XYZ. La Revue de la Nouvelle propose

des histoires en miniature de qualité !

 

                                Par François LÉGER

 

 

        Nicolas TREMBLAY, directeur de la rédaction de « XYZ. La Revue de la nouvelle », revue qui nous vient assez régulièrement de Montréal (Québec), se devait d’une présentation toute particulière pour ce n° 116 (Hiver 2013)  intitulé «  Nouvelles d’une page  » sur lequel je travaille en ce mardi 31 décembre pour vous livrer cet article au milieu du mois de janvier… Certes, je reconnais que le temps écoulé est bien important entre le moment où est sortie cette revue et celui où elle apparaîtra sur ce site et je vais tenter, en cette année 2014, de régler ce problème d’une manière ou d’une autre.

        Mais revenons à ce N° 116 dont la présentation de Nicolas TREMBLAY est aussi brève que les nouvelles qu’elle introduit puisqu’elle se résume en trois questions auxquelles il apportera – comme il se doit – trois réponses sans me convaincre véritablement

Ces trois questions sont les suivantes : « Une histoire peut-elle tenir en une seule page ? », « Les personnages peuvent-ils s’incarner dans un espace aussi restreint ? » ; « Le lecteur y croira-t-il seulement ? »… Et, de nous expliquer que nous avons dans le numéro de cette revue plus de « cinquante nouvelles réponses »… en ajoutant même que, parmi les auteurs figurant dans ce numéro,  « il y a des miniaturistes pour qui la page est un cadre trop grand » !

Nicolas Tremblay insiste sur le fait que les numéros consacrés aux nouvelles d’une page sont devenus une tradition en indiquant : « Ce numéro-ci est notre quatrième livraison. Lors de la première expérience en 1987 (le N° 11), la regrettée Aude, qui signait la présentation, remarquait qu’un  pareil exercice avait ébranlé ses certitudes sur le genre. Qu’est-ce qu’une nouvelle ? Quelles sont ses limites acceptables ? ».

Je conçois aisément que Aude se soit posé des questions car étant moi-même nouvelliste et à la veille de la sortie d’un nouvel ouvrage (prévue pour le printemps), je me pose aussi ces questions même si je pense que Nicolas Tremblay a un peu triché dans sa présentation en posant ces trois questions… Tout d’abord,  une histoire peut évidemment tenir en une page et nous allons en goûter tout de suite une, dès que j’aurais réglé les deux autres questions : « Les personnages dans un espace aussi restreint ? », fausse question puisque, dans une nouvelle, c’est le nombre des personnages qui doit être restreint…Quant à la question : « Le lecteur y croira-t-il seulement ? »… Je répondrai oui dans la mesure où il aura à lire une nouvelle de qualité appelant à réfléchir.

 

« Échange des âmes »  avec Charles BOLDUC

 
Dans la nouvelle intitulée « Une pupille un peu ardente » de Charles BOLDUC, l’auteur a l’art de nous emmener, par ce vide qui est en lui, par le simple plongeon de son regard dans la pupille d’une jeune inconnue…

XYZ Nouvelles d'une page

 

Voilà en effet que tout à coup, le décor se fige et que le narrateur plonge en cette jeune femme qui semble comprendre et voir la même chose…

C’est dire que Charles BOLDUC se permet d’expliquer en six lignes fortes, très fortes, cet échange des âmes par lequel on visualise en un éclair tout ce qui nous attend !

D’ailleurs le nouvelliste n’utilise pas toute la place qui lui était ici impartie…

 

« L’exploitation d’un décès » d’Hugues CORRIVEAU

 
Ici, nous avons affaire à une histoire qui s’est certainement répétée des milliers de fois, mais ceci n’en fait pas un récit car la présentation est bien celle d’une nouvelle que l’on vous a sûrement contée, à la campagne, le soir, au coin du feu… puisqu’il s’agit à la fois de la douleur de la perte d’un être cher et de l’exploitation de cette même douleur.

