06 novembre 2009
De l'impudeur de se citer...
LU POUR VOUS
Par François LÉGER
"L'homme qui m'aimait tout bas": dommage que celui-ci n'ait pas - véritablement - le premier rôle dans
ce livre où l'auteur est omniprésent!
"L'homme qui m'aimait tout bas", cet ouvrage d'Éric FOTTORINO dont je me proposais de vous présenter une recension en ce mois de novembre, ceci afin de vous prouver que je ne suis pas systématiquement fermé à la lecture des ouvrages de la "Rentrée Littéraire", mérite-t-il de se voir attribuer un Prix Littéraire en cet An de Grâce 2009? Voilà une question que l'on se pose à l'heure où j'écris ces lignes (mi-septembre) et qui aura obtenu une réponse lorsque vous prendrez connaissance de ce papier, mais c'est en tout cas une question qui ne m'a jamais effleuré à la lecture de ce livre. Et ce, pour plusieurs raisons...
Couronner cet ouvrage serait mettre en vedette un travail dans lequel l'auteur n'est pas un simple narrateur mais tient le premier rôle en se citant d'ailleurs moult fois...
Couronner cet ouvrage serait mettre sur la première marche du podium un livre pour lequel l'auteur a sauté sur sa plume pour nous parler en détail de son père dès que celui-ci s'est suicidé. Car, enfin, son père se suicide le 11 mars 2008 et ce livre fait l'objet d'un premier dépôt légal en avril 2009... Ceci alors que l'auteur explique l'immense affection partagée avec ce père qui est en fait son père adoptif, mais un père adoptif dont beaucoup de parents devraient prendre des leçons. Certes, l'auteur essaie à plusieurs reprises de nous persuader que l'écriture de ce livre aura été pour lui une forme de catharsis pour ne pas sombrer dans une sorte de désespérance... Pourquoi pas?
Quel que soit le cas de figure parmi les propos avancés ci-dessus, on ne voit pas très bien la raison pour laquelle un Prix Littéraire viendrait encore à l'aide de l'auteur pour cet ouvrage écrit d'une plume tout à fait quelconque...
De fait, je n'ai pas trouvé ici un texte qui vous "prend aux tripes" comme celui que j'ai eu le bonheur de vous présenter ici même le 3 septembre dernier. Je veux parler du merveilleux travail d'Emmanuel CARRERE intitulé "D'autres vies que la mienne", un livre "descendu en flammes" par un certain nombre de critiques reprochant à l'auteur de s'être servi de deux événements malheureux arrivés à d'autres qu'à lui... C'est tout juste si certains ne l'on pas traité de "charognard".
C'est dire pourquoi je comprends mal, dans ces conditions, que l'on porte aux nues l'ouvrage d'Éric FOTTORINO qui se sert, au moment du suicide de "papa", de tout l'amour que lui a porté ce père adoptif "extraordinaire" (le mot est juste croyez-moi: un père comme cela sort vraiment de l'ordinaire!), un père adoptif qui sait tout donner, mais aussi un homme qui sait aider les plus humbles en payant de sa personne dans le plus strict anonymat.
Pourquoi Emmanuel CARRERE serait-il quelqu'un dont le livre, qui plus est fort bien écrit, a quelque chose de malsain (c'est le moins que l'on puisse dire d'après certains) alors que celui-ci d'Éric FOTTORINO, écrit d'une plume sans talent particulier, mériterait louanges et récompenses?
Avec cet état d'esprit, pourrais-je véritablement faire une recension honnête et impartiale du travail d'Éric FOTTORINO? Évidemment non. Aussi, sans suivre son ouvrage comme je le fais d'habitude dans la rubrique "LU POUR VOUS", je vais me livrer à quelques réflexions complémentaires de ce qui précède.
Ne pas juger: à chacun sa morale...
Hormis le fait que je n'ai pas aimé ce livre, il y a quelques autres questions qui me gênent.
Disons-le derechef, pour moi, il n'est pas pensable que l'on puisse trouver dans l'un ou l'autre de mes livres des éléments ramenant à ma famille ou la moindre allusion aux sentiments des différents membres de ma famille: je ne peux pas admettre que, en tant qu'auteur, je puisse trouver l'un ou l'autre de mes personnages parmi eux. Pour moi, un écrivain, quel qu'il soit, doit être capable de créer ses propres personnages n'ayant aucun lien avec ses proches.
