24 août 2009
Se parler dans les yeux
Soyez à l'écoute de celui qui écoute pour vous...
Par Maurice DUSSOL
Si les trois compères oeuvrant sur ce site sont de fervents défenseurs de la langue française et ont souvent mal aux oreilles en écoutant les propos déversés dans la lucarne de nos téléviseurs, il en est qui - sans bruit, sans relâche, depuis des années - se font l'avocat de la défense de notre langue en écrivant un nouveau "J'accuse"...
"J'accuse" des professionnels de la communication de nous livrer des propos inconsidérés ou, plus exactement, à considérer comme étant du "Javanais" et non pas une langue latine comme le français.
Pitié pour nous qui aimons les belles lettres et la belle ouvrage et ne sommes que les représentants de dizaines de milliers de Français qui voudraient ne pas être l'objet de ces attaques inconsidérées et pouvoir encore comprendre ce qui se dit à la télévision et ce qu'en retient notre belle jeunesse!
Merci, Maurice DUSSOL de ce qui suit! Cela ne peut pas s'inventer! On peut seulement commenter ce charabia et c'est ce que tu fais: un travail dont nous te savons gré...
Ne pas manquer les commentaires de Maurice DUSSOL imprimés en mauve.
Dans cet avion, un groupe de journalistes accompagnait le ministre qui ne voyageait pas avec eux. Les ministres sont un peu trop fiers mais les journalistes sont malins et têtus. D'où ce reportage!
Seule une petite partie des rebelles se sont rendues. Oui! Mais elles étaient si belles (Chaîne III le 25/03/07).
Il aurait dû appréhender la globalité de la gestuelle. Bigre! C'est un avocat (beau parleur) qui le dit! (Chaîne III le 26/03/07).
Interpellation d'un usager sans papiers qui avait mal tourné. Mais qui était resté dans le droit chemin (Chaîne III le 28/03/07).
A cause des OGM, on a une baisse de la mortalité cet hiver. Qui veut trop prouver... (Chaîne II le 29/03/07).
12 terroristes sont arrêtés, une quinzaine d'entre eux sont tués. Comme d'habitude, la police a dû mal calculer (Chaîne III le 11/04/07).
Ici, il n'y a pas des Algériens, il n'y a que quelques Africains. Nés en Chine? (Chaîne III le 12/04/07).
Il faudrait, pour cela, un outil qui permette de prévenir à l'avance. Pour être certains de ne finir qu'après ( Chaîne V le 13/04/07).
La troupe ne doit pas être omniprésente partout. Et si certains se camouflaient de ci, de là? (Chaîne IV le 16/04/07).
Ils en profiteront pour s'initier à de nouvelles sciences comme l'Archéologie, l'Astrologie. Et à des jeux d'enfants comme l'Astronomie? ( Chaîne III le 14/04/07).
Comme on le voit dans le reportage que nous venons de visionner. Sans le perdre de vue ( Chaîne III le 26/04/07).
Les deux ont décidé de se parler dans les yeux. Et sans mettre des lunettes! (Chaîne II le 27/04/07).
Rostropovitch est né avec un violoncelle dans les bras. Et, jusqu'ici, je n'ai entendu personne avoir pitié de sa mère!
Au lieu d'émerger au budget de l'Etat, les fonctionnaires... Pas si bêtes: ils préfèrent émarger (Nicolas le 02/05/07).
Du Sud-Ouest jusqu'au Nord-Est et à la Méditerranée. En passant par la Cordilière des Andes.
Il y avait 27 000 m² de décors pharaoniques: Rome y était représentée. Par un Grec, évidemment! (Chaîne II le 24/05/07).
Nous donnons des trucs pour améliorer les choses. Enfin! Voilà qui est clair et précis. (Chaîne II le 28/05/07).
On peut le décider très rapidement, il suffit de prendre le temps. Un génie de l'UMP (Chaîne III).
On pourrait inciter les Bordelais à se déplacer en vélo. Pourquoi pas s'ils en trouvent d'assez grands pour y entrer.
C'est un gouvernement qui s'efforce d'entendre ce qui a été montré dans les urnes. Oui, mais avec de bons yeux (Chaîne V le 03/06/07).
Pour des questions d'ego personnel. Et c'est moi-même, en personne, qui ose le dire! (Chaîne II le 03/07/07).
Ceci est un médicament, pas avant six ans. Restons calmes, le temps ne passera que trop vite!
Ceci est un médicament, pas avant dix-huit ans. Cet esprit de compétition! Quel problème!
Cela devient de plus en plus difficile dans les Alpages Alpins. En tous cas, pas plus que dans les Cévennes cévenoles (Chaîne V le 27/07/07).
Cette mère lui a éduqué ce besoin de vengeance. Mais elle ne le lui a pas "instructionné". (Chaîne III le 27/07/07)
Après les pieuvres, poulpes et autres crustacés, on va parler... Attention aux dents sur une carapace de pieuvre! (Chaîne II le 29/07/07).
15 mai 2009
Ponctuation et précisions...
aux points ...finauds?
