13 octobre 2009
Coup de gueule
Et, si l'on redécouvrait l'hygiène élémentaire?
Par Daniel PAGNIEZ
S'il n'y figurait pas déjà, il faudrait l'y ajouter au livre des inventions... "On" vient d'inventer le savon! Mais oui ! C'est la grande découverte dont les médias parlent, la révélation qui va sans aucun doute nous aider à lutter contre ce fléau qui nous guette chaque année avec plus ou moins de vigueur, j'ai nommé: la grippe, sous toutes ses formes!
Qu'il est bon, qu'il est salutaire de se "laver les mains" nous répète-t-on inlassablement dans une campagne d'avertissements par petit écran interposé. De ces annonces - et jusqu'à présent - on s'en "lavait les mains", si j'ose dire! Mais avec quoi? Avec rien? Gloire au savon que l'on nous passe pour nous rappeler les bienfaits de la propreté! A-t-on "Les mains sales" depuis la lecture des écrits d'un philosophe de l'<existence> ? Semblerait-il qu'un oubli de l'entretien de notre fonction essentielle de préhension soit passé de l'être au néant? Ce n'est pas du propre!
Il est vrai que les temps ont changé. J'ai souvenir des visites - jadis - du docteur de la famille dont la première préoccupation était de se laver les mains et de demander une serviette propre avant tout examen, de mes parents qui exigeaient des mains propres avant de passer à table, de mes enseignants de la petite école qui vérifiaient l'état de nos mains avant le début des cours... et, en particulier, ceux d'hygiène que l'on nous inculquait alors! Qui se soucie d'un passage au lavabo avant de quitter les toilettes?... Tout cela aurait-il disparu pour qu'il faille rappeler sans cesse : "LAVEZ-VOUS LES MAINS" pour ne pas être pris en grippe? Il m'arrive de râler contre cette abolition dans la conscience de certains - et ils sont si nombreux - de mes contemporains qui négligent cette maxime, cette règle élémentaire de conduite essentielle! Éducation, où es-tu ? Et, déjà, ce simple respect de soi-même, sans parler du respect des autres qui a bien piteuse mine aujourd'hui!
De nos jours, le docteur de jadis est secondé par une infirmière. Vous proposent-ils l'un et l'autre d'user de votre salle de bains pour un rapide lavage de leurs mains, même pour une simple piqûre, ces mains qui ont tutoyé tant d'endroits non aseptisés avant de vous rendre visite? Ne disposent-ils plus au préalable de leurs actes d'un simple flacon d'alcool, simple antiseptique comme la savonnette, chez vous ou dans leur cabinet de consultations ? Dans les centres hospitaliers, l'actualité nous interpelle de temps à autres sur les maladies nosocomiales. Ne serait-ce pas la conséquence d'un manque de sévérité d'hygiène d'un milieu ayant échappé à une stérilité locale élémentaire? Fort heureusement, nombre d'établissements appliquent avec rigueur le principe de précaution, mais qu'en est-il des autres dans lesquels l'on se rend avec confiance? Ces maladies ne devraient pas voir le jour !... Il est fort louable d'inciter les populations à faire preuve de civisme à l'approche d'une grippe annoncée plus ou moins virulente. La recommandation de porter la main ou un écran de papier devant la bouche lorsque l'on tousse ou de se moucher dans un mouchoir en papier est une excellente disposition pour autrui... Mais, dîtes-moi, que faire du papier souillé ? Où le jeter ? Où trouve-t-on les rares corbeilles prévues à cet effet pour s'en libérer? J'ai souvenir aussi d'un slogan qui couvrait tous les murs: "Cracher à terre c'est attenter à la vie d'autrui", c'était une excellente mise en garde. Qu'en est-il aujourd'hui? Je peste souvent à la vue de projections, çà et là, des mucosités de la bouche par des jeunes ou des moins jeunes!
Encore une fois, tout ceci ne provient que d'une pâle et irrespectueuse éducation !... La lutte contre la grippe est l'affaire de tous!
06 août 2009
Coup de gueule...
Dix ans de moins? Quelle déception!
Par François LÉGER
Reçu, récemment, chez un beau-frère et une belle-soeur, l'un des membres de ma belle famille s'est brutalement adressé à moi en me disant : "Tu sais, je viens de relire ton premier livre..."... Voilà qui commençait à m'inquiéter lorsque Jean-Louis a ajouté: "Eh bien, finalement, tu pourrais le faire rééditer aujourd'hui car il est encore d'actualité... Il ne faudrait surtout pas changer ton titre - < Un pays à deux vitesses? > ni ton sous-titre < Morale des médias et moral des Français >, voilà un livre que tu as sorti il y a déjà un certain nombre d'années et dont je comprends maintenant pourquoi il a obtenu le prix de l'essai de La Renaissance Française Nord/Pas-de-Calais... Quant à ton entretien à ce sujet avec Martine MAULEON sur la chaîne "Demain!" (Canal+) dans l'émission "Si on changeait...", il me taraude parfois l'esprit car je me demande si tu ne serais pas quelque peu pythonisse..."
C'est bien évidemment une conversation qui m'avait d'autant plus fait plaisir que ce livre est paru à la fin de l'année 1999 - dix ans déjà! - et que, depuis, je m'étais pris à feuilleter mon ouvrage de l'époque en m'apercevant que, effectivement, en actualisant les chiffres concernant le montant du SMIC (à l'époque il y en avait quatre!) et des diverses allocations possibles, sans oublier les salaires moyen et médian des Français, mon ouvrage était - malheureusement - encore tout à fait d'actualité!!!
"Pourquoi, me direz-vous, vous parler de cela brutalement aujourd'hui?"... Eh bien, tout simplement parce que j'ai vécu, ce matin, une des scènes dont je parlais dans ce livre, une scène toute simple dont les conséquences sont énormes pour notre pays! Les conséquences sont énormes parce que cette scène se reproduit bien évidemment à des millions d'exemplaires...
