François Léger

Journaliste honoraire et membre Adhérent de la Société des Gens de Lettres, François Léger - essayiste et nouvelliste - présente ses livres, ses réflexions et des travaux de ses amis partageant la même passion.

08 octobre 2008

Pincement au coeur

Le président de "La Renaissance Française Nord/Pas-de-Calais" jette l'éponge.

Il s'en explique dans une lettre adressée aux adhérents de cette société littéraire.

Regrettant, sur ce site, qu'un certain nombre de groupements ou d'associations demeurent quelque peu confessionnelles alors qu'elles s'attachent à transmettre l'héritage culturel qui est le nôtre, j'ai publié, ici, le 20 octobre 2006, un article intitulé "Défense et illustration de la langue et de la culture françaises".  Cet article était alors consacré à la "branche" Nord/Pas-de-Calais/Picardie de "La Renaissance Française", une association régionale créée, en 1982, par Maurice SCHUMANN, de l'Académie Française, qui en fut le président jusqu'à sa mort survenue en février 1988.

Placée sous le patronage du Conseil régional Nord/Pas-de-Calais et des conseils généraux du Nord et du Pas-de-Calais, cette structure - quelque peu indépendante de l'association nationale - était bien évidemment tout à fait en phase avec celle-ci.

L'imparfait que je viens d'employer, dans le paragraphe précédent, est pour moi une espèce de déchirement, ce déchirement que l'on éprouve lorsque l'on perd un ami. Michaux
Depuis ce prix de la "Catégorie Essais" de La Renaissance Française Nord/Pas-de-Calais, reçu en 2001 pour mon premier livre - prix suivi, au fil des années, de quatre prix pour des recueils de nouvelles encore au stade de manuscrits, manuscrits dont trois sont aujourd'hui des livres vendus en librairies - j'ai appris à connaître cette société littéraire nordiste. J'avais d'ailleurs noué quelques liens d'amitié avec Madame Simone BONNET dont j'ai compris, au fil des ans, qu'elle portait l'association sur ses épaules. Secrétaire de l'association, secrétaire-adjointe, trésorière et trésorière-adjointe, présidente du jury du concours annuel, Madame Simone BONNET ne portait peut-être pas ces titres, mais elle en assurait les fonctions tout en expliquant, chaque année que, l'âge et des ennuis de santé étant là, elle avait besoin d'aide.

Puis, après cet appel au secours, elle repartait dans toutes ses fonctions pour un an! Je le sais d'autant plus que je suis resté en relations épistolaires avec elle depuis mon installation sur la Côte d'Azur et que, chaque année, je m'inquiétais en moi-même de l'avenir de "La Renaissance Française Nord/Pas-de-Calais".

Mais voilà que le président a réglé le problème par son courrier, en date du 1er octobre, adressé aux adhérents, un courrier guère amer puisqu'il termine en déclarant : "Tout sur cette terre a une fin"!

Pourtant, je me demande si, au sein des membres de l'association, il n'était pas possible de créer un nouveau bureau en répartissant les tâches cumulées par Madame Simone BONNET!

Si le président, M. Jean-Pierre MICHAUX, dit "Ne regrettons rien", pour ma part je regrette que l'on ait ainsi jeté l'éponge en laissant la région Nord/Pas-de-Calais orpheline d'une importante société littéraire et les habitants de cette région amoureux de l'écriture sans cette possibilité qui leur était donnée de se mesurer entre eux et d'avoir les jugements de leurs pairs.

Je pense que, dans le patrimoine culturel de notre pays, on ne peut que regretter amèrement la disparition d'une branche de cet arbre qu'est la langue de Voltaire.

Un mot toutefois pour terminer: "Chapeau Simone pour tout ce que vous avez fait avec tant de dévouement et de coeur. Je suis sûr que la disparition de "La Renaissance Française du Nord/Pas-de-Calais" est une partie de vous même qui s'en va, mais soyez certaine que vous-même restez dans les coeurs de tous ceux dont vous avez eu les écrits en mains".

François LÉGER

Nos lecteurs trouveront ici la lettre de M. Jean-Pierre MICHAUX  qu'ils peuvent agrandir - pour une lecture plus confortable - par un clic de souris.

Si "La Renaissance Française Nord/Pas-de-Calais" disparaît sans même faire une remise de prix pour les lauréats du Concours annuel 2008, pour notre part, nous publierons le palmarès de ces joutes littéraires le vendredi 24 octobre.

