22 octobre 2009
Dimanche arrivera en son temps...
C'est l'heure du changement...
Par François LÉGER
Pour tous ceux qui, comme moi, sont nés au milieu de l'autre siècle, voire entre les deux guerres, l'heure du changement est là constamment et ce, à tel point que l'on se demande qui croire, que penser, que faire, où est l'avenir... si toutefois il y en a encore un aujourd'hui. Ceci tout simplement parce que l'on nous avait promis de grands changements - que dis-je? Des bouleversements! - pour l'An 2000...
Souvenez-vous de ce "bug" de l'An 2000 qui n'a été que le bruit du bouchon de votre bouteille de champagne au moment où l'on nous avait prédit la fin du monde, ou - pour les plus optimistes - la fin d'un monde... Mais ce changement annoncé et redouté s'est évaporé dans le nectar de vos bulles...
L'on s'est alors empressé d'oublier les évolutions extraordinaires que nous avons connues au cours du XX° siècle! Tout le confort, tout le bien-être que nous connaissons aujourd'hui est naturel! Certains jeunes se plaignent d'avoir une voiture ancienne sans jamais avoir eu cependant à la démarrer à la manivelle - "Manivelle?", "Vous avez dit manivelle?"... D'autres se plaignent de ne pas pouvoir s'offrir certaines chaînes de télévision payantes sans avoir connu mon poste à galène, puis mon premier téléviseur en noir et blanc (souvent en gris et souvent avec un petit train passant et repassant sur l'écran, un "Interlude" en attendant que la panne d'un émetteur ne fût réparée): "Quelle horreur, je ne pourrais pas vivre sans mes chaînes de télévision en couleur et me moque de votre ami Galène!!! ".
Au cours de ce siècle, nous sommes passés de la voiture hippomobile à l'automobile, puis à la voiture que nous connaissons aujourd'hui: "La voiture presse-boutons!"
Au cours de ce siècle, nous sommes passés de mon vieux vélo aux motocyclettes de course.
Au cours de ce siècle, nous sommes passés de nos avions à hélices aux navettes spatiales qui, à la télévision, nous auront permis de voir l'homme faire ses premiers pas sur la lune...
C'est dire que notre époque vit toujours à l'heure du changement de quelque chose en ayant pris l'habitude de changer de tout et de rien sans la moindre raison valable et sans se soucier des conséquences de ces changements.
Certains changements sont bons pour demain quand il s'agit de changer d'un matériel devenu obsolète à la maison: si vous changez votre vieille gazinière contre un matériel moderne, vous augmenterez votre confort et donnerez du travail à ceux qui fabriquent l'objet de votre achat...
Mais, en disant que "C'est l'heure du changement", nous devrions finalement être plutôt tristes... dans la mesure où le changement est devenu une habitude inconsidérée...
Regardez votre voisin qui vient de changer de voiture et qui va changer d'appartement parce qu'il va changer de femme alors que cette union sans tache durait depuis plus de vingt ans! Est-ce raisonnable?
Regardez ce couple qui vient de prendre sa retraite et, en changeant de vie, devrait connaître une dernière ligne droite heureuse... Pourquoi va-t-il éclater? Parce qu'en changeant de vie, les deux membres du couple ont appris à mieux se connaître et à mieux se gêner! Heureusement qu'il est des couples qui apprennent à mieux s'aider et s'aimer davantage... Le changement est tout de même plus sympathique et encourageant!!!
Encourageant oui! Car, alors que "C'est l'heure du changement" ont voit les couples se déliter à tous les âges sans s'occuper de l'avenir des enfants dont ce n'est plus - si cela a été un jour - le problème! Même si "C'est l'heure du changement" arrêtons d'avoir la stupidité de vanter les couples recomposés (parfois en de véritables couches stratifiées!) car avant ces recompositions merveilleuses combien a-t-on laissé d'êtres humains sur le bord de la route?
En disant "C'est l'heure du changement", chacun vit sa vie comme il veut, au fil de ses pulsions et se transforme souvent en une montagne d'égoïsme en ne pensant pas à la "Grande heure du changement" qui est au bout de notre route à tous...
Ne pourrions-nous pas réfléchir un peu à tout cela - une simple pensée - lorsque, dimanche, nous dirons "Le temps du changement d'heure est là", cette fois avec raison et de manière obligatoire! Un changement qui effraie certains car ils savent que leur horloge biologique se moque complètement de savoir que "C'est l'heure du changement"...
"C'est l'heure du changement" ou le "Temps de la nouvelle heure" - qui était là il y a six mois avant de prendre des vacances pour... changer un peu - certes, mais cela pose quelques problèmes tout de même... Je pense ainsi à un capitaine de gendarmerie célibataire, qui sortait la nourriture de son chat à heures fixes sur le palier. Il l'appelait en disant: "Avant l'heure, c'est pas l'heure; après l'heure, c'est plus l'heure!"... Imaginez la situation de cet animal habitué au régime militaire s'il "était encore là de nos jours" car, un quart d'heure plus tard, le capitaine retirait la gamelle!
Mais, la situation la plus délicate se pose à mon avis en fin de vie! Imaginez cette nonagénaire qui aura dit, samedi à son gendre, que sa dernière heure était arrivée! Imaginez l'inquiétude et l'angoisse de ce gendre qui sait que l'horloge biologique de sa belle-mère ne se mettra pas obligatoirement sur la nouvelle heure au moment idoine! Alors, à quelle heure doit avoir lieu le trépas de cette femme pour qu'elle soit sûre de ne pas avoir perdu une miette de vie terrestre tout en n'essayant pas de tricher avec le temps pour rester parmi nous un peu plus longtemps... Car le temps s'allonge et se rétrécit en fonction des situations et nous ne pouvons jamais savoir quand "C'est vraiment l'heure du changement de la grande horloge de la vie" si ce n'est en écoutant Bruxelles qui ne change pas en donnant constamment ses directives...
10 septembre 2009
Des mentalités à changer!
C'est la règle de toute société policée: nous avons des droits qui ne doivent en aucun cas nous faire oublier nos devoirs...
Par François LÉGER
Dans la recherche de la Connaissance plus particulièrement, je n'ai jamais cru au hasard et je reste persuadé que nous choisissons des livres et que nous nous trouvons en présence de différents documents en fonction de notre niveau d'évolution et de nos possibilités, à ce moment donné, d'en comprendre la substantifique moelle... Je crois que c'est ainsi que nous avançons dans cette recherche sans toutefois pouvoir atteindre notre but...
Aussi, alors que j'ignorais que je prendrais la plume pour vous faire partager mon sentiment venant en conclusion de mes récents articles ayant eu pour thèmes la liberté, l'égalité et la fraternité mis successivement sur ce site depuis le 11 juillet, un "communiqué" d'une page paru dans "Le Figaro Magazine" du dimanche 12 juillet a particulièrement attiré mon attention.
Ceci pour la bonne et simple raison que j'ai vu dans ce "communiqué" une sorte de synthèse, de résumé de ces trois articles et une idée force sur laquelle je pourrais m'appuyer sans faire rire qui que ce soit: l'affirmation que notre bonheur dépend beaucoup de chacun de nous. Ceci simplement parce que, dans toute société policée, comme je l'affirme souvent sur ce site, "si nous voulons avoir des droits, nous devons admettre que nous avons des devoirs à respecter impérativement". Arrêtons de toujours pleurer sur nous-mêmes et pensons un peu aux autres qui sont souvent bien moins bien lotis que l'on a tendance à le penser...
Mais avant de m'appuyer sur ce texte, bien que ce fût un texte publicitaire (comme la mention "communiqué" l'indique), il me fallait bien évidemment en obtenir l'autorisation du (ou des) auteur(s). De fait, si l'A.M.O.R.C. (Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix) avait acheté cet espace dans "Le Figaro Magazine" pour faire prendre connaissance par le plus grand nombre de la "Déclaration rosicrucienne des devoirs de l'homme", ce texte n'en restait pas moins la propriété du mouvement A.M.O.R.C. Après avoir pris contact avec le service de presse de ce mouvement de pensée, je suis finalement entré en relation avec le Grand Maître tout en spécifiant qu'il n'était en aucun cas question de publicité sur ce site où j'oeuvre bénévolement - tout comme mes deux compères Maurice DUSSOL et Daniel PAGNIEZ - ce qui nous permet d'avoir une totale liberté de pensée et de plume.
Toujours est-il que le Grand Maître m'a donné son feu vert et adressé, en PdF, une sorte de manifeste qui ne manque pas d'intérêt mais sur lequel je serai très bref afin que personne d'entre vous ne puisse imaginer qu'il y ait ici la moindre propagande pour le mouvement A.M.O.R.C.: il est simplement des réflexions que j'ai faites ici et là qui se trouvent rassemblées de manière percutante.