De fait, voulant remplacer le téléviseur se trouvant dans ma cuisine et ayant mérité de la patrie après plus de vingt ans de bons et loyaux services, j'ai cru tout simple de me rendre dans un magasin d'électroménager pour acquérir l'objet désiré. J'ai tout d'abord fait le tour des différents appareils en démonstration et me suis arrêté sur deux modèles me convenant parfaitement. Mais, après avoir trouvé l'objet de mes désirs, j'ai eu bien du mal à trouver un vendeur des objets comblant mes désirs.
Finalement trouvé, ce brave (?) jeune homme m'a emmené à un bureau où il a tenté de chercher le produit convoité sur son ordinateur et a subitement rejeté violemment la souris qui le faisait grimacer par son manque de fonctions... Nous sommes allés alors à un autre bureau: "Le premier modèle, Monsieur, nous n'en avons plus"... Je risquai : "Et le second?" avant de m'entendre répondre : "Il n'y en a plus, retournons voir les autres modèles"... Le temps de me lever et ce brave (?) vendeur m'a dit: "Vous n'avez que de vous débrouiller pour commander sur Internet" avant de disparaître définitivement du magasin!!!
M'adressant à un autre vendeur, je me suis entendu répondre : "J'ai autre chose à faire, je suis occupé" avant de trouver une accorte jeune femme qui - au contraire de ses collègues - m'aurait bien vendu tout le magasin... si celui-ci avait été approvisionné: "Je suis désolée, mais nous n'avons pratiquement rien en stock. Vous commandez et, dans une petite semaine, vous serez livré"... Finalement, j'ai acheté LE modèle en stock!!!
J'ai cru rêver car j'étais en plein dans mon essai socio-économique, écrit en 1998, dans lequel j'expliquais le drame de comportements comme ceux de ces vendeurs qui sciaient la branche sur laquelle ils étaient assis puisque si le magasin ne vendait plus suffisamment, il serait amené à faire des compressions de personnels. Compressions de personnels après lesquelles nos deux vendeurs auraient retrouvé des forces pour casser le matériel de leur patron qui est aussi leur outil de travail!
J'étais en plein dans mon essai socio-économique dans lequel j'expliquais que les entreprises devaient avoir un minimum de stocks pour une raison toute simple: si un très grand magasin luxembourgeois téléphone, un samedi, pour avoir x téléviseurs, c'est "pour manger tout de suite" et si l'entreprise française ne peut pas faire face, notre Luxembourgeois se tournera vers un autre pays!
Ces données économiques étaient évidentes en 1999 et, si vous regardez la télévision, vous verrez qu'elles le sont encore aujourd'hui... Alors, franchement, en me retrouvant, ce matin, avec dix ans de moins, je me suis mis à penser de nouveau qu'il y a sûrement quelque chose à faire: changer les mentalités et "remettre les gens au boulot" avant que l'irréparable ne se produise... Je sais qu'en écrivant cela, on me "traitera" de "Pro-Sarkozyste", ce que je ne peux pas être puisqu'il m'a pris mes idées!!! Je disais en effet en substance, en 1999, à la télévision: "Il faut remettre les gens au travail, que tout le monde se mette autour d'une table, gens de gauche et gens de droite, que l'on discute et trouve les solutions adaptées à la situation actuelle.... Les Pays-Bas l'ont fait et les résultats sont évidents". Et, Martine MAULEON d'avoir le mot de la fin : "Quel beau programme... Je vous souhaite bon courage...".
Vous voyez bien que ce n'est pas toujours drôle d'avoir dix ans de moins...
05 juillet 2009
Coup de gueule...
Un phénomène acoustique
Par Daniel PAGNIEZ
Un retour râleur sur la SANTÉ? ... Oui ! Parlons-en! Parlons du "SON" qui me fait souvent râler! Le SON, comme chacun sait, est une onde de compression dont la fréquence s'exprime en hertz, disons de 16 à 20 pour une oreille humaine moyenne mais je veux m'élever contre son intensité trop souvent agressive dans notre monde "moderne" qui se dit se rapprocher de la "Nature". Cette intensité exprimée en décibels s'échappe de nos jours vers des sommets intolérables. N'oublions pas que des dommages irréversibles détériorent l'oreille à partir de 85 décibels, jusqu'au seuil de douleur à 130 décibels. De cette intensité qui va crescendo dans notre vie de tous les jours, je dirai que le mot "bruit", détestable, se substitue au mot "SON" dévalorisé.
Comment comprendre une certaine jeunesse au seuil de l'infirmité? Comment ne pas se révolter devant ces excès de décibels qui inondent les discothèques, les concerts d'artistes à la mode, ou pire, dans ces "rave-parties" où le vacarme, le charivari, le hourvari annihilent les échos "normaux et soutenables" des diffuseurs de musique et de chants? Comment accepter le choix de ces inconscients, béats et heureux, calés dans leurs véhicules truffés d'enceintes acoustiques dont le SON, pardon, le BRUIT, géré au maximum se répand bien au-delà de leur voie de circulation?... Et ces autres sans éducation, adeptes d'échappement libre de leurs machines à deux-roues, qui se font un plaisir de pousser leurs pétaradantes détonations de jour comme de nuit? Continueront-ils à "avoir de l'oreille"? ... Et tous ces accessoires audiophones contraires à la musicothérapie, récepteurs de SON, que d'aucuns se soudent à l'oreille avec force décibels?... Les spécialistes de la Faculté ont de beaux jours devant eux... avec l'aide des contribuables! L'inconscience de ces casseurs d'oreilles me fait râler. A quoi sert une réglementation mise en place par des textes de lois pour incivisme notoire peu réprimé?