Par Maurice DUSSOL
Voici, comme promis, le texte de Maurice DUSSOL mettant un... point final à l'assaut à fleurets mouchetés - ayant tout d'une bien sympathique joute littéraire -dont nous nous sommes fait ici l'écho le mardi 12 mai. Ce dernier argumentaire relatif à cet intéressant débat publié par le mensuel "Plumes au vent", dans sa livraison de juin 2003, sous le titre "Faisons le point sur... les points!" était, nous en sommes certains, très attendu par les puristes de notre langue.
Cher Monsieur B.N., qui avez bien voulu vous intéresser à "l'amusette" que j'avais "pondue" (sans penser qu'elle pourrait être publiée un jour) je tiens, avant toute autre chose, à vous remercier d'avoir porté autant d'importance à ce qui n'était pour moi qu'un coup de coeur, un petit cri dans le silence.
Je vous dois cependant, ne serait-ce que par politesse envers vous, de vous apporter ci-après quelques éclaircissements qui me paraissent indispensables pour l'avenir de nos relations: relations que je souhaite vivement les plus agréables possibles. J'ai horreur des polémiques et je ne vais pas en commencer une avec vous, surtout pas sur un sujet pour lequel je ne me ferais pas torturer ou pendre! Il n'en reste pas moins que je me dois (que je vous dois) de réagir en toute humilité pour une plus complète compréhension de nos positions respectives.
(...)
Un point qui a son importance: je n'ai écrit nulle part qu'il était "inadmissible" de créer une phrase sans verbe. En effet, comme vous, je pense que cette licence peut très bien être admise dans certains cas et surtout dans un désir de "style". Ce que j'ai voulu souligner dans mes réflexions sur les points c'est que cette liberté est, ces temps-ci, de plus en plus utilisée au point d'être galvaudée et de perdre ainsi ses seules valeurs (originalité, surprise, inattendu, etc.) et, par conséquent, l'intérêt qu'elle pouvait offrir.
Et cela m'ouvre la porte sur ceux qui, dîtes-vous, ne "respectent pas à fond l'orthodoxie d'une construction grammaticale". Honnêtement! Croyez-vous que tous le font exprès? Croyez-vous que tous sauraient écrire autrement?
Quand j'entends et subis sans cesse les âneries d'un langage (parlé ou écrit) où fourmillent les solécismes, les accords erronés ou absents, les contresens et les non-sens, je me demande si je ne suis pas en effet un de ces dinosaures dont vous parlez dans le titre de votre article. (Note de la rédaction: le commentaire signé B.N. et résumé dans notre publication du mardi 12 mai avait pour titre : "Nobles créatures, les dinosaures, mais..."). Mais alors je me demande si ce n'est pas le moment de mêler, aux beuglements des passifs diplodocus, les feulements des tyrannosaures en colère! (Rex ou pas Rex).
Et cela d'autant plus que, comme vous, je pense que la beauté ne peut pas, ne doit pas être statique et je trouve normal qu'on s'efforce de l'embellir de plus en plus mais permettez-moi de souhaiter que ce ne soit pas systématiquement, n'importe comment et, surtout, pas tout le temps!
Qu'une langue varie dans les mots, les expressions, les prononciations, tout cela est on ne peut plus normal, mais il ne faut pas tomber dans le piège que, pour ma part, je trouve dangereux et redoutable: vouloir changer uniquement pour changer! Faire du changement pour "progresser", d'accord! Mais faire n'importe quoi, détruire ce qui existe, pour "ne plus faire comme avant", c'est nul!
Nous avons la chance d'avoir la plus belle, la plus claire, la plus imagée, la plus subtile (et ma liste est loin d'être exhaustive) de toutes les langues et, par mode, sournoisement, par snobisme, par bêtise, nous la "modifions" par une foule de petits détails qui, après avoir surpris, choqué, étonné, se glissent d'abord dans le langage courant puis dans les textes de plus en plus sophistiqués et sont finalement admis comme "normaux".
C'est contre ces faits (que vous ne pouvez pas ne pas avoir remarqués) que je me suis amusé à écrire (au départ c'était mon plaisir égoïste) quelques "amusettes" (Castigat ridendo mores) parmi lesquelles "Faisons le point sur... les points!"...
11 mai 2009
Ponctuation
Faisons le point sur...
les points!
Par Maurice DUSSOL
Voici un texte paru, en 2003, dans le mensuel "Plumes au vent", un texte qui n'a rien perdu de son actualité. Au contraire!
D'où viennent-ils? Pourquoi cette prolifération dans trop de textes récents? Quelle est cette nouvelle mode (ou manie?) et qu'apporte-t-elle à la beauté du style de la langue française?
Quel nom savant (évidemment tiré du grec ancien comme "catachrèse" ou bien "anacoluthe") va-t-on devoir fabriquer pour désigner ou justifier cette nouvelle "exception grammaticale"?
Je veux parler de cette "exception" qui consiste à mettre des points au petit bonheur la chance, n'importe où, dans n'importe quelle suite de mots, n'importe quand et sans la moindre logique; de cette "exception" qui devient presque une règle et qui consiste à créer des phrases sans verbe principal ou bien des propositions sans verbe du tout...
