François Léger

Journaliste honoraire et membre Adhérent de la Société des Gens de Lettres, François Léger - essayiste et nouvelliste - présente ses livres, ses réflexions et des travaux de ses amis partageant la même passion.

24 décembre 2009

Vivent l'indulgence et la bonhomie!

              Les oranges du Père Noël

                   Par Daniel PAGNIEZ

        II) Pénitence et pardon de Noël

Devant l'évidence, Dumont était abattu, perdu, découragé et - sans comprendre la situation - toute la famille était ahurie par la découverte. Dumont fut informé par le commandant Grall des détails du cambriolage chez Lenormand à 17 heures - qu'il ignorait - et il insista sur l'argent dérobé, non récupéré dans les fouilles effectuées par Jolivet.
Dumont avait levé les bras au ciel en niant toute visite chez ses amis voisins et en affirmant qu'il n'avait aucune raison de leur vouloir du mal et encore moins de les voler... Il jura qu'il avait suffisamment de ressources pour vivre convenablement et présenta son portefeuille qui ne contenait que quelques billets.

-" Dumont! Vous avez bien une petite réserve chez vous? Et qu'avez-vous fait de l'arme, le pistolet? "

- " Non, commandant! Je ne garde jamais de liquide à la maison ... Ma banque est toute proche et je retire selon mes besoins. De plus, je n'ai jamais possédé une arme chez moi! "

Grall pria alors Dumont de le suivre au commissariat pour poursuivre l'interrogatoire sur le sort de l'argent et du pistolet, pour une mise en examen,  pour enregistrer et signer le rapport du vol à l'esbroufe... Quel triste soir de réveillon! La voiture de police avait "embarqué" Grall, Jolivet et Dumont - abattu et en larmes - dans la nuit  tombée.

Serait-ce un élément à décharge?

La fête chez les Dumont était gâchée, les préparatifs abandonnés! La désolation et l'incompréhension des deux fils, des deux brus et des enfants faisaient peine à voir jusqu'à ce que Jacques, Jacques le fils aîné, remarquât une curieuse barrette dans les cheveux de sa fille cadette.

- " Lucille, où as-tu trouvé cette barrette? Je ne la connais pas! Appelle ta mère! "

La maman confirma que cette barrette ornée de marguerites n'appartenait pas à Lucille et Lucille finit par s'expliquer. A leur arrivée chez leur grand-père, tandis que l'on s'affairait à ranger dans la maison le déballage des voitures des fils, Lucille - restée un instant dehors - avait rencontré Hyppolite, ce vieux jardinier qu'elle connaissait bien, homme à tout faire, qui venait de temps en temps aider Dumont et les résidents du lotissement au bricolage et à l'entretien des jardinets. Il était passé en vitesse, avait-il dit, pour venir ranger un balai et une brouette dans le garage, oubliés lors de son nettoyage de la veille. Il avait offert à Lucille cette jolie barrette, "pour son Noël" et était resté très peu de temps. En dehors de Lucille, personne n'avait remarqué sa courte présence...

Après consultation de son épouse, d'un bond, Jacques avait sauté dans sa voiture avec sa petite fille et pris la direction du commissariat.

Au commissariat se trouvaient Monsieur Lenormand, convié à venir récupérer les objets du vol, ainsi que Pierre Dumont qui tentait vainement de s'expliquer et de se disculper... Lenormand, sur un ton très sévère à l'adresse de Pierre Dumont, réclamait ses 1 800 euros ainsi que la seconde barrette d'Aline non retrouvée. Une pince à cheveux représentant une valeur inestimable pour la petite fille, bien plus que le montant des euros!!!

L'arrivée de Jacques Dumont et de Lucille allait singulièrement changer le cours des événements... La trouvaille de la barrette et le récit réitéré de la petite Lucille apportèrent un éclairage nouveau dans l'assistance peu crédule. Mais il restait, néanmoins, une vérification à effectuer.

Le soleil succède toujours aux nuages...

Le commissaire dépêcha sur le champ Jolivet et un lieutenant au domicile d'Hyppolite qui logeait dans une maisonnette à l'écart du lotissement. Celui-ci ne parut guère surpris par l'interpellation des policiers et ne fit aucune difficulté pour revenir peu de temps après, menotté et accompagné au commissariat.

- " Voilà tout l'argent, avait lancé Jolivet, nous avons procédé à l'interrogatoire et à l'interpellation de ce Monsieur Hyppolite Lachaume, ici présent, qui nous a remis le < magot > qui traînait sur sa table de cuisine.... Il a tout avoué sur son < hold up > ! Commandant, vous allez rire, si j'ose dire, nous avons aussi récupéré l'arme... Ce n'est pas un automatique mais un simple pistolet à bouchons, inoffensif, un jouet de môme!"

Hyppolite était effondré... Comment un homme si serviable et si honnête, apprécié de tous les habitants du lotissement, avait-il pu semer un tel trouble parmi ses connaissances? Il déroula alors le récit des raisons qui l'avaient conduit à ce cambriolage.

- " Je ne voulais pas nuire aussi gravement à M. Dumont et encore moins aux Lenormand. Croyez-bien que je regrette profondément des conséquences que je ne désirais pas... J'ai très mal agi! Je demande pardon à tout le monde! Je ne voulais pas tout ça! J'ai manqué à tous mes devoirs envers des gens qui m'aident et me soutiennent dans ma solitude! Je ne souhaitais pas dérober de l'argent chez les Lenormand: j'ai été dépassé par mes mauvaises idées tant ressassées! Une folie... Il faut que vous sachiez, Messieurs, que je n'ai jamais eu la joie de connaître des Fêtes de Noël...

" J'en ai éprouvé une profonde rancoeur et une certaine jalousie est venue m'habiter... Le Père Noël a toujours oublié mon soulier dans mon enfance. J'ai perdu mes parents très tôt... Ensuite, j'ai grandi seul sans grand soutien aux hasards de la DDASS jusqu'à un apprentissage et un métier d'ajusteur aux Chemins de Fer qui me logeaient... J'ai fait ma vie, j'ai bien réussi dans mon métier et, à l'âge de ma retraite, j'ai réalisé mon rêve par l'achat de cette vieille bâtisse que j'ai rénovée au mieux.... J'ai offert mes services aux gens du lotissement pour arrondir mes fins de mois.... Mais, j'insiste, je pouvais subvenir à mes besoins sans commettre une mauvaise action... Toutefois, j'étais jaloux de ces réveillons chez les autres et de la tournée de M. Dumont en Père Noël!... J'ai voulu faire cesser ce rituel qui m'énervait!... Maladroit, je l'avoue,  sans réfléchir aux possibles graves conséquences de mon acte, j'ai profité d'une absence de M. Dumont que je surveillais et, servi par la chance, sa porte n'étant pas fermée à clef, je me suis servi dans sa chambre... A cinq heures, j'ai joué au méchant Père Noël chez M. Lenormand....  Je voulais faire croire à un vulgaire cambriolage et déshonorer le Père Noël... Au soir bien tombé, je suis retourné chez M. Dumont. J'ai replacé dans le coffre de la voiture ce que j'avais dérobé.... La petite Lucille m'a vu alors que j'allais quitter les lieux et, me souvenant des deux pinces à cheveux, je suis retourné au garage pour lui en donner une!.... Il faisait noir et la petite Aline n'a pas pu me voir aller rechercher une barrette."

-" Vous avez tout remis dans le coffre, mais vous avez gardé l'argent retrouvé chez vous, n'est-ce pas ? " cingla Jolivet.

-" Cet argent me gênait, je l'aurais remis dans la boîte à lettres chez M. Lenormand! Il faut me croire: je n'en étais venu qu'à haïr les visites de M. Dumont chez les enfants! Je suis abattu ce soir... Je n'ai pas d'excuses: j'ai très mal agi dans ma solitude qui n'aurait pas dû servir de prétexte à mon geste... Je demande pardon. Faites de moi ce que vous voudrez..."

Rêvons à la bonté des hommes et à NoëlCr_che_2_001

La petite Lucille n'avait pas assisté aux grandes explications d'Hyppolite. Ce n'était pas pour les enfants: son père l'avait mise à l'écart dans un bureau voisin, distraite par un fonctionnaire.

