09 novembre 2009
Concours de poésie de Château-Thierry
Le Cercle de Montpellier du Conservatoire littéraire du Languedoc-Roussillon rime avec succès...
La ville de Château-Thierry (Aisne) organise, chaque année, des manifestations à la mémoire de son illustre fils, le poète Jean de La Fontaine. Ses habitants appellent
celles-ci, avec une affectueuse familiarité, "Les fêtes à Jean".
Concerts, lectures publiques, spectacles et défilés en costumes d'époque rythment joyeusement un week-end complet.
A ces réjouissances s'ajoute la remise solennelle des prix du Concours international de fables qui honore la partie la plus populaire de l'oeuvre de cet auteur. Cette année, le premier prix a été obtenu à la fois par Edmonde FAUCON, de Montpellier, et par Michel MARTINEZ, de Mauguio, tous deux membres du Cercle de Montpellier (Hérault) du Conservatoire Littéraire du Languedoc-Roussillon.
Voici les deux textes ayant obtenu ces distinctions.
L'homme qui voulait mourir
Par Edmonde FAUCON
Un vieil homme chenu, miné par le grand âge,
Attendait tristement son ultime voyage.
Il avait tout perdu d'avoir vécu longtemps.
Il était sans amis, sans femme, sans enfants.
Il n'attendait plus rien ici-bas de la vie,
N'avait aucun désir et pas la moindre envie.
Il se plaignait sans fin d'un pitoyable sort,
Puis vint à souhaiter que survienne la mort.
"Que fais-je encore ici, languissant sur la terre,
Quand tout bonheur me fuit et que je désespère?
Quand verrai-je la fin de tous ces mauvais jours?
Ah! je n'aspire plus qu'au repos pour toujours."
Or, voici qu'un matin, dans son lit, il s'attarde,
Et voit à son chevet s'avancer la Camarde
Qui se penche vers lui, sa faux dans une main,
Et lui dit: "Me voici, tu seras mort demain.
- Quoi! sursaute le vieux, pourquoi partir si vite?
- N'est-ce pas ton souhait? A mourir je t'invite;
Tu seras plus tranquille au tréfonds du tombeau."
Un rayon de soleil, puis le chant d'un oiseau,
A ce moment précis rappellent à notre homme
Que le printemps est là, que notre vie, en somme,
Est bien plus agréable en ce matin vermeil
Que le noir qui l'attend sans espoir de réveil.
"Allons! retire-toi; j'ai fait un triste songe!
Qu'importe mon état, je veux qu'il se prolonge.
Je préfère souffrir longtemps dans la clarté
Que le repos sous terre et pour l'éternité;
Retourne d'où tu viens et surtout ne t'avise
De revenir bientôt, cela quoi que j'en dise!"
Ainsi bien des humains mécontents de leur sort
Préfèrent-ils la vie à la plus douce mort!
La mouche recevait la louange de dieux,
Lorsqu'une mouche bleue et grasse de sanie,
Se jugea par ce coup victime d'avanie,
Et tint cette harangue aux habitants des cieux:
"Quel beau mérite, je vous prie,
Vaudrait à l'abeille, ma soeur,
Plus qu'à moi-même, cet honneur?
Suis-je pas légère comme elle?
Ne fends-je pas l'air de mon aile?
N'ai-je pas, comme, elle, un doux chant?
Ne piqué-je pas le méchant?"
L'abeille n'entend point; dans sa hâte zélée
A chercher en tous lieux son précieux butin,
Peu sensible aux honneurs de l'auguste assemblée,
Elle vole déjà dans l'air frais du matin,
Parmi les champs fleuris de lavande et de thym.
Mais voici qu'au coeur de la ville
Un caniche accroupi répand sa trace vile,
Ornement incongru d'un paisible trottoir
Où le pied du rêveur souvent se pose et glisse.
Notre mouche aussitôt s'y porte avec délice,
S'y plait, s'y plonge, il faut la voir,
Et de tant de splendeur s'étonne et s'émerveille.
L'hilarité des dieux secoue alors le ciel:
"Voyons de cette fleur ce que sera le miel,
Et tu pourras briguer les lauriers de l'abeille."
Comme l'insecte immonde, ainsi plus d'un mortel
Se croit digne en tout point de la faveur divine:
Tel faiseur de chansons pense égaler Racine,
Tel barbouilleur de murs se prend pour Raphaël.
20 octobre 2009
Nouvelle 2009 de la Ville du Mans
Le 1er prix est remporté par un biologiste belge: Jean-Paul COUTELIER
Les organisateurs du Prix de la Nouvelle 2009 de la Ville du Mans ont été heureux de voir l'ampleur qu'ont prise, cette année, ces joutes littéraires puisqu'ils ont reçu 178 nouvelles dont quatre de Belgique, deux de France d'Outre-Mer, une du Québec et une d'Afrique.
Et, Anne-Marie Gillet - qui a bien voulu nous servir d'intermédiaire pour nous donner ces informations et les illustrations ci-jointes - de nous préciser: "Nos trois lauréats sont de grande qualité, tant par leurs nouvelles que par leur personnalité. Le premier prix a été attribué à M. Jean-Paul COUTELIER, un biologiste belge, pour sa nouvelle < Le dernier des Coronas > que vous pourrez bientôt découvrir et apprécier sur le site de la ville du Mans.
"Le deuxième prix est allé à M. Yvon
MONET, un photographe de Nérac, dont vous pourrez trouver les photographies sur Internet. Notons qu'il expose actuellement à Cholet. Sa nouvelle < Félix > raconte la mésaventure d'un prestidigitateur qui s'est fait disparaître par mégarde...
" Enfin, c'est un jeune cinéaste de Paris, M. Paulo TREMAR qui a obtenu le troisième prix pour sa nouvelle intitulée < Ronflements >, l'histoire tragi-comique d'un homme qui assassine sa femme parce qu'elle ronfle... "
Voilà donc un beau palmarès et les organisateurs nous ont déjà déclaré : "L'aventure recommence pour nous l'an prochain" en nous envoyant d'ores et déjà le règlement que nous mettrons en ligne dès le mois de novembre...
Sachez tout de même, dès maintenant, que le thème en sera: "Rencontre avec un être, un événement, un objet...".
25 juin 2009
Lauriers littéraires
Les 33° "Jeux floraux" des Pyrénées Cathares ont couronné cette nouvelle...
