Quelle différence entre la poésie d’aujourd’hui et celle de

mon enfance, si réglée et rythmée…  Les plumes de notre

époque croient-elles vraiment gagner en qualité et liberté ?

 

                           Par François LÉGER

 

 

Contrairement à ce que pensent certains lecteurs de ce site, je ne fais en aucun cas partie de ces gens ayant décidé une fois pour toutes que la poésie actuelle n’a aucun intérêt et ne vaut même pas que l’on s’y attarde le moins du monde ! Non, ce n’est pas parce que je suis un prosateur que je devrais rejeter toute autre forme d’écriture, mais a contrario ce n’est pas parce qu’un auteur estimerait faire de la « Nov/Poésie » que nous devrions, vous tous et moi-même, nous ébahir et ébaubir, nous montrer stupéfaits par tant de talents nouveaux dont les textes ne manquent parfois pas de curiosités sous prétexte d’alimenter une nouvelle forme d’écriture…

Tant dans un sens que dans l’autre, il faut savoir raison garder…

Ne prenons pas pour argent comptant tout ce que peut nous dire un de ces jeunes talents (l’expression argent comptant est ici tout à fait celle qui convient) pour vivre « de son art »

Je me souviens en effet d’un Salon du Livre auquel j’ai participé dans le Midi, manifestation qui m’avait fait rencontrer l’un de ces jeunes talents de la « Poésie d’Aujourd’hui » qui ne vendait pas de livres mais trois feuilles de format 21X29,7 agrafées pour 10€. Dans une allée, il interpellait les visiteurs en leur expliquant qu’il avait eu je ne sais plus trop quelle maladie dans son enfance, maladie qui, lorsque l’on en guérit, donne un pouvoir permettant de se projeter dans l’avenir…

Ce garçon avait l’air très sérieux et vendit force « trois feuillets pour 10 euros" alors que tous les écrivains restaient dans leur coin sans que leurs livres ne changent de place… ! A tel point que notre jeune pythonisse termina ses deux jours de Salon le premier jour à midi ! Pourquoi ne pas avoir profité de tout ce temps pour refaire des photocopies qu’il serait venu proposer plus tard au cours du Salon ? Etait-il à cours de papier ou d’encre ou de nouveaux arguments pour faire de nouvelles dupes ?

Voilà de quoi il faut se méfier et je dois vous avouer avoir eu le sentiment d’être dupé à plusieurs reprises, dans le numéro que vous avez chez vous de « FLORILEGE »,  N°167, dernier paru, sous une très belle couverture : « Les gardiens » de NIQUILLE.

 

Florilège juin 2017

 

 Toutefois, je me garderai bien de faire la critique de tel ou tel texte tout en conservant mon libre arbitre et en ne voulant pas vous duper moi-même. D’ailleurs, je ne suis pas là pour faire la critique de ce numéro, mais bien plutôt vous donner mon sentiment ici ou là. C’est dire que, dans ce que nous avons appelé jusqu’ici « recension » du travail que j’ai sous les yeux, je ne me sentirai aucunement obligé de parler de tel ou tel texte mais bien plutôt de vous donner mon avis ici ou là.

Toutefois, lorsque je rencontre un poème d’une trentaine de vers, sans le moindre signe de ponctuation, même pas de point final qui eût alerté le lecteur de la fin de cet écrit, je pense avoir le droit de m’interroger sur ce joli poème dont l’auteur n’avait d’ailleurs même pas trouvé de titre tout en le signant et en le déposant en « copyright ». Ceci indique la grande ouverture d’esprit de l’auteur, fière de ses lignes, qui n’accepterait probablement pas la moindre critique…

Ayant rencontré ensuite un petit texte que mon petit cerveau n’est pas arrivé à décrypter - j’entends par là : trouver la substantifique moelle – j’ai été rassuré en trouvant dans l’adresse du site de l’auteur le mot « poémienne » que seules les initiées connaissent !

