07 septembre 2007
Première des trois "Belles Pages" 2007...
La "Belle Feuille" de François LÉGER...
Croisons les doigts: moteur, silence, on prend connaissance de cette "Belle Page"!
"Sébastien se trouvait très bien dans son liquide amniotique: là, au moins, il était en sécurité. Protégé contre les chocs extérieurs et maintenu à une température stable dans un milieu aseptique: foetus il était et cet état lui convenait parfaitement. En un peu plus de neuf mois - il n'était pas véritablement pressé de faire son apparition parmi les humains - il avait pris ses habitudes et ses aises... Logé, nourri, objet de la plus grande sollicitude de ses géniteurs qui se prenaient déjà pour des parents et lui tenaient de longs discours en lui faisant à la fois les demandes et les réponses, ce qui était assez reposant pour lui, il aurait bien aimé prolonger encore un peu cette situation privilégiée...
"Et ce, d'autant plus que la naissance qui lui était maintenant proposée, si ce n'est imposée, avait quelque chose de surréaliste et lui faisait un peu perdre la tête... Aujourd'hui, en effet, brutalement, alors qu'il n'avait perçu aucun signe prémonitoire au cours des jours ou des instants précédents, Dame Nature avait fait en sorte que Paulette, sa maman, perde les eaux, obligeant de ce fait Sébastien à faire son apparition sur le plancher des vaches sans lui demander son avis et sans se soucier de savoir s'il était prêt pour faire le grand saut!
"C'est ainsi que, au crépuscule de sa vie intra-utérine, exprimant la fin d'un cycle en concomitance avec la préparation d'un renouveau qui était, justement, cette venue parmi les homo-sapiens, aube de sa vie d'homme, tout le monde était impatient de le voir arriver comme si la terre avait été le Paradis alors qu'il savait, lui, que les ennuis allaient commencer dès qu'il mettrait la tête dehors!
"Enfin, "Quand il faut y aller, il faut y aller" et, lorsque l'on avait demandé une troisième fois, puis une quatrième fois, à sa mère, de "pousser", Sébastien avait estimé que celle-ci avait déjà fait beaucoup d'efforts pour lui et s'était décidé à sortir, la tête la première, comme un boulet de canon...
"La sage-femme et le personnel soignant s'étaient immédiatement occupé de lui et de sa maman et il avait été étonné de voir tout ce monde sourire et faire semblant d'être heureux d'avoir assisté à cet événement alors qu'il savait parfaitement que, en cette bien triste soirée d'hiver, tout le monde n'avait qu'une hâte: être rentré chez soi et pouvoir profiter d'un repos mérité entre ce crépuscule et l'aube, cette aube qui marquerait, pour la plupart d'entre eux, le commencement d'une nouvelle journée de labeur. Car, Sébastien, philosophe et cartésien à la fois, ce qui n'a absolument aucun caractère antinomique, savait parfaitement que sa naissance ne serait qu'un numéro parmi tant d'autres pour ces professionnels de la santé même s'ils avaient fait leur travail consciencieusement, avec amour de leur métier, en véritables humanistes, ces humanistes qui - ô perles rares - placent véritablement la personne humaine et son épanouissement au-dessus de toutes les autres valeurs.
"En revanche, il savait que le bonheur de ses parents était loin d'être feint car s'il les rencontrait, à l'aube de cette vie terrestre, pour la première fois dans leurs habits d'êtres humains, il y avait longtemps qu'il les connaissait véritablement pour avoir déjà vécu avec eux tous ces mois ayant précédé cette soirée. Il les connaissait et les aimait car, si, dans le ventre de maman, il était un peu à l'étroit et plongé dans le noir, Sébastien y avait appris à regarder et à aimer non pas avec ses yeux, mais avec son coeur..."