Pierre Dumont éprouva un immense soulagement et fut pris d'une certaine pitié pour Hyppolite. Il hasarda plusieurs propositions afin de détendre l'atmosphère. Pour sa part, il ne demanderait pas une suite judiciaire à cette affaire. Il suggéra à Lenormand de retirer sa plainte et se fit l'avocat d'Hyppolite pour une libération de ce dernier... Après de longues réflexions, tout le monde tomba d'accord pour arrêter les poursuites et accorder la clémence en cette veille de Noël... L'indulgence et la bonhomie incitèrent le commissaire de police à quelques mots: "Monsieur Lachaume, avouez que la Providence fait parfois bien les choses! Votre cadeau à la petite Lucille a fait éviter une erreur judiciaire et la pire des humiliations à Monsieur Dumont qui était près de passer Noël en prison! Mais, dîtes-moi, cette < Providence > n'aurait-elle pas été insufflée chez vous, malgré vous, par... le vrai Père Noël ?... Je vous laisse à vos réflexions et à votre repentir!..."

Lenormand récupéra son argent et la "précieuse barrette" et retira sa plainte. On ôta les menottes à Hyppolite, en pleurs, qui voulait embrasser tout le monde, réitérant ses pardons. Il était près de 22 heures.... Pierre Dumont parla à son fils et décida d'inviter Hyppolite - fort surpris, voire ébahi - à sa table de réveillon. Il jugea qu'il avait encore le temps de visiter les petits enfants du lotissement en Père Noël, même s'il devait en réveiller certains à cette heure tardive. Les familles furent prévenues par téléphone d'un retard dans la "distribution des oranges".

La joie naquit alors de nouveau en ce 24 décembre! Hyppolite reçut tout de même une bonne leçon de morale de la part de la Police qui insista sur la bonté de ses victimes en l'invitant à ne jamais recommencer. Les Dumont regagnèrent leur domicile avec la tenue complète du Père Noël et Hyppolite, assez gêné, mais si heureux dans son for intérieur.  Dès leur arrivée, Pierre Dumont se changea rapidement dans le garage où Jacques lui apporta son précieux panier d'oranges... Jacques n'avait pas oublié de lancer fort:

-" Tout va bien! Tout va bien ! Plus d'inquiétude ! Et, les filles.... Ohé. Écoutez tout le monde : je vous expliquerai tout. Mettez un couvert supplémentaire, nous avons un invité! Nous nous mettrons à table un peu plus tard, papa sera un petit peu en retard! ... "

Crédit Photo: Anne Buissart

FIN et... Joyeux Noël à tous...

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21 décembre 2009

Ce qui semble évident n'est pas toujours vrai...

             Les oranges du Père Noël

                 Par Daniel PAGNIEZ

         I) Une visite très inattendue!

... Il était une fois, en cette veille de fête dans notre beau pays de France, la surprenante visite d'un étrange Père Noël au domicile d'une petite fille.

En ce 24 décembre à 5 heures de l'après-midi, on sonna au portail de cette coquette maisonnette de paisible banlieue d'une grande ville. Parmi d'autres petites résidences du lotissement, c'était là le plaisant domicile de la famille Lenormand et une petite fille de cinq ans, Aline, sautant de joie et d'espérance, s'écria:
- " Maman! ... Maman! ... C'est lui ! C'est Père Noël ! Vite ! ... Ouvre! "

Il est vrai que le Père Noël était très attendu à cette heure-là. En effet, depuis plusieurs années, Papa Noël, avant sa légendaire tournée, avait pris l'habitude de rendre une première visite aux petits enfants pour juger de leur sagesse et leur apporter quelques oranges avant le futur émerveillement au pied du traditionnel sapin... La maman d'Aline, Mme Lenormand, actionna le dispositif de sécurité qui ouvrait le portail et le Père Noël à la grande barbe blanche, tout de rouge vêtu, coiffé de sa capuche et botté comme il se doit, pénétra dans le jardinet d'entrée et se présenta à la porte du logis déjà ouverte. Arrivé devant les deux parents et la petite Aline, brutalement, il les bouscula, brandit un pistolet extrait de sa poche et s'engouffra à l'intérieur...

On imagine aisément l'ahurissement des Lenormand - pour le moins déconcertés - restés bouche bée devant cette intrusion... Le Père Noël semblait muet, il ne parlait pas... Mais, par des gestes brusques du bras armé, il fit diriger la petite famille vers le salon. Si le père voulut s'interposer, il fut vite dissuadé de toute intervention par l'attitude menaçante du visiteur et par l'inquiétant pistolet... La frimousse toute chiffonnée, la petite Aline pleurait et ne comprenait pas... Quant aux parents, ils s'observèrent et osèrent bientôt quelques demandes d'explications... En vain! Du pouce et de l'index de sa main gauche frottés l'un contre l'autre, le Père Noël fit comprendre qu'il voulait de l'argent! Pour le moins curieux ce Père Noël qui sombrait dans la délinquance!

- " Robert, dit Mme Lenormand, toute tremblante, à son mari, donnons-lui ce qu'il veut et qu'il parte vite! Va jusqu'au bureau chercher les liquidités disponibles dans la boîte et donne-lui tout: nous n'avons que cette réserve à la maison... Dans mon porte-monnaie, je n'ai pas grand-chose, surtout des pièces; quant à mon portefeuille, tu viens de le dégarnir... "

Le Père Noël, sur ses gardes et très méfiant, fit un signe de dénégation envers le chef de famille et invita Mme Lenormand à aller - elle-même - très vite récupérer la tirelire familiale, par crainte sans doute de l'utilisation d'un téléphone par le mari. L'arme était dirigée vers la petite Aline alors dans les bras de son père. Elle sanglotait dans cette effrayante situation et articulait péniblement sans cesse, en hoquetant:
- " Pa-pa ! ... Père No-ël est mé-chant !... Et il n'a pas des o-ranges !..."

Madame Lenormand revint avec une boîte de cigares arrachée vivement par la main libre de cet épouvantable "Père Noël" qui ouvrit la boîte d'un coup de pouce, estima - sans les compter - qu'elle renfermait environ une douzaine de billets de cent euros et de dix à douze billets de cinquante. Il sembla satisfait et, avec adresse, empoigna la liasse en un éclair. La boîte vidée tomba à terre. Il resserra l'argent sous sa tenue et sortit de sa grande poche une sorte de sac de jute. Toujours brandissant son arme de l'autre main, il ramassa, au hasard, sur un bahut, une pendulette, quelques bibelots sans grande valeur dont une coupelle en faïence où se trouvaient deux belles barrettes à cheveux garnies de marguerites, fierté de la petite Aline qui ne manqua pas de hurler à la disparition de son petit trésor...

Les objets prestement enfouis dans le sac, le Père Noël sortit à reculons et s'échappa à toutes jambes par où il était venu, laissant les Lenormand dans un grand désarroi, interrogatifs, désemparés... et avec une petite Aline dans une grande tristesse. Puis le père se reprit et bondit sur le téléphone dans le bureau pour appeler la police du commissariat local... C'est ainsi qu'une voiture arriva, vingt minutes plus tard, sirène du véhicule hurlante, transportant deux inspecteurs, qui ont maintenant pour noms "commandant", "capitaine", ou "lieutenant" selon les grades...

Réflexions et supputations...