Je râle encore sur ces décibels subitement multipliés que le petit écran se plaît à m'imposer à certains passages d'annonces de futurs programmes ou, plus désagréables encore, d'annonces publicitaires, m'obligeant à jouer de ma télécommande pour baisser la puissance du SON. Les consommateurs potentiels, sollicités sans cesse, deviendraient-ils "sourds" aux offres commerciales pour qu'il faille "parler plus haut" ? Je me remémore cette ancienne affiche publicitaire montrant un marteau enfonçant un coin de fonte dans un crâne, avec ce slogan: "Enfoncez-vous bien çà dans la tête". A cette époque, ce n'était pas une "pub" mais une "réclame"... sans clameur intempestive!... J'ajouterai encore cette tendance de certains "ingénieurs du SON" qui s'emploient à hausser la tonalité musicale du fond sonore des films proposés en salles ou à la télévision dans lesquels les dialogues sont parfois à la limite d'une bonne audition!...
Alors, j'élève le ton à mon tour par ce coup de gueule contre cette délirante montée en puissance du SON, perturbatrice à plus d'un titre dans tous les domaines, qui ne semble pas émouvoir les foules et qui les dirige sournoisement vers l'infirmité. Font-elles l'âne pour avoir du SON à la tonalité... destructrice? Le constant progrès de la technique en la matière, auquel j'applaudis, ne doit pas engendrer des dérives irréparables de SANTÉ! Je crains que pour certains, cela soit déjà trop tard! Ma révolte tombera-t-elle dans l'oreille d'un sourd?
Je me répète sans doute... J'avais déjà manifesté ma mauvaise humeur et grogné sur les insouciants à propos de leur SANTÉ qu'ils s'imaginent inaltérable et immuable... Qu'ils fassent l'effort, ceux-là, de s'affranchir de timbres "surtaxés" qui ne visent qu'à recevoir l'oblitération de leur audition!
08 juin 2009
Coup de gueule...
Ce Droit de Vote que l'on abandonne!
Par Daniel PAGNIEZ
Parlons de ce Droit de Vote à l'abandon que d'aucuns chassent d'un revers de la main, de cette légion d'abstentionnistes irréfléchis qui font fi d'un pouvoir d'exception fondamental, de tous ces "pêcheurs à la ligne du dimanche" dénués de civisme, de ces citoyens qui s'étalent dans leurs balbutiements et bredouillent dans leurs mécontentements à longueur de journée sans user de leur droit d'expression dans l'urne. Je grogne contre cette attitude indigne et irrespectueuse envers ce pouvoir d'expression.
Je rappellerai aux amnésiques que, de 1791 à 1848, seuls les citoyens redevables d'un impôt direct avaient le droit de vote. En 1848, le suffrage universel masculin a été autorisé, sauf pour les militaires et 1944 a vu ce droit de vote accordé aux femmes. La fin de la seconde guerre mondiale a posé le retour du suffrage universel pour l'ensemble de la population, exception faite pour les militaires de carrière qui ont été les derniers citoyens à obtenir le droit de vote en 1945. Alors! Imagine-t-on aujourd'hui le seul droit d'aller voter aux seuls contribuables masculins? Interdire ce droit d'expression aux exclus conduirait à coup sûr à des révoltes de la rue avec ses barricades!... Comment oserait-on restreindre les Droits de l'Homme ? Je rejette ces citoyens étranges qui ne reconnaissent pas ceux qui ont lutté pour être reconnus dans leur droit d'électeur, qui ont arraché cette nécessité de fondement d'une meilleure Société plus démocratique.
Je râle contre ces râleurs à la conscience défaillante, contre leur négligente attitude dans leur civisme, contre leurs absences de décisions. Quels que soient l'enjeu et le mode de scrutin, mon regard porté vers l'abstentionniste, je dirais plutôt absentéiste, sera toujours sombre et réprobateur. L'abstentionniste, le vrai, celui qui aura signé le registre des inscrits au bureau de vote aura ma considération. Il aura usé de son droit capital, même par son bulletin blanc. Quant aux autres, ceux qui, évaporés et ronchonneurs, se complaisent du clapotis du bord de leur cours de vie alors que certains font l'effort de modifier les remous du grand fleuve dit "tranquille", ceux-là me font râler. Ce ne sont que des profiteurs égoïstes de Société pris en défaut d'altruisme et de respect pour leurs anciens qui ont jeté des bases de démocratie... N'évoquons pas le cas de force majeure qui retient l'électeur éloigné des urnes.
Je ne suis pas pour le vote obligatoire et sanctionné pour indiscipline. La contrainte serait la pire des choses envisageables. L'adulte doit rester adulte et maître sensé de son comportement sans entrave à sa liberté d'action. Mais que diable! Ce n'est pas une galère d'aller voter! Des générations vont suivre: quel regard porteront-elles sur une désinvolture d'avenir de certains de leurs géniteurs? Construire ou modifier ses lendemains est une obligation et ce droit de vote est un trésor trop écorné aujourd'hui.
Je râle contre le désintérêt des absents, contre leur manque d'effort à se manifester par un déplacement utile dans les opérations électorales. Leur passivité me désole. Et pourtant, leur avenir en dépend. Resteront-ils les éternels "assistés"? Ces "absents" n'ont aucun droit à la critique dans des orientations de gouvernance. Et pourtant la critique les occupera comme toujours!
18 mai 2009
Coup de gueule
Arrêtons de fermer les yeux et laisser faire: il est temps de juguler une certaine société...
Par François LÉGER
On a longtemps voulu nous faire croire que la société dans laquelle nous vivons en ce début de XXI° siècle était la conséquence d'un certain Mai 68: c'est dire que les générations d'aujourd'hui nous imputent - à nous sexagénaires -tous les problèmes de la société française d'aujourd'hui! Certes, nous avions alors vingt ans et les rêves de la jeunesse, mais cela ne nous a pas empêchés de très vite comprendre que, pour avoir une chance de réaliser ces rêves, il nous fallait relever nos manches et prendre nos responsabilités: ce que nous avons fait pour la plupart d'entre nous et ce qui aurait dû laisser à nos enfants des outils de travail en état de marche et une société française dans laquelle il fait bon vivre... C'est dire que je refuse d'endosser la responsabilité d'une Société qu'il faut sans nul doute imputer à des générations nous ayant suivis...
