02 septembre 2006
Au tour des jeunes...
La rentrée littéraire de nos écrivains en herbe
Si leurs pairs ont déjà fait leur rentrée littéraire - même si la sortie en librairies de certains ouvrages de la rentrée des hommes de plumes est annoncée pour le 12 septembre, voire un peu ultérieurement - voici que nos têtes blondes, collégiens, sont appelées à leur heure à un retour vers leurs chères études...
Certes, ces études sont parfois chères pour les parents - encore que les allocations de rentrée scolaire semblent être plus généralement destinées à payer la fréquentation des cours et des courts de tennnis, les leçons d'équitation ou la fréquentation de la piscine de tous ces jeunes qui "promettent" - mais elles ne sont pas toujours chères ou chéries par les adolescents. Ces heureux élus de ces collèges de plus en plus "grand luxe" dont nous eussions aimé disposer de notre temps. C'est dire immédiatement que tous ces pré-adolescents et adolescents sont tous parmi les jeunes pousses qui "promettent", mais que toutes ne "promettent" pas du tout la même chose...
D'ailleurs, chaque professeur, dès le premier contact - ce lundi 4 septembre 2006 - avec ses classes, prendra immédiatement le pouls de celles-ci et se forgera rapidement une idée de la qualité de ses classes et de ses élèves... Certes, direz-vous, cela est aisé puisque la plupart des enseignants cèdent au cérémonial que nous avons connu : "Remplissez une fiche avec vos noms, prénoms, adresses en indiquant la profession des parents" ... Une fiche que certains parents estiment être une incursion dans la vie privée même si les professeurs déclarent, dans leur très grande majorité, ne pas prendre connaissance de ces fiches qu'ils conservent cependant. Alors, pourquoi perpétuer cette tradition qui irritent certains? Tout simplement pour que le professeur, dans le cas où l'un de ses élèves se révélerait comme un adolescent à problème, puisse avoir des premières informations pour commencer sa démarche destinée à règler, au mieux pour le jeune, ledit problème.
En fait, il n'y a pas là de quoi fouetter un chat et ce, d'autant plus que le professeur ayant quelques années d'enseignement pourra situer en quelques heures de cours le niveau de ses élèves et repérer les plus doués et ceux qui ont un retard criant ou ne nécessitant qu'un petit coup de pouce pour les remettre à niveau...
En revanche, beaucoup de professeurs de français - cette si belle et si riche langue de nos ancêtres les Gaulois - feront sans coup férir une incursion dans la vie privée des uns et des autres, incursion que les parents critiquent parfois et approuvent souvent, incursion qui peut provoquer un blocage chez certains élèves, même les "écrivains en herbe"...
De fait, la classique rédaction de rentrée demandée par un professeur de français de collège ayant passé toutes ses vacances à chercher des sujets de dissertation originaux sera, malheureusement trop souvent, "Vous venez de reprendre le chemin du collège, racontez vos vacances et ce qu'elles vous ont apporté".
Nous passerons, ici, très vite sur cet élève dont les parents n'ont pas eu les moyens de payer un séjour de vacances à leur fille ou à leur garçon ayant passé ses vacances à aider maman à récolter fruits et légumes, à frotter les cornichons et aider à faire des confitures avec les fruits du jardin. Le même enfant qui aura aidé papa dans ses travaux de peinture, non pas sur un chevalet mais sur une échelle...
Car, cet élève qui est allé à l'école de la vie n'a pas envie de "raconter ces vacances" dans une rédaction qui, si elle était bien rédigée, pourrait être lue devant ses petits camarades... Il aura donc bien du mal à faire sa rédaction, ce qui ne peut pas - et de noit pas - avoir lieu. Or, il est certain qu'en ce début de troisième millénaire, il est encore des enfants dont les vacances se passent ainsi, des enfants qui ne sont pas forcément malheureux, mais ne veulent pas être la risée de leurs petits camarades pour avoir passé cette période estivale de cette manière... C'est dire que, pour ne pas être montré du doigt, cet adolescent présentera une dissertation "pleine de vide" qui fera naître un a priori négatif du professeur vis-à-vis de lui.