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20 octobre 2006

La Renaissance Française

Défense et illustration de la langue et de la culture françaises

Regrettant, sur ce site, qu'un certain nombre de groupements ou d'associations demeurent quelque peu confessionnelles alors qu'elles s'attachent à transmettre l'héritage culturel qui est le nôtre, nous avons déjà publié ici une présentation de "Défense de la langue française".

Dans cet état d'esprit, nous nous devions aujourd'hui - alors que "La Renaissance Française Nord/Pas-de-Calais/Picardie" a remis les prix de son concours annuel, le samedi 14 octobre - de consacrer un article à cette société qui oeuvre, elle aussi, pour le rayonnement de notre langue et de notre culture.

La "branche" Nord/Pas-de-Calais/Picardie de "La Renaissance Française " est une association régionale créée, en 1982, par Maurice Schumann, de l'Académie française, qui en fut le président jusqu'à sa mort survenue en février 1988.

Placée sous le patronage du Conseil régional du Nord/Pas-de-Calais et des Conseils généraux du Nord et du Pas-de-Calais, cette structure - quelque peu indépendante de l'association nationale - est bien évidemment tout à fait en phase avec celle-ci.

Mais qui, mieux que les responsables de l'association nationale, pourrait présenter celle-ci en soulignant l'évidente nécessité de son existence, les buts qu'elle poursuit - inlassablement dans une société qui a malheureusement tendance à faire fi de certaines de ses valeurs  - et des actions qu'elle mène.

Voici donc, dans toute sa quintessence,  le texte que chacun pourra lire avec bonheur.

"L'association nationale < La Renaissance Française >, fondée, en 1916, sur l'initiative de Raymond Poincarré, reconnue d'utilité publique, a pour but de favoriser la culture et la langue française et encourage toutes sortes de manifestations et d'activités qui y contribuent. Les plus hautes autorités de l'Etat en furent les présidents d'honneur.

"Elle a été dotée, pour favoriser ses buts et son action, du droit de délivrer des diplômes et médailles afin de récompenser ceux qui ont bien mérité des objectifs poursuivis.

"L'héritage fondamental de notre passé, le plus précieux au service de tous les autres, c'est la langue engendrée au fil des temps pour communiquer entre nous, mais aussi pour transmettre cet héritage merveilleux de la pensée et de la connaissance qui nous appartient sans partage quand nous venons au monde. La pensée est créatrice de langage et se fait par le langage.

"Maintenir la qualité et la place de notre langue dans le respect des pluralités des cultures, c'est favoriser des échanges enrichissants pour tous.

"Il ne s'agit pas d'entretenir une querelle de prestige avec l'anglo-américain. L'enjeu est très différent; c'est un enjeu de civilisation. Il s'agit de sauvegarder le sel et les moyens originaux de notre vie intellectuelle et artistique dans un monde menacé par l'affadissement et l'uniformité.

"Le français est l'une des cinq langues reconnues par les institutions internationales. Il est étudié dans le monde par près de 15% de la population scolarisée. Bien entendu, la France doit s'associer à tous les efforts déployés en faveur des langues africaines et créoles. Loin de se développer à leur détriment, le français peut contribuer, comme l'a dit le président Léopold Senghor, à l'approfondissement des traditions autochtones.

"Pour apporter une vraie contribution à la Communauté internationale, il faut d'abord être soi-même. Noblesse oblige!

"N'est-ce pas en langue française qu'a été conçue, puis écrite la charte intitulée, non pas < Déclaration des droits du français> mais < Déclaration des droits de l'homme et du citoyen?>

Comme nous le disions au début de cet article, "La Renaissance Française" a bénéficié de cette antenne créée dans le Nord/Pas-de-Calais par Maurice Schumann. Une antenne digne héritière de sa grande mère nationale comme le prouvent les quelques mots prononcés par M. Jean-Pierre Michaux, président, lors de la remise des prix du samedi 14 octobre, à Lambersart (Nord). Une intervention que nos lecteurs retrouveront sur ce site dans la rubrique "A l'honneur'" qui accueille des échos de cette manifestation.

Précisons cependant que les personnes intéressées par cette association peuvent, d'ores et déjà, se rapprocher de l'antenne nordiste: 22 rue des Quais, 59280 Armentières.

Posté par ARMEE à 16:27 - La Renaissance Française - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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