Car, les générations qui sont la cause de cet invraisemblable laisser-aller à la fois des adultes et des jeunes sont celles qui ont trente, quarante, voire cinquante ans tout au plus... Ces générations auxquelles on a laissé croire que nous allions vers la civilisation des loisirs et que le travail était un gâteau qu'il fallait se partager sans trop en abuser.... Trente-cinq heures? C'est passé, on en voit les résultats! Trente-deux heures? C'est le voeu d'un ancien candidat à la présidence de la République: ce n'est pas passé et l'économie ne s'est donc pas écroulée derechef! Mais le problème est que la plupart de ces générations auxquelles on a promis qu'elles auraient tout sans efforts l'ont cru béatement!!! Pourtant, sur la route du Paradis terrestre, elles ont eu un feu orange qui aurait dû les alerter: François Mitterrand avait promis que le nombre de chômeurs n'atteindrait pas le million sous sa mandature... et il fut de plus de deux millions...
Combien de Français - parmi ces générations - ont-ils conclu que l'on pourrait vivre sans se casser la tête, sans faire le moindre effort, sans prendre la moindre responsabilité, y compris vis-à-vis de leurs enfants pour lesquels ils ont délégué l'éducation aux établissements scolaires... C'est tellement plus facile de faire faire aux autres ce qui est de notre ressort! Mais combien d'hommes et de femmes ont ainsi laissé toute liberté à leurs enfants en comptant sur les autres pour faire leur éducation? Quelle facilité de laisser toute liberté à ses enfants en ayant ainsi soi-même toute liberté...
Cependant, cette liberté se paye aujourd'hui par l'existence d'une société qu'il faut s'empresser de juguler! Pour ma part, je ne plains pas les parents qui, ayant refusé de s'occuper de leurs enfants, ne peuvent rien en tirer aujourd'hui: pour avoir fui leurs responsabilités, ils sont aujourd'hui privés de toute autorité! Je dirais que "C'est bien fait" mais ce qui est beaucoup plus grave est que ces jeunes soient - pour nombre d'entre eux - immatures, oisifs, sans rêves, abhorrant toute contrainte et détestant le seul mot de "travail". Voilà une entité de personnes à laquelle il faudra s'intéresser afin qu'elle ne puisse pas vivre en étant à la charge de ceux qui travaillent, tous ceux qui travaillent...
Mais, le plus grave est cette liberté totale laissée à ces enfants qui, aujourd'hui, ne savent pas vraiment ce qui est mal et ce qui est bien, ces enfants qui vivent dans un monde virtuel grâce à tous ces jeux vidéo pour lesquels les parents ne sont même pas conscients que leurs enfants font une addiction, une addiction qui peut mener à la catastrophe. Ils ont tous les droits, alors pourquoi s'étonner aujourd'hui de lire notamment (dans "Le Figaro" de ce jour) ces rappels de la violence des enfants: début janvier, un professeur est blessé à coups de couteau par un élève de 18 ans; dix jours plus tard, un élève de 12 ans entaille la joue de son enseignant d'un coup de ciseaux; en mars, le directeur d'un lycée privé est attaqué au canif; vendredi dernier, un collégien de 13 ans blesse son enseignante à l'aide d'un couteau de cuisine, etc.
Et de ne pas faire mention ici de toutes ces menaces avec armes par destination faites aux enseignants à l'aide d'un compas ou d'un cutter qui sont d'autres réalités tout aussi inquiétantes... On est ici en droit de se poser la question de l'introduction de ces armes dans les établissements scolaires et ce même numéro du "Figaro" s'y intéresse largement...
Mais, cette violence s'exprime partout: souvenons-nous que, à la suite d'une bagarre à l'extérieur d'un établissement scolaire, un garçon de 16 ans est mort poignardé par un jeune de 19 ans mercredi dernier!
Quelle société tous ces jeunes nous préparent! Une Société dont je ne veux pas, une Société qu'il faut juguler... Ne parlons pas du jeune de 19 ans dont le cas relève de la Cour d'Assises, mais bien plutôt des plus jeunes. Personnellement, je trouve normal que le jeune de 13 ans dont il est fait état ci-dessus soit incarcéré dans un établissement pour mineurs et le regret de cette décision par son avocat soulignant que l'adolescent est "pétrifié, paniqué par ce qu'il a fait" ne me touche en aucun cas... Le gosse n'a pas volé un stylo à un copain!
S'il est évident que cette violence est alarmante et exige des mesures rapides et dures de l'Etat, si la sanction doit être proportionnelle à la faute, je reste persuadé que les parents devraient partager cette sanction visant ces mômes de 12 ou 13 ans pour de tels faits. Ces parents comprendraient certainement ainsi leur responsabilité vis-à-vis de la Société qui ne peut pas tolérer cette pente savonneuse... De plus, en médiatisant ces sanctions infligées aux jeunes et à leurs parents, je suis persuadé que certaines générations d'adultes comprendraient leur devoir d'autorité et de responsabilité qui est le leur envers leur progéniture...
14 mars 2009
COUP DE GUEULE...
La SANTÉ ? Le plus grand des trésors!
Par Daniel PAGNIEZ
"Coup de gueule" à l'adresse - hélas! - d'une frange de mes concitoyens qui semblent ignorer la richesse de ce mot majeur, obscurci par leurs sempiternelles prétentions, exigences, réclamations, revendications... A-t-on fait fuir pour eux du dictionnaire ce mot SANTÉ, état physiologique de ce qui est sain? "Coup de gueule" à l'adresse de tous ceux qui se plaignent à longueur de journées et râlent sur tout, pour tout, alors qu'ils possèdent ce capital de SANTÉ qu'ils oublient dans leur égocentrisme. Ils ne se départent pas de cette attitude trop bien française, je l'avoue, de grogner à tout propos.