Ainsi, en quelques mots, avez-vous fait la connaissance de Sébastien - un homme, rien qu'un homme, ni plus ni moins - que vous retrouverez parcourant le long fleuve de la vie terrestre dans "Un homme et trois femmes", l'une des nouvelles constituant le troisième recueil intitulé "Il n'y a pas d'âge" à paraître et protégé contre la copie et le plagiat.
Deuxièmes des trois "Belles Pages" 2007...
Les "Belles Feuilles" de Maurice DUSSOL
Ces "Belles feuilles" seront encore plus belles en en prenant connaissance les unes après les autres de la manières suivante: un clic de souris et la "Belle Feuille" ira - agrandie - dans une nouvelle fenêtre...
Dernière des trois "Belles Pages" 2007...
Si votre oeil malgré sa sagacité avait la moindre difficulté à lire la partie gauche ou la partie droite de cette très "Belle Feuille" dans laquelle notre ami Pierre Virmes vous fait découvrir la Légende de l'Ocre, restez serein...
Il suffit d'un clic de souris sur la partie en question pour l'envoyer - agrandie, dans une nouvelle fenêtre...
14 août 2006
Vous avez dit : "Quelques belles pages" ?
Quelques semaines avant la rentrée littéraire de l'automne, ce moment où tombent - en librairies - les feuilles de quelque six cent romans, essais, recueils de nouvelles, etc. quelques journaux ont pris l'habitude de satisfaire à un "marronnier" !
Petite précision: le "marronnier" est, pour un journal, cette rubrique ou cette photo, sans véritable intérêt, qui revient chaque année à la même époque... Ainsi le mois d'août a-t-il rendez-vous avec une photo des Champs-Elysées désertés par les Parisiens, ainsi le début de l'hiver rime-t-il avec un document visuel fort appréciable et informatif qui montre les premiers flocons de neige annonciateurs des frimas prochains... Ainsi..., Ainsi... Ainsi...
Ainsi en est-il de la publication, dans les rubriques littéraires des journaux quotidiens ou dans les périodiques spécialisés, des "Belles pages" des livres de l'automne... De belles pages dont on ignore comment elles ont été choisies dans ce flot de nouveautés de l'esprit automnal... De bien belles pages qui pourraient être intéressantes pour ceux de nos concitoyens qui consacrent encore de longues heures à la lecture, en ouvrant ces livres qui sont des fenêtres sur un au-delà ou sur un ailleurs... De bien belles pages qui pourraient être intéressantes dans la mesure où elles seraient à même de permettre au lecteur de se faire une idée d'un auteur qu'il ne connaît pas ou de juger - a priori - du nouvel ouvrage de cet homme ou de cette femme dont il admire le beau brin de plume...
Malheureusement, ce n'est généralement pas le cas dans la mesure où quelques pages sorties de leur contexte donnent - par la force des choses - une idée erronnée de l'ensemble: si l'on peut juger de la qualité d'un gâteau en en mangeant une part, il est plus difficile de juger d'un tableau en n'en découvrant qu'une infime partie !
Voilà la raison pour laquelle, vous ne trouverez pas, sur ce site, quelques "Belles pages " de mes livres à paraître - même si je les présente par ailleurs - mais bien plutôt des pièces formant une entité, même lorsqu'elles sont séparées, et vous permettant d'être le maître de votre jugement quant au style et à la pensée de l'auteur qui écrit ces lignes...
Des pièces qui seront, peut-être, de "Belles pages" un jour puisqu'elles sont les bases sur lesquelles se développera un nouvel essai, essai sur l'égoïsme des hommes et sur l'état de la société en ce début de troisième millénaire: tout un programme !
Tout un programme dont vous trouverez ci-dessous la préface : "Vassalité, Inégalité et Hostilité".
F.L.
Vassalité, inégalité et hostilité!