Quand vous lirez ce paragraphe, tiré du manifeste A.M.O.R.C., "Notre conception de l'humanisme consiste à dire que tous les hommes devraient avoir les mêmes droits, bénéficier du même respect et jouir de la même liberté, et ce, indépendamment du pays où ils sont nés et de celui où ils vivent", ne retrouverez-vous pas là quelques idées que j'ai développées à propos du 14 juillet et de la signification des mots écrits sur les frontispices des monuments publics?
Toutefois, journaliste depuis plus de quarante ans, journaliste de terrain vivant au plus près des gens, je me suis aperçu, au fil des décennies, que la mentalité de nos concitoyens prenait un virage très désagréable: presque chaque homme et chaque femme de ce pays a vu, au cours de ce ces dernières décennies, son ego devenir démesuré et s'accompagner d'un égoïsme exécrable. Des choses que je n'ai pas manqué de mettre en exergue dans mes papiers précédents. Or, dans le prologue de la "Déclaration rosicrucienne des devoirs de l'homme" figure cette phrase: "Le bon fonctionnement d'une société dépend d'un juste équilibre entre les droits et les devoirs de tout individu", une idée frappée au coin du bon sens que j'ai souvent répétée sur ce site.
Malheureusement, cette évolution des mentalités que j'ai ressentie l'a été aussi par le mouvement A.M.O.R.C. qui écrit notamment: "A l'aube du XXI° siècle, nous constatons que, dans nombre de pays où la démocratie est devenue un acquis de longue date, les droits des citoyens priment sur les devoirs qui leur incombent en tant qu'hommes, de sorte que l'équilibre est, sinon rompu entre les uns et les autres, du moins très menacé. Craignant que ce déséquilibre ne s'amplifie et n'aboutisse dans ces mêmes pays à une régression de la condition humaine, nous soumettons cette "Déclaration des devoirs de l'homme " à tous ceux et à toutes celles qui partagent notre inquiétude".
Déclaration rosicrucienne des devoirs de l'homme
Et, de soumettre cette "Déclaration rosicrucienne des devoirs de l'homme":
Article 1: Tout individu a le devoir de respecter sans prévention les droits de l'homme, tels qu'ils sont définis dans la Déclaration universelle.
Article 2: Tout individu a le devoir de se respecter lui-même et de ne pas avilir son corps ou sa conscience par des comportements ou des pratiques mettant en cause sa dignité ou son intégrité.
Article 3: Tout individu a le devoir de respecter autrui, sans distinction de race, de sexe, de religion, de classe sociale, de communauté ou de tout autre élément apparemment distinctif.
Article 4: Tout individu a le devoir de respecter les lois du pays dans lequel il vit, étant entendu que ces lois doivent avoir pour fondement le respect de ses droits les plus légitimes.
Article 5: Tout individu a le devoir de respecter les croyances religieuses et les opinions politiques d'autrui, dès lors qu'elles ne portent atteinte, ni à la personne humaine, ni à la société.
Article 6: Tout individu a le devoir d'être bienveillant en pensée, en parole et en action, afin d'être un agent de paix sociale et un exemple pour les autres.
Article 7: Tout individu en âge, en état ou en condition de travailler, a le devoir de le faire, que ce soit pour subvenir à ses besoins ou à ceux de sa famille, pour être utile à la société, pour s'épanouir sur le plan personnel, ou tout simplement pour ne pas sombrer dans l'oisiveté.
Article 8 : Tout individu ayant en charge l'éducation d'un enfant a le devoir de lui inculquer le courage, la tolérance, la non-violence, la générosité et, d'une manière générale, les vertus qui feront de lui un adulte respectable et responsable.
Article 9 : Tout individu a le devoir de porter assistance à quiconque est en danger, soit en intervenant directement, soit en faisant le nécessaire pour que les personnes habilitées à intervenir le fassent.
Article 10: Tout individu a le devoir de considérer l'humanité entière comme sa famille, et de se comporter en toute circonstance et en tout lieu comme un citoyen du monde, faisant ainsi de l'humanisme le fondement de son comportement et de sa philosophie.
Article 11: Tout individu a le devoir de respecter les biens d'autrui, qu'ils soient privés ou publics, individuels ou collectifs.
Article 12: Tout individu a le devoir de respecter la vie humaine et de la considérer comme le bien le plus précieux qui soit en ce monde.
Article 13 : Tout individu a le devoir de respecter la nature et de la préserver, afin que les générations présentes et futures puissent en bénéficier sur tous les plans et voir en elle un patrimoine universel.
Article 14 : Tout individu a le devoir de respecter les animaux et de les considérer véritablement comme des êtres, non seulement vivants, mais également conscients et sensibles.
Epilogue
Si tous les individus s'acquittaient de ces devoirs fondamentaux, il resterait peu de droits à revendiquer, car chacun bénéficierait du respect qui lui est dû et pourrait vivre heureux dans la société. C'est pourquoi toute démocratie ne doit pas se limiter à promouvoir un "État de droits" (...). Il est impératif également qu'elle prône un "État de devoirs", afin que tout citoyen exprime dans son comportement ce que l'homme a de meilleur en lui. Ce n'est qu'en s'appuyant sur ces deux piliers que la civilisation pourra assumer pleinement son statut d'humanité".
Voilà qui corrobore pleinement mes articles sur la liberté et l'égalité, mais aussi sur la fraternité qui est le troisième élément de la "Trilogie du bonheur" dans le Pays des Droits de l'Homme.
De plus, il est tout à fait évident que cette déclaration rosicrucienne est pour moi tout simplement du bon sens et l'humanisme qui devrait habiter chacun de nous. C'est dire qu'en publiant cette déclaration, je ne me sens en aucun cas impliqué dans le mouvement A.M.O.R.C. que je respecte et remercie de m'avoir autorisé à me servir de certains de ses documents.
Enfin, comment pourrais-je ne pas tremper de nouveau ma plume dans l'encre en pensant aux articles 7 et 8 puis 11 et 12 plus particulièrement? Mais, avant cela, je laisserai du temps au temps avec l'espoir que certains visiteurs de ce site auront été intéressés par ces différents articles que m'a amené à écrire notre "Fête nationale".
Il est temps désormais de nous intéresser à la "Rentrée Littéraire" des auteurs (et des éditeurs!) ainsi qu'aux Prix qui seront attribués - souhaitons-le vivement - sans aucune tractation financière et sans copinage pour couronner des ouvrages de qualité, ce qui est trop souvent loin d'être le cas comme nous l'avons vu avec les lauriers attribués les années passées...
Mais ici aussi, si nous avons des droits (notamment celui de critiquer des livres), nous avons le devoir de ne pas critiquer par principe et de lire tout ouvrage avec la plus grande attention avant d'écrire ce que nous en pensons... C'est ici tout simplement le respect d'un auteur et de son travail qui entre dans les devoirs d'un critique littéraire.
01 septembre 2009
Transmettre des connaissances...
Le grand retour vers la culture
Par François LÉGER
Les enseignants font aujourd'hui leur rentrée alors que les élèves arriveront demain pour assurer leur avenir...
S'il me paraît assez évident que la Rentrée des Classes est bien plus importante que la Rentrée Littéraire, il est vrai que je l'ai délaissée jusqu'à ce jour, laissant les médias en parler, le plus souvent, pour plaire aux parents des élèves ou jeunes gens qui sont leurs lecteurs et regretter avec eux notamment le coût de cette fameuse "Rentrée des Classes". Alors, aujourd'hui, ma déontologie m'oblige à franchir le pas tout en expliquant que, dans notre société, la "Rentrée des Classes" est bien plus importante que la "Rentrée Littéraire" même si elles sont devenues toutes deux des événements économiques très forts!
De fait, il est tout à fait clair que la Rentrée Littéraire sera oubliée dès que les éditeurs et les auteurs auront vu arriver leurs ouvrages sur les rayons des librairies et que l'on se sera battu pour faire en sorte que tel ou tel livre se vende particulièrement bien et obtienne un Prix Littéraire... D'ailleurs, dans ce but, on a commencé, comme chaque année, à nous présenter dans la "grande presse" ces livres-phares de l'événement, si toutefois cela en est un...
Mais la Rentrée des Classes, c'est bien autre chose puisque c'est une des bases de l'avenir de notre pays... C'est aussi l'occasion pour nombre de parents de reprendre l'autorité qu'ils n'auraient jamais dû abandonner en face de leurs chères têtes blondes...
Une occasion qui s'est déjà présentée dans la préparation de ce moment de l'année par les parents et leurs enfants : une occasion de ne pas céder à cet enfant d'école primaire qui tape des pieds dans un rayon d'un grand magasin parce que la mère ne veut pas acheter la trousse à la mode cette année... Que dire de ces parents qui cèdent à l'achat de vêtements et de chaussures de marques pour leurs adolescents qui n'en ont aucun besoin, mais qui - autrement - vont rendre la vie impossible à leurs parents?... Des parents que l'on verra et entendra gémir dans un reportage télévisé sur le coût de la Rentrée Scolaire et leur sort "peu enviable"... Rions... pour ne pas pleurer!