Ils maugréent sur le temps, le climat, les contraintes, les impôts, les lois, le gouvernement... - et ce, depuis toujours - bien calés dans leur SANTÉ qu'ils estiment inaltérable. La précarité sanitaire, la maladie ou le handicap des autres ne les effleurent pas ou... si peu. Ne devraient-ils pas avoir la pédale douce dans le véhicule de leurs récriminations? Ceux que la SANTÉ abandonne parfois brutalement, temporairement ou définitivement, n'ont que faire de matamores, de beaux parleurs, de syndicalistes passéistes, d'élus, de membres de partis politiques, ces locuteurs atteints de psittacisme, un genre de maladie pourtant! Je reconnais sans retenue le "droit opposable à protester" lorsqu'il est juste et exprimé à bon escient - par exemple le coût de la vie, sujet éternel! - mais il me répugne quant il ne s'agit que de faire "réchauffer" des idéologies sectaires, éculées, d'un autre temps!... Lorsque la SANTÉ déserte, l'affligé n'en a que faire!
Arrêtez de fulminer pour tout et pour rien et penchez-vous sur l'inconfort, la souffrance, la douleur, l'affliction de ceux qui réclament cette SANTÉ qu'ils louent comme le plus grand des trésors. L'inestimable valeur de la SANTÉ reçue au berceau ne doit pas se jouer à la roulette russe!...
Je râle à mon tour contre ces "ados", cavaliers inconscients des dangers sur leurs deux-roues, le chef sans protection, qui slaloment entre les automobiles... Je m'insurge contre ces destructeurs de SANTÉ, ces jeunes plus âgés qui sortent de concerts tonitruants, de "rave-parties" ou de "discothèques" dans l'ivresse de paradis artificiels de l'alcool ou de la drogue édifiés par des ruffians sans scrupules... Je pense également à ces "irresponsables" insouciants des dangers dans leurs amours non protégées! Je peste aussi contre ces décibels distillés avec excès par les "baladeurs", les enceintes acoustiques de tous ordres, néfastes, et pourvoyeuses de hourvaris, étriers de la surdité pour une génération irréfléchie... La jeunesse a des excuses, peut-être, mais l'a-t-on éduquée sur sa mine d'or qu'est la SANTÉ?...
Les réparations de SANTÉ coûtent cher et coûteront cher à la Société!... Le conducteur sauvage, sans maîtrise de son véhicule, a-t-il effacé le mot SANTÉ de son vocabulaire, pour lui et pour autrui? Cependant, il n'est qu'un exemple de combien d'autres comportements dénués de respect, de sagesse, de civisme, d'art de vivre! Que de douleurs et de larmes sans cette notion élémentaire d'éducation, de prudence, de réflexions, d'intelligence et de sagesse, segments de SANTÉ.
La SANTÉ s'échappe souvent sans crier "gare!", abandonnant son rôle de sentinelle du bien-être, au hasard, chez tout individu se croyant solidement campé à l'abri de tout accident de la vie! Mais, qu'elle est belle cette SANTÉ lorsqu'elle existe!... Alors qu'elle est affligeante lorsqu'on lui propose un éventail d'agressions inopinées ou provoquées! Cette fantastique richesse est le premier accessoire de notre vie à surveiller, beaucoup semblent l'ignorer et détournent le regard devant ceux que le destin a malheureusement affectés.
Le soleil de la SANTÉ devrait éclairer certains esprits, être l'instructeur de ce mot si riche à incruster dans leur mémoire et se faire l'écho de bienveillance envers ceux qui ont à supporter leurs pathologies, certaines parfois lourdes, voire incurables. Que ces fâcheux réfrènent leur ardeur dans leurs protestations superfétatoires lorsque la SANTÉ les habite! D'aucuns se battent pour la défendre. Qu'ils fassent la même démarche, avec l'effort de penser à la condition d'être de leur prochain et je leur octroirai le droit à protester à bon escient.
19 octobre 2008
Coup de gueule: "Vous dites culture?" Vous plaisantez!
TF1 samedi soir...
Arrêtez de massacrer la langue française!
"Français: La grande interro!" ?
Une véritable chienlit!!!
Par François LÉGER
Le supplément "TV" de "Var-Matin" avait rendu une émission de TF1 assez alléchante pour tous les amoureux de notre bonne vieille langue de Voltaire, cette langue que je défends constamment avec véhémence car elle est le ciment de notre nation.
De fait, j'avais lu: "Ce soir, Laurence Boccolini et Jean-Pierre Foucault proposent aux téléspectateurs de tester leurs connaissances sur la langue française dans un grand jeu interactif et familial diffusé en direct. Quarante questions pour faire le bilan de ses connaissances. Sur le plateau, plusieurs générations s'affrontent au cours d'une compétition amicale et bon enfant à laquelle se prêtent également six personnalités. Bernard PIVOT apportera son éclairage sur les particularités parfois étonnantes de la grammaire et livrera des anecdotes sur les expressions." Si ce texte de présentation n'est pas vraiment exempt de reproches pour un puriste de la langue de Corneille, nous le considérerons comme correct en estimant, comme beaucoup de Français, que notre langue étant vivante est, par essence, évolutive.
N'oublions jamais cependant que notre langue est une des bases essentielles de notre culture pour laquelle nous devons nous battre. Ah, ce français qui fut un temps "LA" langue internationale et permit à notre pays de rayonner dans le monde entier mais qui, grâce au laisser-aller de trop de nos concitoyens qui se sont mis à parler en "franglais" depuis des années, a laissé cet honneur à la langue de nos amis d'Outre-Manche.
Toutefois, si nous voulons que le français ait encore la place qu'il occupe dans les DOM-TOM, au Canada et dans tous les pays de la francophonie, nous devons faire en sorte de lui donner toujours - et encore - ses lettres de noblesse.
C'est donc avec un grand intérêt que je me suis installé, dans un confortable fauteuil, samedi soir, pour regarder l'émission "Français: La grande interro!". En fait d'émission culturelle, nous avons eu droit à de la chienlit pendant près de deux heures trente!!!