My-Laï
Par Jacques DEFOLIE
Une ambiance feutrée, silencieuse, troublée par instants par une conversation de voix étouffées. Des hommes et des femmes, qui marchent à pas rapides dans des longs et larges couloirs blancs aux larges portes numérotées et fermées. Une odeur aux relents de pharmacie règne dans ce silence ambiant. Parfois, des hommes habillés de bleu des pieds à la tête passent en poussant un lit à roulettes où gît une forme inerte sous des draps immaculés. Des visages indéchiffrables dont on ne sait si c'est celui d'un homme ou une femme. Le teint est cireux, les yeux fermés la plupart du temps et la tête est couverte d'un bonnet bleu clair qui accentue encore la pâleur de cette figure de cire.
Une porte s'ouvre et se referme silencieusement. Un homme en blouse blanche, le stéthoscope autour du cou en est sorti, la mine soucieuse. Sur la poche gauche de sa blouse, à hauteur de poitrine on peut lire "Clinique des Cyprès - Dr Valentin". Bien nommée la clinique, pour ces immenses cyprès qui l'entourent de leurs hauts fuseaux noirs, tranchant sur le ciel si bleu du Midi, comme des points d'exclamation. D'un pas nerveux, le Dr Valentin traverse le couloir et entre dans un bureau sur lequel une petite plaque répète les mêmes mots qui figurent sur sa poitrine. Il se laisse littéralement tomber dans un fauteuil de simili cuir et, d'un geste las, décroche un téléphone.
"Oui... Robert? Je suis bien embêté pour le cas de la chambre 22... Je n'y comprends rien. Ce malade souffre de quelque chose que je ne connais pas...
" Les examens? Ils ne révèlent rien de spécial. Disons que, pour un homme de plus de quatre-vingts ans, ils sont normaux. Température? A peine 38... Tension régulière à 14/7, ce qui me semble également normal. Ce qui me semble anormal, c'est la maigreur de cet homme et cette espèce de coma dans lequel il est plongé... J'y ai pensé à la cachexie mais ça ne tient pas...
" Pourquoi je t'appelle? Tu as fait des séjours en pays chaud, il me semble... Il faudrait que tu fasses un saut pour voir ce patient... Palu? Non, il ne fait aucun écart de température. Je t'assure, je ne comprends pas... Les filles... Elles s'en occupent bien, mais elles sont comme moi, elles ne comprennent pas. On se demande ce que nous avons là comme malade. Alors, j'ai pensé à une maladie exotique. D'après ce que l'on sait, il aurait fait un long séjour en Indochine dans les années cinquante. Sous toutes réserves... Nous en serons sûrs quand on aura reçu son dossier médical de Lille où il a vécu avant de venir ici. Bon! Tu viens dès que tu as fini ton tour dans ton service... D'accord, je t'attends... Ah oui! Une dernière chose, sa fille arrive de Paris ce matin..."
Le docteur raccroche le téléphone d'un geste machinal et il se plonge dans le mince dossier qu'il a sur son bureau. Et, une fois de plus, il explore les résultats des divers examens concernant ce patient alité depuis quatre jours dans son service. C'est l'aide-ménagère de ce vieux monsieur qui a alerté le SAMU. Elle l'a trouvé un matin, dans son lit, plongé dans un coma profond que rien n'explique. Strictement rien. Tout a été fait pour essayer de trouver de quoi il souffre. Rien! Le Dr Valentin, tout médecin réputé pour son savoir qu'il soit, y perd à la fois son latin et son grec. Il a beau se pencher sur les analyses sanguines, scruter les résultats un par un, tout y est normal. Chaque analyse faite depuis l'entrée de cette personne reste inchangée. Que ce soit l'hématologie, la biochimie, l'enzymologie, l'uricémie et autres paramètres, les chiffres restent les mêmes qu'à l'entrée.
Le vieil homme est dans un coma d'origine inconnue sans que son organisme ne révèle une quelconque anomalie. C'est une équation à plusieurs inconnues. Radios, scanner, IRM ne dévoilent rien qui expliquerait l'état de ce patient pas ordinaire. Chez lui tout est normal et l'impression que ressent Valentin fait que quelque chose a bloqué la vie de cette vieille personne. Comme une horloge dont le mécanisme tournerait toujours sans que les aiguilles bougent. La vie ne s'est pas arrêtée mais elle est comme en suspens.
*** *** *** *** ***
Patiemment, intrigué au plus haut point, le Dr Valentin se replonge une nouvelle fois dans le dossier. Si intensément qu'il n'entend pas le bref coup qui heurte sa porte et qu'il ne se rend compte de la présence du praticien qu'il a appelé à son secours que lorsque celui-ci tousse pour attirer son attention.
"Ah! C'est toi, Robert. Je ne t'attendais pas si vite. Je regardais encore une fois les résultats...
"Regardons ça ensemble, il y a quelque chose qui a dû t'échapper... Ça m'étonnerait de toi, mais on ne sait jamais..."
Familièrement, Robert contourne le bureau de Valentin et vient s'appuyer sur l'épaule de ce dernier. Ensemble les deux médecins compulsent, regardent avec la même attention, avec la même tension, le dossier de ce patient énigmatique. Tout y passe, analyses, radios, CD du scanner. Les moues dubitatives succèdent aux moues dubitatives. Debout, côte à côte, ils examinent avec soin les moindres images, les clichés de toutes sortes, consultent et reconsultent les feuilles d'examen.
"Rien! Rien de rien... C'est à se demander si...
"Attends, Valentin! Pas de conclusions hâtives. Les analyses toxicologiques on va le refaire, on ne sait jamais...
" Mais c'est aussi négatif que tout ce que tu as sous les yeux. Toxicologie, parasitologie, tout a été analysé. Même l'air expulsé... RIEN! Tu comprends ce mot RIEN!
Valentin s'est presque mis à crier ce mot "rien".
" C'est une énigme. Voilà pourquoi je t'ai demandé de passer. Pour que tu regardes, parce que moi, je n'y comprends plus rien. Je n'ai jamais vu ça..."
Prenant son homologue par le bras, il l'emmène presque de force dans la chambre qui est devenue la 22 du mystère parmi le personnel hospitalier. Dame! Voir un professionnel comme Valentin sécher sur un cas est d'une telle rareté que certains s'en réjouiraient presque. Et pour qu'il ait appelé Robert, le plus calé de toute la clinique, après lui bien sûr, c'est que vraiment "il pédale dans la semoule" a dit l'infirmière en chef. C'est vrai qu'elle ne peut pas le sentir mais quand même...