Pour ma part, hier - plutôt avant-hier - bien avant la rentrée, on faisait le point à la maison pour voir ce qu'il me manquait: j'avais un cartable de qualité (sans marque) et en cuir et il en était de même pour ma trousse. A charge pour moi de les entretenir en les cirant quand cela était nécessaire... Si mon duffel-coat de l'année précédente était encore en bon état, il n'était pas question de m'acheter autre chose même si le blouson de cuir était devenu à la mode...
N'allez pas croire pour autant que j'étais un enfant de pauvres et un enfant malheureux: j'étais tout simplement un enfant victime de cette éducation que trop de parents renoncent aujourd'hui à donner à leurs enfants. Trop de parents se déchargent de cette éducation sur les enseignants dont ce n'est en aucun cas le rôle car ceux-ci sont là uniquement - et c'est énorme - pour apporter l'instruction aux enfants et permettre aux jeunes pousses de devenir des hommes et des femmes responsables ne commençant pas leurs vies d'adultes en chômeurs à la charge de la société.
Ah, si cette rentrée scolaire pouvait au moins remettre les choses en place et voir les parents avoir le courage d'affronter leurs enfants, de les responsabiliser et de faire d'eux des êtres matures et sociables! Ces êtres qui auront de plus en plus besoin de ces connaissances dispensées par leurs enseignants pour faire de celles-ci une base solide pour l'avenir.
Mais, je ne voulais pas ici seulement jouer les redresseurs de torts au moment où " La cloche a sonné et les vacances sont terminées"...
M. Bernard TETTELIN, ancien professeur de français, brosse un tableau de l'enseignement dans notre pays.
Eh oui, cette fois, "La cloche a sonné, les vacances sont terminées" pour tous nos braves élèves du primaire, nos collégiens et lycéens, les étudiants ayant encore le temps de profiter de quelques rayons de soleil...
C'est dire que certains parents peuvent aussi se demander de nouveau quels seront le niveau scolaire et les connaissances de leurs enfants à la fin du deuxième cycle.
Chacun y allant de son commentaire, j'ai préféré demander son avis sur différents points à un enseignant que les habitués de ce site connaissent bien pour avoir vu quelques critiques d'ouvrages qu'il m'a soumis pour la rubrique "Lu pour vous".
De fait, Bernard TETTELIN a enseigné le français, dans le nord de la France, pendant plusieurs décennies, et évite la langue de bois quand on lui demande où en est le niveau de nos chers bambins.
"Si vous interrogez les représentants de l'Education nationale, presque tous vous diront que les niveaux scolaires n'ont pas baissé, qu'ils se sont même améliorés. Ne leur gardons pas rancune de ce pieux mensonge: ils ne sont pas en mesure de désavouer leur hiérarchie.
"Les garçons et les filles de 2009 (dans leur grande majorité) ne sont pas moins intelligents que leurs aînés, leur bonne volonté est réelle, leurs qualités morales affirmées même dans ce monde où bon nombre de parents ont perdu les leurs. Je vois poindre depuis une dizaine d'années le retour en force de certaines qualités telles que la fidélité, le sens de l'engagement. Non, notre jeunesse n'est ni débile, ni pourrie, en dépit de ses apparences un peu déjantées. Je côtoie chaque jour assez de jeunes gens et de jeunes filles pour m'en convaincre.
" Je suis la carrière de plusieurs centaines de mes < anciens > grâce aux différents sites du type < Copains d'avant > et autres: rares sont ceux qui se sont < perdus en route >, beaucoup me surprennent par la qualité de leur cursus intellectuel et/ou familial, la grande majorité est parvenue là où je les attendais. Ils sont devenus des citoyens dignes, chacun selon ses moyens.
- Voilà, certes, quelques propos réconfortants, mais que pensez-vous de la valeur actuelle de ce fameux baccalauréat dont certains souhaiteraient même la disparition?
"Vous savez, dans les années 50, le Brevet Élémentaire permettait d'exercer la carrière d'instituteur; j'ai commencé ma carrière de professeur avec le seul baccalauréat, diplôme qui, de nos jours, est devenu un "bulletin de sortie du lycée".
" Alors? Pourquoi ce gâchis? Revenons aux sources: du temps de nos ancêtres la mère de famille était le premier professeur de français de son enfant, les familles reposaient sur des bases plus solides: on savait tenir ses engagements, la télévision n'abrutissait pas les jeunes à fortes doses d'émissions débiles d'un niveau affligeant, l'École primaire réussissait à donner aux enfants de 11 ou 12 ans les acquis fondamentaux qui ne sont pas forcément acquis de nos jours à la sortie du lycée!!!
"Mais, dans notre société dite "moderne" - Dieu sait si ce terme m'agace - les parents n'ont plus le temps, ils courent perpétuellement pour acquérir des biens de consommation qui, s'ils facilitent la vie matérielle, n'ont rien apporté à la vie spirituelle, et notamment à la vie familiale. Le mariage s'est transformé en CDD, au mieux en CDI, les tentations du "progrès" ont sapé la notion d'effort et de courage, et, par démagogie, le pouvoir politique a décrété "l'égalité des chances": tout le monde au bac! Tout le monde doit réussir... sans efforts...
- Justement, comment peut-on faire pour que tout le monde ait ce fameux baccalauréat?
"Pour parvenir à la réussite, deux moyens sont possibles: vous donnez un enseignement de qualité à chaque enfant en respectant ses qualités propres sans l'enfourner dans un vague cycle unique commun à tous, vous recrutez les enseignants convaincus auxquels vous apportez une formation solide, vous les faîtes respecter, vous n'envoyez pas dans les zones sensibles de braves jeunes filles de 23 ans qui craquent au bout d'un an! Autre solution: vous transformez l'École en camp de concentration, vous refusez à chaque enfant tout droit à l'initiative, vous lui imposez un cursus tellement allégé que la jeunesse la rejette.
- Vous voulez dire que, dans le second cas, qui semble bien être celui d'aujourd'hui, ce diplôme est un bout de papier que même les jeunes ne respectent plus?
"Vous savez, il est facile d'avoir 80 à 85 % de réussite au bac si l'on a vidé l'examen de sa substance! On distribue aux jeunes un "bout de papier" qui a perdu toute signification, et, à l'entrée en faculté, les trois quarts des étudiants vont à l'échec dès la première année universitaire.
"Cela étant dit, pourquoi une majorité d'enfants rejette-t-elle l'École, perçue comme ennuyeuse, quand des millions d'enfants dans le monde font des kilomètres à pied quotidiennement pour suivre quelques heures d'enseignement?
"La véritable égalité, c'est de faire monter les enfants au niveau de l'examen, non de dévaluer le titre et d'en arriver à ce que la plupart de nos bacheliers soient plus doués en langage SMS qu'en langue française!
"Si aller en classe n'est pas une joie (pour les professeurs comme pour les élèves), cela prouve que la Culture a déserté l'École. Constat inquiétant dans un monde où la ségrégation se fait davantage par la compétence que par la classification sociale. Bref, le monde de l'Enseignement est bien déconnecté de la "vie réelle" et si l'on commence à en prendre actuellement conscience, il est grand temps de tout mettre à plat pour rebâtir. Il est grand temps que les parents comprennent que l'éducation de leurs rejetons leur revient, il est grand temps que les professeurs retrouvent la foi des instituteurs d'antan et qu'ils ne soient pas obligés de porter un gilet pare-balles pour entrer en classe.
- Tout cela est très intéressant, mais que pense le père de famille que vous êtes en tant que père de famille et non plus du côté de ses collègues professeurs?
"Je suis devenu sur le tard père de famille nombreuse: trois filles et deux fils qui sont bien "de leur époque", mais qui assument leurs choix de vie de façon honorable
"Aucun d'eux ne sera professeur "comme papa", et cela m'indiffère totalement. L'époque du "de père en fils" est révolue. Et puis, il faut être un peu fou pour enseigner, tout le monde n'a pas la vocation du Far West.
"Deux de mes filles sont des "battantes", la dernière se destine à l'animation sociale et je retrouve en elle des facettes de ma personnalité. Mon fils aîné est porté sur l'Art et la Musique; il est hypersensible, donc fragile, comme je le suis (mais moi je sais me blinder). Mon fils cadet a choisi une voie inédite chez les Tettelin : le monde hippique."
13 août 2009
La trilogie du bonheur
Dernier regard vers les frontispices des édifices publics
Vous avez-dit "Fraternité"? Mais qu'est-elle donc devenue: est-ce un mot ou une façon de se conduire?
Par François LÉGER
Certes, vous deviez vous y attendre: après vous avoir parlé, ici même, de Liberté et d'Egalité - deux mots qui redeviennent d'actualité, chaque année, à la mi-juillet et dont on se gargarise durant quelques jours - je ne pouvais pas oublier de vous parler de la "Fraternité"...