J'ose poser cette question au sujet des "points" car, ces points, nos professeurs nous les avaient présentés comme les bornes infranchissables, les limites inébranlables et nécessaires des phrases. A cette époque, la phrase se construisait grâce à des propositions principales (avec leur cortège de propositions surbordonnées) ou bien se contentait d'une proposition indépendante ou incise. Mais il y avait, au moins un, toujours un verbe entre deux points (dits "finals" ou "finaux"?).
Une phrase ne commençait pas (comme il arrive trop souvent de nos jours) par une conjonction de subordination pour se terminer par un point final sans avoir rencontré sur son chemin le moindre verbe principal (ou autre). Depuis peu, sous prétexte de "style" mais aussi et surtout par "mode", les scribouillards placent des points çà et là dans leurs textes. On obtient ainsi des écrits hachés, déchiquetés, tronçonnés qui laissent rêveurs ou inquiets un bon moment avant d'être compris par le lecteur moyen et quelques fois pas du tout, surtout par ceux qui osent encore respecter les règles de grammaire. Je sais que, il y a peu de temps, par opposition aux longues périodes "cicéroniennes" ou "chateaubriandesques", on poussait les étudiants à faire des phrases courtes, claires, concises, etc., etc. D'accord! Mais, entre découper, choisir intelligemment et raccourcir ou se mettre à tronçonner sans règles, il y a tout un monde!
Quand je pense au zéro pointé, aux ricanements et au mépris qui auraient été notre lot lorsque nous étions élèves si nous avions osé le cinquième de cela pendant notre "rétho". J'en reste rêveur et je vois d'ici les "charabias", "petit nègre", "pathos", qui, écrits à l'encre rouge et d'une main rageuse, auraient envahi la marge de nos copies!
Mais où donc les "nouveaux littérateurs" prennent-ils tous ces points? Les arrachent-ils au ";" que l'on ne sait plus utiliser valablement de nos jours et qui a presque disparu de la phrase? Coupent-ils en deux les ":" qui disparaissent peu à peu de leurs écrits? En ont-ils découvert un stock soldé à bas prix dans les "surplus américains" de la guerre 40-45 (surplus de ce peuple qui a déversé dans notre vieux pays tant de culture, d'élégance, de finesse d'esprit et de poésie)?
Si cela était vrai, s'expliquerait peut-être le fait que l'on puisse trouver maintenant, dans un texte écrit soi-disant en français, un pronom relatif séparé de son antécédent par un point final... On serait peut-être moins surpris de constater que ce pronom arbore fièrement une majuscule pour mieux marquer sa superbe autonomie. Il rivalise parfois avec la conjonction de subordination, qui, atteinte de la même maladie, commence elle aussi une proposition principale par un splendide point final.
On pourrait peut-être sourire avec pitié devant la séquelle de noms, pronoms, adjectifs, adverbes perdus entre deux points sans rimes ni raison et... sans verbe!
Le moment semble donc venu de lutter contre cette nouvelle manie, cette folie de "faire du neuf" qui, insidieusement, détruit peu à peu notre amour pour notre langue; lutter contre cette prolifération de "point final" qui ne finissent rien, qui ne séparent rien, qui ne servent à rien d'autres qu'à détruire un peu plus le bel ouvrage de la pensée raisonnable et française (cette pensée qui, jusqu'à maintenant reposait sur les règles d'une grammaire unique au monde). Ce combat est sans doute un combat d'arrière-garde, celui d'un dinosaure, combat livré sans trop d'espoir de victoire mais "c'est beaucoup plus beau lorsque c'est inutile".
Pour le moment je me permets de voler un de ces "points" à ces "néodécoupeurs de phrases" et je vais l'utiliser pour mettre un terme à cette diatribe qui s'achèvera donc (une fois n'est pas coutume) sur un vrai "." (final!).
Oui, mais...
Ce texte ne pouvait pas laisser ses lecteurs sans réaction et l'un d'eux indique notamment : "C'est vrai, nos professeurs, il y a quarante ans, nous présentaient l'art rédactionnel dans toute sa pureté, inspirés en cela par les auteurs d'une autre génération, et attachés aux règles classiques."
Pourtant il ne lui semble pas inadmissible de créer une phrase sans verbe!
Et l'auteur de ce commentaire d'expliquer que les temps changent et qu'il en est de la littérature comme de la peinture. C'est la raison pour laquelle il écrit notamment: "Nos professeurs nous ont enseigné le français sorti du moule de textes anciens, ciselés à la perfection. Prenons la liberté de créer autrement - cette perfection servant d'exemple mais pas de référence absolue."
Voilà les quelques idées fortes de ce texte de B.N., le contradicteur d'un Maurice DUSSOL qui a utilisé - il fallait s'y attendre - son droit de réponse dans un texte intitulé : " Pour mettre un point final aux points ...finauds ?" Une "réponse" de Maurice DUSSOL que les puristes apprécieront sans nul doute lors de sa mise en ligne sur ce site le vendredi 15 mai...