Puis, soyons sérieux, mis à part ces enfants là, Monsieur le professeur, votre sujet de dissertation est l'école du mensonge.
Une école du mensonge?
Ecole du mensonge? Pensez-vous que ce chômeur qui vit de l'état-providence, sans aucune envie de se lever, dès potron-minet, pour aller travailler n'interdira pas à son fils de dire qu'ils sont partis à la mer - durant un laps de temps supérieur à celui accordé par les Assedic - aux frais de la princesse. Cette princesse qui n'est autre que vous et moi, ces gens qui travaillent et paient leurs impôts pour entretenir ces prédateurs de la société...
Ecole du mensonge? Pensez-vous que ce chômeur qui est, non pas un vrai chômeur, mais un demandeur d'emploi qui a passé tout l'été aux côtés des siens sans faire le moindre déplacement afin de ne pas risquer de manquer un emploi qui aurait pu se présenter; pensez-vous, Monsieur le professeur, que ce chômeur ne demandera pas à son fils "d'arranger" la vérité, quitte à tremper lui-même sa plume dans l'encrier... Quitte à tremper lui-même sa plume dans l'encrier pour raconter des vacances "plausibles" passées à la campagne, ces vacances dont il bénéficiait du temps qu'il était jeune, plume trempée tout l'été dans l'encrier pour écrire des lettres de candidature spontanée?
Ecole du mensonge? Pensez-vous que ces parents - qui comptent sou à sou toute l'année durant pour faire des économies pour les vacances - ne demanderont pas à leur progéniture de ne pas "trop en raconter"... Ne "pas trop en raconter" pour que Monsieur le professeur ne pense pas que ces gens qui ont profité - sans trop y regarder - de leurs vacances, que Monsieur le professeur ne croit qu'ils sont riches et n'imagine pas non plus tous les sacrifices réalisés tout au long de l'année pour s'offrir cette "courte période de bon temps" pour laquelle ils ont sué sang et eau pendant des mois...
Ecole du mensonge? Ne pensez-vous pas que ce "fils de bourgeois" - si tant est qu'il y ait encore des bourgeois dans notre pays, cette race en voie de disparition, cette race que Mitterrand avait déclaré, peu de temps après son arrivée à l'Elysée, vouloir anéantir - n'élucubrera pas pour en "mettre plein la vue à quelques petits copains"?
Ecole du mensonge? Les enfants des gens riches, ces gens qui passent leurs vacances aux Caraïbes ou sur leurs yachts n'auraient-il pas quelques conseils parentaux quant à la réalisation de cette rédaction. "Payer l'impôt sur la fortune? Moi? Vous rigolez?".
Car ce pays est fait, malheureusement, d'une France divisée par l'argent certes, mais surtout par le travail et une conception de la société très différente de celle qu'avaient ces fameux "soixante-huitards" accusés de tous les péchés du monde... Les "soixante-huitards" voulaient certes une autre société, mais ils étaient vivants, actifs, et voulaient le changement par la force ou le travail. Or, la société d'aujourd'hui est faite de gens qui meurent de ne pas avoir de travail (d'ailleurs certains vont jusqu'au suicide); de gens qui vivent de l'état- providence en estimant "Certes, je dois me contenter de peu, mais je suis libre comme l'air"; de salariés et de cadres qui triment - ces gens qui gagnent trop pour toucher la moindre aide et qui gagnent suffisamment pour payer la plus grande partie des impôts de ce pays - et, enfin, de riches, de vrais riches, suffisamment riches pour échapper à certaines impositions et profiter largement des paradis fiscaux...
Apprendre à rêver...
Alors, dans un tel pays - qui peut changer, qui doit changer pour ne pas exploser - proposer un tel sujet de dissertation me semble inconvenant.
En revanche, un professeur de français ne ferait pas d'incursion dans la vie des familles et en saurait tout autant sur chacune des brebis qu'il est chargé d'instruire - parfois d'éduquer de par une démission de certains parents - en leur demandant: "Avez-vous pris le temps de rêver pendant vos vacances?". Un tel sujet demanderait aux adolescents à la fois de réfléchir et de rêver. Car il faut apprendre à rêver, c'est essentiel !