A ne pas en croire ses yeux et ses oreilles!
Pour rester poli, je préfère me mettre à plagier un grand auteur classique sans avoir un soupçon de son talent et en le priant de m'en excuser outre-tombe. "Français: La grande interro!": "Ô rage, Ô désespoir, Oser nous montrer un tel plateau..."... "Français: La grande interro!": "Ô rage, Ô désespoir, Ô déception, comment avoir osé nous parler de la présence de six personnalités aux réactions desquelles se montra un peu perdu notre ami Bernard PIVOT"... D'ailleurs, cela me rasséréna quelque peu en me montrant que je n'étais pas le seul à ne voir que chienlit, chienlit au milieu de laquelle se trouvaient, stupides mais parfaitement à l'aise Éric et Ramzy... qui ignorent probablement ce que signifient les mots politesse et courtoisie!
Deux mots qui ne furent pas proposés dans ce grand "test" aux questions multiples de cour de récréation, tant on aurait été certain que personne n'aurait été capable de répondre. A ce propos, n'oublions pas la présence de l'écrivain Bernard WERBER qui expliqua béatement qu'il n'employait jamais le subjonctif imparfait, un subjonctif imparfait qu'il ignorait, ni même le subjonctif en général en s'arrangeant pour tourner ses phrases sans avoir à affronter un tel ennemi! Que voilà une grande plume - dont la notoriété est réelle - qui ne connaît même pas la langue dans laquelle il écrit, cette langue qui le nourrit: c'est à ne pas croire!!!
De leurs côtés, Éric et Ramzy, sans se rendre compte de leurs stupidités, tentèrent sans complexes d'animer le jeu en ne se privant pas de couper la parole à l'un ou à l'autre pour se mettre bêtement en vedette...
Enfin, en intermède, nous eûmes droit à un peu de "Slam" (folklore typiquement français!) avec un jeune garçon!!!
Mais, me direz-vous, pourquoi cette émission s'appelle-t-elle "Français: La grande interro!" ? Bonne question car je me la pose encore...
Quand on me demande de tester mes connaissances dans ma langue maternelle, je ne m'attends pas à devoir donner la signification d'écritures en texto ou SMS, à traduire de l'argot ou une langue, disons "des plus familières" ou ayant traversé la Méditerranée, et à me voir imposer une autre culture que cette culture aux racines judéo-chrétiennes qui est la mienne...
"Français: La grande interro!" est une émission dont le titre mériterait un point d'interrogation et devrait faire se dire à ceux qui en sont à l'origine: "Le concept n'est-il pas pour analphabètes et enfants de maternelle et primaire?... C'est cela LA GRANDE INTERRO(GATION)! ".
28 août 2008
Coup de gueule de rentrée... scolaire ?
Langues régionales? Vous avez dit...
Langues régionales?
Par Daniel PAGNIEZ
Je me prends à grogner sur cette nébuleuse idée d'introduction des langues régionales dans une révision de notre Constitution nationale. Je ne ressens aucune hostilité envers ces langues, je dis bien "langues locales" et non pas "patois" - encore que la frontière soit toujours délicate à définir - et je considère que les langues dites régionales font partie d'un patrimoine à conserver car issues d'une mosaïque du parler qui a construit mon Pays.
L'idée est excellente en elle-même. Cependant, a-t-on défini au préalable la nature, voire la source de "nos" langues régionales? En a-t-on dressé une liste valable, vérifiée par le sérieux de rapporteurs de la linguistique générale? Quelles sont celles qui ont été retenues? Toutes, sans distinction?... A ma connaissance, un flou phrasé n'a pas répondu à mes questions. Sans pousser jusqu'à la diachronie, je souhaiterais connaître la palette retenue des parlers de régions, mais a-t-elle été bien arrêtée?
Par son amendement à l'article 75 -1 voté le 22 mai 2008, notre Constitution précise désormais: "les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France". Très bien tout cela!... On autorise aujourd'hui l'étude de tous les parlers dans les écoles?... Or, l'avenir de la jeunesse ne serait-il pas beaucoup mieux assuré par la promotion du français! Passer ses examens supérieurs avec l'option du "nissart" qui, pour moi, n'est pas une langue - mais admettons la éventuellement comme telle - n'est propre qu'à une communauté très restreinte et ce n'est pas avec le "nissart", langue indigène, que le monde du travail ouvrira ses portes aux jeunes diplômés, ni le breton ou autre parler régional!
Près de quatre-vingts langues régionales subsistaient en France à la fin du siècle dernier. Les principales étaient: "Le Catalan, le Basque (encore que le Basque n'appartienne à aucune famille linguistique); l'Occitan, l'Alsacien, le Flamand, le Celte avec ses nombreuses variantes sur le Breton et le Gallois, le Corse (italo-romanitalo-roman) et ses variantes sur le Bonifacien et le Calvais" auxquelles s'ajoutaient, issus de la langue d'oïl, "le Lorrain, le Bourguignon, le Poitevin..." et ces autres, "le Mayennais, le Saintongeais...". Que cette liste serait longue!
Conservons ces "langues" comme un complément de bagage agréable à connaître comme un groupe folklorique à l'image de la danse et autres us, ou comme un excellent loisir de détente dans la mémoire du passé! N'entrouvrons pas trop grande la porte au flot incontrôlé des dialectes... N'en faisons pas une pièce maîtresse indispensable de notre avenir. Le français est une langue vivante, le lien oralement reconnu comme langue nationale qui doit rester de très loin prioritaire. Protégeons notre idiome.
N'oublions pas les leçons du passé!
Je grogne lorsque je vois, par exemple en Bretagne, les noms des rues et des édifices publics écrits en bilingue. Imaginons toute la France, département par département, en bilingue! Le visiteur étranger croira se trouver chez les "bachi-bouzouks" du capitaine Haddock! Revenons, s'il vous plaît, à l'ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539 et à l'Académie française de Richelieu de 1635. La communication orale et écrite était si laborieuse à ces époques qu'elle avait été résolue par le seul français reconnu et obligatoire.