La "Fraternité" est en effet le troisième et dernier maillon de la chaîne qui pourrait constituer la trilogie du bonheur si ces trois mots ne descendaient pas des frontispices des édifices publics uniquement à l'occasion du 14 juillet et, pour certains anciens combattants et militaires de carrière, le 11 novembre et le 8 mai; si ces trois mots n'étaient pas seulement associés, dans nos esprits, à l'arrivée de notre drapeau tricolore et de celui de l'Europe aux frontons des édifices publics et de nombre de maisons dont les habitants ont encore une certaine idée de la France... sans oublier un jour férié! C'est tellement important un jour férié...
Trois mots associés, de moins en moins à notre hymne national, cette Marseillaise dont nombre des habitants de notre beau pays de France seraient bien en peine d'en dire le texte! Trois mots associés aux flonflons, bals populaires et festivals pyrotechniques ne concernant en rien la plupart de nos concitoyens dont beaucoup de jeunes n'ont seulement pas connu la "Fraternité d'arme" du fait de la disparition de ce fameux service militaire que les générations précédentes cherchaient à éviter, souvent par tous les moyens possibles et imaginables...
"Perte de temps" disaient, en ces temps pas si lointains, tous ces jeunes pour se dédouaner de ne pas aller servir la France, sans savoir qu'ils seraient alors privés de leur premier rendez-vous avec la "Fraternité"... Quand on se retrouve, d'un jour à l'autre - étudiants professionnels, demandeurs d'emploi professionnels, docteurs en médecine, avocats, ouvriers à la chaîne, chauffeurs-livreurs ou employés, etc. - dans une sympathique chambrée dans laquelle descend de temps à autre, sur le coup de minuit, un adjudant amateur de marches forcées qui fait un contre-appel et une inspection des lieux qui justifiera de décider de cette punition, on commence à comprendre qu'une union ne fera certainement pas la force, mais rendra certainement ce passage obligé moins pénible.
On s'aperçoit que l'on est tous égaux en droits et en devoirs devant tous les gradés qui sont bien décidés à "faire de vous des hommes" en vous expliquant: "Si vous étiez des types bien dans le civil, ici ça se passera bien; autrement, vous en baverez, on vous mettra au pas"...
On se retrouve tous égaux en droits et en devoirs et l'on s'aperçoit à plus ou moins long terme que la "Fraternité d'arme" a un vrai sens, ce sens que lui donne l'entraide entre tous! Quand on partage les colis, il n'y a plus d'ouvriers ou de travailleurs en col blanc, il n'y a que des "frères" qui sont tous pareils, ont tous les mêmes besoins, les mêmes souffrances et les mêmes joies... C'est la raison pour laquelle vous avez entendu parler longuement des "anciens" de leurs "copains de régiment" dont ils auraient manqué de faire la connaissance sans cette "Fraternité": c'est ainsi que des amitiés se nouent entre des gars qui font les trois-huit, les commis bouchers et des jeunes hommes que l'on considérera plus tard comme des nantis... Et, ces amitiés dureront souvent des décennies...
Cette "Fraternité" là est plus forte que la fraternité dans une corporation qui n'est généralement que de façade, une fraternité pour aller manger ensemble et qui n'a aucun sens face à la "Fraternité" qui est née d'une entraide en toutes circonstances... Ceux qui ont fait la guerre pourraient vous en parler beaucoup mieux que moi...
La "Fraternité" dans la politique...
Si, comme dans les situations évoquées ci-dessus, les habitants de notre pays voulaient bien ne pas faire remonter aux frontispices des édifices publics ces trois mots après usage lors des flonflons d'un 14 juillet, la vie serait tout de même bien plus belle, chacun pouvant user, sans abuser, de sa liberté en toute tranquillité et comprendre que cette égalité en droits de tous les hommes est bien agréable à connaître et à vivre.
C'est dire que la mentalité de notre pays aurait déjà beaucoup changé et que nos concitoyens seraient parfaitement aptes à comprendre ce qu'est la vraie "Fraternité", pas celle prônée par une ancienne candidate à la présidence de la République qui galvaude sa "Fraternité" dans les rencontres politiques en essayant de ressembler aux bons vieux curés de notre enfance...
Mais, il est vrai aussi que, lors de sa campagne présidentielle, cette candidate m'a également fait penser à un moment qu'elle était entrée dans les ordres tout en n'ayant pas bien compris sa démarche. Grosso modo, j'ai cru comprendre qu'elle allait de réunion publique en réunion publique pour être à l'écoute des Français et savoir ce qu'ils voulaient que nos dirigeants fassent...
Une démarche un peu curieuse, les hommes, ou les femmes, politiques ayant généralement déjà préparé un programme avant d'aborder la phase de rencontres avec les habitants... Une démarche d'autant plus curieuse que - fait du hasard ? - à chaque fois que je l'ai vue, à la télévision, intervenir dans un tel rassemblement, elle donnait la même réponse ... Un homme ou une femme lui soumettait une idée de loi: pas de problème, elle répondait à chaque fois: "C'est prévu dans le Pacte présidentiel" sur lequel elle s'appuyait comme si "Soeur Thérèse Point Com" avait, dans le disque dur de son ordinateur, les solutions à tous les problèmes de la police.
Mais à ce stade de la campagne, elle n'avait descendu des frontispices que les mots "Liberté - Égalité" en faisant également en sorte, d'après ce qu'ont rapporté nombre de journaux, qu'il y ait au moins une personne handicapée et en fauteuil roulant dans la salle à chaque meeting, cette personne à laquelle elle allait, en toute liberté, promettre l'Egalité... On a même vu cette candidate, lors d'un débat télévisé, aller tenir les mains d'un handicapé pour le réconforter et, certainement, lui faire des promesses qu'elle était certaine de tenir puisque, à son insu, les lois correspondantes avaient été votées deux ans auparavant...
La "Fraternité" dans l'adversité...
Mais, foin de politique pour passer à la vraie vie, la vie de tous les jours, une vie actuellement difficile.
Une vie difficile d'autant plus mal vécue par tous les Français qu'ils avaient été rassérénés sur l'avenir par les promesses électorales de l'actuel président de la République, un président qui avait fait des promesses face à des difficultés d'ordre structurel et qui s'est retrouvé devant des difficultés conjoncturelles d'une ampleur absolument inattendue et énorme.
Une crise dans laquelle tous les Français devraient faire descendre le mot "Fraternité" des frontispices car, on a besoin de cette "Fraternité" pour en sortir: ce n'est pas en continuant cette campagne orchestrée par certains médias qui ne voient que tout ce qui est noir que l'on s'en sortira... Ce n'est pas en n'osant pas montrer certaines richesses que l'on aide obligatoirement tous nos "frères": il est incroyable de voir de grandes entreprises ayant prévu depuis des mois le financement de certaines campagnes de promotion avec repas, cocktails, etc... y renoncer par peur des réactions "populaires"... Incroyable qu'elles y renoncent car c'est autant de traiteurs qui perdent des marchés, autant d'employés et de serveurs qui n'ont pas de travail...
La "Fraternité" n'est-elle pas, pour tous, de comprendre que ceux qui en ont les moyens ne doivent pas hésiter à faire tourner la machine? La "Fraternité" n'est-elle pas de penser que les "augmentations de salaires" ne sont pas vraiment une solution et ne pourront en aucun cas "donner du pouvoir d'achat"... Le calcul est simple: j'augmente les salaires, donc j'augmente mon prix de revient, ce qui m'oblige à augmenter les prix de vente en ... reprenant ainsi ce "pouvoir d'achat donné"... et en donnant, en plus, un coup de pouce à l'inflation!
La "Fraternité" n'est-elle pas de laisser travailler quand ils le veulent, y compris le dimanche ou à la Sainte Trinité, ceux qui le souhaitent: tous ces gens qui, gagnant plus, dépenseront plus et aideront à la remise en marche de la machine...
C'est d'ailleurs bel et bien pour remettre du charbon dans la machine à vapeur - ce qui est tout de même mieux que de brûler du café dans les locomotives comme lors de la crise de 29 - que tous les taux d'épargne ont été baissés dans l'espoir inavoué de dissuader les gens d'avoir un bas de laine... bien compréhensible quand on a peur du lendemain.
Dans le même temps, mettons-nous dans la tête que la mondialisation est là, ce qui engendre la nécessité d'une "Fraternité" dépassant nos frontières...
Arrêtons-nous alors quelques instants pour relire cet extrait de "La Marseillaise de la Paix" d'Alphonse de Lamartine:
"Et pourquoi nous haïr et mettre entre les races
"Ces bornes ou ces eaux qu'abhorre l'oeil de Dieu?
..." L'égoïsme et la haine ont seuls une patrie;
"La Fraternité n'en a pas!".
Peut-être est-ce un peu trop demander dans un pays où chacun ne cesse pas de se regarder le nombril, mais il serait temps, pour le moins, d'adapter ces propos à notre pays et d'en faire notre religion: "Fra-ter-ni-té" comme disait une femme politique...
Notre illustration - montrant combien la "Fraternité" est quelque chose de grand dans les moments difficiles - a été sortie d'une collection privée dont nous remercions le propriétaire.
23 juillet 2009
Ne serait-elle pas plus belle, la vie ?
