Trop de bons petits textes littéraires

se veulent être des nouvelles sans

en présenter les règles minimales...

 

XYZ Christiane Vadnais

En vous annonçant la sortie du N° 130  de XYZ.La Revue de la Nouvelle, nous n'avions pas pu vous parler réellement de Christiane Vadnais, lauréate du concours XYZ 2017, mais vous avez la chance de de trouver ce texte dans son intégralité dans ce N° 131 !

Chance pour l'auteur mis en vedette comme ici et difficulté pour moi car il est bien évident qu'il est bien plus facile de faire la critique d'un recueil que celle d'un seul morceau littéraire - d'ailleurs fort court - qui demande certes la même attention, mais présente un sérieux piège pour celui qui fait la recension.

Un sérieux piège au-dessus duquel beaucoup de critiques ne manquent pas de passer et se bornent à résumer l'ouvrage en question ou à faire un travail à partir de nombreuses citations. Je ne ferai ici ni l'un, ni l'autre car, étant moi-même écrivain, je connais les conséquences que cela génère sur les ventes en librairies ou dans les Salons.

Pour moi, une nouvelle est un peu comme un roman policier: le lecteur ne doit pas deviner la chute de l'ouvrage trop tôt et c'est une des raisons pour lesquelles, lorsque j'écris une nouvelle, je la fais souvent à deux niveaux de lecture. Tout d'abord une bonne (?) petite histoire, ensuite un texte de fond souvent réalisé à partir d'un thème philosophique... Cela a fait dire à un de mes amis éditeur :"Tu es terrible... On est à la campagne, on va au marché hebdomadaire où - étonnement - on retrouve Platon"...

Si ce n'est pas systématique, j'ai retrouvé - avec Christiane VADNAIS - un auteur qui n'hésite pas à faire ce genre de choses et cela me plaît... Surtout lorsqu'il est difficile d'imaginer la "chute finale" très tôt dans le texte.

Voilà le livre qui part dans ce sens. Nous sommes dans les airs, plus exactement dans un avion  dans lequel le personnage principal me semble être cette dame chargée de s'occuper d'une enfant non accompagnée, Kimiko, tandis que "Ses collègues s'étranglent de panique à propos du passager Belaïd, Mohammed, siège K32". Et d'expliquer : "On m'avait confié Kimiko,comme ça, sur un coup de tête, et je n'avais pas soupçonné ce qu'elle allait faire déferler en moi... Tout ce qu'elle ouvrirait de vannes dans mon esprit engourdi par les années de service".

Cette dame ne s'occupe pas de l'intérieur de l'avion, elle semble n'avoir qu'une chose en tête: "On m'avait seulement demandé de livrer la petite en un morceau à son père, là-bas, à l'aéroport"

Si l'avion se pose  sans problème à Tokyo-Narita, le père n'est pas au rendez-vous et l'aventure n'est pas terminée...