23 mars 2009
Cohabiter ensemble...
Rester vigilant
Par Maurice DUSSOL
Trop de Français cèdent à la facilité et parlent une langue qui n'est pas celle de nos grands classiques. Ils ne sont pas conscients qu'une langue est le ciment d'une nation et que si elle doit être, certes, vivante, elle ne doit pas pour autant partir à la dérive.
Heureusement, il reste encore un certain nombre de "gardiens du Temple" pour relever ce qui devient du charabia et ne gène plus grand monde, notamment lorsque ces borborygmes sortent par la lucarne de votre téléviseur devant lequel vous êtes souvent passif alors que Maurice DUSSOL est sur ses gardes. Il nous le prouve une nouvelle fois avec brio en nous montrant avec quelle aisance les gens disent n'importe quoi!
Merci Maurice de cette vigilance sans failles! Merci Maurice pour ces quelques exemples que tu as bien voulu commenter (les réactions de Maurice DUSSOL sont en mauve).
Bonne lecture!
Ce sont des informations qui sont provisoires pour le moment. Mais qui pourraient changer un peu plus tard (Chaîne II le 04/08/07).
Si le moindre rocher venait à croiser sa route, ce serait la catastrophe pour ce sous-marin. Qui, stupidement, ne s'y attendrait pas! (Chaîne V le 05/08/07)
Dans ce cas, cela peut être très gravissime. Superlatifs superbes mais "pléonasmiques" (Chaîne III le 10/08/07).
Il faut en venir à la chose qui prévalait avant. Et qui risque de succéder après. (Chaîne V "C'est dans l'air").
La dépression est venue se centrer sur le Massif Central. Et risque de se décentrer sur les bords (Chaîne III le 20/08/07).
Tout le monde doit apprendre à cohabiter ensemble. Et pourquoi pas en communauté? ( Chaîne III le 20/08/07).
Il l'a invité ainsi qu'une petite dizaine de ministres. Tout diminue avec cette politique! Même les dizaines. (Chaîne II le 24/08/07).
Il me semble qu'un congélateur c'est quelque chose qui vient geler la situation. Mais celle-ci restera de glace (Chaîne V le 29/08/07).
Les meubles de jardin sont en train de sortir dehors. Ce n'est pas leur faute! On les avait entrés dedans. (Chaîne II le 08/09/07).
Je pense toujours à l'éducation que j'ai acquis. Et on peut le croire! C'est Monsieur DARCOS, ministre de l'Education nationale, qui a acquis cette éducation à l'école! (LCI le 27/10/07 à 19 h 15).
J. C. Spinetta s'est dit prêt à se mettre autour d'une table. Carrée, rectangulaire, ronde ou ovale? ( Chaîne III le 29/10/07).
Dans le Sud de la Corse il est tombé jusqu'à un mois de précipitations. Affirmation un peu trop précipitée pour... la Corse! ( Chaîne II le 31/10/07).
Fusillade dans un lycée qui a fait huit morts. Ces établissements scolaires ont perdu toute mesure! Les voilà devenus assassins! ( Chaîne II le 07/11/07).
A Toulouse, six personnes ont été hospitalisées dont deux sérieusement. A Toulouse, on a toujours été très sérieux et surtout dans les hôpitaux. (Midi Libre le 21/11/07).
En Amazonie, sans parler de la piqûre des serpents. Il ne faut pas négliger les morsures des moustiques. (Chaîne II le 07/11/07).
C'est une question difficile à répondre pour le moment. Ça dépend de celui qui la poserait plus tard. (Chaîne V le 11/12/07).
Il est bon de vivre en harmonie quelque soit la différence. A force de mettre des "quelque" un peu partout, il semblerait que l'un d'entre eux se soit égaré ici !
Je ne me suis jamais posé cette interrogation. Il attendait qu'on lui pose la question . (Chaîne II le 16/12/07).
Les prix ont augmenté et les conséquences sont lourdes de conséquences. Et, par conséquent, les gens renâclent!
C'est dommage que cette mesure d'agréabilité ne soit pas reçue. On attendait, pour cela, une personne habilitée! (Roselyne Bachelot le 31/12/07).
Un grand tiers des invités sont arrivés trop tard. Et ce grand tiers sont repartis très tôt.
Nous avons parlé de questions qui pouvaient bien être posées éventuellement. Je tremble à l'éventualité qu'il continue (Guéant) à faire les discours du président (Chaîne II le 13/01/08).
16 février 2009
Un vrai bijou...
concocté et réalisé
Par Maurice DUSSOL
Les habitués de ce site savent que Maurice DUSSOL, grand pêcheur de perles devant l'Eternel et amoureux de notre belle langue, alimente notamment deux rubriques appréciées et ayant pour noms "Perles écrites" et "Perles orales" qui vont continuer à faire la joie de certains en cette année 2009. Pourquoi ces rubriques? Parce que, comme les autres auteurs de ce site, notre ami Maurice DUSSOL est très attaché à la langue de Voltaire qu'il ne manque pas de défendre en toute occasion. Nous le voyons en parfait accord avec Henri TROYAT lorsque celui-ci disait: "Je voulais écrire et écrire en français".