Monsieur Lenormand rapporta les événements tels qu'ils venaient de se produire et, bien évidemment, le récit de l'agression dans tous ses détails au commandant Grall et au capitaine Jolivet, tandis que Madame conduisait Aline dans sa chambre pour la calmer. Le chef de famille jugea bon de préciser:
- " Messieurs, je dois vous dire que, depuis des années, nous avons un excellent voisin... Dumont, Pierre Dumont, retraité et veuf... Il a perdu son épouse de maladie il y a cinq ans et ce brave homme enfile une tenue de Père Noël, chaque veille de Noël, pour rendre visite, à partir de 17 heures, aux familles du lotissement qui ont encore de jeunes enfants. Cette louable tradition est bien connue dans notre secteur: Dumont est d'une gentillesse exemplaire avec les petits et il leur apporte quelques oranges. Cr_che_1_001
" Ce Monsieur a une belle descendance avec ses deux fils, mariés, et il chérit, nous le savons, ses trois petits-enfants. Les deux petites familles ont l'habitude de venir retrouver Dumont en fin de journée pour les réveillons. Les charmantes belles-filles apportent tout le nécessaire et s'occupent de la préparation des repas... La "tournée" de notre voisin lui prend une bonne heure avant qu'il ne regagne son domicile...
" Nous ne pouvons pas imaginer un seul instant que Dumont soit venu nous cambrioler. C'est impossible, ou alors il est devenu subitement dérangé: un accès de folie? Nous ne pouvons pas y croire et ne savons que penser... Un si brave homme!
- "Impossible de reconnaître notre agresseur, mais ce ne peut être que quelqu'un d'ici, bien au courant du rituel... Non, ce n'est pas Dumont! Bizarre tout de même qu'il ne se soit pas manifesté au téléphone avant sa visite, selon son habitude!... Aline, notre petite fille, ignore bien entendu que M. Dumont est un Père Noël de circonstance: elle se faisait une telle joie de la venue de son Papa Noël aux oranges! Avant votre arrivée, j'ai aussitôt alerté nos autres voisins du lotissement. Aucun ne m'a rappelé pour me signaler le même désagrément. Ils attendaient Dumont en Père Noël et, apparemment, à cette heure, ils n'ont reçu personne, ils me l'auraient dit. Quant à Dumont, nous n'avons pas encore osé l'appeler chez lui... D'ailleurs, ce ne peut pas être lui!... Nous ne comprenons pas..."

Le commandant avait pris des notes, enregistré la somme d'argent volée, 1 800 euros, ainsi que les objets disparus. Les policiers décidèrent néanmoins d'aller procéder à des vérifications chez les habitants des différents pavillons... En dernier lieu - vers huit heures du soir - ils se présentèrent au domicile de Pierre Dumont.

La chasse aux détails dans les témoignages

Les enfants étaient arrivés et c'est François, le fils aîné, surpris par les cartes de police, qui les introduisit dans la maison. Le chef, le "commandant", peu réjoui de voir son réveillon compromis, très austère, demanda: "Monsieur Dumont, je présume ?"

- " Oui! Enfin, je suis l'un de ses fils... Vous voudriez voir mon père sans doute? Il doit être dans sa chambre: je vais l'appeler".

-" Il est souffrant? "

- " Non, pas du tout! "

- " Nous n'allons pas vous déranger longtemps, je vois qu'il y a une bonne ambiance chez vous avec les petits, un grand sapin tout illuminé! Mais, effectivement, nous voulons voir M. Dumont! "

- " Je vais le chercher! "

Pierre Dumont arriva, entouré de sa famille qui posait mille questions, tous visiblement tourmentés et surpris par la présence des policiers à cette heure. Le commandant de police intervint: "Bonjour M. Dumont, je suis le commandant Grall et voici mon adjoint, le capitaine Jolivet. Nous enquêtons sur une agression et un vol dans votre voisinage... Êtes-vous au courant, avez-vous vu quelque chose d'inhabituel... et qu'avez-vous fait aujourd'hui, disons entre 16 heures et 18 heures? Où étiez-vous ? Précisez-nous l'emploi de votre temps s'il vous plaît! "

- " Messieurs, je ne comprends pas! Un vol chez Lenormand? Ils ne m'ont pas prévenu. Je reçois ma famille et je ne suis au courant de rien... Votre présence est inquiétante, pour moi, et les enfants... Allons. Diable, vous me soupçonnez, et de quoi? ... Venez dans mon bureau pour m'expliquer votre visite, nous y serons plus tranquilles."

- " Allons! Nous n'en sommes pas à vous soupçonner M. Dumont, nous enquêtons et nous voudrions que vous nous parliez de vous."

Ils s'installèrent dans le bureau. La famille fut priée de rester à l'écart. Pierre Dumont déclara: "Bien. Messieurs, j'ose imaginer, à votre attitude, que vous avez l'air de me considérer comme un suspect dans une affaire que j'ignore. Je n'ai rien à me reprocher... Aujourd'hui 24 décembre, comme chaque année, je devais faire le Père Noël pour donner un peu de joie aux petits qui résident autour de chez moi. C'est mon plaisir d'aller les voir et de leur porter quelques oranges... Et... "

- "Nous savons tout cela! "

- "Ah ? Bon! Je constate que les informations vont vite!" Dumont se mit alors à raconter l'emploi de sa journée... Dans la matinée, il avait ressorti d'un précieux carton ses habits de Père Noël et les avait préparés avec soin sur le lit de sa chambre au rez-de-chaussée. Il avait pris son léger repas du midi et, vers les trois heures de l'après-midi, il s'était rendu avec sa voiture au supermarché voisin pour acheter les oranges à distribuer plus tard. A son retour, à sa grande stupéfaction, il s'était aperçu que - dans sa hâte et son allégresse - il avait omis de fermer à clef sa porte d'entrée. Très en confiance, son portail n'était jamais fermé... Les oranges déposées à la cuisine, il avait rejoint sa chambre afin de se vêtir pour sa joyeuse expédition. Stupéfait, il avait alors constaté la disparition de la tenue de Père Noël, y compris les bottes. Il s'était affolé, se mettant à chercher partout, dans les chambres de l'étage, dans le garage... Il s'imaginait avoir perdu la tête, ne sachant plus ce qu'il avait fait. Il avait longuement remué sa maison sans succès et il s'était calé, désespéré, dans un fauteuil, la tête dans les mains... La pendule du salon avait sonné cinq fois... Le commandant Grall était un peu énervé par les détails de Dumont au supermarché, pour lui sans importance.

Triste et logique arrestation...

- " Commandant, avait lancé le capitaine Jolivet, ceci est fort intéressant au contraire... Dîtes, Monsieur Dumont, quelqu'un pourrait-il attester de votre présence au magasin, avez-vous rencontré une connaissance et comment avez-vous réglé vos achats? Par carte bancaire? "

- " Non ! Qui pourrait confirmer mes affirmations? Vous pensez, avec ce monde au supermarché... et j'ai payé mes oranges en liquide, je n'avais qu'un seul achat."

- " Et vous êtes resté dans votre fauteuil jusqu'à quelle heure? ...."

- " Je ne saurais pas vous dire... Jusqu'à l'arrivée de mes enfants... Vers les sept heures! Ils ont cherché à leur tour: j'étais anéanti et triste... Puis, tous ces petits qui m'attendaient... Je n'osais pas envisager le passage chez moi d'un voleur, rien d'autre n'avait disparu... Qu'avais-je donc fait de mon costume?...."

L'alibi de Dumont n'était donc pas vérifiable. Le commandant Grall avait alors demandé à Jolivet de visiter la maison par une fouille rapide. Il n'avait pas de mandat de perquisition mais une inspection s'était révélée nécessaire, avec l'accord de Dumont... Jolivet n'avait rien trouvé et s'était dirigé vers un contrôle du garage et de la voiture et, là, une grande surprise l'attendait. Il alerta le commandant.

- "Chef! Chef! J'ai tout trouvé dans le coffre du véhicule de Dumont: le costume et les objets volés chez Lenormand, tout est là! La pendulette, les bibelots, une belle barrette de cheveux pour une gamine! J'ai tout, sauf l'argent! Où est l'argent Dumont? Dumont, vous êtes en état d'arrestation..."

Crédit Photo : Anne Buissart

Retrouvez Daniel Pagniez pour la suite et le dénouement de cette affaire le vendredi 25 décembre 2009.

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01 novembre 2009

Vos morts vivent en vous...

Si la vie d'un cimetière se limitait à ses visiteurs et ne reflétait que notre société?

Ici, se côtoieraient alors seulement
le recueillement de personnes sincères,
le besoin d'éblouir et l'Art!

                 Par François LÉGER

Lorsque j'ai commencé à songer à l'article que j'allais consacrer cette année à la Fête de la Toussaint, j'ai, en premier lieu, consulté les archives de ce site de façon à être certain de vous présenter une autre manière  de voir les choses que celles abordées en 2006, 2007 et 2008 et sans m'attarder par exemple sur le Jour de la Toussaint et celui de la Fête des Morts dont la confusion dans les esprits de nos concitoyens est sans grand intérêt et a été déjà longuement évoquée ici.

J'ai lu et relu ce que j'avais déjà écrit pour être certain de pouvoir vous emmener sur un terrain qui est le mien sans courir le risque de passer pour un fou, peut-être même avoir la chance, au contraire, que vous soyez nombreux à me suivre. Car si je risque de passer pour un fou, c'est uniquement parce que les personnes qui partagent cette conception de la mort qui est mienne n'en parlent jamais pour ne pas risquer de passer pour quelqu'un de bizarre, très bizarre...

