L’amélioration de son contenant réussie,

« Florilège » travaille sur son contenu… 

 

                       Par François LÉGER

 

 

Vous, fidèle lecteur de « FLORILEGE », devez être quelque peu surpris par l’appel de titre attribué au texte qui suit car il vous donne une impression de « déjà vu » même si ce n’est pas vraiment le cas ! De fait, j’ai déjà parlé, sur ce site, de l’évolution de la revue trimestrielle de création littéraire et artistique  « FLORILEGE »…

C’était le 14 octobre 2016 pour vous faire part d’un « contenant » passé à une qualité supérieure à ce que l’on peut voir dans les associations littéraires, tout en m’interrogeant, bien évidemment, sur ce que seraient les améliorations apportées ensuite au contenu…

C’est donc avec une réelle curiosité que j’ai ouvert et lu le dernier numéro (166) paru en ce mois de mars et je dois avouer que, si l’évolution du contenu n’est visiblement pas achevée, tous ceux qui ont œuvré à la conception, à la relecture et à la mise en page (sans oublier toutes les plumes présentes ici) ont vraiment fait du bon travail…

Sans vous l’avoir jamais avoué, lorsque je recevais « FLORILEGE » et voyais le bandeau du bas de la première page (« Revue Trimestrielle de Création Littéraire et Artistique »), je pensais que ceux qui travaillaient à ce « bulletin associatif »  voyaient grand…  Aujourd’hui, cette appellation ne me choque plus…

 

Elle ne me choque plus parce que « Florilège » n’a plus beaucoup de chemin à faire pour être vraiment considérée comme une revue et non plus comme un bulletin paroissial ou associatif…

Numérisation_20170302Je ne reviendrai pas sur le contenant, objet de mon article précédent, et ne vous parlerai que du contenu qui a subi une belle toilette de printemps grâce à une mise en pages beaucoup plus aérée, occasion d’un rangement dans l’armoire avec un début de classement, notamment des tiroirs à thèmes que l’on aimerait voir arriver dans « Les créations ». C’est dire qu’il reste du travail car, heureusement, ce  sont ici uniquement des créations…

Sans faire une recension de ces pages, je me permettrai cependant de vous faire part de mes réactions en lisant tel ou tel papier…

Par exemple, j’ai été très intéressé par l’éditorial de Michel Santune, qui met évidemment la poésie à l’honneur et est d’un profond réalisme. Mais à trop en vouloir, il fait cependant regretter au lecteur de voir les écrits avec un prisme déformant… Cet auteur a en effet une tendance certaine à considérer – comme la plupart des poètes – que la poésie n’a pas, aujourd’hui, la place qu’elle mérite mais seulement une toute petite place… Toute petite place par rapport à quoi ? C’est ici que l’auteur fait montre de talent en ne laissant pas poser cette question ! Il prend lui-même le virage qui s’impose et, regrettant vraiment cette « trop petite place » que donnent les gens à la poésie, il ne manque pas de faire en sorte de trouver leur approbation en s’adressant à tous ces jeunes qui ne pourraient pas vivre, semble-t-il, sans leur téléphone portable vissé à l’oreille !…  Et de se montrer inquiet en faisant une extrapolation qui marquera les esprits : « A quand la puce électronique implantée dans le cerveau dès la naissance ? La poésie, qui est l’art le plus immatériel entre tous, pourrait-elle  survivre à cela ? »

Là on peut reprocher à l’auteur de faire comme tous les poètes qui veulent en premier lieu sauver leur art, mais là est un autre débat !

En tournant la page, on accède à une première série de poèmes dont celui de Béatrice GAUDY qui écrit :

Le temps d’une campagne électorale

en entendant des politiques

diffamer les chômeurs

se croire quarante ans plus tôt

à l’ère du plein emploi

Mais voter pour cette illusion temporelle

ne supprimera pas le terrible malheur

            du chômage de masse

                       présent.