Quand ils entrent tous les deux dans la chambre, une jeune infirmière est en train de prendre la tension du vieux monsieur. D'un ton bref, Valentin demande: "Alors?", "14/7 comme d'habitude...", "Tu vois, ce que je t'ai dit..." Robert s'approche et sa grande silhouette passant devant la fenêtre fait une zone d'ombre sur le corps étendu.
" Bon Dieu, qu'il est maigre..
" D'après l'aide-ménagère, cela fait des mois qu'il est maigre comme cela. Mais, fait étrange que je ne comprends pas, il pèse pas loin de soixante-dix kilos...
" Tu te fous de ma gueule ou quoi... ?
" Non, regarde sur sa fiche, il a été pesé à l'entrée...
" Ben ça, ce n'est pas banal... Je vais l'ausculter.. On va bien voir...
D'un geste sec, d'un geste de praticien, Robert découvre entièrement le malade et lentement, patiemment, remontant des pieds à la tête il examine de manière très attentive le corps du vieil homme. Celui-ci fut de grande taille et il a dû être assez musclé à ce qu'il peut voir. Pas le plus petit espace n'échappe à ce contrôle scrupuleux visuel augmenté du passage du stéthoscope. Quand le Dr Robert se redresse un air de quasi stupéfaction est posé sur son visage. Et la seule chose qu'il peut dire c'est: "Ben, ça alors... Ce type est un dilemme".
" Ah! Tu vois que j'ai raison...
" La seule chose que j'ai pu voir c'est ça... Et il montre une fine cicatrice de quelques millimètres, comme une griffe. Une toute petite griffe à peine visible dans le haut du bras. Dans la peau un peu ridée du vieil homme on la distingue à peine.
" Valentin, tu avais vu ça?" Et ce disant, le Dr Robert pose son doigt sur la très légère et ancienne cicatrice. Et il reste interdit de ce que déclenche son geste. Le malade, qui jusqu'alors n'avait jamais réagi à quoi que ce soit, a un léger gémissement et un souffle sort de ses lèvres. Un faible soupir, comme un appel.
" Qu'est-ce qu'il dit ?
" J'sais pas! Je n'ai rien compris...
" Essaie de nouveau, pour voir...
" J'ai encore mon doigt dessus mais il ne réagit plus à la pression...
*** *** *** *** ***
Valentin se tourne vers l'infirmière qui est restée là et lui demande d'un ton bref: "Nicole, allez me chercher un scalpel et tout ce qu'il faut pour pratiquer une légère intervention. C'est peut-être là que se situe ce que nous cherchons."
La jeune femme part en courant pendant que les deux praticiens se regardent sans rien dire. La clef de leur problème est sans doute là et leur science, pour le moment prise en défaut, va peut-être trouver la solution au problème posé par le bonhomme qui est devant eux.
Délicatement, minutieusement, l'opération se fait avec un soin tout particulier. Une légère incision à l'endroit de la cicatrice révèle la présence d'un kyste minuscule. A peine plus gros qu'un gros grain de blé. D'un scalpel précis, après l'avoir retiré de là où il se trouvait, le Dr Robert ouvre la masse un peu graisseuse. Il trouve à l'intérieur un infime morceau de quelque chose d'indéfinissable. Comme un débris d'allumette ou s'en approchant. Une sorte d'esquille d'une matière indéfinissable.
Le bruit d'une paire de ciseaux tombant sur le sol alerte les deux médecins en train de s'interroger sur la signification de ce qu'ils viennent de découvrir. La jeune infirmière est devant eux, l'air désolé, les bras ballants. Elle est d'une pâleur alarmante. Ce qui fait ressortir un tout petit peu une origine lointaine.
" Que vous arrive-t-il? C'est la vue du sang qui vous fait cet effet là? Il faudra changer de métier mon petit...
"Non, Docteur, c'est ce que vous avez trouvé dans le bras de ce vieux monsieur....
" Ce bout de bois... Mais ce n'est rien... Une épine dans le bras...
" Non, c'est beaucoup plus que cela...
Et soudain, sous les yeux stupéfaits des deux médecins, la jeune femme se met à pleurer. De grosses larmes coulent sur ses joues et elle semble plongée dans un chagrin profond. Le vieil homme n'a pas bougé depuis l'incision et Valentin termine le pansement que la chute des ciseaux lui avait fait interrompre. Le Dr Robert a un geste d'impatience et c'est un peu sèchement qu'il demande à la jeune femme : "Vous pouvez m'expliquer ce qui vous arrive... ?"
" Cela ne se voit pas beaucoup, mais je suis d'origine vietnamienne par mon arrière-grand-mère. Elle était la femme d'un planteur de thé d'avant la guerre avec le Japon. C'était une fille des Hauts Plateaux du nord de ce qui s'appelait l'Indochine à l'époque. Elle et mon arrière-grand-père s'aimaient beaucoup et ne se sont jamais quittés. Elle m'avait dit que selon une légende Méo, un peuple des Hauts Plateaux, même s'ils se quittaient un jour, mon aïeul ne pourrait jamais l'oublier. Elle avait ce qu'il fallait pour cela...
" Et qu'est-ce que cela a à voir avec ce pauvre vieux....?
" On croit savoir qu'il a été là-bas. Maintenant, j'en suis certaine. Là-bas, quand une fille était amoureuse d'un garçon et qu'ils vivaient ensemble, afin qu'il ne l'oublie jamais, elle profitait d'un moment où il était endormi. Elle lui glissait alors, sous la peau, un mince éclat de bambou qu'elle avait d'abord trempé dans son propre sang. Pour être certaine qu'il ne se réveille pas, elle lui faisait boire auparavant une décoction de pétales de pavots...
" Bon d'accord. Et alors...
" Alors, ce vieux monsieur va mourir...
" Ah bon. Vous savez ça vous? Alors que nous nous demandons de quoi il souffre, que tous les résultats des analyses et autres sont bons, vous, vous savez qu'il va mourir. Vous êtes voyante ou quoi..?