De plus, Maurice DUSSOL, ayant l'oreille musicale du poète, ne désavouerait pas Anton DVORAK pour qui "Sans sa langue, sans sa culture, sans sa liberté, un peuple n'est rien".
Mais, homme du monde et homme de coeur, notre ami Maurice DUSSOL, s'il a comme les autres proposé un texte pour la Saint-Valentin, a pensé aussi à un très beau cadeau à faire à la plus belle de nos visiteuses du mois... C'est un cadeau artisanal - le collier du roi - réalisé, perle après perle, qui montre combien il est essentiel de lutter contre ces dérives linguistiques pour ne pas rencontrer un jour la lettre qui suit, écrite par Maurice DUSSOL en utilisant des perles quotidiennes qui - isolément - ne nous choquent pratiquement plus.
F.L.
Monsieur le directeur,
En réponse à la présente, je vous prie de bien vouloir lire ma lettre avec intention car j'ai voulu exposer mes affaires par téléphone à vos employés et ils m'ont raccroché comme des malhônetes. Je m'adresse directement à vous car vos services restent muets dans leurs réponses et, cette fois, j'espère que mon laïus aura écho.
Mon mari étant de la classe 48 et venant d'avoir un enfant de plus, il a été libéré: c'est mon second mari car je suis séparée d'avec mon premier parce qu'il vivait avec sa maîtresse dans ma maison dont il avait un enfant. Elle l'a laissé d'ailleurs pour aller vivre avec un riche qui empli une bonne à titre personnel tous les matins et ne la déclare pas. D'ailleurs faîtes une enquête: elle est toujours chez lui et elle tourne les yeux avec une robe à fleurs bleue et blanche. Et puis je dois vous dire aussi que je suis veuve de mon premier mari pour le moment.
Malgré tout cela, je ne vois pas pourquoi mon mari nouveau serait un cas contraire et je voudrais savoir la marche à suivre pour une naissance afin de m'inscrire à la prénatation. Excusez le dérangement mais j'en ai de besoin! J'ai eu des névralgies dans les jambes et je suis couchée depuis deux mois avec un docteur qui ne me plaît pas aussi je vais en changer bientôt car j'ai eu en plus 3 christs sur l'estomac; il ne m'a pas opérée et j'ai eu une infection internationale. Je vous envoie comme vous l'avez demandé mes deux enfants, respectueusement âgés de 3 et de 1 an, dans ma lettre et j'attends les papiers pour faire manger ma famille. N'oubliez pas que j'ai aussi à ma charge mon père qui est obligé de travailler un terrain inculte et âgé de 72 ans ainsi que sa femme qui a dû cesser toute activité pour se livrer à l'élevage des enfants et qui l'aide à ramasser de la tôle pour faire manger les petits.
Vous voyez, Monsieur le directeur, que je suis dans un gros besoin et que vous feriez un bon acte si vous me le fairiez toucher bientôt. Je tiens à vous signaler aussi qu'on a coupé les bourses à mon fils et qu'il ne va plus en classe car je ne voudrais pas que ça fasse comme pour ma fille aînée que quand elle a eu 5 ans vous m'en avez coupé la moitié.
Je n'ai pas reçu non plus les 3 jours que je suis allée me faire appointer au chômage et je voudrais savoir si pour intempérie du temps, on a le droit de nous faire sauter l'argent car 1000 f par mois pour manger 5 personnes c'est pas beaucoup surtout que, jusqu'au 20, la quinzaine c'est long!
Pourtant le patron de mon mari lui avait dit qu'il lui avait fait faire un certificat pour lui servir de ce qui est droit et que, s'il y avait une infusion, c'était une erreur de plume de son comptable.
Alors, je vous envoie mes talons pour vous faciliter la démarche et empêcher une autre erreur car, s'il a vécu de droite et de gauche, mon mari a toujours été dans le droit chemin et les allocations sont indispensables pour un travailleur de nuit qui vit au jour surtout qu'il a maintenant une bouche de plus à manger.
Devant tous ces retards, inutile de vous dire que ma colère déborde car le coeur qui bat dans un pantalon d'ouvrier vaut bien celui de tous vos employés qui ont toujours le derrière sur une chaise et qui croient que tout le monde c'est pareil.
Alors je pense que vous prendrez ma démarche en mains et que je le recevrai cette semaine sans avoir à m'adresser plus haut car le temps n'est plus où l'on se faisait balloter comme un foetus de paille ou bien, alors, il ne me restera plus qu'à avaler un tube de cardinal comme ma voisine dont le petit dernier, comme il n'y voyait pas, dépérisssait à vue d'oeil! Vous me les ferez parvenir à la maison et pas à la Poste car je suis restée l'autre mois plus de 1/2 heure au guichet des PTT, haletante et frémissante en me rongeant les sangs en songeant au plus jeune qui monte déjà au rideau et sait ouvrir les fenêtres.
Espérant, Monsieur le directeur, à votre iniquité et dans la tente d'une réponse je vous envoie mes condoléances distinguées.