Nouveau regard vers les frontispices des édifices publics
Si Jules Renard affirmait "Les hommes naissent égaux. Dès le lendemain ils ne le sont plus", ne le croyez surtout pas!
Par François LÉGER
Après nous être intéressés, dans un précédent article, à la Liberté dont nous avons vu qu'elle formait, avec les deux autres mots inscrits sur les frontispices de nos monuments publics - Égalité, Fraternité -, la trilogie du bonheur dans le Pays des Droits de l'Homme, il était logique de parler de cette fameuse égalité sensée régner en France.
Or, nombre des lecteurs de ce site, comme la plupart de nos concitoyens, auront tendance à croire sans la moindre hésitation Jules Renard lorsqu'il écrit: "Les hommes naissent égaux. Dès le lendemain ils ne le sont plus". Certes, cela sonne bien , mais malheureusement cela sonne faux et il ne tient qu'à nous de faire en sorte que cela sonne de plus en plus faux au fil du temps... Voilà d'ailleurs une belle phrase avec laquelle Jules Renard s'est fait plaisir tout en sachant parfaitement que l'on ne pouvait en aucun cas la prendre pour vraie, même sans la moindre analyse...
De fait, tous nos concitoyens savent parfaitement que les hommes naissent tous inégaux et que, dès le lendemain, ils deviennent égaux en droits!!!
Car, finalement, ne pensez-vous pas que la plus grande inégalité des hommes pourrait bien être, dans notre pays, l'inégalité que nous trouvons tous dans nos berceaux? Non, contrairement à ce que vous pensez, je ne veux pas parler, pour le moment, du milieu social dans lequel arrive un enfant, mais dans quel état physique il se présente pour affronter les heurs et malheurs de notre vie terrestre qui ne nous épargne nullement les embûches.
Pensez-vous que ce beau bébé, en parfaite santé, qui pourra faire un bel adolescent puis un bel homme ou une belle femme, et cet autre qui va devoir passer sa vie sur une planche, sans pratiquement pouvoir bouger, parce que la nature en a décidé ainsi, sont égaux à la naissance? Pensez-vous que ce bébé dont les capacités intellectuelles se révéleront particulièrement faibles et cet autre qui aura un quotient intellectuel de 120 (qui est généralement considéré comme étant nécessaire pour faire l'École Polytechnique) sont égaux à la naissance? Chaque individu naît avec un certain nombre d'atouts, nombre plus ou moins grand, pour "faire sa vie" et des handicaps qu'il tentera de cacher tant que faire se pourra... Comment peut-on dire, dans de telles conditions, qui sont celles inhérentes à la nature humaine, que tous les hommes et toutes les femmes de demain naissent égaux?
N'est-il pas nécessaire d'être réaliste et de voir les choses en face? Serez-vous capable de gagner le tour de France, eussiez-vous pu écrire la Théorie de la Relativité, croyez-vous que vous pourrez trouver ce qu'est le sida et en même temps le soigner ? Non, vous êtes absolument conscient que vous n'avez pas ces facultés ou, si tel est le cas, je vous applaudis très fort car, personnellement, je n'ai réussi qu'à être un petit écrivaillon de province! Et encore, pour en arriver là, il m'a fallu beaucoup travailler alors que j'ai des camarades de lycée qui sont devenus cardiologues ou pilotes de chasse sans vraiment se casser la tête...
Une égalité sensée entre les hommes...
Mais, cela étant dit, il est bien évident que chacun trouve aussi dans son berceau un certain milieu social, mais que ce milieu social aura plus ou moins d'influence selon les individus...
Le temps est fini où le fils d'ouvrier ne pouvait être qu'ouvrier, où le fils de mineur devrait travailler à la mine, où le fils d'un journalier de campagne ne pouvait pas espérer des merveilles de la vie. Certes, je conçois que le fils d'un médecin et d'un professeur d'Université sera - en principe - beaucoup plus "porté" dans ses études que le fils d'un ouvrier à la chaîne et d'une technicienne de surface qui auront bien du mal à suivre les études de leur progéniture... Encore que je connaisse des enfants de médecin qui n'arrivent à rien, encore qu'il faille penser que ce médecin et ce professeur d'université auront peut-être bien d'autres choses à s'occuper que de l'avenir du "petit" auquel on fait donner des cours particuliers dont il a besoin en pensant avoir ainsi fait son devoir de parent!!!
Me direz-vous que les études coûtent cher et que c'est fait pour les enfants de riches ? Désolé de vous décevoir en vous prenant totalement à contre-pied : d'abord, il faudrait que certains jeunes - dits de milieux défavorisés - arrêtent de s'inscrire dans des établissements scolaires uniquement pour toucher des aides scolaires et une allocation de rentrée... sans évidemment assister au moindre cours de l'année. Ensuite, il faudrait que ces bourses permettant de suivre des études ne soient pas accordées en fonction des revenus des parents, mais bel et bien en fonction des résultats du collégien, du lycéen et de l'étudiant car vous serez surpris d'apprendre que, dans certains milieux aisés, on ne s'occupe pas particulièrement des enfants. J'ai connu de jeunes étudiants, de ces milieux aisés, qui travaillaient une grande partie de la nuit pour financer les études qu'ils souhaitaient...
Enfin, il faut abattre une idée qui a la vie dure: le travailleur en col blanc n'est pas forcément plus heureux que le "pauvre artisan"... Je me souviens de l'un de mes collègues journalistes m'ayant appelé un jour dans son bureau pour me demander: "Je voudrais avoir votre avis... Mon fils... ne fait rien au lycée: il ne pourrait avoir son baccalauréat qu'à l'ancienneté... Alors j'ai décidé de l'inscrire à une formation de plombier car il est très adroit... Or, on me dit qu'il est honteux pour un journaliste de faire de son fils un ouvrier... Qu'en pensez-vous? " Je lui ai alors répondu de laisser les chiens aboyer quand la caravane passe...
Quelques années plus tard, j'ai revu ce journaliste qui m'a parlé de son fils.... plombier! Celui-ci s'était installé à son compte et gagnait bien davantage que son père en travaillant nettement moins d'heures!
Je pense donc que nous aurons déjà fait un grand pas vers une égalité sensée des hommes et femmes de notre pays en considérant l'autre comme nous-mêmes.
Arrêtons donc notamment d'opposer les travailleurs manuels aux travailleurs en col blanc qui, tous, absolument tous, un jour ou l'autre, apprennent ce que c'est vraiment que l'inégalité!
Des droits fondamentaux à respecter
Qui, dans sa vie professionnelle, n'a pas connu des brimades, harcèlements et violences morales ? Dîtes-moi que vous n'en n'avez jamais été victime et que vous ne connaissez personne dans ce cas alors que tant de nos concitoyens tombent dans la dépression à force de brimades diverses, de harcèlements moraux...
Brimades et harcèlements qui peuvent être simplement dus au fait que vous soyez arrivé dans un service où votre tête n'a pas plu au chef ou bien dans un service où le chef s'est vite rendu compte que vous aviez beaucoup plus de capacités que lui et que, s'il vous laissait faire, il risquait de vous voir prendre sa place... Ces brimades et harcèlements sont alors, parfois inconsciemment (encore que je n'y crois guère) , destinés à vous rabaisser, voire à vous détruire psychologiquement: le chef devient alors le pompier de service qui veut sauver sa peau à tout prix!
Mais, vous avez aussi les harcèlements de ces chers collègues qui, plus anciens que vous dans l'entreprise, pensaient bien avoir une promotion en fin d'année, cette promotion que vous avez toutes chances d'avoir à leurs places en raison de votre valeur... Alors, un autre pompier de service intervient, dans un but similaire évidemment.
Mais en dehors de ces droits fondamentaux classiques qui, s'ils n'étaient pas bafoués, nous rendraient la vie bien plus belle, il y en a encore d'autres qu'il faudra bien se mettre dans le crâne dans la vie de tous les jours pour que tous les êtres aient cette égalité des droits que nous devons absolument tous défendre.
Bien évidemment, je serai d'accord avec vous lorsque vous me direz "A travail égal, salaire égal" comme je serais d'accord si vous me disiez "A responsabilités égales, salaire égal"! Mais cette dernière revendication d'égalité est beaucoup moins courante...
Si vous me dîtes que la femme doit avoir le même salaire que l'homme, je vous répondrais immédiatement : "A condition de faire le même travail"! Car la femme - tout au moins en ce qui concerne notre pays, je le répète - à force de revendications, n'est pas vraiment mal lotie et j'ai vu des femmes qui auraient sûrement aimé ne pas être l'égale de l'homme... Je veux parler de ces femmes que j'ai vues, dans les années 70, casser des cailloux au bord des routes en Allemagne de l'Est...
Mais restons en France et respectons le travail de cette dame qui travaille dur à l'usine (comme un homme ) ou prend et assume d'importantes responsabilités dans son emploi (comme un homme)... Mais, croyez-moi, ces dames-là n'ont pas besoin de syndicat pour revendiquer, elles savent faire valoir leurs droits à l'égalité et ont parfaitement raison car ce n'est ici que justice!
