Revue culturelle Aunis – Saintonge – Angoumois,

« La Saintonge Littéraire » est diversité et qualité 

 

                         Par François LÉGER

 

Ayant reçu, au mois de décembre, nombre d’ouvrages et de revues aux fins de recension, j’ai laissé de côté ce numéro 120 de « La Saintonge Littéraire » daté de ce dernier mois de l’année sachant, par expérience, qu’il ne s’agirait pas ici de critique mais bien plutôt d’une présentation dans laquelle j’aurais – peut-être même – quelques libertés de plume ici et là…

Toutefois, le premier article n’allait évidemment pas me laisser la moindre liberté puisque son auteur, Michelle Peyssonneaux, traite du « Siège de l’île de Ré en 1627 » en s’interrogeant, comme d’autres historiens : « Le fol amour de Buckingham en serait-il la cause ? ».  Que voilà une bonne question dont je n’ai pas la réponse, tout comme Michelle Peyssonneaux qui évoque certaines considérations politiques pouvant être à l’origine de l’arrivée de cette véritable armada britannique…

Cependant, elle ne semble pas être convaincue et en vient à ce qu’elle pense : le duc de Buckingham qui rêve d’être ambassadeur officiel en France et s’est vu interdire de remettre les pieds sur le sol français. L’auteur se doit alors de faire un retour en arrière pour en expliquer les raisons qui ne sont pas vraiment politiques et relèvent plutôt de comportements humains et privés, notamment vis-à-vis de la reine, comportements du duc qui provoquent un scandale « qui fut grand » et « dont toute l’Europe fit des gorges chaudes ».

Cela étant dit, comme dans toute bataille, il faut parler de bravoure, compétence et courage, sans oublier la perfidie et la trahison…

Après la dernière ligne, vous retrouverez, en bas de la page 11, les sources avec lesquelles ce travail a été réalisé… Les gens ont trop tendance à ne pas s’y intéresser alors que, comme me l’a expliqué, lors de mon premier Salon du Livre où je présentais mon premier « essai », l’historien Jean-Claude Damamme, spécialiste de Napoléon persuadé que l’empereur a été assassiné, ces « sources » sont un peu la signature d’un essai… du sérieux de celui-ci, un véritable « essai » ne pouvant pas être réalisé sans une importante documentation.

La Saintonge Littéraire« Le bon fils »

Le texte suivant est une nouvelle présentée par Jean-Christophe Perriau, résidant à Athis-Mons (91200), Premier Prix André Martineau 2016.

Si je ne me suis pas hasardé dans le texte précédent, c’est uniquement parce que je n’ai rien d’un historien ! En revanche, je pouvais me permettre les dernières lignes puisque mon premier « Essai » (intitulé « Un pays à deux vitesses ?» et sorti en 1999) m’a effectivement permis de rencontrer Jean-Claude Damamme comme il a été l’occasion de présenter mon ouvrage à la télévision, sur la Chaîne « Si on changeait » ; et de faire ainsi une heure de direct avec ma regrettée consœur Martine Mauléon sur Canal +…

Ceci était un petit commentaire concernant un essai, mais ayant écrit, depuis, quatre recueils de nouvelles, je connais également les règles de cette forme d’écriture et ai apprécié ce texte intitulé « Le bon fils » de Jean-Christophe Perriau.

Tout y est : l’entrée en matière qui installe  les différents intervenants dans cette scène de crime puisque Ben apparaît tout au long de ces explications comme celui qui a tué, par balle, Amine, son frère cadet… On a presque toutes les preuves malgré les dénégations de Ben qui a toujours su que sa mère préférait Amine qu’elle a toujours considéré comme le « Bon fils ». Au fur et à mesure, on découvre cette famille qui n’est pas réjouissante.

L’on finit par comprendre Ben qui « avoue » : « J’ai tiré » et le policier sort alors en laissant Ben seul dans la salle d’interrogatoire. On comprend Ben qui, avec Amine, était témoin des incartades de sa mère, de ses virées alcoolisées, Ben qui finit par tout avouer …. Mais lisez la nouvelle de Jean-Christophe Perriau jusqu’à la chute. Avec ce texte l’auteur gagne ses galons de véritable nouvelliste…

 Mirage

 Ne croyez pas que, parce que je suis un prosateur, je n’aime pas la poésie. Que nenni, mais épargnez moi ces mots qui se suivent et n’ont aucun sens comme cela est trop souvent le cas maintenant… On ne me persuadera pas qu’un parolier de slam ou rap est un poète !

En revanche, je vous conseille de lire « Mirage » d’André ETIENNE, domicilié à Angoulins (17690) qui a obtenu le Premier prix de poésie libre 2016.

François Pairault

François Pairault, vice-président de l’association, a remporté quant à lui le Prix Madeleine La Bruyère 2016 et a été distingué par l’Académie de Saintonge pour son ouvrage « Regnaud de Saint Jean d’Angély, ou la fidélité à l’empereur ».

 

Emile Combes (1835-1921)

Emile Combes, présenté dans cette revue par Patrick Boraud, a vécu une vie curieuse et méritait bien une place dans ces pages.