Le rêve n'est-il pas un moteur pour tenter de le transformer en réalité? Si chaque collégien pouvait avoir un rêve à réaliser, il cesserait de se traîner lamentablement, l'oeil et le regard vides, dans l'enceinte ou en dehors de l'établissement...
Où est donc ce professeur de lettres qui ne se tournera pas vers le passé de ses élèves, mais les poussera à rêver en leur disant: "Nous autres enseignants, nous sommes là pour vous aider à aller jusqu'au bout de vos rêves! " ?
Un tel sujet de rédaction aurait par ailleurs l'avantage de réunir les écrivains anciens et les modernes... Car, les pairs de ces "écrivains en herbe" sont pour la plupart des rêveurs qui ouvrent une fenêtre sur une vie virtuelle qui devient réalité sous leurs plumes, ils ont besoin d'une autre dimension que celle de la vie quotidienne pour exprimer leurs sentiments à travers des personnages qu'ils créent, des personnages qui entraînent ensuite souvent l'auteur dans une histoire qu'il n'avait pas toujours envisagée au départ...
Ne serait-ce point le rêve qui deviendrait réalité? Si cela est possible pour les "Anciens", comment ce phénomène ne pourrait-il pas s'emparer des écrivains modernes, nos écrivains en culottes courtes...
De l'imagination, un rêve réalisable remplaceraient avec bonheur une "télé-réalité" qui ne réussit pas à tous ses participants et fait croire aux jeunes qu'ils n'auront qu'à se baisser pour tout avoir, tout de suite...
D'ailleurs, n'est ce pas ce rêve qui est le vrai lien entre les "Anciens" et les "Modernes" de cette rentrée littéraire 2006?
François LEGER
28 août 2006
La Rentrée et, déjà, se profile la remise des prix...
La rentrée littéraire des Anciens et des Modernes
"Un cheval ! Un cheval ! Mon royaume pour un cheval !" s'écrie le roi Richard dans "Richard III", ô combien célèbre tragédie de Shakespeare.
"Un prix littéraire ! Un prix littéraire ! Tous mes ouvrages pour un prix littéraire !" pourraient s'écrier bon nombre d'auteurs .
Tandis que les anciens présentent leurs ouvrages de pages noircies, avec plus ou moins de talent, espérant avoir trouvé les mots qui, comme les flèches d'un archer, toucheront au coeur ceux qui feront l'acquisition de leur livre et - peut-être même - les membres de certains jurys de ces fameux "Prix littéraires" qui, de plus en plus, se ramassent à la pelle, leurs enfants ou petits-enfants attendent leur tour avec angoisse...
Il est vrai que l'impatience et l'anxiété des "anciens" sont tout aussi justifiées que celles des "modernes" car, malgré cette aura qui entoure nos hommes de plume, ceux-ci - des plus aux moins talentueux - ne refuseraient point la reconnaissance de leur travail par l'attribution de prix... Toutefois, il est indéniable qu'ils doivent faire la preuve de leur talent, ce vrai talent, ce talent qui est, pour moi, fait de 10% de cette petite étincelle qui éclaire spontanément l'esprit en apportant une (ou des) idée(s), 60% de travail et 30% de chance.
Eh oui, c'est la vie! Sans ces 30% de chance que seraient nos grands écrivains devenus ? Il me souvient avoir lu, il y a déjà bien longtemps, que Jean d'Ormesson avait vraiment connu la réussite à la sortie de son septième livre seulement... C'est dire qu'il faut avoir le courage de remettre constamment l'ouvrage sur le métier et y croire...
De la même manière, je crois savoir que le regretté Frédéric Dard a connu l'étincelle lui proposant le "Commissaire San Antonio" avant d'avoir la chance de devenir celèbre... La chance, cette chance, pour lui, qu'un homme achète, un jour, chez l'un de ces bouquinistes qui apportent un certain cachet, un certain charme sur les quais de la Seine, un petit "San Antonio" publié en faible tirage par un petit éditeur de Lyon... Un homme qui est alors séduit par le Commissaire, un homme qui est l'un des patrons des Editions du Fleuve Noir... On connaît la suite...