En revanche je remercierai Madeleine MONTUPET-FALCE de son poème, sans m’occuper de savoir s’il répond ou non aux règles de la poésie classique, tant il me semble important de par son contenu : si tous les enfants de notre beau pays de France avaient un tel esprit et les jeunes adultes une même volonté de connaissances et la véritable envie de travailler, notre beau pays se relèverait des cinq ans que nous venons de passer…

 

Poètes… et beaux coups de plumes…

 

Arrivés pratiquement à la moitié de ce numéro de « Florilège » sans s’en apercevoir, on peut constater que la poésie et les poètes ont régné en maîtres tout au long de ces pages, ce qui devrait satisfaire ces auteurs qui pensent être toujours mal servis dans les revues de création littéraire et artistique !

Il est vrai qu’arrive une nouvelle : « Dans la lune » par Annie LAMBALLE et que la poésie ne règne plus en maître ! Toutefois, en tant qu’auteur de nouvelles, je poserai tout de suite la question : Est-ce vraiment une nouvelle ?

Certes, nous avons là un texte bien construit et correctement présenté, mais il y manque les envolées d’une nouvelle tout en étant d’une réelle richesse.

Puis les poésies se font de nouveau voir !!! Honnêtement, ne serait-ce point trop Messieurs les Poètes ?  Que nenni me direz-vous en me parlant de la « Fable d’Ashoka l’empereur » et je ne serai pas capable de vous contredire sur ces lignes – dont je ne veux pas savoir si elles relèvent de la Poésie Classique ou non – Ceci en raison de la qualité de l’auteur dont on peut se demander s’il nous emmène dans un autre monde avant que nous ne nous posions la question « Est-ce vraiment un autre monde ? » Toujours est-il que la fin, inattendue, est superbe …

Elle est tellement belle que je ne veux en priver personne et reprendrai les trois dernières lignes de ce texte :

« La beauté,

« Où qu’elle prenne  naissance

« Est la seule vraie puissance ».

On ne peut que remercier Alain MARCHAND  de nous avoir présenté cet empereur indien du troisième siècle avant J.-C.

                            

Autres créations

 

Sur le plateau tournant d’un théâtre, on ferait ensuite tourner les têtes vers un récit de Khaled YOUSSEF intitulé « Réfugiés chez un Syrien » avant de retrouver deux pages en quadrichromies comme dans les numéros précédents.

Mais, avant, vous pourrez lire encore deux poèmes, l’un de Khaled YOUSSEF, l’autre d’Alain CLASTRES ainsi qu’un texte de Caroline CLEMENT dont le titre va tellement de soi que je ne m’étais même pas aperçu de son absence en première lecture… Pourtant, la forme littéraire n’est pas ici à vanter, mais l’idée développée l’est avec force réalisme : notre passage de plusieurs vies sur cette terre.

Cette idée qui fait souvent se gausser vos amis est ici présentée de manière intéressante : point de Livre des Morts Tibétain, point de Livre des Morts Égyptien qui semblent souvent irréalistes mais que l’auteur, tout comme moi, doit avoir dans sa bibliothèque… Non, c’est plus simple que cela : l’auteur s’intéresse d’abord aux différentes vies que nous vivons tous lors d’un passage sur terre. Sans penser à votre retour sur terre après votre mort, lisez le texte de Caroline CLEMENT.  Si vous  n’êtes pas convaincu, vous penserez certainement que cela mérite une très sérieuse réflexion…Réflexion qui est  la mienne depuis plus de quarante ans et qui est, bien évidemment, passée par la lecture des deux livres précités et bien d’autres ouvrages dont certains sont aussi convaincants que les feuillets agrafés de notre participant au Salon du livre évoqué précédemment… 

Laissons Caroline CLEMENT méditer et admirons les pages 28 et 29 très bien montées. Une mise en page très claire et aérée nous apportant l’oxygène que nous attendions : une réelle qualité visuelle s’ajoutant au contenu (dont de très belles illustrations).

 

 Qu’est-ce qu’une poésie mineure ?