Toutefois, il y a, c'est évident, encore certaines égalités de droits à acquérir... Je pense notamment à l'homophobie et à la discrimination fondée sur celle-ci, je pense à la ségrégation par l'âge (notamment des seniors) et, bien évidemment, à la religion.
Toutefois, en ce qui concerne cette dernière, j'aimerais mettre un hiatus en disant que nous devons bien évidemment reconnaître les mêmes droits à des personnes ne pratiquant pas la même religion que nous dans la mesure où ces personnes, généralement venues de pays étrangers, ne veulent pas nous imposer leur religion et font en sorte de respecter nos racines judéo-chrétiennes. Car l'égalité des droits doit jouer dans les deux sens.
De même, je ne vois pas pourquoi on fait entrer dans notre bon vieux dictionnaire français - sur lequel je pensais autrefois voir régner l'Académie française - des mots venant de Pays d'Afrique du Nord: je respecte les gens de ces pays, mais exige que la réciprocité soit de fait et ne vois vraiment pas pourquoi je devrais m'intégrer et adouber ces mots étrangers.
Cela m'arrange bien d'en être arrivé à cette Institution linguistique car cela va me permettre quelques escarmouches vis-à-vis des éditeurs de dictionnaires, mais aussi de romans écrits par des femmes se disant "auteure" et utilisant tout ce vocabulaire de ce magnifique niveau linguistique en faisant par exemple du héros de leur livre une "professeure". Autant de mots refusés de manière inconditionnelle par cette Académie française qui, jusqu'à ce jour, était chargée de veiller sur le respect de la langue et était de ce fait le dernier gardien du Temple... Je souhaite que ces éditeurs et ces "auteures" arrêtent - sous le prétexte d'une égalité entre sexes et entre peuples - d'être les fossoyeurs de cette langue qui, comme je l'ai déjà écrit, est le ciment de notre nation.
Voilà donc deux égalités que je refuse, réfute, récuse et combattrai sans cesse car elles sont injustifiées et ineptes tout comme l'est l'égalité des salaires quel que soit le travail effectué, une égalité qui nous mènerait tous à la pauvreté... Car les tenants de cette trouvaille de même salaire pour tous ont oublié CURNONSKY qui écrit avec un intense réalisme non dénué d'humour, dans "La vie drôle": "Voudriez-vous me rappeler, cher maître et ami, dans quelle réunion politique vous avez entendu naguère un candidat prononcer cette parole sublime < L'égalité, c'est quand tout le monde aura des domestiques! > ".
15 juillet 2009
Et, si l'on pensait à autrui ?
Écoeurement
Par Maurice DUSSOL
Le Monde, sous nos yeux, s'écroule en décadence;
Les sots vont, massacrant les destins et les vies;
Sur ruines et volcans leur horde rit et danse
N'ayant qu'un seul désir: assouvir les envies.
Ce peuple "d'orphelins", autour de nous s'impose:
Seul dans un Univers dont il se croit le roi,
Chacun d'entre eux détruit tout ce qui l'indispose
Éliminant autrui sans peur ni désarroi.
Je ne réagis plus à ce navrant spectacle
Qui, tout autour de moi, pourrit même les mots;
Même si notre langue est en pleine débâcle
Je subis, sans rugir, un parler de marmots.
Oui, je vis tout cela car malgré mon grand âge
J'ai gardé mon esprit raisonnable et serein;
Même ce qui devrait faire exploser ma rage
Se heurte à ce rempart: mon mépris souverain!
De jour en jour je plonge au coeur de l'égoïsme,
J'ai fort peu d'intérêt pour ce qui n'est pas "moi"
Et j'ai même occulté le terme d'altruisme,
Je ne m'attendris plus, ne ressens plus d'émoi!
Serait-ce une faveur que me fait la Camarde
Avant de m'arracher du Monde à tout jamais,
M'écartant, pas à pas, sans que j'y prenne garde,
Des bonheurs, des beautés, des êtres que j'aimais?
16 novembre 2008
Un désert sans aucune oasis...
REGARDE, ENTENDU ET LU POUR VOUS
Par François LÉGER
Le film "Bienvenue chez les Ch'tis" et le livre "Les Ch'tis, c'était les clichés": voilà bien du bruit pour très peu de choses
Dès le 24 août, je me suis procuré, sur Internet, un certain nombre de documents concernant l'ouvrage "Les Ch'tis, c'était les clichés", d'Elise OVART- BARATTE, livre devant alors arriver en librairies les jours suivants et obtenu d'une façon bizarre après une sortie retardée pour des raisons que j'ignore... Peu importe d'ailleurs puisque j'avais alors décidé de prendre connaissance de ce travail après avoir visionné le film "Bienvenue chez les Ch'tis" dès sa sortie en DVD, c'est à dire après que les salles de cinéma auraient joué au système des vases communicants avec de très nombreux spectateurs qui, particulièrement "emballés" par ce film, sont souvent allés le voir à plusieurs reprises.
Je pense, suppose, suppute et imagine d'ailleurs - après avoir regardé ce film, la veille de la rédaction de cet article, avec l'attention qu'il convient - que, parmi tous ces spectateurs ayant absolument voulu assister plusieurs fois à la projection de cet incontestable succès, certains Nordistes sont revenus par nostalgie tandis que les autres - Nordistes ou non - ont eu, tout simplement, l'espoir de parvenir à trouver enfin ce qui pouvait bien être taxé d'humour, la scène susceptible de faire sourire à défaut de faire rire, le gag qui leur avait échappé ou le bon mot mal entendu pendant ce que d'aucuns appelaient "un grand moment de cinéma".
Malheureusement, je crois pouvoir plaindre ces cinéphiles qui, comme moi, se sont retrouvés dans un désert sans aucune oasis, un désert culturel construit sur des clichés éculés depuis belle lurette et sans aucune préoccupation de la crédibilité de l'histoire qui présente sans vergogne des choses invraisemblables, un désert culturel dont l'énorme succès dans notre pays ne nous honore pas...
Incohérences, que votre règne est stupide!
Première importante remarque d'Elise OVART-BARATTE dès le début de son ouvrage: "Bergues est une petite ville fortifiée de la Flandre française, située à une dizaine de kilomètres de Dunkerque" dans laquelle il serait difficile de voir le terril que l'on nous montre puisque nous sommes dans une région du Nord/Pas-de-Calais où l'extraction du charbon est inconnue.
J'y ajouterai mon étonnement de voir le héros du film travailler près de Dunkerque et aller passer chaque week-end auprès de son épouse et de son fils à Salon de Provence, ceci par la route!
Enfin, troisième énormité : comment Philippe Abrams peut-il se trouver devant une baraque à frites en demandant à plusieurs reprises, avec l'air naïf et stupide de circonstance, ce que c'est que cette caravane: n'aurait-il jamais vu, dans le Midi, quelques baraques à pizzas qui fonctionnent bien évidemment sur le même principe?
Mais, arrêtons là les incohérences de Dany BOON dont l'auteur du livre précise "Dany BOON pour nous, c'est pareil que Zidane pour les Marseillais: presque un dieu, un monstre de la popularité" avant de bien insister sur le fait que les habitants du Nord/Pas-de-Calais se reconnaissent en lui!
C'est dire que l'auteur du livre aime Dany BOON et combien elle est persuadée, avant la réalisation de ce film, que ce dernier, préparé par l'un de ses acteurs préférés, devait "lui donner l'occasion de pourfendre tous les clichés dont souffrent la région et ses habitants." Déçue par la réalité, elle tente d'être beau joueur en affirmant: "On me rétorquera que Dany BOON n'a pas voulu faire oeuvre documentaire. Qu'il était de sa liberté d'artiste de déformer - ou d'outrer - la réalité pour nous faire rire. Le comique de son film naît en grande partie du choc des < civilisations > nordiste et sudiste. Une sorte de guerre de sécession comique en version ch'ti non sous-titrée. Objection acceptée." Voilà qui est grand et généreux de la part d'Elise OVART-BARATTE!
Toutefois, si je suis d'accord avec elle sur la liberté de l'artiste qui est nécessaire, comme on le voit par exemple avec les imitateurs qui grossissent certains tics ou certains traits des hommes politiques ou vedettes dans la peau desquels ils se mettent pour notre plus grand plaisir, je pense que cela doit aboutir à un produit de qualité. Or, ici, ces passages à la loupe de certains traits mènent à des situations sans intérêt, peu plausibles ou incompréhensibles par des gens ne connaissant pas le Nord, des situations qui auraient donc gagné à être agrémentées de quelque explication.
Est-ce amusant de voir Philippe Abrams découvrir avec horreur que son logement de fonction n'est pas meublé? Car je vous pose la question: avez-vous déjà bénéficié d'un logement de fonction meublé?
Des images engendrant des contresens!