La suite, c'est à la fois ces rangées de "San Antonio" qui ont été l'un des bonheurs de mon adolescence et de ma vie de jeune homme. La suite, c'est aussi la possibilité donnée à l'auteur de publier dans des conditions particulièrement favorables ses ouvrages, très sérieux, signés de son nom.
Mais la chance, c'est la plupart du temps ce bandeau rouge qui annonce un prix littéraire obtenu pour un ouvrage... Le Prix, en lui-même, n'apporte pas une somme véritablement rondelette à l'auteur, mais bien plutôt les trompettes de la renommée... Ces trompettes de la renommée qui se feront l'écho des droits d'auteur tombant dans une tirelire, des droits d'auteur d'autant plus importants qu'un prix comme le Goncourt signifie pratiquement la vente de trois cents à trois cent cinquante mille exemplaires !
C'est la raison pour laquelle nos écrivains les plus connus - et leurs éditeurs - font des pieds et des mains pour être primés...
De plus, mon expérience me fait dire qu'il faut absolument obtenir un prix qui "ait pignon sur rue" (si vous me permetttez l'expression) ou qui soit totalement inconnu.
Un "prix ayant pignon sur rue" est le Goncourt qui fait se rabattre parfois un auteur sur le Prix Interallié comme ce fut le cas l'an passé... C'est le Fémina ou le Renaudot...
Mais, un prix comme celui de "La Renaissance Française Nord/Pas-de-Calais" (pourtant créé par Maurice Schumann) - que je suis fier d'avoir obtenu à quatre reprises déjà - comme celui de l'Académie Poétique et Littéraire de Provence, cette Académie dont j'ai été lauréat à quatre reprises puisque les manuscrits de mes deux prochains ouvrages ont eu l'heur d'être remarqués par un jury ayant eu à se déterminer après la lecture de plus de quatre cents livres ou manuscrits venus de toute la Francophonie, des prix comme ceux-là laissent de glace. Le chaland ne connaît pas ces prix - qui sont de véritables reconnaissances littéraires - et, pensant qu'ils sont affaire de copinage, les rejettent sans réflexion aucune.
En revanche, il est des auteurs qui, après des années de fréquentation des salons, ont non seulement "digéré" toutes ces données, mais acquis la conviction que le bandeau rouge peut faire vendre en intriguant le lecteur... C'est ainsi qu'un auteur bénéficiant d'une notoriété similaire à la mienne (allez, soyons honnêtes: un peu plus grande tout de même !) vient d'avoir la géniale idée de créer le "Prix SDF"... C'est dire, pour le chaland un prix d'une société littéraire qui bénéficie de l'appellation incontrôlée de "française", ce mot représenté par le "F"... Donc une société très sérieuse !
En réalité, cet auteur de ma connaissance a créé une association à but non lucratif (type loi de 1901) qui s'appelle "Société de Sans Domiciles Fixes", une société constituée de quelques braves gens qui, contre "denrées liquides et solides", ont accepté de se réunir pour décerner le "Prix SDF" pour lequel il n'y aura, cette année en tout cas, qu'un seul candidat !!!
Comme vous le voyez, les auteurs anciens ont tout de même quelques mérites et, même si la Rentrée littéraire vous ennuie, doivent générer chez vous une vraie réflexion.
Cette vraie réflexiion que les professeurs de français, anciens et modernes, vont demander dès la rentrée... scolaire, celle-là, à nos chers collégiens en leur proposant un sujet original qui n'a pas pris une ride au fil des ans ("Racontez vos vacances...") même s'il fait faire la moue aux jeunes gens et jeunes filles découvrant ce thème sans véritable enthousiasme...
Mais, laissons encore quelques jours de repos à ces adolescents avant qu'ils ne remettent leurs neurones en route et ne nous montrent qu'ils sont aussi "branchés" en littérature qu'en SMS, Textos et autres inventions qui ne sont plus de mon âge...
François LEGER
22 août 2006
Rentrée littéraire 2006...
Des belles feuilles à la feuille de chou...