" Non! Mais selon mon aïeule, celui à qui on avait fait cela pouvait vivre toute sa vie avec une autre femme sans que cela le gêne. Mais ce petit bout de bambou était là pour toujours et au moment où l'amoureuse sentirait le moment de sa mort venir, elle viendrait chercher son amant. Pour qu'il l'accompagne dans le grand voyage. Tout à l'heure, quand vous avez appuyé sur la petite cicatrice, il a murmuré quelque chose que, sur le moment, je n'ai pas compris. Maintenant je suis sûre qu'il a dit MY LAÏ...
"My Laï? Ça signifie quoi cela?
"Je ne sais pas bien, plus personne ne parle vietnamien dans la famille. Au bout de quatre générations... C'est peut-être un prénom ou alors ça veut dire "chérie". Je ne sais pas."
Durant tout ce temps le Docteur Valentin n'a pas dit un mot. Il est resté songeur et semble abîmé dans une profonde réflexion. Il tient la main du vieil homme dans la sienne et semble compter. Soudain, comme s'il se réveillait, il dit d'un ton neutre: "Robert, tu veux bien venir dans mon bureau. Vous, Nicole, vous allez rester près de ce patient. Ne le quittez pas, sous aucun prétexte. Et tenez -moi au courant de ce qui se passe".
En rentrant dans son bureau, Valentin se tourne vers son collègue et lui dit : "Je ne sais pas si nous avons bien fait de retirer ce petit bout de bambou. Depuis que c'est fait j'ai l'impression que notre malade va moins bien... "
" Non mais, qu'est-ce que j'entends là? Mais tu deviens fou ma parole. Il suffit qu'une jeune femme te raconte une histoire à deux balles pour que tu t'imagines que... Non mais, où est le cador de l'Université, de la Fac de Médecine... Le chouchou du professeur Langlois qui ne jurait que par ton esprit de synthèse et la sûreté de ton diagnostic. De ton pragmatisme aussi! Un futur patron, un savant, un génie de la science hospitalière qu'il voyait en toi. Mais tu ne vas tout de même pas croire à ces conneries de superstitions? Hein! Tu ne vas quand même pas croire à ses billevesées, j'allais dire à ces chinoiseries. Pas toi!"
Il a terminé son laïus en criant presque...
La porte s'ouvre brusquement et la jeune infirmière leur dit d'un ton navré: "Le patient du 22 vient de mourir..."
La fille du vieux monsieur confirmera que son père avait fait partie du corps expéditionnaire d'Indochine dans les années 50. Tout ce qu'elle savait c'est qu'il avait été chef de poste dans un village des Hauts Plateaux. Elle a trouvé un jour, par hasard, dans un vieux livre, une photo de femme. Une jolie femme aux yeux bridés. Au dos de cette photo, jaunie par le temps, il y a écrit, de la main de son père, MY LAÏ...
Séduit par cette curieuse nouvelle, François LÉGER a offert son dernier ouvrage - "Il n'y a pas d'âge" - au lauréat de ce concours, un lauréat à découvrir ci-dessous...
Jacques DEFOLIE: un auteur éclectique...
Par François LEGER
N'allez surtout pas croire que l'auteur de la "nouvelle" ci-dessus se cantonne dans cette forme d'écriture même s'il affirme avec force : "J'aime écrire des nouvelles. Ce style d'écriture me permet de conclure une histoire en quelques pages alors que j'ai fait quelques essais de romans restés sans suite". Une affirmation qui, bien évidemment, a stupéfait le nouvelliste que je suis car je pense, justement, que cette forme d'écriture a des règles très rigides qui ne permettent pas à l'auteur de "se laisser aller" sur le plan littéraire. Lorsque, maintenant - après avoir publié trois recueils de nouvelles (soit une cinquantaine de nouvelles!) - , je me mets à écrire, je n'ai plus envie d'être prisonnier de cette forme d'écriture et ai - comme on dit aujourd'hui - bien plutôt l'envie de < m'éclater >. Ceci prouve une fois de plus que chaque homme a ses amours...
Non, Jacques DEFOLIE, à la veille de devenir une plume octogénaire, est tout à fait éclectique tant dans ses lectures que dans ses écrits.
De fait, l'heureux lauréat de ce concours de nouvelles, un cadre commercial à la retraite ayant passé près de vingt ans dans l'armée de l'air, explique ainsi sa vie d'auteur: "J'écris depuis environ dix ans... après que l'on m'a offert un ordinateur pour mon anniversaire". Et, d'expliquer qu'il a fait des nouvelles, des contes de Noël, des poèmes et quelques fables avant d'ajouter: "J'ai également <commis > deux saynètes destinées à être jouées, pour la Fête de Noël, par les enfants du catéchisme de la paroisse protestante de Privas".
Passionné d'aviation - Tiens! Tiens! -; de lecture - Ô étonnement - mais aussi de musique classique et de théâtre (avec une petite préférence pour celui dit "de boulevard"), Jacques DEFOLIE a tout de même une particularité: celle d'écrire en français et en picard... "qui est ma langue régionale" dit-il. Particularité qu'il confirme en expliquant: "Je souhaite voir les langages régionaux enseignés - que ce soit le breton, le corse, l'occitan ou encore l'alsacien - car c'est pour moi un patrimoine qui est en train de disparaître."... Sachant cela, on ne s'étonnera guère de l'entendre expliquer: "Je suis venu à la nouvelle en français après avoir écrit des anecdotes et des nouvelles en picard." Et, de préciser : "L'une d'elles a reçu le troisième prix du Grand Prix de la Nouvelle en picard de l'Office Régional de Picardie en 2006.... D'ailleurs, plusieurs de mes anecdotes ou historiettes ont été publiées dans une revue tri-mensuelle entièrement en picard < Ch'Landron >..."
Il en est ainsi de la personnalité de Jacques DEFOLIE qui montre bien que l'on ne sait jamais qui est vraiment l'auteur d'un texte. D'ailleurs, pour revenir à cette nouvelle qui vient d'être primée et dont l'histoire se passe à l'endroit précis que nous montre Jacques DEFOLIE sur sa carte, vous pensez évidemment qu'il a en quelque sorte mis en scène une croyance de ce pays... Eh bien, pas du tout! M. DEFOLIE m'a affirmé que cette croyance n'existait que dans son imaginaire...
L'écrivain serait-il donc, devant sa page blanche, un autre personnage?
23 octobre 2008
Des plumes récompensées...