P.S.: Tant que j'y suis je voudrais savoir la démarche pour un prêt de l'amélioration de l'habitat car j'habite sur un derrière et je ne m'y sens pas bien à cause des mauvaises odeurs. Je l'ai déjà demandé à l'assistance sociale et elle m'a répondu affirmativement "Non"! Elle m'a renvoyée aux calandes Grecques et quand j'y suis allée on m'a dit que je n'y étais pas, ce qui m'a beaucoup surprise alors je viens insister auprès de vous.
10 octobre 2008
Eh bien, si vous voulez...
Par Maurice DUSSOL
Encore lui? Eh bien oui, c'est encore moi, moi qui me dois de vous donner le second volet de ces diatribes domestiques! Un second volet qui pourrait devenir un simple deuxième volet si j'étais obligé de poursuivre cette rubrique...
MANIES
Dans la série des "manies", nous avions déjà remarqué : "quelque part", "et puis", "donc", etc., mais nous nous devons (pour rester à peu près à jour ) de signaler deux ou trois derniers nés en les situant.
1°) L'un dans la conversation courante où il prolifère sans se gêner: "Si vous voulez"!
Depuis quelque temps, les phrases, même les plus courtes et les plus anodines, semblent solliciter toutes les dix ou vingt secondes notre approbation (dont, d'ailleurs, on se fiche éperdument) en nous martelant: "Si vous voulez" sans attendre en rien notre "appro... ou impro... bation". Faîtes y attention et vous verrez si je mens!
2°) Écoutez! Même chose et même manie pour cet impératif qu'on nous assène à chaque coin de trop nombreuses propositions comme si nous étions sensés penser à autre chose pendant qu'on nous parle, même si nous sommes très attentifs.
3°) A la télévision: les esclaves de l'O.N.M. (Mesdames ou messieurs) sont, quel que soit le sexe, frappés de la même incoercible, incorrigible et ... insupportable maladie du "Eh bien"!
Si vous ne l'avez pas encore remarqué, je suis obligé de vous demander de continuer à vivre dans ce Nirvana car, pour moi, cela devient de plus en plus insupportable!
Maintenant, chaque fois que l'orateur hésite un temps soit peu, il comble le vide momentané (si bref serait-il) par un "Eh bien " qui, tombant quand il peut et là où il peut, se fait trop souvent très mal et, en tous cas, trop mal aux oreilles de l'auditeur impuissant que je suis. Exemple: Demain, Eh bien, si le vent du Nord se lève, Eh bien, les nuages pourront, Eh bien, descendre vers le Sud ou, Eh bien, le Sud-est. (Phrase authentique)!
DERNIER CLIN D'OEIL
En guise de conclusion (hélas momentanée et passagère)....
Pour aujourd'hui, terminons sur une note qui essaiera de "castigare ridendo mores" ou, si vous préférez, de "contrer les manies par le rire" (traduction librement honnête) du son... "son". En effet, il existe plusieurs "son" s!
Celui qui, adjectif possessif, devient "leur" au pluriel.
Celui qui qualifie le bruit fait par un canon ou de la musique.
Celui que l'on affecte à la nourriture des ânes.
C'est pourquoi je suis triste quand j'entends dire: "Les fêtes battent leur plein" car ici c'est le son qui est dans sa plénitude à l'occasion des fêtes et l'on pourrait (devrait) dire : "Battent sons pleins, ou, son plein" et surtout pas, leur plein! Leur plein de quoi, d'ailleurs?
Et, sur ce clin d'oeil, je vous laisse pour aujourd'hui en attendant d'autres ires, colères ou diatribes car, comme le disait mon vieil ami Rudyard Kipling quand il s'adressait aux enfants: "Mais c'est là une histoire pour les grandes personnes."
28 septembre 2008
Quel "nombreux" lectorat !
Par Maurice DUSSOL
Encore lui? Eh bien oui, c'est encore moi, un moi qui récidive! La seule ombre au tableau c'est que, une fois encore, je me sens bien seul! Cela est évident car, depuis mes dernières interventions, les "autres", non plus, ne veulent pas changer et continuent, impunément, à grignoter, attaquer, user, massacrer notre si belle langue française et, cela, sans que je puisse déceler, autre part que dans ma "comprenette" rabougrie, la moindre réaction qui oserait s'élever afin d'essayer de remettre un tant soit peu les choses... en place!
En effet: soit par méconnaissance de la grammaire, soit par négligence de plus en plus désinvolte, soit par la croissance irrésistible d'une épidémie répétitivement diffusée d'analphabète à quasi analphabète (et réciproquement!) , de nouveaux poncifs naissent, se multiplient, se répandent et s'installent dans notre langage de tous les jours, au point de ne plus vouloir, ni savoir dire quoi que ce soit! Quand lesdits poncifs n'en arrivent pas à dire le contraire de ce qu'ils croyaient vouloir dire au départ!
Une fois bien installés dans le langage courant les "points finaux", les "quelque part", les "ne" explétif, etc., etc., nous voyons arriver, de-ci, de-là, quelques "nouveautés" dont je vais avoir l'honneur et l'avantage de vous révéler (ou confirmer) l'existence.