Maître du "Mystère" et du "Mirage" qui furent les fleurons de la firme Marcel Dassault, spécialisée dans l'aviation militaire et créée à la Libération par Marcel Bloch Dassault (qui avait déjà fondé la firme aéronautique Marcel Bloch en 1930), l'ancien déporté (en 1944) toucha ensuite à d'autres domaines.
Se faisant producteur de films et même rédacteur en chef du journal "Jours de France", Marcel Dassault eut quelques succès en politique puisqu'il fut également député gaulliste de 1951 à 1955 et de 1958 à 1986.
S'il y a là largement de quoi remplir la vie d'un homme aussi grand soit-il, Marcel Dassault ne réalisa pas tous ses rêves en essuyant deux échecs dans la presse quotidienne. L'un d'eux fut la vie éphémère du quotidien "Vingt- quatre Heures" qu'il lança dans les années 60 et dont l'existence ne dépassa guère un mois malgré d'excellentes idées et innovations de Marcel Dassault qui eut le tort de ne pas faire confiance uniquement à des journalistes professionnels, donnant des responsabilités à certains amis étrangers au "métier d'informer". Second échec: malgré ses vues sur "Le Figaro" dont il eut tant aimé pouvoir faire un peu sa chose, il ne réussit pas à rentrer dans le capital et la rédaction de ce quotidien... L'homme était grand, c'est vrai, très grand même, mais un peu boulimique de réussite.
Une maladie à laquelle n'échappa pas son fils Serge Dassault, aujourd'hui président-directeur général du Figaro, ce journal fait, jusqu'à son arrivée, exclusivement par des journalistes professionnels voulant à la fois informer, analyser et aider à comprendre un lectorat qui n'aime jamais être bousculé par des innovations trop importantes ou trop rapides...
Malheureusement, depuis l'arrivée de Serge Dassault, nombre de lecteurs seront comme moi, journaliste honoraire - après quelques décennies passées dans la presse périodique et la presse quotidienne - et abonné, depuis plusieurs années, à "mon" Figaro, attendu chaque matin, déçus de l'évolution de ce quotidien dont la renommée n'est pourtant plus à faire.
Il n'y a pas que de "belles pages"
Certes, on ne pourra pas reprocher au président-directeur général du Figaro d'avoir opté pour un journal en trois cahiers, ces trois cahiers qui permettent de savoir où rechercher l'information souhaitée. D'ailleurs, Serge Dassault s'est flatté, il y a quelques mois, de l'augmentation du chiffre de vente du quotidien depuis l'adoption de sa nouvelle formule... Ce qui est fort surprenant lorsque l'on sait que l'érosion du nombre de lecteurs de tous les quotidiens français est régulière et semble inéluctable. Mais, dont acte: faisons confiance au patron de presse.
Toutefois, si Serge Dassault a trouvé dans cette nouvelle formule une belle "coquille", un contenant de qualité - comme son père l'avait fait avec "Vingt-quatre Heures" - il a en revanche laissé se dégrader régulièrement le contenu. Sans parler de notre langue mise à mal comme elle ne l'avait jamais été jusqu'ici dans un tel journal, on ne peut pas occulter, lors de la lecture des "nouvelles", comme les appelaient nos parents, tous ces erratum, mises au point pour des erreurs "s'étant malencontreusement glissées dans une précédente édition" comme le veut la formule consacrée beaucoup trop souvent rencontrée, chaque jour, au fil des pages.
Mais revenons à cette évolution voulue par Serge Dassault et son équipe, évolution dans le contenu et la forme de ce quotidien.
Revenons-y pour dire que si, comme nous l'avons déjà écrit ci-dessus, nous sommes à l'époque des "Bonnes feuilles" qui sembleraient se ramasser à la pelle en cette période de rentrée littéraire si l'on en croit notamment les chroniqueurs du Figaro - qui ne m'ont jamais fait l'honneur d'évoquer l'un ou l'autre de mes ouvrages et qui ne risquent plus de "donner un petit coup de pouce", comme ils le font pour l'un ou l'autre des membres du sérail, à l'un de mes travaux après avoir lu ce papier dont ils parleront avec mépris - Revenons-y pour dire que "trop", "c'est trop" et que "c'est trop" est ridicule.