"Renaissance Française Nord/Pas-de-Calais":
palmarès complet du concours 2008
Si, dès le 8 octobre, nous vous avons fait part de la décision du président de "La Renaissance Française Nord/Pas-de-Calais" de jeter l'éponge, dans ce même article, nous vous avons promis la publication, le vendredi 24, du palmarès du concours 2008, le dernier malheureusement. Promesse tenue!
Le jury de "La Renaissance Française Nord/Pas-de-Calais" s'est réuni - dans une salle mise aimablement à sa disposition par le proviseur du lycée Paul Hazard à Armentières (Nord) - afin de déterminer le palmarès des oeuvres présentées à son concours littéraire 2008. Avant de détailler ledit palmarès, l'association a exprimé ses remerciements aux mécènes qui l'ont aidée financièrement ainsi qu'aux donateurs de livres de prix: Mairie de Lille, Ville d'Hazebrouck, Mairie de Steenvoorde, Ville de la Chapelle d'Armentières et la Communauté urbaine de Lille.
- Le Grand Prix a été attribué à "La Renaissance de Lens 1918/1932" de Ginette HAY. Ce remarquable ouvrage relate d'une façon méthodique la véritable résurrection d'une ville martyre systématiquement détruite par les Allemands lors de leur retraite en 1918.
-Le Prix d'Excellence revient à "Renoir, les mots pour le voir" d'Anne VANRENTERGHEM et à "Les grands tilleuls" de Véronique DEBUSSCHER.
- Le Prix Gérard DELOMMEZ va à "Chansons" de CRISTAINE. Cette oeuvre poétique a été remarquée par le jury pour son originalité, la qualité et la richesse dont témoigne l'auteur en tant que compositeur de musique et poète.
- Le Prix Yves RÉGNERY revient à l'ouvrage "11 contes" de Christine PRUVOT.
- Le Prix Spécial du Jury récompense l'ouvrage "La santé n'a pas de prix". Ce livre présente un bilan très complet de la santé en France. Les récits sont tour à tour émouvants, sévères ou cocasses et nous font rencontrer des personnages d'exception comme le Dr Schaffer ou Mme Simone Weil.
Voici, après les prix spéciaux, le palmarès général...
Section poésie
PRIX: "Rêveries scintillantes" de Brigitte CASSETTE; "Au fil bleu des mots" de Suzy DARRIBEHAUDE.
MENTIONS: "Amorescentes" de Laurent FAYEULLE; "Sonnet pour les mutines" de Christine DELTOMBE, une écriture sensible et une vision du monde d'étonnement et de fragilité; "L'éclat du silence" de Gérard LEFEVRE; "Crève-coeur" de Stéphane PRINCE: cet ouvrage met en valeur le style SLAM évocateur d'une nouveauté poétique rythmique.
Section contes
PRIX: "Petite mémé" de Guy VANHOLLEBEKE. Ce manuscrit met en valeur l'époque du charbon avec sa puissante humanité et ses douleurs. Les souvenirs remontent à la surface avec beaucoup de reconnaissance pour les "Gueules Noires".
MENTIONS: "Grains de folie" de Bernard TETTELIN. L'auteur est récompensé pour l'ensemble de son oeuvre (également trois romans); "Un petit monde bien surprenant" de Jacqueline ORTEGA.
Section romans
PRIX: "A fond la caisse" de Bernard TETTELIN; "Le chemin des Pathes" de Bernard TETTELIN: dans ce roman biographique à connotation chrétienne, l'auteur nous relate la vie de Clotilde, personnage ayant réellement existé. Torturée, accablée moralement et physiquement par un destin contraire, mais remarquable de courage, elle décide d'oublier quelque peu ses souffrances pour se consacrer aux autres. "Poker menteur" de Colette BOULANGER: roman noir bien ficelé; "Quand l'amour s'en mêle" de Hervé DUCROCQ : deux intrigues entrelacées retiennent l'attention du lecteur.
MENTIONS: "Le colocataire" de Bernard TETTELIN; "Du bout du doigt" de S. LAMBERT: le sujet s'inspire des feuilletons télévisés de notre époque.
Section Histoire-Géographie
PRIX: "Flandre noire" de Gilles WAREMBOURG: le récit baigne dans une atmosphère accablante résultant des souvenirs de la déportation du héros et des suites des événements (résistance, collaboration) se passant dans son village pendant la même période. Le " MAL" est en quelque sorte l'âme et le maître-mot de ce livre.
Section Mémoires
MENTIONS: "Histoire de neige et petit bonhomme" de Joël MAY; "Raconte grand'père, la guerre, l'as-tu connue?" de Gérard VAN DER LINDEN : recueil de témoignages évoquant la vie quotidienne et ses vicissitudes pendant l'occupation.
Section essais
PRIX: "Formes" de Jean-Pierre DROULEZ.
Section Théâtre
MENTION: "Résistance" de Casimir HELLE. L'auteur tente de réaliser, à travers une pièce de théâtre en quatorze tableaux une fresque sur la résistance dans le secteur de Somain/Fenain.
Informations destinées à tous les lauréats
Nous avons enregistré un certain nombre de réactions de membres de La Renaissance Française Nord/Pas-de-Calais et de lauréats de ce concours 2008 privés d'une remise de prix officielle (vous pouvez d'ailleurs en consulter quelques-unes dans la rubrique réservée aux commentaires).
Ces réactions sont pour regretter une telle décision du président de dissoudre purement et simplement l'association et nous demander s'il ne serait pas possible de remettre sur pied une société littéraire du même type qui pourrait également organiser un Salon du Livre dans le Nord. Il est bien évident que c'est une idée que nous ne pouvons qu'approuver.
Ayant eu un message de l'un des lauréats, prêt à se mettre au travail et désirant contacter d'autres lauréats voulant aller dans le même sens, nous demandant les adresses Internet de personnes se trouvant dans ce cas, il est évident que nous ne pouvons pas le faire. C'est une question d'éthique mais, avec un message des personnes intéressées indiquant qu'elles acceptent que l'on transmette de telles données, il est évident que nous sommes parfaitement d'accord pour jouer les "boîtes aux lettres".
De plus, dans le cas de la création d'une nouvelle société littéraire, nous sommes disposés à l'aider au maximum dans sa communication.
21 octobre 2007
Des plumes récompensées...
Le palmarès du concours 2007 de La Renaissance Française Nord/Pas-de-Calais
"La passion du social" remporte le Grand Prix
Nous avons publié sur ce site, dès le 1er juillet, le règlement complet du concours littéraire 2007 organisé par La Renaissance Française Nord/Pas-de-Calais, règlement qui a été consulté par de nombreux visiteurs tout au long de l'été.