Donc, c'est décidé, cette année, je me lance: il faut savoir vivre dangereusement sinon autant mourir tout de suite plutôt que de se taire pour ne pas risquer de passer pour un  fou!

Dans un premier temps, je tiens absolument à vous assurer que j'ai le plus grand respect pour toutes les religions et leurs pratiquants dans la mesure où ces derniers sont honnêtes vis-à-vis d'eux-mêmes et agissent eux-mêmes en faisant ce qu'ils prêchent!

C'est dire que je respecte cette vieille femme qui fait des efforts énormes pour aller chaque semaine sur la tombe de son mari et ne pas manquer la messe dominicale. En revanche, ces "petits bourgeois" qui vont à la messe de midi le dimanche pour se faire voir uniquement - il en est même qui arrivent systématiquement en retard et traversent toute l'église pour être aux premières places - pour se faire voir et faire croire qu'ils méritent un respect particulier, ceux-là auraient plutôt tendance à m'écoeurer sérieusement...

Quand je pense à ces vieilles bigotes toujours prêtes à donner des leçons de morale alors qu'elles sont les premières à faire du mal si elles ont quelque chose à y gagner - pas grave: un coup de goupillon dimanche, une communion et le compteur sera, pensent-elles, remis à zéro... Que de grenouilles de bénitier dans une paroisse: rien que de les juger, elles seules, au moment du jugement dernier (s'il y en a un) serait un travail que je ne voudrais pas me voir attribuer... Mais je n'ai rien d'un roi,  Saint-Louis en l'occurrence, et je n'ai pas de chêne à portée de la main...

Cela est d'ailleurs mieux ainsi car ce n'est pas ma conception de la religion! Désolé, mais ma morale n'est pas élastique...

A chacun sa religion...

Bien  évidemment, par ce qui précède, vous allez penser que je n'ai que l'église catholique en tête alors que ce n'est nullement le cas. J'ai seulement pris un exemple dans ce que je connais le mieux, mais autant vous le dire tout de suite, non seulement je crois en Dieu, mais en plus je suis monothéiste... Donc peu importe le nom que l'on donne à sa religion et à son dieu, pour moi il n'y a pas de différence du moment que celle-ci reste une religion que l'on ne tentera pas d'imposer à un autre et qui ne prendra pas des allures sanguinaires comme c'est le cas aujourd'hui pour certaines d'entre elles... Pour rester dans la religion catholique, je dirais que la dignité de l'homme ne doit pas être bafouée par certaines croyances (bafouée? Un terme bien faible dans le cas présent) alors que l'on doit le plus grand respect à son prochain: comment l'idée même du Temps de l'Inquisition pourrait-elle ne pas être insupportable?

Il va sans dire, dans ces conditions, que j'ai un respect certain pour tous ceux qui sont venus, au cours de la semaine dernière, nettoyer les tombes d'êtres aimés pour apporter leur pot de chrysanthèmes en cette Fête de la Toussaint ou bien demain, Jour des Défunts. J'en aurais moins pour tous ces gens qui, apportant leurs pots de chrysanthèmes (les plus importants possible) penseront en toute conscience avoir "fait ce qu'il faut" alors que dans le fond d'eux-mêmes ils ont apporté quelques fleurs libératrices pour honorer les morts qui n'existent plus dans leurs êtres.

Car, c'est là que débute ma propre manière de penser aux morts...

Persuadé - tous ceux qui auront lu l'un ou l'autre de mes livres l'auront parfaitement compris - que cette vie terrestre n'est qu'un passage, que nous vivons plusieurs vies comme nous vivons déjà plusieurs vies sur cette terre: le vieux monsieur qui est devant vous a été un bébé, un enfant, un adolescent, un adulte, etc... en  changeant à chaque fois d'habit terrestre et ce, à tel point que si l'on vous montrait sa photo au régiment vous ne le reconnaîtriez pas!!! C'est dire qu'à chaque changement, nous changeons d'aspect, je dirais plutôt que notre âme (qui a d'autres noms dans bien des croyances, ce qui est sans importance du moment que l'on  y croit vraiment) change d'habit...

C'est ainsi qu'après avoir traversé ce pont terrestre qui nous a menés à notre dernière heure, nous abandonnons notre  vieil habit (notre corps terrestre) et notre âme "s'envole" vers d'autres niveaux de conscience...

Voilà la raison des cimetières vides!...

Toutes ces tombes sans vie...

C'est dire qu'en abordant les choses sous cet angle - qui n'est bien évidemment ici qu'une hypothèse sur laquelle je me penche depuis maintenant environ quarante ans et m'a fait constituer une énorme bibliothèque sur le sujet - je ne trouve en aucun cas que soit choquant mon titre "Si la vie d'un cimetière se limitait à ses visiteurs et reflétaient uniquement la société qui est la nôtre? "

Je vous l'ai dit, je respecte tous ces gens pour qui venir au cimetière en cette journée des défunts est un véritable devoir de mémoire. Toutefois, je pense que ces gens-là ont compris depuis longtemps que l'être aimé était parti pour d'autres sphères et que cette démarche n'est en fait que le respect d'une tradition car je reste persuadé - en aucun cas en voulant vous en convaincre - que nos morts vivent en nous... Tant que nous pensons régulièrement à nos chers disparus et les imaginons dans leur dernier appareil, je reste persuadé qu'ils vivent en nous mais sont partis de leurs cercueils dès la mise en bière, voire même avant...

Vous pouvez faire déborder de chrysanthèmes la tombe d'un défunt en cette journée traditionnelle, ce ne sera en aucun cas une preuve d'amour.

Bien au contraire, une telle démarche sera dictée par la volonté d'éblouir les familles de ceux qui sont sensés être arrivés pour très longtemps dans ce cimetière et en aucun par une pensée d'amour.

Je me souviens - bien évidemment - de l'endroit où est le caveau de mes parents, un caveau et une tombe qui me semblent des plus corrects... Or, plusieurs années après mes parents, est mort, à moto, le jeune homme de l'une des plus riches familles de cette station balnéaire des parisiens... Lui a eu un caveau étonnant et un fronton sur lequel il figure en pied (un agrandissement photographique repris avec talent par un tailleur de pierres!!!) Est-ce sérieux? En tout cas, cela a été le début de l'arrivée de gisants et autres phantasmes... Pour moi, il n'y a là aucune preuve d'amour et de souvenirs,  cet amour et ce souvenir qui animent cette vieille dame tordue comme un tronc d'olivier qui vient se mettre régulièrement à quatre pattes pour nettoyer la tombe familiale et sera là aujourd'hui...

L'Art a sa place...

De même on n'enterre pas tout le monde dans les mêmes cimetières, il en est certain qui sont en quelque sorte réservés, par exemple aux philosophes ou aux artistes.

C'est d'ailleurs dans cet esprit que je me suis procuré le livre "Le Père-Lachaise. Promenades au fil du temps" en espérant y trouver des personnages classés sous une certaine thématique, ce qui a été l'objet de ma déception. J'avais pensé notamment à la tombe d'Allan Kardec qui montre que le père du spiritisme n'est pas mort puisque sa tombe regorge constamment de fleurs... C'est dire que l'homme nous a quittés mais qu'il est resté vivant dans de très nombreux esprits... Bien évidemment, comme dans toute hypothèse, vous pouvez voir la réalité différemment et vous exprimer dans un commentaire à ce papier...

Mais il est certain que tous les gens, pensant que leurs morts sont dans des cimetières, ont fait ériger, ici et là, de véritables réussites architecturales... Je pense ainsi à la Chapelle du Duc de Morny, conseiller de Napoléon III, érigée par l'architecte Viollet-le-Duc dont l'ouvrage cité précédemment nous livre une magnifique photo.

Voilà un architecte dont l'âme planera toujours dans ce magnifique cimetière comme celle de l'homme ayant travaillé pour l'éternité de Chopin en ce lieu mondialement connu...

Pour ma part, je suis certain que le caveau de mes parents ne renferme que leurs derniers habits mais qu'ils sont présents en moi: certes je cède à la tradition et fais déposer des chrysanthèmes par des amis puisque l'éloignement ne me permet pas de le faire moi-même... Mais soyons honnêtes, ce voyage dans le temps et dans l'espace, je le fais au minimum une fois par semaine... C'est dire que, au moins jusqu'à mon départ, ils existeront en moi...