Décimer: Utilisé dans le cas ou de nombreuses personnes faisant partie d'un groupe ont été tuées ou sont mortes par accident. Peu importe, hélas, si le groupe initial était de cent, cinq cents ou mille personnes, ce groupe serait "décimé" alors que la perte en vies humaines (et c'est tant mieux, mais c'est faux) est loin de se décompter à un cadavre sur dix survivants.
Il est également difficile, dans le cas d'un accident d'automobile qui était occupée par trois ou quatre voyageurs que ces derniers puissent être, mathématiquement, ... décimés!
Hécatombe: Même problème (ou presque) avec ce mot car il est de plus en plus rare et improbable que, de nos jours, on ait l'occasion de procéder au massacre de cent boeufs, d'un coup et sur le même autel.
S'orienter: Ça ne me fait pas très mal mais ça me gêne un peu (je suis enquiquinant, d'accord!), quand des voyageurs décident de "s'orienter vers le Sud". Et vous, êtes-vous d'accord?
Très vite: Après avoir pris une décision, il arrive que les gens passent "très vite" à la mise en oeuvre de ce qui a été décidé et ce, même s'ils sont obligés, par les circonstances, de le faire très lentement. Dans ce cas, très vite signifie: tout de suite après la décision et pas du tout : très rapidement et cela tombe assez mal quand la décision prise est celle de "ralentir", "atermoyer" etc....
Exemple: il se mit très vite à ralentir: bigre!
Expertise: Depuis peu de temps (mais ça commence sérieusement à se répandre, surtout à la télévision), les "sages" qui nous "cultivent" se sont mis à confondre le mot "expertise" avec le mot "expérience". C'est ainsi qu'un "penseur" nous parlait récemment de "l'expertise" qu'il avait de l'âme humaine et qu'un autre "sage" nous expliquait "l'expertise" qu'il possédait des souffrances de telle ou telle maladie! Erreurs remarquées déjà à quatre reprises dans une semaine de télévision (et je ne regarde qu'une chaîne à la fois!).
Transitifs défigurés: Quelques malheureux verbes, sans défense, se voient, au gré de certains "beaux" parleurs, défigurés au point de ne plus très bien savoir ce qu'ils voulaient dire jusqu'à maintenant. Exemples:
On laisse à penser que...
On aime à faire que ...
Cette préposition (à) est assez mal venue à... cet endroit!
Ces ex transitifs sont sur la pente d'une "intransitivation galopante"!
Un public nombreux : Je sais bien qu'on pourrait faire l'effort de compter les gens qui, additionnés, forment un public, mais ce "public" est et, devrait rester, un public important, considérable, remarquable, etc. Il serait préférable de garder l'adjectif "nombreux" pour chacun des individus qui, en s'additionnant, composent la masse de ce "public" au singulier.
Ce qui est vrai pour le public l'est également pour le lectorat!
Mettre la table: On met "le couvert" d'habitude sur une table (le contraire serait assez problématique).
Ça me gratte: C'est parce que "ça me démange" que je me gratte (et pas le contraire).
Le second volet de ces "diatribes domestiques" vous attendra sur ce site le vendredi 10 octobre.
21 juillet 2008
Un second écho du Midi!
Par Maurice DUSSOL
II) Les tics et la Télé
Ayant quitté Paris depuis quelques décennies, en étant allé d'émigration en immigration (ou inversement), pour venir terminer mes jours dans ce Midi du fond duquel mon ami Maurice DUSSOL crie "Assez!" "Assez!", je crois que les critiques émises dans ce second volet de la série "Médiatreries parisiennes" ne concernent pas uniquement les Parisiens, loin de là!
Croyez-moi, c'est ici la relation d'une maladie ressemblant à celle de la vache folle... Heureux que cela nous soit conté avec le talent et l'humour de notre ami Maurice DUSSOL.
Comme de coutume, pour une bonne et saine lecture du texte ci-dessous, il convient de cliquer avec la souris sur celui-ci pour le transporter agrandi dans une autre fenêtre où vous aurez encore tout loisir de grossir le texte par une manoeuvre similaire.
05 juillet 2008
Un premier écho du Midi...
Par Maurice DUSSOL
I) La langue
Bien qu'ayant quitté Paris depuis quelques décennies, en étant allé d'émigration en immigration (ou
inversement), pour venir terminer mes jours dans ce Midi du fond duquel mon ami Maurice DUSSOL crie "Assez!" "Assez!", je ne crois pas que ces critiques concernant la langue soient totalement fondées...
Que le poète ne me dise pas que je suis chauvin car, en réalité, les Parisiens eux-mêmes ne me reconnaîtraient pas comme étant des leurs...
Eh oui, j'ai eu le défaut de naître dans la banlieue (ce qui ne fait pas de moi un vrai Parisien), mais je me suis heureusement rattrapé en faisant mes études à Saint-Germain-des-Près...
Donc, en tant que banlieusard, je peux publier ces lignes de Maurice DUSSOL même si je ne suis pas vraiment en phase avec le fond car je ne peux pas priver nos lecteurs de la beauté de son texte.