Quelle belle feuille de chou !
Journaliste, il est vrai que, à une époque, j'eus aimé faire partie de la rédaction deu Figaro mais il est aussi vrai que, ce mardi 22 août 2006, j'en aurais honte.
J'en aurais honte en voyant cette "Une" du troisième cahier intitulée "Rentrée littéraire, c'est parti", une page faite uniquement d'un alignement de noms d'écrivains imprimés en capitales dans une grosseur de caractères différente répondant certainement à un critère des auteurs de cette page ignoré des lecteurs... Une seule unité: tous les noms d'écrivains sont en caractères rouges... Le rouge de la confusion des meilleurs créatifs du journal ayant participé à l'élaboration de cette page dans laquelle il n'y a aucune information? Cette page faisant de la "Rentrée littéraire" un "non-événement". Encore que...
Une rentrée littéraire avec quelques surprises
Encore que j'aie été heureux de voir, dans ces listes de noms, des gens dont j'ai apprécié autrefois les écrits, faire leur rentrée littéraire 2006 (selon "Le Figaro" bien sûr).
Ainsi en est-il de Charles Maurras qui fut le principal animateur du mouvement "Action française" de 1908 à 1944. L'homme défendit le "royalisme" et le "nationalisme intégral"... Ayant soutenu Mussolini, Franco, puis collaboré à la politique de Pétain, Maurras fut condamné à la réclusion perpétuelle en 1945, mais grâcié peu de temps avant sa mort en 1952... Il me souvient d'avoir lu notamment "Enquête sur la monarchie" avant d'avoir acheté, lorsque j'étais étudiant, l'hebdomadaire "Aspects de la France" créé par Charles Maurras.
Alors, vous pensez si je suis content de le voir faire sa rentrée littéraire 2006 et un peu surpris de le trouver à côté de certains autres auteurs ainsi présentés par "Le Figaro" de ce mardi 22 août: "Près de 700 romans français et étrangers arrivent dès aujourd'hui en librairie. Pas de vedettes surmédiatisées, mais une vaste palette d'auteurs confirmés..."
Voilà, ouvrant le ban Patrick et Olivier Poivre d'Arvor (pas du tout surmédiatisés, cela coule de source), Florian Zeller, Denis Tillinac, tous des inconnus ou presque...
Mais, aux côtés de Charles Maurras, voici Albert Camus (décédé en 1960), Jean-Paul Sartre (qui a tiré sa révérence en 1980) et Paul Claudel (qui nous a quittés en 1955) qui font notamment leur rentrée littéraire 2006!
C'est dire si, pour ma part, je pense que cette rentrée littéraire est pleine de surprises avec, certainement, plusieurs ouvrages pouvant s'intituler "Mémoires d'Outre-Tombe"...
J'aurais aimé publier sur ce blog cette page intitulée, comme indiqué précédemment, "Rentrée littéraire, c'est parti" tant je suis persuadé que certains lecteurs pensent que j'en "rajoute"... Malheureusement, la loi me l'interdit sans l'autorisation du "Figaro", autorisation que je doute obtenir!
Mais ce qu'il faut surtout, c'est oublier cette "page feuille de chou" qui ne peut que nuire à tous les auteurs, tant le lecteur tourne la page "parce qu'il n'y a rien à voir"...
Les auteurs ne sortent pas grandis, le journal non plus... Alors, que celui-ci reprenne la publication de ses "Belles feuilles", cela est encore moins nuisible à une époque où les lecteurs sont de plus en plus rares... J'en veux pour preuve cette réflexion entendue, ce week-end, au Salon du Livre de Fayence (Var) auquel je participais: "Je me demande ce que je fais là, je ne suis pas bibliophile et je n'aime pas lire"... Or, ce n'est pas une telle page qui amènera cette personne à la lecture... A moins qu'elle ne découvre les nouveaux auteurs: Charles Maurras, Albert Camus, Jean-Paul Sartre, Paul Claudel, etc... Allez! Debout les morts !