Je vais vous dévoiler un secret: une amie anglaise (chez qui j'ai passé de merveilleux étés,  une femme que j'aimais un peu comme ma mère) nous a quittés il y a quelques années et ses enfants ont décidé de ne pas me prévenir... Je l'ai compris lorsque je lui ai envoyé mon avant-dernier ouvrage, un envoi resté sans réponse... Mais, finalement, si je n'ai pas apprécié cette démarche au moment de sa mort, j'ai compris depuis que cet acte avait été volontaire: ils savaient que leur mère resterait dans mon coeur et ont voulu m'éviter un choc. N'est-ce pas de l'Amour?

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Nous devons aller au trépas...

Maurice_Dussol_001                   Le coin du poète

Il y a toujours un moment où tombe le rideau...

Qui mieux que Maurice DUSSOL aurait pu exprimer une telle réflexion dans ce poème intitulé  "Soleil" ?

Tôt ce matin, en me levant,
Les yeux tournés vers le Levant, 
J'ai crié très fort dans les vents,
"Je vends! Je vends !"

"Eh! Pour pousser un cri pareil,
"Toi, que vends-tu, dès ton réveil ? "
J'ai dit : "Je vous vends le soleil !
"Vermeil, vermeil !"

- " Dis ! à l'envers comme à l'endroit,
Vendre un soleil, tu n'as le droit !
Ici, ni dans un autre endroit:
C'est maladroit !"

- "Mais, je ne le vends pas très cher:
Un regard de tes yeux de chair;
En lui, vois tu,  tout est casher ...
Mais oui, mon cher !

Comme à la fin d'un bon  repas,
Repus, gavés, contents ou pas,
Nous devons aller au trépas...
A petits pas !

Notre "moi" n'est pas un cadeau,
Nous flottons tous sur un radeau,
Courbés sous le poids d'un fardeau
Et puis... rideau !"

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11 juillet 2009

Fête nationale

Pour le 14 juillet, pavoisons, puis cédons tous aux flonflons et à ces merveilleux  festivals de pyrotechnie car c'est la Fête officielle de la nation tout entière...

Un regard vers les frontispices de nos édifices publics doit aussi nous faire arrêter sur ces trois mots : "Liberté - Égalité - Fraternité" dont nous pouvons faire la trilogie du bonheur...

                          Par François LÉGER

La Fête nationale - fête officielle de la nation tout entière - est célébrée, dans notre beau pays des libertés, le 14 juillet pour commémorer la prise de la Bastille (14 juillet 1789) et la fête de la Fédération (14 juillet 1790).

La prise de la Bastille est évidemment dans tous les esprits à l'occasion de cette fête, même si la mémoire collective transporte quelques idées fausses comme je l'ai indiqué, ici même, le 12 juillet 2007, dans un article intitulé "Symbole de l'arbitraire royal, la forteresse de la Bastille < tombait > le 14 juillet 1789...".  Un article qu'il est évidemment toujours possible de consulter sur ce site.

Or, il est important de savoir aussi que la fête de la Fédération est en réalité la plus célèbre de la Révolution française! Mona OZOUF nous explique d'ailleurs, dans un dossier fort intéressant mis en ligne sur www.histoire-image.org , que notre fête nationale réunit en elle aujourd'hui encore deux adversaires en soulignant d'ailleurs: "l'intention primitive de la fête n'était pourtant pas celle d'une célébration unanime".

Mais, au diable les querelles du passé, profitons de ce 14 juillet 2009 comme il se doit! Vacanciers ou encore au travail, c'est le moment pour tous de faire une pause tout d'abord en pavoisant avec - si possible - deux drapeaux: celui de l'Europe et notre drapeau tricolore qui reste le symbole de notre nation qui est certes entrée dans  le concert européen, mais a gardé  - et doit s'efforcer de conserver - ses racines. Pour ma part, je ne pense pas que le fait d'être entré dans l'Europe puisse un jour effacer tout ce qui a fait la grandeur de la France, notamment le Siècle des Lumières.

Aujourd'hui, à l'étranger, pratiquement dans tous les pays de la planète, la France c'est Pasteur, Pierre et Marie Curie notamment;  c'est Jean-Baptiste Poquelin, Pierre Corneille ou Jean Racine; c'est aussi Honoré de Balzac, Gustave Flaubert ou Guy de Maupassant, nouvellistes restés célèbres bien que l'on veuille absolument nous faire croire que le genre de la nouvelle est "petit" et n'intéresse personne; c'est aussi Claude Debussy, Marc-Antoine Charpentier, Jean-Baptiste Lulli ou François Couperin; c'est encore Paul Cézanne, Eugène Delacroix ou Claude Monet... Mais que sera-t-elle demain si l'on ne prend pas garde à notre identité, à notre passé et à notre devenir, si l'on ne s'accroche pas à nos valeurs, ces valeurs que nous ont transmises nos parents.

Bien évidemment, pour ma part, en tant que journaliste honoraire et écrivain membre Adhérent de la Société des Gens de Lettres de France, je m'arrimerai contre vents et marées à la langue de Voltaire en défendant de toutes mes forces la qualité de notre langue qui a quelques tendances à se laisser aller... Pour ce faire, je continuerai à mettre et remettre sur l'écritoire les textes que je publie et je continuerai, tant que faire se pourra, à publier ma critique littéraire mensuelle sur ce site...

Mais je n'oublierai jamais les trois mots écrits sur les frontispices des édifices publics et qui, par bonheur, commencent à figurer sur certaines façades des collèges et lycées: "Liberté - Égalité - Fraternité".

Liberté de jouer un personnage irréel...

Trois mots qu'il conviendra de remettre en valeur dès qu'auront cessé les flonflons, retraites aux flambeaux, bals populaires, jeux divers proposés dans beaucoup de nos communes de province et, bien évidemment, les véritables festivals de pyrotechnie que nous offrent certaines villes, voire des villages qui font alors de gros efforts... Tout cela, nous avons d'autant plus la liberté d'en profiter que ce sont là des festivités figurant dans les dépenses de fonctionnement des communes, dépenses que nous finançons par la taxe d'habitation!Voeux_site

N'allez surtout pas croire que ce que je viens d'écrire soit une pique envers tel ou tel parti politique: bien au contraire, c'est une des marques des libertés de pensée, d'expression et d'édition qui sont les nôtres et que sont loin d'avoir tous les pays.

En France, on a le droit d'être en désaccord avec ceux qui nous dirigent ou leurs opposants et la liberté de l'écrire et de le publier dans la mesure où nous ne tombons pas dans l'injure ou la diffamation... Dans ce pays, on a le droit d'écrire et publier un pamphlet contre le chef de l'Etat même si cet écrit manque d'honnêteté intellectuelle. Dans ce pays, un opposant au chef de l'Etat et au gouvernement en place peut aller à l'étranger et commenter des propos de ceux qui nous gouvernent même si cet opposant ne représente alors rien...

De fait, sans vouloir le moins du monde attaquer Mme Ségolène ROYAL, il a été stupéfiant de la voir - alors qu'elle ne représentait rien, ou plus exactement trois choses: une défaite aux élections présidentielles, une défaite aux élections de son parti et la région Poitou-Charentes qu'elle préside - stupéfiant de la voir se comporter comme une vraie personnalité française à l'étranger! Plus stupéfiant encore a été de voir l'attitude des médias qui accordaient alors à cette dame de longs passages à la télévision, de longues interviews sur les ondes de la radio et une place à nulle autre pareille dans la presse écrite!!! J'ai trouvé stupéfiant de voir ainsi cette femme se comporter en personne d'importance dans notre pays, mais il faut être honnête et avouer qu'elle fait partie de la "Jet Set" et a su - et sait toujours - attirer l'attention des journaux "People" qui trouvent toujours avec elle une bouée de sauvetage lorsqu'ils n'ont rien à se mettre sous la dent pour leur prochaine parution.