 

Je vous avais dit ne pas avoir l’intention de faire une recension ou une critique, mais le poème ci-dessus m’y oblige pour mettre en garde son auteur en lui disant de faire comme moi : mettre un mur entre sa vie privée et ses idées politiques… Car, ici, on comprend que cette dame est née dans les années 1970-1975 qui signent la fin des Trente Glorieuses (que l’on situe à peu près entre la fin de la guerre, 1945 , et la période « pré-<mitterrandienne> ).

 Par ailleurs, elle précise indirectement qu’elle ne cherchait pas de travail il y a quarante ans car ce n’était plus « l’ère du plein emploi », loin de là.

Après avoir lu ces vers, je peux aisément dire entre quels candidats elle hésitera pour la prochaine élection présidentielle…

Ceci est évidemment une remarque amicale due au fait que j’ai travaillé durant plusieurs décennies dans des journaux quotidiens où j’ai fait des comptes rendus d’audiences de tribunal correctionnel (voire d’Assises) et nombre d’interviews politiques d’élus de tous bords. Or, pour pouvoir évoluer dans ces milieux en étant respecté de tous, il faut respecter tous ces  gens et un certain nombre de barrières… Ce qui est loin d’être le cas dans ces vers…

Si vous saviez combien de personnes se retrouvent dans vos écrits, vous seriez surprise. Personnellement, depuis une dizaine d’années, la retraite venue, je me suis mis à écrire des nouvelles – en respectant les règles fixées précédemment – et vous seriez étonnée de voir le nombre de gens qui se reconnaissent dans mes textes où les personnages et les situations sont toujours imaginaires…

                          

                            Au pays des Camés…

                          par Didier Colpin

 

La vie est une drogue une drogue très dure

Il suffit d’y goûter l’homme s’y trouve accro

Frelatée et coupée elle n’est jamais pure

Son dealeur serait-il un redoutable escroc

 

La vie est une drogue aux graves conséquences

Où sans tergiverser le drogué peut tuer

Peut voler violer – entre autres délinquances –

A l’horreur de ses shoots il s’est habitué…

 

La vie est une drogue aux effets secondaires

Qui sont pernicieux qui provoquent la mort

La psyché se nourrit de mondes légendaires

La fantasmagorie est-elle son mentor…

 

La vie est une drogue encourageant le rêve

Des rêves de couleurs des rêves de beauté

Où le gris du réel connaîtrait une trêve

Où le noir du présent n’irait plus comploter…

 

J’ai hésité à vous proposer ce poème qui est loin d’être idyllique , mais dont la véracité me paraît tout à fait évidente, contrairement à « La vie est un long fleuve tranquille » qui a dû être pensé par quelqu’un en plein effets secondaires de cette drogue qu’est la vie…

                                

                                    Le poids des mots

 

Après ces vers, un peu d’air frais fait du bien et peut-être est-ce la raison pour laquelle – toujours dans les créations -  la revue propose son premier texte en prose : « Le poids des mots » sous la signature de Chantal LACAILLE ?

Si le titre de cette création - « Le poids des mots » - m’avait attiré, il n’en reste pas moins vrai que je craignais de l’on retombât dans « Le poids des mots, le choc des photos », ce slogan de qualité  qui fut plagié ici ou là… Mais on est très vite rassuré par Chantal LACAILLE  qui offre ici véritablement une création de qualité avec un beau texte,  bien écrit et ignorant la « nov/langue », un beau texte élaboré avec le cerveau, la réflexion et les sentiments que tout homme devrait rencontrer dans certaines situations de la vie, surtout lorsqu’il prend la plume…

Après avoir retrouvé leurs amis poètes le long de plusieurs pages, les lecteurs ne manqueront pas « La Chronique huronnique » de Louis Lefebvre. Puis iIs tourneront de nouveau la page pour prendre connaissance d’un nouveau petit poème, échappé de la grande armoire.