Un danger? Peut-être! Par ce récent amendement, je grommelle car je crains de voir ceux qui revendiquent leur indépendance face à la France sourire ironiquement et se voir favorisés pour l'émergence de communautés régionales au sein de la Nation, comme les Corses, les Basques ou les Bretons.
Quelles sont les règles? A-t-on voulu offrir une fleur plus politique que rhétorique à des élus locaux? Je respecte ces langues régionales, celle de Mistral ou d'Aubanel et des autres, mais va-t-on ajouter à l'anglais qui est en crue dans nos aéroports, et ailleurs, des mots des régions pour des puristes plus sectaires et autonomistes que français? Il me semble que l'on n'a pas vraiment bien fait le tour de la question chez les conseillers qui s'écartent du Gallicisme en consultant les idiotismes?
Allons-nous devoir nous armer de dictionnaires pour progresser sur notre chemin? Déjà de nombreux produits et articles à la vente ne contiennent plus de notices en français, malgré les efforts - avise-t-on - très "légers" de l'Administration... Nous n'en sommes pas encore, fort heureusement, aux conseils de recettes entièrement en provençal pour le litre d'huile d'olive... Mais pourquoi pas? Encore que le provençal dit "maritime" ne soit pas celui de l'intérieur!
Il ne faut pas trop loin aller dans notre liberté de langage. Nous risquons de revenir aux anciennes régions de France avec leur autocratie et leurs diktats, en arrière de plusieurs siècles. Finalement, n'est-ce qu'une affaire de politique et moins de bon sens?
Les langues régionales sont reconnues! Bon! C'est très bien ainsi, mais comment et jusqu'où? Je ne suis pas tout à fait d'accord sur la manière désinvolte et peu éclairée de l'amendement. Le danger peut venir d'une nouvelle mosaïque autorisée des langues dans laquelle le Français s'évanouit doucement, surtout chez les jeunes et n'évoquons pas la puérilité de leur orthographe!
Je bougonne, je ronchonne et je grogne sur une énorme lacune dans les précisions constitutionnelles. Je jette mon coup de gueule qui n'engage que moi. Peut-être ai-je tort de ne pas me mettre au diapason d'un ordre établi?
05 janvier 2008
Premier "Coup de gueule"
Arrêtons de nous regarder le nombril et voyons la réalité en face: chacun doit comprendre qu'il a un devoir envers la société et cesser de se lamenter!
Par François LÉGER
Voilà plusieurs mois que nous avons annoncé la création d'une rubrique intitulée "Coup de gueule" sur ce site, une rubrique que chacun de nous a eu l'envie d'inaugurer un jour, mais a reculé au dernier moment par peur de déplaire... Tout à fait honnêtement, cela a été aussi mon cas... Mais, aujourd'hui, en ce début d'année 2008, le déclic s'est fait en écoutant les voeux du Président de la République et en recevant les voeux d'un vague camarade de régiment... Aujourd'hui, ces faits m'empêchent de me dérober... Alors, bonne lecture et n'oubliez pas que la rubrique "Commentaires" sera ouverte à la fin de cet article.
Car, bien évidemment, ce site demeure et demeurera interactif: vous avez le droit de répondre par cette rubrique et - pourquoi pas? - de nous envoyer un texte plus important nécessitant l'ouverture d'une rubrique "Courrier des lecteurs"... Toutefois, ces courriers devront respecter les lois en vigueur et nous nous réservons, c'est la moindre des choses, le droit d'apporter nos propres commentaires à vos textes... C'est cela l'inter-activité, c'est cela la liberté de penser, c'est cela la liberté de s'exprimer et c'est cela la démocratie!
En regardant et en écoutant le Président de la République présenter ses voeux aux Français à la télévision au soir du 31 décembre, j'ai vu un homme expliquant qu'il voulait relever la France, un homme qui disait faire tout ce qui était en son pouvoir, mais un homme indiquant aussi - peut-être pas avec assez de force - qu'il ne pouvait pas tout faire sans les Français eux-mêmes...
Les chantiers sont ce qu'ils sont et tous les hommes politiques - de gauche, de droite, du centre et des extrêmes - savent parfaitement, même s'ils crient à l'échec des mesures prises depuis le mois de mai, qu'il est beaucoup trop tôt pour juger de leurs effets! Toute le monde sait très bien que les réunions participatives ou le Pacte présidentiel - dont je n'ai personnellement jamais réussi à connaître le contenu si ce n'est qu'à chaque mesure demandée par nos compatriotes, il était répondu que cela figurait dans le Pacte présidentiel - ces réunions participatives et le tenant du Pacte présidentiel n'auraient pas plus amené de résultats en quelques mois.
Ceci dit pour que vous soyez absolument certain que je ne juge pas la politique de Nicolas Sarkozy ou celle que les autres auraient menée à sa place... Je ne fais pas de politique, je constate simplement des faits: il est impossible de savoir, aujourd'hui, si Nicolas Sarkozy réussira à faire de nouveau de notre pays un grand pays.
Pourquoi? Eh bien tout simplement parce que les promesses et les désirs sont une chose, les réalités en sont une autre. Un seul exemple: le pouvoir d'achat - sur lequel hurlent la plupart des personnalités opposées à Nicolas Sarkozy - ne pouvait pas et ne peut pas augmenter d'un coup de baguette magique dans un pays qui a quelque quarante deux milliards de dettes! Tout le monde sait qu'il fallait fermer le tiroir caisse: tout simplement parce que, en augmentant les salaires, on augmente le prix de revient, donc le prix de vente, ce qui revient, dans une certaine mesure, à diminuer à terme le nouveau pouvoir d'achat tout en augmentant la surproduction qui crée le chômage. C'est vraiment le serpent qui se mord la queue. Et encore, par gentillesse, je ne vous ai pas parlé de l'inflation qui s'ensuivrait!