Ne voilà-t-il pas une sacrée preuve de liberté? Imaginez que les médias se comportent de cette manière avec tous les présidents de régions et tous ceux qui ont échoué aux élections présidentielles!  Cela n'est évidemment pas possible et prouve que certains journalistes ont la liberté, non seulement de choisir leur camp politique, mais en plus de l'affirmer en laissant la parole aux hommes et aux femmes qu'ils veulent, ce qui est évidemment contraire à l'éthique professionnelle de tout journaliste, mis à part les journalistes travaillant pour des médias particuliers comme ce fut le cas de Charles Maurras avec "Aspects de la France"... Dommage d'ailleurs que l'on n'ait pas, dans la lignée de Charles Maurras, un contradicteur pour Ségolène Royal!  Tout ce qui précède concernant Mme ROYAL a été réalité entre l'élection présidentielle et les dernières élections européennes!

Bon, cela dit, j'ai pris assez de liberté de plume pour revenir à notre 14 juillet (que nous n'avions d'ailleurs pas quitté) car nous aurons l'occasion de reparler plus tard de cette dame qui - si elle manque de voies - ne manque jamais de se faire remarquer, y compris par les paparazzis qu'elle ne manque pas d'attaquer au tribunal pour des photos portant atteinte à sa vie privée.

La liberté dans le respect de l'autre...

Contrairement à ce que je vous ai entendu penser, je ne veux en aucun cas faire ici un article politique à l'occasion d'une fête qui est la "Fête de la nation tout entière"!!!

Que nenni, j'ai simplement voulu vous montrer un exemple criant d'une personne abusant de sa liberté car la liberté de chacun s'arrête "là où commence celle des autres" (c'est bien connu) et la liberté c'est aussi reconnaître son voisin en "honnête homme" qu'il est et respecter la propre liberté de celui-ci. La liberté ne doit en aucun cas être la possibilité d'écraser les autres et ne peut nullement rimer avec l'attitude actuelle de tous ces gens qui ont un ego démesuré ou un égoïsme inimaginable.

Est-ce que vous appelez user de sa liberté l'attitude de ce Monsieur ou de cette Dame qui tempête à un guichet parce qu'il (ou elle)  a dû attendre en raison de la priorité d'une personne handicapée et n'hésite pas à dire à l'employé de façon à ce que tout le monde l'entende: "Y en a marre des handicapés... Faut toujours qu'ils passent avant alors qu'ils n'ont rien à faire... Ils ont le temps, eux..." ?
Est-ce que vous appelez user de sa liberté en voyant cette personne âgée en parfaite santé passer et bousculer tout le monde en disant: "Un peu de respect, tout de même... Je suis vieille" ?
Est-ce que vous appelez user de sa liberté le comportement de cette femme qui bouscule tout le monde pour être la première à la caisse d'un grand magasin et qui répond à un Monsieur voulant intervenir timidement: "Regardez-moi ça!  Celui-là qui n'a rien à foutre, moi j'ai des enfants à m'occuper" ?
Est-ce que vous appelez user de sa liberté que d'empêcher, à quelques-uns, les ouvriers d'une usine de se rendre à leur travail et de mettre ainsi en péril l'avenir de tous leurs camarades?  Pour moi, il me semble avoir lu dans la Constitution de la République française de 1958 qu'existait le droit de grève,  mais que la libert du travail devait aussi être respectée!!! Je n'oublierai personnellement jamais ces paroles d'un syndicaliste à mon égard voyant que je travaillais malgré un ordre de grève, une grève que je trouvais ridicule tant la demande syndicale était exorbitante: "Je m'en souviendrai: je briserai ta carrière": est-ce cela la liberté?
Lorsque quelques syndicalistes empêchent le travail du dimanche alors qu'il y a une  large majorité d'employés souhaitant le faire en raison des avantages qui y sont attachés, où est donc la liberté?

La liberté n'est-elle pas de ne pas penser qu'à soi mais - en l'utilisant - de penser aux conséquences pour les autres.

Voilà déjà un premier pas de franchi dans la trilogie du bonheur, mais il est évident que l'Egalité et la Fraternité ne doivent pas être oubliées et seront plus faciles à mettre en oeuvre lorsque chacun aura compris qu'il n'est pas le nombril du monde à qui l'on doit tout et  que, dans sa liberté, il doit tenir compte de sa famille, ses voisins, ses camarades d'école ou ses collègues de travail...

Je vais donc prendre la liberté de vous quitter aujourd'hui, mais je reviendrai sur l'Egalité et la Fraternité lorsque vous aurez profité des flonflons de la fête et abordé inconsciemment la Fraternité en la vivant avec toute cette foule au sein de laquelle vous vous serez trouvé pour regarder le ciel s'iriser comme il est possible de le faire de notre vie.


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18 juin 2009

Comment être à sa portée ?

Un dimanche d'été fêtant la musique et les pères !

C'est le moment d'une pause pour les papas! Eux qui doivent être conscients de leurs actes quotidiens pour que leurs enfants ne risquent jamais d'être amers...

                   Par François LÉGER

Cette année encore, le premier jour de l'été sera fêté en musique et nous permettra de retrouver les cacophonies habituelles dans les rues puisque l'on ne demande pas aux gens de faire de la musique mais, pour ne pas avoir oublié cette magnifique phrase de l'un de nos anciens ministres de la culture, tout simplement "A chacun de descendre son instrument à la main dans la rue"!!!

Ainsi, le "chef" qu'était ce ministre de la culture s'est-il conduit comme ce mauvais père de famille qui envoie ses enfants jouer où ils veulent pourvu que, lui, père de famille irresponsable, ait la paix et que sa progéniture - heureuse et béate dans sa médiocrité - ne vienne pas réclamer quoi que ce soit!

Honnêtement, l'idée première de ce ministre n'était pas mauvaise, mais il eut fallu aller plus loin: aller plus loin, c'était faire découvrir la musique aux jeunes et moins jeunes, leur donner envie de prendre un instrument et se mettre à la portée de ces futurs musiciens en faisant les pauses nécessaires pour expliquer la partition...

Il en va d'ailleurs de même pour la partition de la vie que tout père responsable doit expliquer à ses enfants en leur précisant que c'est la clef de leur bonheur, mais leur expliquer en se mettant à leur portée... Car, chaque âge a ses notes noires, ses croches, double, triple, voire quadruple croches qu'il faut surmonter pour enfin parvenir à une note blanche qui annonce la pause... proposée par la baguette du chef.

C'est en quelque sorte la musique de la vie que chaque père doit faire appréhender à ses enfants en leur expliquant que l'on a sa partition à jouer et à respecter à tous les âges de la vie...F_te_des_p_res_2009

Quand papa en est encore à venir raconter une histoire à ses enfants, chaque soir, avant qu'ils ne s'endorment, le rôle de père est aisé mais tout de même essentiel! De fait, sans ces contes, ces histoires racontées par un père dont le travail l'empêche d'être omniprésent, les enfants n'apprendraient pas à rêver... Ah, ce rêve sans lequel il ne peut y avoir de vie heureuse car il faut bien comprendre que ce rêve est un moteur de la vie de chaque individu: c'est la carotte qui fait avancer l'âne... Alors ne privons pas nos enfants de ces contes et de leurs rêves, ou bien cessons de nous demander pourquoi il y a tant de drogués et de suicides chez les adolescents!!!

Aimer sans trop le montrer...

Le rôle du père est alors relativement facile car cet homme peut déverser tout son amour sur ses enfants qui, malheureusement, vont changer de peaux et devenir très vite des adolescents ayant leurs propres problèmes et en posant aussi de sérieux à leurs pères...

Que faire? Montrer à ses enfants qu'on les aime tout en maintenant les interdits, les diktats parfois incompris, mais simplement destinés à mettre ces adolescents devant ce que sera la vie avec ses dures lois et non pas pour les rendre malheureux ou répondre par un refus systématique... Pourtant, il faut être un papa conscient qui projette la vie de ses enfants dans demain, un papa qui donne l'éducation, un papa qui donne les clefs de lendemains heureux en permettant à ses enfants de poursuivre des études ou de bénéficier d'une formation, en un mot: leur assurer de ne pas entrer dans la vraie vie les mains vides. Mais, papa doit être ferme car, s'il peut donner des moyens pour réussir à ses enfants, il ne peut pas remonter ses manches pour eux et faire tout seul que ceux-ci ne soient jamais amers...

Difficile de jouer ce rôle et de garder en soi tout son amour pour ses enfants, cet amour qui se manifeste par ces actes responsables nécessitant une vraie discipline. Quand papa parvient à instaurer un vrai dialogue, les choses s'éclairent mais le problème est que, en ces instants, les enfants sont dans le présent alors que le père se projette dans leur futur...