Je ne vais pas vous conter « La grand-mère de Françoise » d’Hugues CORRIVEAU mais simplement vous en donner les grandes lignes car je n’ai pas le talent de nouvellier de cet auteur… et n’ai pas l’intention de me transformer en plagiaire, une limite que j’ai d’ailleurs du mal à me fixer dans la présentation des travaux dont je fais part d’extraits pour ne pas dénaturer le texte et trahir l’auteur... Jusqu’où aller, à quel moment s’arrêter ? La déontologie professionnelle n’a rien de très précis dans ce domaine.

Toujours est-il que l’on avait annoncé brutalement à la grand-mère de Françoise la mort de son fils au front… C’est dire que la grand-mère de Françoise avait à la fois appris la perte de son petit-fils en se perdant tout à la fois… Elle se mit à attendre on ignore quel miracle car il est évident qu’elle ne pouvait certes pas attendre que l’on redonnât la vie à cet homme parti dans la force de l’âge…

Mais voilà bientôt un petit malin qui prend contact avec elle pour lui remettre des choses ayant appartenu au cher disparu moyennant quelque monnaie sonnante et trébuchante, des objets qui coûtaient de plus en plus cher… Certes on l’avait mise en garde mais cette vieille femme refusait de croire que l’on pouvait être aussi cruel pour de l’argent…

Puis, elle ne reçut plus de lettres mais « personne n’avait intérêt à lui faire savoir que l’on n’avait même pas retrouvé de cadavre ».

 

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 Si j’ai bien l’intention de vous parler encore brièvement de l’une ou l’autre des « Nouvelles d’une page », ne croyez surtout pas que ce choix réponde à une sélection de qualité : que nenni, la sélection de qualité a été faite par la rédaction et je n’ai aucunement l’intention de faire la moindre remarque… Non, loin de moi cette idée et croyez-bien que les nouvelles dont je me fais l’écho sont simplement parce qu’elles m’ont particulièrement plu, surtout en raison de leur thème d’ailleurs.

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Comment ne pas citer, de ce fait, la nouvelle intitulée « Les mains » proposée par Esther CROFT qui nous explique que les mains disent tant de choses à la personne que l’on aime et qui ne peut, ne veut pas troubler ces instants de bonheur auxquels on s’agrippe au dernier moment…

De même, ai-je été marqué par le texte « Sport d’hiver » de Germaine DIONNE qui, au-delà de la nouvelle, est une bonne chronique philosophique que j’aurais accueillie avec satisfaction – dans la rubrique dédiée de ce site – sur le thème de l’indifférence…

Une histoire, une vie et la disparition de cette terre sont les ingrédients de  « La résurrection d’Ernesto » de Larry TREMBLAY qui nous propose ici des pages d’une vie. Des pages d’une vie qui se terminera par le Grand Voyage, comme pour tout le monde… Mais ce n’est pas tout le monde qui vivra sa résurrection et qui, en plus, la retardera d’un mois pour permettre à un de ses amis de faire des affaires !

 

« A travers le ciel obscur du désir »

 
Dans sa rubrique « Voies nouvelles »  qu’il intitule « A travers le ciel obscur du désir », Hugues CORRIVEAU dit d’emblée ce qu’il a à dire ! On ne peut pas être plus clair en effet en offrant au lecteur, dès les premières lignes, ce qui l’a marqué cette année.

Il commence ainsi son article : « C’est toujours pareil. On est plein d’espoir, mais on revient un peu déçu de ce tour d’horizon annuel ». En fait il se livre à un rapide tour d’horizon annuel assez intéressant avant de parler de quelques « déplaisirs » car un tour d’horizon intéressant ne veut pas dire que tous les ouvrages lus soient de qualité ( !) … Ces déplaisirs qu’il aborde avant de nous parler des tautologies de Caroline Legouix puis des raisons pour lesquelles il estime que « la nouvelle ne doit pas être ainsi négligée ».

Arrive alors la rubrique habituelle des « Comptes rendus » avant d’accéder à la biobibliographie des auteurs de ce numéro, comptes rendus d’ouvrages qui ne semblent guère prêts de traverser les mers de par leur qualité.

Que l’on aime ou que l’on n’aime pas, je pense que c’est un ouvrage à avoir dans sa bibliothèque car ils ne seront pas nombreux ces recueils de nouvelles d’une page…

 

« Nouvelles d’une page »

Travail collectif de nouvellistes

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