage.

Vous trouverez ainsi, ci-après, son curriculum vitae qu'il m'avait adressé lors de notre collaboration et vous serez certainement surpris de voir un tel curriculum chez un nonagénaire !

Eh oui, Maurice incarnait la culture et la gentillesse.

François LEGER

 

Curriculum vitae du poète Maurice Dussol

Né le 5 février 1921 à Montpellier (Hérault), issu d'une famille dont on trouve des traces pendant la révolution de 1789, famille qui a toujours vécu et travaillé dans cette même ville et où l'on trouve encore actuellement la dixième génération, Maurice DUSSOL fait ses études d'abord au lycée de Montpellier. Puis, à la suite d'une longue maladie, il reprend sa scolarité à l'Enclos Saint-François Pierre Rouge où il reçoit une éducation et une instruction qui lui permettent d'obtenir le baccalauréat de Lettres Classiques, puis Philosophie avant la débâcle de 1940.

Inscrit à la Faculté de Lettres de Montpellier pour une licence de latin grec, il doit interrompre ses études pour intégrer les chantiers de jeunesse d'où il est emmené en Allemagne au titre du travail obligatoire. Il réussit à rentrer en France et trouve une activité à la Caisse de Compensation.

Pendant près de quarante ans, il travaille dans cet organisme, devenu Caisse d'Allocations Familiales, et il y exerce successivement les emplois de Chef de Section, Contrôleur assermenté, Chef de Service, Chef de Division, puis, finalement, Représentant de la Région Languedoc-Roussillon auprès du "Comité du suivi législatif" à la Caisse Nationale d'Allocations Familiales.

Pendant ces périodes, ses principales détentes étaient la spéléologie, la plongéee sous-marine et la randonnée pédestre, etc...

Mais - surtout - il était attiré dès son plus jeune âge par un goût pour la poésie qu'il voulait la plus sensible et la plus classique possible. Dans cette intention, il s'est rapproché de plusieurs groupes de poètes : Poètes retraités amateurs de Douai (Nord), Club des poètes de Castelnau le Lez (Hérault), etc... Il s'enorgueillit particulièrement de faire partie du Conservatoire de poésie classique où il a reçu un accueil des plus compréhenifs et des plus chalheureux : l'un de ses meilleurs souvenirs est celui de la journée passée avec  les membres de ce Conservatoire le 25 octobre 1998 à l'occasion de la remise des prix obtenus pour le Concours 1998.