Florilège Décembre 2016

 

 

 La poésie devant une nouvelle prohibition ? 

 Mais, elle n’est pas la seule à être rejetée…


                         Par François LÉGER

 

 

               L’éditorial du numéro de décembre 2016 de la revue trimestrielle de création littéraire et artistique « FLORILEGE », confié à l’excellente plume de Claude  LUEZIOR, m’a fait peur en lisant « Essayez donc de proposer un poème à un quotidien. Au mieux, nul ne daignera vous répondre. Au pire, on vous rira au nez… ». Cela m’a fait peur car c’est un thème que j’ai vu récemment développé par une autre plume de qualité ne connaissant visiblement pas non plus la presse quotidienne.

              Tout d’abord, nombre de quotidiens de province ont encore une page culturelle hebdomadaire ou mensuelle – voire un « Tiré à part culturel» ayant sa propre périodicité - dans laquelle il y a bien évidemment des poèmes. Mais, il y a là, en général, le « poète maison » et, surtout, l’écueil de la forme poétique admise. Si, comme sur ce site, vous ne trouverez que de la poésie classique, il est évident que le quotidien, sollicité par tous ces poètes qui écrivent sans respecter la moindre règle de la poésie classique, voire nombre de règles de la grammaire ou de l’orthographe de notre langue, ces poètes ne seront pas reçus à bras ouverts.

          Par ailleurs, il faut être réaliste et comprendre que le but du journal quotidien n’est pas de faire plaisir à l’amateur de poésie du quartier mais d’informer.

         Pour vous en convaincre, je vous citerai l’analyse d’Alfred SAUVY : « Tout informateur désire avant tout être lu ou entendu (…) Il s’efforcera donc toujours plus ou moins de plaire ». Ce constat d’Alfred SAUVY, qui fut professeur au collège de France, constat dont la véracité est évidente, explique aussi qu’un journaliste spécialisé dans l’information musicale, par exemple, ne soit pas prêt à céder une once de son terrain : ce musicographe (ou musicologue suivant la rubrique précise qui lui est confiée) n’abandonnera pas une portée au profit de quelques vers…

          Enfin, cher Claude LUEZIOR, pour avoir été responsable – par le choix d’articles de collègues, leurs révisions, le choix de photos, l’élaboration ou la révision de la « titraille », de leurs formats et de leur mise en page pour le lendemain – je puis vous assurer que, certains soirs, j’eus aimé me retrouver devant des vers de qualité qui ne m’auraient procuré aucun travail…

Cela étant précisé, j’ai continué ma lecture dans la rubrique « CREATIONS » qui m’a permis de retrouver Florent Boucharel  rencontré au détour d’un commentaire sur mon site et auquel je dois une explication qui se fera par un article que je devrais pouvoir mettre en ligne au mois de février… De fait, je n’ai pas encore pu tenir ma promesse,  mais sachez que vous aurez mon explication…

Le 17 Novembre, M. Boucharel  m’envoie ce commentaire : « Bonjour. Vous écrivez qu’un poème sans titre n’est pas terminé et vous trouvez cela curieux (et déplaisant), pourtant c’est quelque chose de très courant, chez les meilleurs de nos poètes et les plus classiques ».

Le 24 ou le 25, pensant que tout n’est pas forcément bon à retenir des travaux de nos  confrères, même les meilleurs, je lui donne en exemple la fable « La cigale et la fourmi », qui n’a pas été écrite par le « premier venu », texte que je qualifie « d’ânerie monumentale », me semble-t-il, tout en indiquant à Florent Boucharel que, s’il le souhaite, je m’expliquerais sur ce jugement.


Titres perdus…

Mais voilà, le temps passe trop vite ou j’écris trop lentement mais, comme tous les ans à cette période de l’année, je suis enfoui sous les revues d’auteurs amateurs, les livres autoédités et mon site ne pourrait d’ailleurs pas absorber correctement mes papiers si je suivais le rythme des expéditeurs…

Je travaille donc en fonction des dates auxquelles mes papiers devront voir le jour. Alors, dans l’immédiat, je dirai à M. Florent BOUCHAREL que, de toute manière, lorsque l’on a trouvé quelque chose d’original dans la façon d’écrire, cette originalité perd toute sa valeur lorsqu’elle est trop réitérée.  C’est dire que je ne suis pas farouchement opposé à un poème sans titre, encore que celui que vous nous livrez (p.7) ait perdu de sa valeur en ne se couvrant pas…

On comprend mieux l’absence de titre de Rabiaa Marhouch (p.10) dans lequel on entre avec aisance et sort de la même manière après une rencontre entre l’auteur et le lecteur…

De même, comment ne pas apprécier ces « Cartes postales » envoyées par Marie-Claire CALMUS, un titre percutant pour ce texte qui fait surgir tous ces oubliés d’autrefois qui aimaient à la fois recevoir une carte postale… et la visite du facteur. Car il y a vraiment des gens esseulés dans des bourgs retirés devenus des dortoirs… Je me souviens d’un abonné à l’un des quotidiens auxquels j’ai collaboré qui m’avait expliqué : en prenant votre quotidien, chaque jour j’ai une visite du facteur…

Peu lui importait ce que j’avais écrit dedans, avec ou sans titre !