 

 Puis nous entrons vraiment dans le monde de la poésie avec deux pages et demie d’explications de Dina SAHYOUNI qui s’attaque à une question importante: « Qu’est-ce qu’une poésie mineure ? ». Voilà une question sérieuse qui rappelle l’existence du « bas latin » dont on nous parlait autrefois au lycée… Ce propos est suivi, bien évidemment, de plusieurs poèmes avant d’entrer dans « Les chroniques, critiques et notes de lecture »

 Voilà, ici, quelques points de vue intéressants dépassant le nombrilisme de chacun qui est souvent bien trop présent. Je pense ici au poème dont je vous ai parlé, poème dont l’auteur a cru bon de le mettre sous copyright, pensant certainement qu’il passerait des siècles et des siècles… Je vous avouerai pour ma part que mes livres ont été déposés, à l’état de manuscrit, au service dédié de la Société des Gens de Lettres de France, dont je fais partie depuis une trentaine d’années, mais que cela ne m’empêche pas d’en retrouver de larges extraits sur certains sites Web ! Mais n’est-ce pas aussi  - si l’on reste correct (il y a des lois) quant à la longueur des extraits -  une publicité pour un livre ?

 

Poésie, te voilà revenue ?

 

Nos amis poètes, qui se plaignent toujours d’être les mal-aimés de la presse en n’y ayant pas la place méritée, sont de retour dans « Les chroniques, critiques et notes de lecture » en débutant « Sous le soleil de poésie » par un article de Michel LAGRANGE qui se demande : « La poésie a-t-elle une fonction ? ».

Pour ma part, j’ai ensuite été intéressé par un article du responsable de la revue, Stephen BLANCHARD, et son titre : « Un vent de poésie » alors que je pense avoir été pris, à travers ces pages, par un véritable « Tsunami de poésie » dont certains poètes auront eu quelques difficultés à sortir vivants tout en ayant crié au secours auprès de Stephen BLANCHARD dans un numéro précédent… Comme quoi notre pythonisse, dont je me suis moqué au début de cet article, existe peut-être…

Toujours est-il que, si j’évoque ce secours demandé à Stephen BLANCHARD, ce n’est pas par hasard mais uniquement parce que j’ai vu les plaintes fort nombreuses de jeunes poètes contre les médias qui ne savent pas apprécier leur génie…  Toutefois, j’avouerai qu’il en est ainsi sur ce site qui ne met en ligne que des poèmes classiques, cela faisant partie de notre charte élaborée avec des prosateurs et des poètes.

Mais, soyons sérieux : dans ce numéro de « FLORILEGE », que de place pour les poètes alors que j’ai vu peu de nouvelles, contes, etc…

Toutefois, on ne peut pas regretter la présence de certains textes, par exemple, cette présentation que fait Louis DELORME  d’un travail de Jeanne CHAMPEL-GRENIER : « Le ciel est bleu, ma mère est belle »… Ainsi trouve-ton, dans les pages suivantes « chroniques et notes de lecture » des poètes que nous découvrons ainsi que des revues  comme « Libellé », mensuel de poésie, présenté par Louis DELORME.

Nous partons ensuite pour un autre monde, celui de la science-fiction, avec la chronique de Jean CLAVAL. Voilà un monde que je ne connais pas - tout comme, je le suppose certains d’entre vous – et je serais heureux d’être initié par Jean CLAVAL et par Internet tout à la fois…

La « Chronique huronnique » de Louis LEFEBVRE, évidemment présente, a la malchance de débuter par un magnifique mastic typographique. Malheureusement, voilà une chose qui arrive, un jour ou l’autre, à tout auteur de l’écrit.

L’ouvrage se termine ensuite par des chroniques et notes de lecture comme à son habitude…ainsi qu’un récit-témoignage dont nous nous ferons ici l’écho dès que possible.

Je pense que la revue a, ici, gravi une marche mais qu’il ne faudrait pas qu’elle se laisse envahir par nos amis les poètes, la création artistique et littéraire n’étant pas uniquement de la « Nov/Poésie », comme j’ai appelé ce nouveau venu. De toutes manières, les responsables de cette revue devraient recevoir commentaires et desiderata de ses lecteurs… Je les lirai, comme beaucoup, avec intérêt…

 

RECEVOIR LA REVUE OU S’ABONNER : tous les renseignements nécessaires vous seront donnés en contactant le responsable : aeropageblanchard@gmail.com