Alors, inviter par exemple les Français à disposer de leur épargne salariale (participation aux bénéfices de l'entreprise dans laquelle on travaille) - jusqu'ici bloquée pendant cinq ans - ne me semble pas de nature à déclencher une polémique à gauche car si, sans réinjecter de l'argent en aggravant le déficit du pays, on peut gonfler le porte-monnaie de nos compatriotes pouvant dès lors acheter et remettre les usines en marche, je ne vois pas là de scandale. Mais, mon propos n'est pas de juger de telle ou telle mesure car, je vous l'ai dit, je ne veux pas faire un papier politique.
Que la France soit l'âme de la Renaissance!
Non, mon propos de base est ce discours du 31 décembre prononcé par Nicolas Sarkozy qui m'a semblé spontané en explicitant ce qu'il avait mis en route, ce qu'il allait faire et les raisons de ces actions... Ce discours - prononcé par un président qui m'est donc apparu comme quelqu'un expliquant qu'il ferait tout ce qu'il avait promis, un président enthousiaste, volontaire, volontariste et travaillant pour demain - m'a fait ressentir comme une espèce d'amertume dans son contenu... Le président Sarkozy m'a donné l'impression d'essayer de faire comprendre qu'il était aux commandes et faisait le maximum pour demain alors que nos compatriotes dormaient souvent ou étaient trop fréquemment attachés au passé.
D'ailleurs qui - en toute honnêteté - n'a pas éprouvé mon sentiment en écoutant ces phrases du Président de la République: "Avec 2008, une deuxième étape s'ouvre: celle d'une politique qui touche davantage encore à l'essentiel, à notre façon d'être dans la société et dans le monde, à notre culture, à notre identité, à nos valeurs, c'est-à-dire au fond à tout ce qui fait une civilisation. Nous avons besoin de ce que j'appelle une politique de civilisation..." Et, Nicolas Sarkozy de poursuivre, quelques instants plus tard: "Nous ne résoudrons rien (...) si nous ne retrouvons pas le goût de l'aventure et du risque, le sens de la responsabilité en même temps que celui du respect et de la solidarité, ou si nous n'entreprenons pas de moraliser le capitalisme financier. Notre vieux monde a besoin d'une nouvelle Renaissance. Eh bien, que la France soit l'âme de cette Renaissance!"
Arrivé à ce terme de ma réflexion, il n'y aurait pas eu de raison particulière pour que je vienne à vous par cet article: c'est le hasard qui m'y a amené...
Le hasard relie des faits séparés de plus de quarante ans...
De fait, un garçon avec lequel j'ai fait une partie de mon service militaire m'a apporté les éléments de ma stupeur après ces propos on ne peut plus sensés entendus à la télévision.
Je me souviens que, il y a un peu plus de quarante ans, le bidasse qu'il était tentait toujours d'échapper aux corvées et à tout ce qui pouvait se présenter à lui comme un travail. Je me souviens que, rentré du régiment, il retrouva son emploi de dessinateur industriel dans une Délégation Départementale de l'Equipement où il fit toute sa carrière et quelle carrière! Il me revient à l'esprit que, jeune journaliste, à une époque où je commençais ma journée à 17 heures pour la terminer dans la nuit (les deux heures du matin théoriques étaient la plupart du temps largement dépassées), je l'avais appelé au téléphone un jour à son travail. Bien évidemment, à 16 h 30, je lui avais tout de suite demandé si je ne le dérangeais pas et sa réponse était tombée spontanément: "Non, je commençais à ranger mes crayons..." Réponse étonnante pour quelqu'un qui termine sa journée à 18 heures! Mais il est vrai qu'il m'avoua un peu plus tard: "Certes, je ne gagne pas beaucoup, mais je suis largement payé pour ce que je fais..."
Je compris rapidement qu'il était le frère jumeau de l'un de mes cousins qui m'avait dit un jour: "On devrait partager nos revenus... Moi je gagne beaucoup moins que toi... Mais, moi je n'aime pas travailler, toi si..." Que de mal j'avais eu pour lui faire comprendre que je ne travaillais pas par amour du travail, mais pour gagner de l'argent!
Mais, revenons à l'ancien bidasse qui roule tout de même dans une voiture haut de gamme et s'est fait construire sa maison pour sa retraite, cette retraite qu'il a préparée largement en 2007. Car, n'échangeant plus que nos voeux depuis des années, il vient de m'écrire que, l'an passé, il a dû suivre un stage de préparation à la retraite de plusieurs semaines (payé par la Direction Départementale de l'Equipement où il a si brillamment oeuvré!) et que cela l'avait changé de sa vie tranquille...
Je ne blâme pas ce garçon, je ne le juge pas, mais ne peux pas accepter la fin de ses voeux: "Pour moi, 2008 sera une étape importante car je vais changer de statut et rejoindre la tribu des... retraités. Encore un maudit fonctionnaire de moins à payer, c'est ma façon à moi de satisfaire les volontés de qui tu sais!"
Bien évidemment, je n'extrapole pas en mettant tous les fonctionnaires dans un tel sac, mais je pense que trop de gens ont cru en cette promesse fallacieuse que l'on pourrait gagner plus en travaillant moins et que beaucoup trop ont profité d'un système comme celui de cet ancien bidasse tout en crachant constamment dans la soupe! Or, il est évident que cela ne peut pas durer si l'on veut que la France se relève!
J'ai fait cet article parce que ces propos m'ont quelque peu écoeuré comme ils écoeureront tous ceux qui travaillent vraiment - fonctionnaires, employés du privé, cadres ou travailleurs à la chaîne - et montrent que les propos de Sarkozy doivent être lus, relus et médités par des milliers d'entre nous.
Bien évidemment, j'aurais pu penser que cet écrit était sans intérêt et me dire que le silence est d'or... Mais l'écrivain allemand Schiller m'aurait répondu: "Faux monnayeur".