Mais, n'écoutant que son bon coeur, Antoine Bailleul décide d'héberger son nouveau patron à son domicile et, célibataire, de lui prêter sa chambre pour ne pas le faire coucher sur le canapé du salon. Ici, que Philippe Abrams, voyant des photos de son hôte habillé en femme soit surpris, oui! Quant à craindre un pervers sexuel et bloquer tant bien que mal la porte de la chambre, c'est stupide! Mais pour lever tout malaise du spectateur d'Alsace ou de la Lozère, il eut été de bon ton d'expliquer le sens de tout cela.
C'est ainsi que cet événement m'amène à vous faire part de ce commentaire trouvé sur le Net: "Le spectateur du Nord/Pas-de-Calais, < qui connaît le truc >, pense que l'explication viendra plus tard. Qu'une des scènes du film se déroulera au coeur de la bande de Bergues (La "bande" ne désigne pas le groupe de carnavaleux, mais le défilé lui-même. Lors des bandes, des milliers de personnes déguisées envahissent les rues, suivent la musique et chahutent ensemble, ce qui clôt la saison des carnavals). Que l'on verra Antoine Bailleul dans son "clet'che" (déguisement), bras dessus bras dessous avec ses potes en train de faire - et de chanter - "le rigodon" (chahut final qui clôt le défilé)". Mais il n'en est rien, dommage: l'on a vu ce que certains ont déduit de cette scène...
Quant à la camionnette - en admettant que les Nordistes soient aussi accueillants et généreux que cela - pleine de meubles destinés au sudiste s'installant à Bergues, c'est franchement aberrant!
Toutefois, Élise OVART-BARATTE reconnaît la liberté d'artiste de déformer ou d'outrer tout en poursuivant son commentaire sur ce film d'une façon qui me semble tomber sous le sens: "... Objection acceptée. Mais, dans ce cas, pourquoi préciser que l'intention des auteurs était de combattre les clichés alors qu'ils les renforcent? Pourquoi Daniel PERCHERON, le président du Conseil régional, abonde-t-il dans leur sens en déclarant que ce film - et, sous entendu, la subvention de 600 000 euros qui a accompagné son lancement - représente la meilleure opération de communication qui ait jamais été faite? Que < ce qui restera, c'est la réhabilitation majeure et définitive du Nord >, excusez du peu? ".
"Méfiez-vous de mes ennemis, je m'occupe de mes amis"!
Comment ne pas abonder dans le sens - jusqu'ici - d'Elise OVART-BARATTE, secrétaire de la section du Vieux Lille du P.S., prenant la plume pour souligner notamment: "Il conviendrait de s'interroger sur la stratégie de marketing territorial de la région." Cette contribution - faite sur un site presque confidentiel d'Internet (Libé Lille) - n'a pas manqué d'être envoyée par un "camarade du P.S." à la Fédération du Nord du Parti, déclenchant ainsi la colère de l'un des vice-présidents socialistes du Conseil régional.
Mais, Élise OVART-BARATTE a aussi des réactions parfois surprenantes, notamment lorsque l'on découvre que, pour elle, la chanson "Les gens du Nord" d'Enrico MACIAS et "Au Nord, c'était les corons" chantée par Pierre BACHELET sont des chansons réductrices du Nord/Pas-de-Calais à son bassin minier dont "aucun Nordiste ne veut". Voilà une opinion curieuse où la chanson de MACIAS présente les gens du Nord comme ayant dans le coeur le soleil qu'ils n'ont pas au dehors, ce que j'estime être une déclaration démagogique et contraire à la réalité; et dans la mesure où le texte de BACHELET présente les gens du Nord comme faisant face avec courage à une vie difficile... De fait, quand on a entendu tant de fois que rien que le fait de descendre au fond (de la mine) valait bien une journée de travail, je ne vois pas en quoi il y a de quoi avoir honte de ces hommes qui ont parfois donné leurs vies aux galeries des puits de mine. Ne devrait-on pas au contraire être fier de descendre de tels hommes?
Pour ma part, l'un de mes grands-pères a été placé comme garçon de ferme à l'âge de douze ans, s'est engagé ensuite dans l'Armée, a fait la Campagne de Chine, la guerre de 14-18 et, après avoir étudié à l'armée pour être Garde Républicain, a terminé sa vie en lisant et en écrivant d'une façon dont on aimerait que nos collégiens s'inspirent. Devrais-je cacher cela? Que nenni! J'en suis fier et ne suis pas certain que j'aurais eu le courage d'en faire autant... Alors, je comprends mal Élise OVART-BARATTE qui estime, dans son ouvrage, que cette présentation réductrice aura pour effet, le soir du 29 mars 2008, au Stade de France, le déploiement de la fameuse banderole de 25 mètres de long: "Pédophiles, chômeurs, consanguins, Bienvenue chez les Ch'tis".
De fait, mise à part l'idée de pédophilie qu'auront pu engendrer les événements dont nous avons parlé précédemment, je vois mal en quoi ce film parle de chômeur et de consanguinité, ces deux éléments me semblent en effet avoir été générés par la méchanceté, la bêtise et l'inconséquence des créateurs de cette banderole.
Des clichés qui ont la vie dure!
Mais alors que l'auteur du livre s'attaque à ces clichés qui ont la vie tellement dure qu'ils se retrouvent dans le film, la voilà qui tombe directement dans le piège de la langue française tout de même assez mal traitée par nos amis nordistes. N'écrit-elle pas en effet (p. 31) "Ils n'avaient rien demandé à personne", une formulation typiquement nordiste alors que l'expression française est "Ils n'avaient rien demandé à qui que ce soit"... Ah, le nombre de fois où une personne d'un certain âge vous dira "Je n'ai pas vu personne aujourd'hui" sans penser que, stricto sensu, elle indique que "Si elle n'a pas vu personne... C'est qu'elle a vu quelqu'un"!...
Toutefois, je pense que si Dany BOON n'avait pas utilisé ces clichés, il n'aurait rien eu à dire avec ce scénario d'une faiblesse inouïe - qui n'empêche pas le Conseil régional de subventionner très largement l'enfant du pays - une faiblesse inouïe puisqu'il s'agit d'une histoire maintes fois contée, maintes fois vécue: la mutation sanction d'un fonctionnaire originaire du Midi dans une petite ville des Flandres, tout comme cela aurait pu être en Lozère, en Bretagne ou ailleurs.
Remarquez que je ne suis pas le seul à ne pas digérer cette subvention puisque Élise OVART-BARATTE écrit: "Il faut être bien présomptueuse et inconsciente pour lutter contre l'homme qui, avec un budget < ridicule > de 11 millions d'euros et 900 000 euros de subvention (Note de l'auteur: il y a 600 000 euros venant de la région , mais aussi une aide de 300 000 euros accordée par un organisme indépendant remboursables à partir d'un certain seuil de fréquentation des salles) a été à deux brasses de couler leTitanic".
Pourtant, cette femme est honnête et dit avoir pris du plaisir à voir "Bienvenue chez les Ch'tis" et ne pas avoir éprouvé de honte à rire, ni à être émue. Je me demande d'ailleurs comment elle a pu rire et je lui saurai gré de m'indiquer la moindre scène humoristique nouvelle se trouvant dans ce film que je qualifie - je le redis et signe - de désert culturel sans la moindre oasis. D'ailleurs, je dois avouer que j'ai résisté et ai fait beaucoup d'efforts pour le regarder jusqu'au bout uniquement par respect pour vous lecteur à qui je savais aller rendre compte de ce film qui a fait beaucoup de bruit pour rien si ce n'est qu'il a coûté très cher.
Mais, ayant ri et ayant été émue, Élise OVART-BARATTE s'inquiète tout de même - et il y a de quoi - "Une fois l'écran éteint et l'enthousiasme retombé, que restera-t-il du film? Une image désastreuse pour la région Nord/Pas-de-Calais" (p.33).
Peut-être en restera-t-il cette idée aussi sotte que grenue : la tartine de Maroilles trempée dans le café à la chicorée du petit-déjeuner! Ayant vécu près de 35 ans dans le Nord - dont je ne suis pas originaire - je n'avais jamais entendu parler d'une telle gourmandise!
Derniers arguments...
En revanche, à vouloir contrer le film, l'auteur du livre donne des arguments qui n'engagent qu'elle! J'ai été en effet surpris de lire sous sa plume: "La région, notre région, est la seule qui poursuit la tradition du < samedi > qui veut que chacun balaie devant sa porte, au sens propre. Pas de risque non plus de voir pendus aux fenêtres des rideaux qui n'ont jamais connu le pressing". J'ai dit que cela n'engageait qu'elle car je n'ai jamais vu la moindre trace de la tradition du "samedi" et peux vous affirmer que, lorsque j'ai débarqué à Lille, j'ai tout d'abord pris pension dans un petit hôtel où les rideaux n'avaient pas connu le lavage depuis des lustres!