Emile est un enfant studieux qui apprend le latin avec un oncle prêtre et, à 12 ans, il entre en classe de 4ème au petit séminaire de Castres. Il étudiera ensuite à l’école des Carmes (école de hautes études ecclésiastiques) puis au grand séminaire d’Albi. Là, on estimera que sa vocation n’était pas sérieuse !

Mais notre homme avait préparé, au cours de ces années, un doctorat ce qui lui permet d’être admis docteur ès lettres en 1860 avec une thèse en français et une en latin !

Marié en 1862, il tourne le dos à l’enseignement et entreprend des études de médecine à Paris. Il soutient une thèse en 1868 et vient s’installer comme médecin à Pons.

Mais l’homme n’a pas fini sa carrière et Emile Combes devient, en 1894, président de la Gauche Démocratique et, en 1895, entre au gouvernement comme ministre de l’instruction civique…

On va pouvoir se demander si, effectivement, sa vocation première était sérieuse puisqu’il appliquera un anticléricalisme modéré … par les lois de 1901 à 1904…

L’enfant studieux va devenir un homme qui « bouffe du curé » !

Puis il applique une méthode qui fait beaucoup penser à ce qui se passe aujourd’hui chez nous même s’il ne s’agit pas de la même langue et si notre actualité est beaucoup plus justifiée. De fait , Emile COMBES combat la pratique des langues régionales dans les églises : « Les prônes faits en breton échappent au contrôle des autorités, et prêtent à des arguties commodes à soutenir, que le témoin a mal comprises ou mal traduites ». Malgré l’opposition, cette circulaire sera appliquée et, entre 1903 et 1905, cent dix prêtres verront leur traitement supprimé pour délit de langue !

Mais ces méthodes ne sont pas éternelles et le ministère Combes tombera le 19 juin 1905.

 

A la découverte du temps passé

Visites des cimetières avec Jacques de Larquier

 

Après avoir insisté sur la part du patrimoine historique qui repose dans nos cimetières, Jacques de Larquier souligne que la loi du 8 janvier 1993 a donné aux maires la responsabilité de toutes les opérations réalisées dans les cimetières. Ces cimetières dans lesquels, en dehors d’aller rendre visite à nos morts, il nous arrive de tout simplement nous y promener. Je pense que c’est dans cet esprit que Jacques de Larquier nous présente « ses » cimetières d’une manière qui nous fait penser aux guides d’hôtels et restaurants même s’il n’attribue pas d’étoile…

Quand il écrit cet article, il a certainement endossé la tenue du conducteur de Pompes Funèbres et son esprit est dans un au-delà…Comme beaucoup de gens « changent de vêtements » en passant le seuil de la société dans laquelle ils travaillent…Il ne faut pourtant pas exagérer dans cette démarche car cela peut mener trop loin… Cela est arrivé à l’homme « des morts » (l’expression n’est pas trop forte étant donné ce qui suit) lorsque je me suis occupé de faire faire un caveau ainsi que la tombe destinés à nous accueillir, mon épouse et moi-même, en espérant ne pas payer de taxe pour cette résidence secondaire, ce lieu de villégiature n’ayant pas encore d’occupant…

Or, donc, je dus m’expliquer avec un « monsieur, pris par son travail », explication difficile. Ayant choisi les caractères je lui donnai donc les noms d’épouse et de jeune fille de ma femme, ainsi que son année de naissance. Pour moi, c’était évidemment plus court : je lui donnai mes nom et prénom, ainsi que mon année de naissance en pensant « briser là » mais mon interlocuteur voulait en connaître davantage. Il voulait absolument faire graver la seconde date de l’un ou de l’autre et je dus lui expliquer que, pour le moment, nous étions encore vivants tous les deux et que, malgré son insistance, son collègue graveur devrait attendre pour finir ses lignes…

Cette anecdote est absolument véridique tout comme l’insistance de ce monsieur…

Je pense d’ailleurs que Jacques de Larquier aurait, lui aussi, quelques anecdotes à nous conter, anecdotes rencontrées au cours de l’élaboration de ce guide dans lequel manqueront malheureusement quelques étoiles et petits squelettes… L’auteur ne manque d’ailleurs pas de nous dire, dès le début, « Les états d’abandon abondent. Saint-Vivien de Saintes m’a semblé être, de manière regrettable, en tête à cet égard, à l’opposé de Thézac (17600) qui se présente comme « restructuré » de manière exemplaire ». Et, Jacques de Larquier argumente ses jugements qui n’ont pas été, cela parait évident, faits à l’emporte-pièce.

Présentés, commentés, ces cimetières sont, comme un livre d’histoire, regardés avec la minutie qui convient à ce texte.

 

Certains d’entre vous s’interrogeront peut-être sur mon titre général alors qu’il est tout simple : « La Saintonge littéraire » traite toujours de sujets de fond, comme c’est le cas ici, ce qui lui permet de ne jamais vieillir et de ne pas voir ses textes rongés par le temps…

 

Pour tous renseignements concernant cette revue :

Site Internet : http://www.la-saintonge-litteraire.com

Boîte Mail saintongelitteraire@yahoo.fr