En revanche, dans le second volet de cette série "Les tics et la Télé" qui sera publié sur ce site , le mardi 22 juillet, je ne ferai pas le moindre commentaire pour l'approuver totalement et le trouver - personnellement, moi-même! - à la fois très beau et vraiment - absolument et tout à fait! - modéré quant au fond...
F. L.
Un tel texte du poète mérite une lecture confortable pour une attention réelle.... Pour ce faire, un clic de souris sur le texte de Maurice DUSSOL et celui-ci apparaîtra de manière vraiment lisible. Si cela ne vous suffisait pas, un nouveau clic de souris et vous pourrez déguster ces réflexions sans aucune modération.
12 mars 2008
Faisons preuve de stoïcisme...
Diatribe contre les poncifs et manies à la mode (2/2)
Par Maurice DUSSOL
Pour respirer un peu, mais en restant sur les poncifs maniaques et installés solidement dans le langage courant, nous pourrions jouer un moment avec certains "on dit" qui se sont incrustés dans la pensée moutonnière après avoir été détournés de leur signification primitive. D'autres ont été créés de toute pièce par des gens qui voulaient faire rire sans se rendre compte que, pour cela, ils ne disaient rien de nouveau ou de drôle.
Dans cette série, nous trouverons par exemple: "Les trois mousquetaires... qui étaient quatre". Cette affirmation est non seulement stupide, mais elle est surtout totalement erronée. En effet, dans "Les trois mousquetaires", seuls Athos, Portos et Aramis sont réellement mousquetaires du Roi. D'Artagnan, pendant tout le livre, n'est que "cadet au garde de monsieur des Essarts". Ce n'est que trois lignes avant le mot "épilogue" qu'il obtient un brevet de "lieutenance dans les mousquetaires" après que ses trois amis l'ont refusé en sa faveur. D'Artagnan n'a donc jamais été et ne pourra pas être le quatrième mousquetaire puisqu'il passe directement de cadet à lieutenant.
"Ils sont trop verts"... dit la foule "panurgesque" croyant se moquer de celui qui, comme le renard de la fable, n'a pas pu obtenir l'objet qu'il désirait. Or, pas plus monsieur de La Fontaine que le vénérable Ésope n'ont voulu dire cela dans le mythe du "Renard et les raisins". Ils indiquent, au contraire, que le renard a bien raison de s'en tirer avec une pirouette spirituelle et courageuse pour cacher sa déception, attitude positive dans le malheur que préconisent les deux fabulistes.
"Il a fait preuve de philosophie", en voilà encore un autre! Ce poncif, répété à qui mieux mieux par des gens qui ignorent tout ou presque tout de la philosophie (amour de la sagesse, passion de savoir, de comprendre), est utilisé pour n'importe qui dans n'importe quelle situation pour peu que quelqu'un de raisonnable ait pris une bonne décision avec calme et sagesse après avoir rencontré un échec.
Là encore il est fait un usage erroné du mot utilisé. Le mot adéquat serait "stoïcisme" pour peu que l'on sache que le stoïcisme est l'une (mais rien que l'une) des formes de la pensée philosophique.
Enfin et, dans un tout autre domaine, il est inévitable de parler de la transformation (hélas irréversible) du bon peuple français en un immense troupeau de canards. De l'analphabète au super-technicien, du comique au "penseur", du citoyen lambda aux princes qui nous gouvernent, tous (je dis bien tous) deviennent des canards inconscients en ce sens qu'ils ne peuvent plus terminer une phrase ou une portion de phrase sans émettre le son "quoi". Un "quoi" qui n'est pas un pronom interrogatif, ni un adverbe exclamatif, ni rien d'autre de connu en grammaire, qui n'a aucun sens en lui-même, mais qui s'impose tout le temps et à tous à la fin ou au milieu des phrases.
Quand je suais sang et eau pendant mes "humanités" pour traduire correctement un texte de de Platon, Xénophon ou autre Lysias, un mot, un petit mot me plongeait dans de profondes perplexités car je ne savais ni qu'en faire, ni comment en justifier une traduction, même approximative: c'était le petit mot qui s'écrivait "delta epsilon: dé". Ce petit mot, on le trouvait partout et on se demandait ce qu'il pouvait faire là. Eh bien, devant la multitude de "quoi quoi" qui envahissent de nos jours la langue dite française, je me demande (et, crois-je à juste titre) si nous n'avons pas involontairement découvert la traduction et l'utilisation inutile, stupidement réservée au bruit qu'il fait, de ce petit mot qui, (s'il n'imitait pas trop le cancanement des canards) ne serait pas plus désagréable (sauf pour des traducteurs à venir) que le "dé" dénoncé ci-dessus.
Enfin, si quelqu'un a eu le courage de m'avoir suivi et supporté jusqu'ici, laissez-moi l'en remercier chaleureusement et quoi qu'il ait pensé de mon style et de mes idées, qu'il sache que je voudrais bien ne l'avoir choqué en rien, "quoi"!