C'est dire que nous devons à ces derniers - qui nous font l'amitié d'être fidèles - de pouvoir prendre connaissance, ici même, du palmarès de ces joutes littéraires. D'ailleurs, certains d'entre eux figurent peut-être parmi les lauréats.
Dans ce cas, ils auront été invités à la distribution des prix de ce concours littéraire annuel qui a eu lieu, hier samedi, dans la grande salle André Malraux à Lambersart (Nord).
On remarquera l'absence, dans ce palmarès, de la section "Nouvelles" et, pour ceux qui en seraient surpris, notons que nous ne publions ici que les "prix" obtenus en ne citant pas les travaux dotés d'une mention. C'est dire que les candidats ayant présenté une oeuvre dans la section "Nouvelles" n'ont eu "que" des mentions...
Si nous avons décidé ainsi de ne pas parler des mentions, c'est uniquement pour mettre davantage en vedette les plumes ayant obtenu des prix. Mais il convient tout de même de souligner - à l'intention des personnes qui se sont vu attribuer des mentions - la valeur de leurs travaux.
Dans tout concours littéraire, il y a les prix, les mentions (attribuées à des auteurs qui doivent persévérer parce que leurs plumes doivent leur permettre d'obtenir un prix) et tous les autres candidats dont les travaux n'ont pas été particulièrement remarqués par le jury. Ainsi ne publions-nous pas les noms des personnes ayant obtenu cette année une mention en espérant voir leurs noms parmi les lauréats recevant un prix l'an prochain ou à un autre concours.
Bien évidemment, comme nous l'avons fait l'an passé, nous présenterons en détail, dès le début de l'année 2008, l'ouvrage ayant obtenu le Grand Prix: "La passion du social".
Le grand prix a été décerné à l'ouvrage "La passion du social" de MM. Pierre Descamps et Florent Vanremortere. Ce recueil rassemble des communications ou des conférences faites aux sociétés savantes ou historiques de 1989 à 2004. Il constitue une somme considérable de recherches minutieuses, un vrai "travail de bénédictin". C'est un monument sur l'action sociale dans le Nord.
Le prix d'excellence a été attribué à l'ouvrage "La plume et le fusil" de Jean-Marie Alcalay. Ce travail de qualité repose sur une abondante bibliographie concernant les cinq écrivains qui ont participé à la bataille de Dunkerque en mai-juin 1940 et ont été mêlés à la célèbre opération "Dynamo". Ce livre se lit avec un intérêt soutenu.
Le prix Yves Régnery est revenu à René Burban pour son ouvrage "Sur les chemins de Saint-Jacques". Héritier des chansons médiévales, l'auteur nous invite à un pèlerinage sur les chemins de Compostelle. La lecture nous emmène jusqu'à la "Terre promise" des Jacquets. Merci pour ce voyage.
Le prix Gérard Delommez est remis à Jean-Pierre Payen-Thery pour l'ensemble de son oeuvre dans laquelle il évoque, entre autres, les enfants de Terezin et notre devoir de mémoire, ainsi que la région Nord/Pas-de-Calais avec ses luttes, ses drames et ses richesses.
Section "Poésie"
Christaine, de Villeneuve d'Ascq, a présenté deux recueils dans une écriture pleine de sensibilité, de joie et de tristesse. C'est le thème de l'espoir qui rythme sa vie et sa pensée intérieure.
Anne Varenterghem, de Bailleul, a eu l'idée originale, avec "Vincent" de jumeler chaque poème avec un tableau de Van Gogh. La portée poétique des textes correspond à ce que représentent les tableaux en indices subjectifs et objectifs.
Jean-Luc Lecaille, d'Achicourt, a proposé avec "Impératif présent" un recueil mettant en valeur la vie, l'amour et l'écriture. Par des citations de poètes, il évoque la vie, le temps, les rencontres, le bonheur et l'instant présent.
Bernard Tettelin, de Saint-André, a reçu un prix pour l'ensemble de son oeuvre. Il nous emmène dans un voyage au fil du temps pour aimer, se souvenir, supporter ou combattre la souffrance, pour évoquer sa famille et vivre sereinement, à l'heure du bilan, la fin du parcours sur notre terre. Nous retrouverons, ici même, dans la rubrique "Lu pour vous", Bernard Tettelin et son ouvrage "Les sursitaires", primé par l'Académie Poétique et Littéraire de Provence, le vendredi 16 novembre.
Suzy Darribehaude, avec "Éclats de vie", a écrit un très beau recueil de poésies dans lesquelles le rêve vient adoucir la solitude et les épreuves de la vie. La nature fait résonner l'écho de tout ce qui s'envole vers l'oubli, le hasard, ou l'espoir d'un renouveau.
Section "Romans"
Christophe Martin, de Lille, a écrit "Hors jeu" dans lequel il part à la recherche de son identité. Les différents personnages qui s'entrecroisent dans sa mémoire sont attachants, en particulier : le père. Il fait surgir par petites touches la petite enfance dans la mémoire. L'analyse est fine et le style agréable.
Gilles Warembourg, de Croix, propose un roman original sous le titre "Les escamoteurs". L'intrigue nous tient en haleine et évolue grâce à de nombreux rebondissements. Les références historiques et artistiques nous plongent dans le passé, mais les événements sont contemporains, ce qui permet une utilisation intéressante de la technologie de notre temps. Ce candidat a également écrit "L'oeil du calamar". Il est récompensé pour l'ensemble de son oeuvre.
Section "Mémoires"
Francine Teneur, de Dunkerque, a écrit "Mes voyages autour de Colette". Elle est allée à la rencontre des derniers témoins et familiers de l'écrivain. L'entreprise est originale, les témoignages inédits et émouvants.
Vladimir Gruheneuf est récompensé pour "Mémoires d'un médecin de campagne". Les faits rapportés semblent avoir été choisis en fonction de leur caractère étrange ou surprenant... Des aspects positifs!
Ginette Haÿ, de Loos-en-Gohelle, a remis en mémoire "Cinquante ans de chansons, soixante ans de bonheur". Dans ce minutieux travail consacré à André Hornez, parolier de renom né à Lens, l'auteur nous rappelle les moments forts de sa vie et répertoire. Ce travail ravivera les mémoires des moins jeunes.