Que faire? Se faire bien voir comme ce chef d'entreprise - particulièrement bien rémunéré - qui, pour être tranquille et ne pas s'occuper de son fils, lui donne tout ce dont il a besoin... Cet homme va parfois jusqu'à l'extrême en installant son grand garçon avec son amie du moment dans une magnifique propriété dotée d'une pièce d'eau où le cher fils pourra aller la pêche, seule chose dont il soit capable! Papa paie sans réaliser que, lorsqu'il disparaîtra, son fils sera bien amer de toutes les largesses de son père pour ne pas pouvoir s'insérer dans la vraie vie: celle que l'on assume soi-même...

Mais, si papa n'est généralement pas très ouvert aux bisous et aux câlins de ses "ados", il sera sensible, en ce dimanche, à un "Bonne fête papa", surtout si ce "Bonne fête papa" est prononcé de manière à ce que celui-ci comprenne "Bonne fête papa... Merci pour tout ce que tu fais pour moi"... Car, en ces moments là, il y a des non-dits qui sont presque aussi assourdissants que les musiciens d'un jour réunis dans la rue.

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05 juin 2009

Une journée pour une vie !

Inutile de me parler maman, je t'entends...

Je t'écoute depuis avant ma naissance et depuis que l'on dit que tu nous a quittés!

               Par François LÉGER

En ce dimanche consacré à la Fête des Mères, aimable tradition sans véritable sens, il nous réchauffe le coeur de voir des enfants tout épanouis aller faire un gros bisou sur les joues de leurs mamans en apportant un petit chef-d'oeuvre confectionné de leurs mains avec l'aide de leurs institutrices... Ah, si cette démarche pouvait être l'ouverture à bien d'autres moments et actes d'amour envers cette maman qui a souvent donné beaucoup d'elle-même pour son enfant dès sa conception...

Car, en fait, pratiquement dès cette conception, l'enfant établit des liens d'amour très particuliers avec celle dans le ventre de laquelle il va passer les neuf plus beaux mois de sa vie terrestre. Le bonheur absolu en vérité puisque, dans son liquide amniotique, cet humanoïde n'aura pas à s'occuper des problèmes de chauffage, de son alimentation ou de sa protection puisque maman prendra alors tout en charge! En revanche, maman ne sait pas qu'elle va donner naissance à une sorte d'espion puisque, dans ce liquide amniotique dans lequel il baigne avec délice, cet enfant est à l'affût de tout: il entend maman et écoute papa et tous les visiteurs venant s'enquérir des nouvelles de sa maman. Il entend maman sans avoir besoin de l'écouter car il est bien placé pour connaître - avant qu'elle ne parle - les propos qu'elle va tenir! C'est un premier lien avec maman qui se développera ensuite ou s'autodétruira.

Dans sa bulle maternelle, s'il est un peu curieux, tout en étant dans le noir absolu puisqu'il manque de lumière faute d'électricité, cette électricité qui ne doit aucunement se propager dans l'ambiance familiale, le rejeton apprend aussi et surtout à voir avec son coeur ce qui le mène à gérer sa vie par des élans d'affection, mais aussi à ne pas tenir compte de tous ces propos qui relèvent de la bienséance ou de l'intérêt de la part de ceux qui les tiennent... Là, c'est une faculté que l'enfant développera ou ne retiendra pas sur cette terre où l'envie, la jalousie, la cruauté, la méchanceté et l'égocentrisme mènent le monde... Autant d'éléments déjà découverts dans le ventre de maman le menant à être un loup sur cette terre ou un "honnête homme"...

Pourquoi m'as-tu jeté dans la fosse aux lions?

C'est dire la petite vie paradisiaque de cet enfant qui ne peut malheureusement pas s'éterniser, sa maman devant tout de même - peut-être avec une once de regrets - le jeter dans la fosse aux lions dans une salle dont le seul nom est un horrible présage puisqu'il s'agit d'une salle de travail!!!

Toujours est-il que l'enfant, un beau petit Éric, est arrivé finalement sur le plancher des vaches, un petit Éric qui se souviendra de cette vie intra-utérine et du fruit des expériences qu'il a vécues dans sa cage dorée... C'est dire qu'Eric pourra à la fois demander à sa maman pourquoi elle l'a jeté si tôt dans la fosse aux lions et la remercier pour tous ces fruits de la vie qui sont en lui...F_TE_DES_MERES

Comme la plupart des enfants, Éric ne manquera pas de souhaiter la Fête des Mères même s'il sait, sans en avoir jamais parlé avec sa maman, que cela ne fait que répondre à une coutume et non pas à un élan d'amour... Cet élan d'amour qui doit toujours être prêt à se manifester, car l'amour d'une mère et de son enfant est un amour de tous les instants de part et d'autre...

Éric a expliqué à sa maman - un peu incrédule - cette vie au cours de laquelle le foetus qu'il fut s'est développé, mais aussi les expériences qui ont été les siennes. Puis, maman a beau douter et douter encore, il est un moment où, par la force des choses, elle finit par se rendre compte qu'Eric l'entend la plupart du temps avant qu'elle ne prononce une parole... Dans l'ennui, maman n'aura jamais besoin d'appeler son fils pour qu'il comprenne qu'elle a besoin d'une main secourable....

Or, en ce dimanche de Fête des Mères - maintenant que maman est partie et regarde Éric du haut du ciel, assise sur un beau nuage blanc - celle-ci ose enfin lui dire qu'après le doute est venue la certitude. Certitude de cet amour profond qui n'a pas besoin de paroles pour s'exprimer et encore moins d'une journée spéciale...

D'ailleurs, encore aujourd'hui, Fête des Mères ou pas, anniversaire d'Eric ou pas, lorsque celui-ci a un problème, il sait qu'il peut compter sur maman et qu'il saura la comprendre même si, de là où elle est, elle ne peut pas lui parler... Vertige de l'amour maternel.

Mais tout ceci ne doit pas nous empêcher, en ce dimanche de Fête des Mères, de montrer l'amour que nous avons pour nos mamans! C'est merveilleux à condition de ne pas oublier, au fil du temps, qu'il n'y a pas d'amour profond qui ne se manifeste qu'une fois par an et qu'il faut fêter maman chaque jour: à quoi rimerait de lui apporter des fleurs une fois par an avant d'aller sur sa tombe ... une fois par an.

Ce ne serait plus la manifestation de l'amour, mais simplement, un geste libératoire de tout autre devoir...

Posté par ARMEE à 14:37 - Fêtes traditionnelles - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 février 2009

Un coeur plein d'amour...

         Bizarre matin de Saint-Valentin...

                   Par François LÉGER

Ce matin, comme chaque jour que Dieu fait, après m'être levé, rasé et habillé, je suis allé chercher mon journal dans la boîte aux lettres pour découvrir les nouvelles du jour dans mon quotidien déposé, à six heures précises, pour un sou, par un gamin...

Ce matin, comme hier, comme demain, je vais regretter de ne pas avoir un fanzine entre les mains... Enfin!...
Je regrette alors d'apprendre l'existence de ces bruits de bottes ici et là, de cet assassinat perpétré par un adolescent qui a poignardé son professeur de latin, de ce charnier découvert dans un pays où l'on pensait éteintes les rivalités entre ethnies après ce véritable génocide qui eut lieu, là-bas, dans ces pays lointains au devenir toujours incertain.

Ce matin, je m'aperçois que tous ces événements qui ont jalonné ma vie m'ont laissé indifférent tant étaient essentiels pour moi mon présent et mon demain.

Ce matin, ma gazette  réserve aussi une belle place, - entre les chars qui entrent dans un pays où les militaires tueront aussi femmes et enfants pour s'approprier les richesses du sous-sol et cet avion qui s'est écrasé en faisant plus de deux cent cinquante morts dans un attentat pas encore revendiqué - une belle place à la Saint-Valentin en invitant tous mes concitoyens à vivre cet amour qui donne à l'animal que nous sommes sa place d'être humain. Voilà, en ce jour, un être humain généreux et oubliant son ego exacerbé pour partager avec sa douce moitié tout l'amour qui s'est éveillé en lui en ce matin de Saint-Valentin... Dîtes-le avec des fleurs, quelques mots, ou un geste à celui ou celle qui partage votre vie, pas de fausse pudeur, n'attendez pas de porter des fleurs... au cimetière! Saint_Valentin

Ce matin, alors que mon épouse n'est pas encore levée, commençant tout juste à vivre cette retraite que nous avons tant attendue tous les deux, je pense brutalement à cette Saint-Valentin et réalise soudainement qu'il est temps pour nous de conjuguer le verbe aimer. Oui, il est grand temps de nous aimer après quarante années au cours desquelles nous nous sommes côtoyés sans un seul moment nous arrêter.

