Martinez 001

            Le coin des poètes
              

           Avec Michel Martinez

 

              Consolation au soleil de juillet

 

Tu veilles tard, soleil, et tu te lèves tôt.

L'été n'est point, pour toi, la saison des vacances ;

Car, outre les rigueurs de l'horaire, il te faut

Produire une chaleur, un éclat, plus intenses.

 

A quoi penses-tu donc lorsque, faisant chemin,

Tu dores tous ces corps allongés sur les plages ?

N'es-tu pas irrité de voir le genre humain

Paresser de la sorte alors que tu voyages ?

 

Si je te parle ainsi, c'est que l'autre matin,

En regardant monter ta belle flamme ronde,

Je crus ouïr ceci, qui me parut chagrin :

"Ah ! Quel rude métier que d'éclairer le monde ! "

 

Va, ne sois plus amer, janvier te vengera :

Tu ne devras alors que d'infimes journées,

Et ta clarté tardive à son tour trouvera

Nos foules avant l'aube aux travaux retournées.