De plus en plus de nos concitoyens souffrent de troubles du comportement ou de troubles visuels... Il n'est point ici question de troubles engendrés par des décompensations névrotiques ou psychiatriques ou de problèmes liés au nerf optique: ces troubles là sont, tout naturellement, comme il se doit dans une société policée où la solidarité est un maître-mot, pris en charge par le pays en toute fraternité... Non, il s'agit de tous ces gens dont la culture du Moi, l'Ego, a pris une telle dimension que, dans la vie de tous les jours, par leurs actes et leurs paroles, se conduisent comme si, aux frontons de nos mairies, les trois mots qui doivent faire de la France un pays où il fait bon vivre - "Liberté, Egalité, Fraternité" - étaient devenus: "Vassalité, Inégalité, Hostilité".
Ceci étant, de nos jours, un vrai problème de société qui affecte autant les adultes que les adolescents et les plus jeunes, il peut être bon de prendre le temps d'y réfléchir, de se regarder soi-même, de regarder les autres pour essayer de faire en sorte de devenir - et d'aider d'autres à devenir - les maillons de cette chaîne de solidarité qui soude un peuple. A défaut d'aller trouver le voisin de palier pour le sermonner, nous pourrions nous contenter de faire notre examen de conscience et de nous transformer nous-mêmes en prenant le temps de passer le flambeau de la signification de ces trois mots à nos enfants et dans nos associations puisque la plupart de nos concitoyens ont été - ou sont - "président" d'une association quelconque...
"Ne soyez le vassal d'aucune âme, ne relevez que de vous-même" écrivait Balzac: n'est-ce pas cela la vraie liberté? Ne pas être le vassal, c'est être un homme debout, un homme qui n'est pas assujetti à d'autres hommes ou à des formes de pensée. Mais, ne pas être le vassal de qui que ce soit ne veut pas dire occuper une place démesurée qui nuise à l'un ou l'autre des individus qui forment notre société. Or, sous prétexte de liberté, combien de citoyens se croient aujourd'hui tout permis et, pour ne relever que d'eux-mêmes, sont prêts à tuer tous ceux qui se trouvent sur leur passage? De plus, malheureusement, le verbe "tuer" est employé ici au sens propre comme au figuré puisque l'on est capable d'ôter la vie pour une simple place de stationnement !
Comme nous avons tendance à ne considérer que notre propre liberté pour faire ce qui nous convient, dans le même esprit, est compris le terme "Egalité", dans le sens où il nous arrange: nous devons tous être égaux, tous riches... L'égalité s'arrêtant d'ailleurs là puisque, bien souvent, on est prêt à partager le fruit du travail et non pas le travail... On oublie, plus exactement on veut oublier, que l' "Egalité" concerne l'égalité des chances que la vie - et non pas les hommes - ne nous accorde pas toujours puisqu'il existe bien-sûr une inégalité naturelle, biologique... Quant à l'inégalité sociale, elle est principalement due à l'inégalité naturelle ou à l'inégalité de travail : "Aide toi, le ciel t'aidera" dit le proverbe, un proverbe qui place tout le monde à égalité et qui devrait être écrit en grosses lettres sur le fronton de tous les établissements scolaires.
Ah, la Fraternité! Aider son prochain: donner un coup de main à un collègue de travail en difficulté au lieu de lui glisser une caisse de peaux de bananes sous les pieds ! Avec un peu de Fraternité, il n'y aurait plus de harcèlement moral dans le travail, un trentenaire ne reprocherait pas à un nouveau retraité d'être obligé de travailler pour payer sa retraite sans songer que celui-ci a payé la retraite de ses parents et que n'existerait pas ce bel outil de travail dont il profite sans ces longues années de labeur de celui qui espère pouvoir, enfin, jouir de la vie !
Ce sera difficile de changer brutalement la façon de penser de ce pays, mais on peut faire le voeu de redonner tout son sens à la devise de la République française au sein de groupements, auprès de nos enfants et de nos amis, comme nous l'avons vécue lors de notre service militaire pour tous ceux qui ont eu la chance de bénéficier de cette première et essentielle expérience de la vie !
François LÉGER