Nous sommes-nous aimés lorsque nous nous sommes rencontrés? Non, nous n'en avons pas eu le temps tant ce coup de foudre a fait brûler notre tendresse, tant notre attirance physique mutuelle était fusionnelle. Oui, Platon avait raison: quelle merveille de s'unir physiquement à cette autre moitié de nous-même dont nous avons été séparés par  des Dieux ayant eu peur de la croissance de notre puissance... Une peur qui les conduisit d'ailleurs, dans un assaut final, à diviser les hommes en créant des  barrières linguistiques si difficiles à franchir... Ces Dieux ignoraient alors que les hommes atteindraient un  tel niveau de narcissisme qu'ils créeraient eux-mêmes leurs barrières... religieuses autrement sanglantes.

Nous sommes-nous aimés à la naissance de Xavier? Nous sommes-nous aimés ou bien avons-nous chacun été émerveillé d'avoir été capables de donner la vie à un tel enfant?

Nous sommes-nous aimés en affrontant toutes ces difficultés de la vie que connaissent tous les couples, naissance après naissance, varicelle après varicelle, lycée après lycée, inquiétude après inquiétude pour l'insertion des uns et des autres dans la société, cette société dont nous n'avons pas lieu d'être fiers de la laisser dans un tel état à nos héritiers...

Mais il est vrai que, comme nous n'avons pas eu le temps d'écouter ou d'aider notre conjoint dans ces moments où il avait besoin de nous, comme nous n'avons pas écouté la nature, mais forts de nos connaissances, nous nous sommes acharnés à créer une société de consommation générant un certain confort de vie sans nous occuper du lendemain...  Ainsi peut-on se demander si l'animal pensant que nous sommes est vraiment capable de penser et de donner cet amour qui fait de lui un animal digne de figurer parmi les Humains.

A tout cela je pense en prenant connaissance des événements du jour et, brutalement, je comprends que le véritable événement du jour, le seul qui doive compter, est que ce soit la Saint-Valentin... Je repense à tous ces moments vécus avec ma femme, tous ces écueils que nous avons surmontés ensemble, tous ces efforts et toutes ces attentions qu'elle a eues pour moi et les enfants depuis quarante ans... Non, vraiment, je n'ai pas assez vu ou apprécié tous ces gestes et je suis persuadé qu'il est grand temps pour nous de conjuguer le verbe aimer... à deux.

Tout à l'heure, lorsque ma femme s'éveillera, pour la première fois depuis quarante ans elle sera stupéfaite: je lui souhaiterai une joyeuse Saint-Valentin avec un coeur plein d'amour à lui donner tout au long du chemin qui nous reste à parcourir.

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01 janvier 2009

Ce regard qui change l'avenir...

Que la Lumière soit en cette année 2009 !Voeux_site       

Tous les auteurs de ce site vous présentent - sans langue de bois - chacun à sa manière, tous leurs voeux pour l'année qui vient de débuter!

Tous vous souhaitent un maximum d'ondes positives...

            Chant d'amour pour l'amour

                   Par Maurice DUSSOL

Toi qui sèches les pleurs des âmes ulcérées,                              
Victimes que le Temps prend dans ses tourbillons                     

Où, pour les torturer, il retient, enserrées,
              Les espérances lacérées
              Et les sanglots des Cendrillons,

Je Te vénère, Amour, Toi dont la sage ivresse,
En empruntant, d'Isis, les tons de l'Arc en ciel
Pour faire chatoyer les fleurs de la tendresse,
              Au delà de l'humble caresse
              Nous mènes vers l'essentiel...

Je Te chante et Tu peux accepter ce poème
Car Tu sais Te pencher sur les pauvres mortels
Montrant sans Te lasser l'art de dire "Je t'aime"
              A tout être qui, de lui même,
              Vient, confiant, vers Tes autels.

Tu fais bondir le coeur de l'humble prolétaire
Quand il plonge ses yeux dans les yeux de "Margot";
Ses propos vont cesser de ramper terre à terre
              Car sublimés dans Ton cratère
              Ils ne sont plus des mots d'argot.

Tu changes le destin, terrible et détestable
De ceux que la nature a, par trop, négligés
Et pour qu'ils aient, au moins, un printemps supportable
               Tu prêtes la "Beauté du Diable"
               A leurs physiques affligés.

Tu sais étinceler en facettes sans nombre:
A l'amour des parents succède amour d'autrui
Et l'amour maternel est bien mieux que Ton ombre
                Cet amour qui n'est jamais sombre,
                Cet amour que rien ne détruit !

Gloire à Toi dans les deuils, gloire à Toi dans les fêtes !
Tu fais les désespoirs et les dévotions,
Multipliant Tes dons jamais Tu ne t'arrêtes
                 Et Tu soutiens les amourettes
                 Tout autant que les passions.

Amour, Tu Te répands de palais en chaumières
Pour porter du bonheur, donner le grand frisson,
Prendre un coeur dans l'Enfer, lui céder Tes lumières
                  Toi sans qui les valeurs premières
                  Seraient tout sauf ce qu'elles sont.

 

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Souhaits à ne pas laisser lettre morte...

"Mélancolie postale" où les voeux veulent effacer un "Coup de gueule"!

                       Par Daniel PAGNIEZ

Pour ce 1er janvier 2009, je désirerais jouer le Docteur Miracle, aussi je formule tous mes souhaits de meilleure santé pour un prompt rétablissement du Service Public souffreteux. J'aimerais que ces voeux inondent tout le Service Public mais je crains, hélas, que mon éventail de souhaits ne soit pas assez important pour le couvrir dans sa totalité. Je présenterai donc ici mes voeux à son antenne  de La Poste.Illustration__Daniel

Fut un  long temps de ma jeunesse - j'habitais alors un immeuble en ville - où le facteur venait présenter ses voeux le 1er janvier chaque année. Que ce jour férié tombât un dimanche ou pas, il montait aux étages nous rendre une agréable visite avec ses calendriers. Il y était reçu dans la gaieté et il était heureux de prendre le café du matin ou un petit verre avec l'usager. Il était reçu comme un ami dévoué dans sa tournée. Nous lui remettions ses "étrennes" dans la bonne humeur réciproque. A cette époque, la distribution normale du courrier se faisait quatre fois par jour du lundi au samedi. Un télégraphiste volait sur sa bicyclette pour nous "monter" les télégrammes ou les "pneus" - comme l'on disait - poussés dans  les tubes des réseaux pneumatiques. Le Service Public se portait bien et le courrier ne souffrait guère de retards.

Les temps ont bien changé. Le "progrès" a, hélas, construit une évolution peu souvent heureuse. Le courrier est distribué sous une permutation continuelle d'employés sur des plages de début de matinée à la fin d'après-midi, la triste rançon des maladroites élucubrations des "Trente-Cinq Heures"... Le facteur n'est plus notre ami de rencontres, et l'usager a perdu le Service qu'il était en  droit d'espérer. Les P.T.T. ont pris le nom de Banque Postale, le "préposé" motorisé et expéditif a remplacé le sympathique "facteur".

Ce Service actuel a contracté une longue maladie larvée et entretenue de virus syndicaux à éradiquer pour un bon droit à l'usage en retour de l'impôt qu'il reçoit et qui le fait vivre. Que dire de l'accueil interdit aux guichets les jours de grèves?... L'usager s'interroge!... Ne soyons pas rétrogrades ou défaitistes pour ce début d'année. Il faut s'efforcer de vivre avec son temps, sans doute, encore faudrait-il que le Service Public soit un Service rendu au Public, ce dernier restant souvent un otage impuissant et troublé au chevet du malade...

Une maladie se soigne et j'en appelle de tous mes voeux à une bonne et salutaire thérapeutique pour l'an tout neuf que nous abordons...

L'illustration de ce texte fait partie d'une collection privée dont nous remercions le propriétaire de nous l'avoir obligeamment prêtée.

Posté par ARMEE à 09:49 - Fêtes traditionnelles - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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