Marguerite Tettelin-Legrain (oeuvre posthume) avait écrit "Histoire naïve d'une jeune fille de l'entre deux guerres" d'une beauté délicate et pleine de sensibilité.
René Dhaine, de Lacouture, présente "Route des terres". Une guirlande d'anecdotes illumine le pays de l'Alloeu et le Béthunois. On y apprécie les souvenirs d'un enfant attaché à sa terre et sa nostalgie discrète.
Section "Histoire-Géographie"
Robert Noote a écrit "Bergues Saint Winoc" qui est son seizième ouvrage. Celui-ci séduit par sa documentation, la recherche historique qui l'a inspiré, ainsi que l'évocation de ses paysages, de son économie et des gens qui y ont vécu.
Angèle Delmarquette a présenté "L'église Saint-Martin de Saint-Valérie sur Somme". C'est un travail très sérieux, bien documenté et rédigé dans un excellent style.
Patrick Antoniol et Jean-Pierre Ramette sont les auteurs de "Un terroir festif" dans lequel ils mettent en valeur "la fête", les traditions de l'Avesnois et de la Thiérache. Ces manifestations nous font découvrir la richesse de notre patrimoine septentrional.
Section "Essais"
Annick Ligoreau a présenté "Nounou", ouvrage dans lequel elle relate son expérience de l'éducation des enfants, pour seconder leurs mères qui travaillent.
Valery Coquant a réalisé "Les météores", travail dans lequel ils dissertent sur les destinées de trois personnages originaux: Romain Gary, Aristote Onassis et André Citroën. Le style est agréable, les trois destins originaux sont bien présentés.
23 juillet 2007
Emotion et Humanité...
Maurice DUSSOL reçoit le grand prix de poésie classique 2007 de l'Académie Poétique et Littéraire de Provence pour son recueil "Oeuvrettes"... "qui n'en ont que le nom"!
Tandis que, à l'extérieur, des cigales doivent être, très probablement, en train de striduler sans prêter attention aux oiseaux qui auraient bien tort, de leur côté, de ne pas chanter par cette belle journée de la fin du mois de juin baignée de soleil, l'ambiance monte d'un cran, en ce dimanche après-midi, dans la salle des Jardins des l'Idylle de Peypin (Bouches-du-Rhône)...
Quelque deux cents personnes sont ici réunies depuis le matin... Une matinée réservée à un Salon Littéraire permettant aux "Académiciens de Provence" (pour de plus amples détails à ce sujet, voir l'article que nous avons consacré, il y a quelque temps déjà, à cette bien sympathique et amicale société littéraire) de proposer - uniquement - des ouvrages édités et aux peintres d'apporter leur part de talent et de lumière à la journée...
Ces mêmes quelque deux cents personnes se sont ensuite retrouvées pour l'apéritif - bu avec modération! - et un excellent repas ayant précédé la dernière étape avant la remise des prix, étape franchie avec bonheur grâce à une chanteuse de rue qui a rappelé d'excellents souvenirs à bon nombre de participants à cette journée réunissant les nominés du Grand Concours Littéraire du Monde Francophone de l'An 2007 organisé par l'Académie Poétique et Littéraire de Provence, membres entourés de leurs familles et amis réunis pour la circonstance.
C'est d'ailleurs - bien évidemment - en raison de cette remise des prix que l'ambiance monte d'un cran, une remise des prix qui s'annonce imminente en voyant se lever le président de l'Académie, notre ami Roger Blanc... Un discours de circonstance du président qui insiste sur une certaine sévérité du jury pour les oeuvres présentées, sévérité sans laquelle les récompenses n'auraient pas la même valeur. Un discours du président sur l'importance de notre langue avant de rappeler les différentes sections dans lesquelles il était possible de concourir...
Puis, arrive le moment tant attendu faisant cesser quelque peu le brouhaha régnant dans la salle... Le moment tant attendu qui débute par l'appel du lauréat du Grand Prix de Poésie classique pour son recueil intitulé "Oeuvrettes": Maurice DUSSOL.
C'est alors que se lève un jeune homme - pourtant né en 1921 - un jeune homme alerte qui reçoit avec le plaisir qu'il sied cette récompense. Toutefois, on voit bien que l'homme est heureux, mais qu'il ne reçoit pas ici sa première récompense du genre!
Il est vrai que ce jeune habitant de Montpellier a reçu une éducation et une instruction qui lui ont permis d'obtenir le baccalauréat de Lettres Classiques, puis Philosophie, avant la débâcle de 1940! Inscrit à la Faculté de Lettres de Montpellier pour une licence de Latin-Grec, Maurice DUSSOL aura probablement longtemps regretté de devoir interrompre ses études pour intégrer les chantiers de jeunesse d'où il fut emmené en Allemagne au titre du travail obligatoire avant de réussir à rentrer en France où il fera une belle carrière.
Mais il faut surtout - en dehors de cet important bagage pour l'époque - insister sur le fait qu'il fut attiré, dès son plus jeune âge par un goût pour la poésie "qu'il voulait la plus sensible et la plus classique possible" insiste-t-il! Un goût qui ne l'a jamais quitté depuis.
Que dire de l'oeuvre primée après la dédicace de Nathalie Lescop-Boeswillwald, docteur en histoire de l'art, qui écrit: " <Oeuvrettes> qui n'en ont que le nom car nous nous trouvons là en présence d'un poète sensible et Ô combien talentueux... qui manie alexandrins, césures et autres règles de prosodie avec virtuosité... Auteur classique dans la forme et contemporain dans le fond..."? Que dire?
Tout simplement le remercier de nous avoir fait cadeau des deux poèmes que nos lecteurs trouveront ci-dessous, deux poèmes qui prouvent que l'homme est attaché à la poésie classique et qu'il est sensible aux problèmes de notre temps... Après une première lecture de ces deux pièces, il convient en effet de réfléchir au message donné en cette période où chacun veut une totale liberté pour ses vacances, en ne pensant qu'à lui et pas assez à tous ceux qui l'aiment...
Merci, Maurice et... à très bientôt!
François LÉGER
Pour une lecture plus confortable de ces deux très beaux poèmes qui concernent la plupart d'entre nous, il suffit d'un clic de souris sur l'un ou l'autre pour l'amener à une dimension normale dans une nouvelle fenêtre.
04 novembre 2006
Récompenses...
La qualité dans la diversité avec La Renaissance Française Nord/Pas-de-Calais!