Le lecteur sera alors invité à entrer dans la rubrique « Hommage à… ».

 

                               Dans les pas de Paul Verlaine…

 

Le moment est donc venu de suivre Patrick PICORNOT « Dans les pas de Paul VERLAINE au Quartier latin (1886 -1896) »… Une période bien courte penserez-vous peut-être alors que l’auteur de la rubrique explique immédiatement son choix : « En l’ultime décade de sa vie, le poète Paul Verlaine connaîtra plus de seize logis successifs, la plupart du temps de simples chambres dans des hôtels meublés, dont certaines sont à peine acceptables (…) Aux hôtels meublés, gargotes et cafés littéraires s’ajoutent les hôpitaux où il fera des séjours répétés sans cesser d’écrire pour autant, bien au contraire. Autour de son lit d’hôpital s’imposeront de vrais salons, avec la visite de ses maîtresses , d’amis poètes et d’admirateurs…

« Etrange époque que celle que vivra là Verlaine, à la fois éblouissante et sinistre, d’or et de boue.

Patrick PICORNOT poursuit : « Les femmes avec qui il vivra seront des prostituées, confirmées ou repenties, et ses compagnons de route, à l’exemple de Bibi-la-Purée, de véritables vagabonds (…) Bien heureusement, le Cercle des Poètes tourne autour de lui… »

 

                                           Un peu de couleur…

 

Je n’avais pas l’intention de vous parler de cette rubrique « Hommage à… » tant les auteurs qui se lancent dans une telle rubrique doivent en connaître beaucoup plus que moi  et que c’est à moi de découvrir l’homme de l’art auquel on rend hommage… Cela a été le cas aujourd’hui et j’espère seulement vous avoir entraînés dans cette lecture avant de découvrir les deux pages centrales tout en couleur accueillant trois petits poèmes égarés.

En voyant ces illustrations, il est temps de vous indiquer que la photo de couverture (« Homme araignée ») est de  Marcel CARAM et celle de la 4ème de couverture de  Gérard BAILLY-MAITRE.

Quant aux dessins ou photos de l’intérieur de la revue, ce sont des œuvres signées Peynet, Henri Cachau, Arfoll, Jean-Noël Riou, François Schmidt, Antonio Mora, Juliettte Mouquet, Michèle Anderson et Jean-Michel Gruet.

Nous entrons ensuite dans les chroniques et notes de lecture sur lesquelles je n’ai pas l’intention de m’appesantir car si le comité de rédaction confie une rubrique à un auteur c’est la preuve qu’il a toute confiance en lui et que ses écrits sont dans le sens éditorial de la revue. Quant aux notes de lecture, ce sont là des recensions d’ouvrages ou de revues. C’est dire que je ne vais pas pousser le ridicule à critiquer des critiques parues dans « FLORILEGE » !

Je vais donc refermer ce numéro de « FLORILEGE » en espérant ne pas avoir perturbé votre lecture...

Ôtez-moi d’un doute ! S’il me semble évident de l’indécence que j’aurais de commenter les « Notes de lectures », je me pose tout de même ces questions en ce qui concerne les rubriques car, pour être tout-à-fait honnête, je serais parfois heureux d’avoir un « retour » de vous, lecteur, lorsque je mets une rubrique personnelle en ligne…

Je tenais à poser cette question car j’ai l’intention de mettre en ligne – de façon épisodique – sur ce site une nouvelle  rubrique (dont  j’aurai le plaisir de vous infliger la lecture !) et, en raison des sujets que j’ai l’intention de traiter,  je pense qu’il serait intéressant d’avoir des réactions de lecteurs… Ceci d’autant plus que les sujets appellent aux commentaires.

Donc, je ferme mon ordinateur pour aujourd’hui et attends que le courant passe et qu’il vous oblige à ouvrir votre propre machine pour m’envoyer votre avis.