Mais, si l'auteur s'étonne de l'accueil du film par les Nordistes en disant "Ne voient-ils pas à quel point < Bienvenue chez les Ch'tis > nous montre gros, parlant mal, peu enclins au travail, simplets, alcoolisés?", je pense qu'elle prend tous les spectateurs pour des gens assez simplets car, dans quelle région de notre beau pays de France, n'a-t-on jamais vu un facteur faire quelques haltes (?), qui ne va pas comprendre d'emblée qu'il ne s'agit pas de la façon de s'exprimer des Nordistes mais d'un patois (patois qui n'est d'ailleurs pas le même dans les différentes parties de la région); enfin, pour le peu enclins au travail, je ne crois pas me souvenir que la chanson de Fernand SARDOU "Aujourd'hui peut-être, ou alors demain..." n'ait fait scandale dans le Midi.
Mais, nous sommes arrivés à la page 54 du livre et l'auteur évoque l'affaire d'Outreau et celle de Bruay: c'est dire qu'elle s'est servi du film pour étayer une démonstration de ce qui a été fait dans la région Nord/Pas-de-Calais et n'a rien à voir avec le film. La voici qui parle de Lille et de la culture qu'elle estime "devoir aller au peuple et non l'inverse" en parlant de l'installation à Lens, au coeur du bassin minier, de l'extension du Musée du Louvre... Ce qui me semble une initiative à suivre quand on sait que Lens vit "pour et par le football"!!!
Quand le rideau tombe...
Voilà donc que le film et le livre sont terminés, ce qui me permet de vous dire qu'il est normal que les élus défendent leur région, mais que lorsque j'ai dû m'installer dans le Nord pour mon travail, j'ai tout d'abord découvert Lille. Une très belle ville où il fait froid et où le brouillard s'invite souvent, mais qui a tous les atouts culturels que l'on peut souhaiter. Puis, j'ai travaillé à Lens où le brouillard sur les terrils n'invite pas à la gaieté... Cependant les Lensois sont accueillants, ce qui n'est pas le cas des Valenciennois dont certains rejettent même les Nordistes qui ne sont pas du crû! Quant à l'Avesnois, l'image de la neige et du froid pendant plusieurs mois n'est pas une image d'Epinal. Comme disait l'un de mes amis - après que je me suis intégré dans le paysage avesnois - "Ici, il ne fait froid qu'un mois par an: au mois d'août quand on éteint le chauffage"...
Quant à ce Nord si accueillant de Macias, je l'ai quitté sans pleurer.
"Les Ch'tis, c'était les clichés"
Élise OVART-BARATTE
124 pages - 11 euros
Calmann-Lévy Éditions.
"Bienvenue chez les Ch'tis"
Un film de Dany BOON
1 heure 42 - DVD à 20 euros
Édition Préch'tige.
17 octobre 2008
Un peu d'humour dans la poésie...
"Ravoir" son linge
Par Maurice DUSSOL
La Sottise a conquis un vrai "droit de cité"
A la télévision, et, la Publicité,
Grâce à l'effort constant des vendeurs de lessive
Donne à l'invasion une ampleur excessive:
Ne trouvant plus de gags pour attirer "les veaux"
Ils en sont à créer d'étranges mots nouveaux
Que reprendront, hélas, les bonnes ménagères
Soumises sous le joug de "ces pubs" mensongères.
Ayant fait le trop plein du "scénario" rasoir
Ils ont "réinventé" ce beau verbe : "ravoir"!
Si, pour le linge seul, le verbe s'utilise
Il n'en n'est pour autant moins porteur de bêtise;
C'est ainsi qu'une idiote au sourire enjôleur
Vient (plusieurs fois par jour) nous conter son malheur:
Elle voudrait "ravoir" son linge par trop sale,
Ne trouvant pour cela la lessive idéale,
Celle qui ne trouerait ni décolorerait,
Mais avec quoi, d'un coup, elle se le "raurait".
Des amis l'invitant à de folles noubas
Elle n'ose accepter, et se redit tout bas:
"Pour qu'en toute splendeur devant eux je parusse,
Ce linge, il eut fallu, d'abord, que je le "reusse"!
Mais dans les grands malheurs, les vrais amis se montrent:
Sa voisine survient et, sans tarder, démontre
Qu'avec le produit neuf qu'elle lui prêtera,
Sans crainte et sans effort, sûr qu'elle le "raura"!
Et le bonheur revient, et brille sa quenotte,
Le sourire renaît chez la gentille idiote;
Son terrible malheur pour toujours disparu,
Elle revit enfin, son linge, elle l'a "reu"!
Lors, revient sur l'écran la fidèle voisine
Qui veut participer à ce brillant succès
Et qui, laissant brûler son veau dans sa cuisine,
Clame: "Je vous le dis en parlant sans excès
"C'est grâce à mon produit qu'à jamais nous vaincrons!
"Tous vos linges salis, toujours, nous les "raurons" !
22 août 2008
C'est au mois d'août qu'on fait les fous...
L'inquiétude de Maurice DUSSOL
MUSIQUE?
Au lieu de violons, user de casseroles,
Taper sur des bidons à grands coups de marteaux,
Grouper ce bric à brac sur d'infâmes tréteaux
Pour y brailler, très faux, des chansons sans paroles,
Remplacer par des "flashs" les douces girandoles,
Porter, sur des corps, nus, de vieux "Jeans" en morceaux,
Sous des bras tatoués transpirer à pleins seaux,
Se rouler sur le sol en vaines cabrioles,
C'est cela, de nos jours, pour être dans le vent,
Que la "Mode" propose et livre trop souvent
A des "fans" abrutis d'alcool et fous de drogue!
A l'instar des "Taggers" ils croient "faire de l'art"
Avec leurs chants sans vie, et sans un dialogue,
Eux qui, s'ils l'entendaient, pourraient siffler Mozart!
POUR DÉFENDRE LE BEAU
Quand donc cesserez vous, vous! modernes Vandales,
De détruire, pour rien, sauf pour vos bons plaisirs,
Sans crainte d'encourir reproches ou scandales
Tous les doux "petits riens" qui charmaient nos loisirs?
Vous vous perdez sans fin dans vos sombres dédales
Où l'esprit et le goût sont voués à moisir:
Une femme à six yeux, des roses sans pétales,
Tous ces monstres voulus, nés de votre désir.
Tant de destructions, de malheurs et d'outrances,
(Tant pis si c'est stupide et bravo si c'est laid.)
Vous voulez tout changer et vous tombez en transes
Pour un tableau tout noir baptisé "lac de lait".
Des ronds et des carrés, verts ou bleus, sur la toile
Provoquent des "Hourras", des bravos à foison!
Vous ricanez au "ver amoureux de l'étoile"
Et jetez le Nectar pour boire le poison.
La passion du neuf, l'inédit, l'impudence,
Vous font déraisonner, fabriquer des horreurs
Vous avez tout détruit, même l'art de la danse.
Quand donc cesserez vous de tuer nos bonheurs?
.... Et en automne que l'on attend l'arrivée de vrais artistes, ces hommes et ces femmes qui ont la chance de bénéficier de cette petite flamme spontanée qui leur permet d'atteindre un niveau de conscience faisant d'eux de vrais créateurs. Ces créateurs qui firent les beaux jours de la culture française dans le monde.
Ne serait-ce point de ces créateurs dont rêve notre ami Maurice DUSSOL?
10 août 2008
Arrêtons-nous un instant...
On s'est habitués
Par Maurice DUSSOL
"On s'est habitués" quelle terrible phrase!
Elle a banalisé le laxisme et le mal,
Elle ravale l'Homme au rang de l'animal
Lorsqu'elle sert d'excuse à qui brise ou s'écrase!
"On s'est habitués": C'est affreux "l'habitude"
Quand elle vient gommer les horreurs du présent
Quand elle ose blanchir le jeu du malfaisant
Quand elle accepte tout, même la lassitude.
"On s'est habitués" à l'enfant qui réplique
(Ange blond qu'il ne faut, en rien, traumatiser)
"On s'est habitués" à laisser attiser
Le bûcher du racisme et tout ce qu'il implique.
"On s'est habitués" aux prêtres sans soutanes,
"On s'est habitués" à parler le "Franglais"
"On s'est habitués" aux espoirs étranglés
Et, (pour plaire aux chauffards) à la mort des platanes.
"On s'est habitués" aux amours éphémères,
Au bon droit bafoué, au Merveilleux détruit;
Morte la Charité! Mort le Respect d'autrui!
Les valeurs du passé ne sont plus que chimères.
Des enfants sont tués sous les yeux de leurs mères,
Des peuples sont livrés au tir des mitrailleurs,
Des gens meurent de faim, en Afrique... et ailleurs!
"On s'est habitués", foin des larmes amères!
L'image des monceaux de mourants squelettiques
Ne choque plus nos yeux, nos coeurs, ni nos cerveaux
Et nous ne bronchons pas quand des charniers nouveaux
Sont en gestation chez des fous fanatiques.
"On s'est habitués" et c'est là notre crime!
Petites lâchetés, basses concussions,
Sans remords, sans regrets, sans indignations
"On s'est habitués" au "Laid" qui nous opprime.
"On s'est habitués" et nous en crèverons.