Présidente du jury du concours littéraire 2006 de La Renaissance Française Nord/Pas-de-Calais - dont nous nous sommes déjà fait brièvement l'écho dans cette même rubrique "A l'honneur" - Mme Simone Bonnet vient de nous faire parvenir le palmarès complet de ces joutes littéraires.
Sans pouvoir publier ce palmarès dans son intégralité, nous sommes heureux de présenter ici, succinctement, les cinq prix ayant été attribués toutes sections confondues. Cinq prix avec le commentaire idoine pour chacun fait par M. Jean-Pïerre Michaux, président de cette société littéraire.
Le Grand prix a été attribué à Elisabeth Cousin, de Vieux-Berquin (59), pour son ouvrage "L'archet de l'espoir". "Il s'agit d'une réflexion sur les conséquences de la Shoah dans un ouvrage dédié à un ami ex-déporté, violoniste. L'auteur y dépeint le rôle nécessaire de la mémoire, la puissance de la foi en Dieu, la survivance d'un humanisme différent, davantage lié à la spiritualité que par le passé."
Le Prix d'Excellence revient à Josepha Nowqrita, de Lens (62), pour son récit "Ma vie en noir et blanc". "Ce récit exalte les valeurs du travail, de la persévérance, de la volonté, du courage. Histoire d'une fille d'émigrés polonais avec le noir du pays minier et le blanc du travail hospitalier. Le texte nous tient en haleine, l'écriture est belle".
Le Prix Gérard Delomez revient à Patrick Montois pour son oeuvre "Les larmes du sable". "Dans ce recueil poétique, la langue française est bercée par une élégance dans le choix des mots et la musicalité de la versification. La fonction poétique du langage nous réconcilie avec < le Bien Ecrire > dans son essence, son fondement et son âme."
Le Prix Yves Régnery revient à Caroline Vandaele pour son livre "Hier, j'étais un bébé". "Ouvrage éducatif pour l'apprentissage dans la joie de la lecture et de l'écriture. C'est un véritable enchantement pour l'oeil et l'oreille en présentant les lettres de l'alphabet et les chiffres de un à vingt. Les textes en vers mettent en scène des animaux familiers ou exotiques dans des petites histoires qui plairont aux jeunes enfants (et aux grands enfants que nous sommes)".
Le Prix Spécial des Nouvelles a été attribué à François Léger pour son recueil "Les comptes de l'amour". "Il présente des personnages mal aimés ou mal aimants engagés dans une relation destructrice pour les individus comme pour la société".
20 octobre 2006
Un essai et des nouvelles récompensés...
Des auteurs de la région Nord/Pas-de-Calais mis à l'honneur
La remise des prix 2006 du concours annuel de "La Renaissance Française Nord/Pas-de-Calais" a été marquée, d'entrée, le samedi 14 octobre, salle Malraux à Lambersart (Nord), par une courte intervention du président de cette structure régionale.
En l'écoutant, chacun a été très vite persuadé que notre langue est un patrimoine à nul autre pareil. Lisez plutôt!
"A l'heure où vient de se terminer la rencontre des pays francophones autour du président Chirac, notre association de défense de la langue française, qui, je me permets de vous le rappeler, fut fondée par M. Maurice Schumann, la voix de la France à la B.B.C. pendant la deuxième guerre mondiale, ministre du général De Gaulle et enfin membre de l'Académie française, nous choisissons - quant à nous - de défendre cette langue française bien défigurée en encourageant et en récompensant les auteurs de la région Nord/Pas-de-Calais qui, à nos yeux, le méritent.
"Du roman au conte, en passant par la poésie, l'essai philosophique et la monographie historique, sans exclure a priori aucune forme d'écriture - dès l'instant où celle-ci respecte la syntaxe et n'accumule pas les fautes d'orthographe - aucune forme d'écriture donc n'est a priori exclue de notre concours annuel.
"Nous sommes persuadés que, tout comme les oeuvres d'art ou l'architecture, la langue française est un patrimoine qu'il nous faut défendre et sauvegarder, et qu'en outre une bonne connaissance du français sera toujours pour la jeunesse française un atout supplémentaire pour trouver un emploi. En effet, comment imaginer qu'un curriculum vitae, truffé de fautes diverses et variées ou de solécismes en tout genre puisse être retenu par un employeur éventuel? Le génie français passe inévitablement par sa langue qui n'a pas été choisie au hasard pour être la langue de la diplomatie et, qui plus est, demeure au sein de l'Europe la seconde langue officielle avec l'anglais.
"Notre combat pour la défense et l'illustration de la langue française ne nous semble donc pas un combat d'arrière-garde, mais bien plutôt un combat pour l'avenir, un combat indispensable pour que continue à vivre ce patrimoine culturel, ce trésor inestimable que nous ont légué nos prédécesseurs.
"Mesdames et Messieurs, je vous remercie d'être présents, aujourd'hui, pour honorer nos lauréats".
Parmi ces lauréats figurait notamment Elisabeth COUSIN qui a enseigné la philosophie au lycée Saint-Jacques d'Hazebrouck (Nord) durant trente ans.
Pour son "essai sur le travail de mémoire d'Auschwitz à nos jours" intitulé "L'archet de l'espoir", Elisabeth COUSIN a reçu le Grand Prix 2006 (une distinction réservée à un ouvrage publié et arrivé en librairies).
La présidente du jury, Mme Simone Bonnet; et le président nordiste de La Renaissance Française, M. Jean-Pierre Michaux, nous ont dit tout l'intérêt qu'ils avaient attaché à ce livre bien évidemment axé sur la Shoah.
Pour notre part, nous nous réservons de reparler de cet ouvrage, dès le début 2007, à l'occasion de l'ouverture d'une nouvelle rubrique sur ce site... C'est ainsi que "L'archet de l'espoir" inaugurera ce nouveau lieu de rencontres intitulé "Lu pour vous".
Dans un tout autre genre, même s'il n'est pas exempt d'une certaine philosophie et est considéré par certains critiques comme un essai, le manuscrit "Les comptes de l'amour" a valu à son auteur - François LEGER, journaliste à "La Voix du Nord" durant plus de trente ans et retiré aujourd'hui dans le sud de la France - le "Prix spécial de nouvelles" 2006.
Vous pourrez découvrir le thème de ce manuscrit - qui attend de devenir livre - dans la rubrique "De l'écritoire à la librairie?".