 
La dame au chapeau rouge

 
La page 12 marque un soupir après tous ces poèmes ici publiés et le texte intitulé « Partage » proposé par Claude LUEZIOR, dont j’attends qu’il me fasse rencontrer cette dame au chapeau rouge. Tous les lecteurs de ce texte auront envie de rencontrer  cette femme que je n’ai jamais vu fouiner dans un Salon du Livre où beaucoup de visiteurs ne viennent là que pour rencontrer une amie, découvrir la tête d’un auteur, mais absolument pas pour s’encombrer d’un ouvrage.

A côté se trouve un texte auquel je n’ai rien compris mais pour lequel je voudrais rendre l’hommage qu’ils méritent aux typographes ayant accepté de taper cette « chose »… Un texte intitulé « L’hommage à Courbet » et signé de Denis BERTHET (personnellement, je n’aurais jamais osé signer un truc pareil !).

Ce texte pourrait servir à un examen de technique professionnelle dans une école de journalisme, mais à part cela, on a envie de passer sans le voir si ce n’était le travail de nos linotypistes : vous trouverez de tout un peu d’une ligne à l’autre ou sur la même ligne… C’est tout un jeu de polices de caractères, de grosseurs de corps, de lettres bas de casse et de capitales…

Si cela, c’est de la littérature, on touche le fond et l’auteur devra fournir une loupe, des lunettes et des gouttes ophtalmiques pour éviter l’irritation des yeux et soigner le mal de tête qu’engendrera une telle lecture…

Heureusement, dès la page 13, on peut se remettre de ses émotions avec un très beau poème de Guillaume GOYALLON, poème intitulé « Le grand cirque » qui n’a d’ailleurs rien de virtuel puisque vous, lecteur, et moi, auteur, nous y retrouvons.


 
Prose et couleurs…

 
En tournant la page, on revient vers nos amis prosateurs en découvrant une nouvelle ayant pour titre « Le mari incestueux » proposée par Nicole BERAUD à qui l’on a accordé trois pages avant de céder la place à la Chronique huronnique de Louis LEFEBVRE.

Les habitués connaissent bien cette rubrique, ce qui nous permet de tourner la page pour découvrir un Hommage à… Robert DESNOS (1900-1945) présenté par Patrick PICORNOT.

La chronique de Louis DELORME s’est construite sur « Maintenant que je suis un vieux singe » de Louis SAVARY… C’est dire que je ne vais pas faire la recension d’une telle chronique, au risque de passer pour un vieux fou… Cela dit je citerai cette phrase : « …Il n’impose rien à quiconque car il sait qu’il n’y a pas de vérité absolue ». Voilà une phrase qui me semble être une vérité absolue à apprendre dès le plus jeune âge !

Quant à la chronique « Sous le soleil de poésie » par Michel LAGRANGE: une manière particulière d’être au monde, c’est avec regret que j’appliquerai la même règle et ne reviendrai pas sur la chronique présentée ici. Avec regret parce que j’ai trouvé là un texte tellement proche de ma façon de voir les choses  que je ne pourrais pas faire une telle chronique objectivement, ce qui est le contraire du but à atteindre.

Arrivent ensuite les notes de lectures qui n’ont pas besoin de ma prose…

Notes de lecture, nouvelle, chronique et deux pages de photos sur la vie de l’association qui emmèneront le lecteur à une retourne couleur de qualité.

 

 Illustrations

La couverture (photo en quadrichromie) – Suite féminine, « la douceur » - par Gil POTTIER.

A l’intérieur : Dessins et photos de Silvia Grav, Anne-Christelle Beauvois, Loui Jover, Henri Cachau, Guy Thiant, Jean-Noël Riou, Antonio Mora, Nathalie Nicolas, Arfoll.

Photo de retourne : « Eloge de la femme » par Caroline Clément.

 

Pour tout renseignement :  S’adresser à Stephen Blanchard,  19 allée du Maconnais, 21000 Dijon.

Mail : aeropageblanchard@gmail.com