Je n'ai en aucun cas l'âme d'un exhibitionniste même si l'on me retrouve, ici ou là, dans un livre du fait que l'écrit émane de moi et qu'il est impossible que je ne transpire pas du tout dans mes textes.
C'est dire que je suis aux antipodes d'Éric FOTTORINO puisque, apparemment, il y a de longs passages inspirés par son père dans ses ouvrages précédents. Il avoue d'ailleurs (p. 81), "Il y a quelque impudeur à se citer" avant de le faire de nouveau sans vergogne quelques lignes plus loin! Des ouvrages précédents que je dois avouer ne pas avoir lus et que, sans vouloir vexer cet écrivain chevronné et connu, le petit écrivaillon de province que je suis n'a pas l'intention de lire pour avoir trouvé, dans "L'homme qui m'aimait tout bas", de très larges extraits des ouvrages précédents de cet auteur. Mais attention, je ne juge pas l'homme : je dis simplement que sa morale est très différente de la mienne et que, personnellement, je trouve à ce dernier ouvrage quelques côtés malsains.
Mais, me direz-vous - et je ne peux qu'approuver votre réaction - "Vous avez beau nous faire un sermon sur ce qui est bien et ce qui est mal dans votre éthique personnelle, il n'en reste pas moins vrai qu'Eric FOTTORINO publie chez Gallimard ce livre que vous n'aimez pas, alors que vos ouvrages sont publiés chez un petit éditeur et passent inaperçus". Ceci est absolument exact et je suis heureux de cette pique que vous m'envoyez car vos propos vont me permettre de rebondir.
Parce qu'il a un nom... tout simplement!
Car, combien de personnes - dont je ne suis pas, vous vous en doutez, bien que j'aurais d'intéressantes choses à raconter - combien de personnes, la retraite venue, souhaiteraient écrire l'histoire de leurs familles, l'histoire d'une vie, des histoires souvent passionnantes? Dans la plupart des cas, ces gens-là font appel à un écrivain public qui dit se charger de la rédaction, de la publication et de la diffusion du livre... qui ne dépassera pas les cent exemplaires... Mais dont le coût est des plus variables...
Ces autres personnes qui veulent en fait un témoignage des événements heureux et malheureux de la famille, n'omettant pas des choses plus intimes qui ont marqué leurs vies s'adressent aussi à un écrivain public parce qu'elles ne veulent pas que leurs vies s'étalent partout. Elles ont une pudeur qui les retient, elles ne veulent pas faire partager ces moments d'intimité familiale, ces moments de désespoir connus dans certaines circonstances, mais elles ressentent comme un devoir de mémoire pour la famille.
Je me demande si Éric FOTTORINO pourra comprendre ce que je veux dire dans les lignes qui précèdent.
Dans d'autres cas, la personne a une véritable histoire à raconter, une histoire qui sera en fait un témoignage historique, et a en plus une plume correcte... Cette personne réalise alors un manuscrit fort bien écrit, ce qui n'est pas vraiment le cas de l'auteur de "L'homme qui m'aimait tout bas", et commence sa course à la publication... Bien évidemment, elle ne trouve pas d'éditeur: "Cela n'entre pas dans la ligne éditoriale de notre maison", "Votre manuscrit est très intéressant mais nous sommes actuellement en pleine restructuration..." (réponse nouvelle et très prisée des éditeurs... depuis quelque temps!), etc.
Que se passe-t-il donc si l'histoire a le même intérêt que celle d'Éric FOTTORINO? C'est tout simple: lancer un auteur inconnu exige de miser de l'argent et de faire ensuite un vrai travail de promotion (presse notamment) et il est beaucoup plus facile pour un éditeur de miser sur l'un des auteurs-maison qui se vend: peu importe l'ouvrage!!! Pourtant l'ouvrage que nous venons d'évoquer présente énormément de "flash-back", qui cassent la lecture à plusieurs reprises parce qu'ils ont "manqué la marche", d'évocations qui ne devraient appartenir qu'à l'auteur qui se met beaucoup en avant dans ses citations, longues et nombreuses de lui-même. Alors?
Serez-vous surpris lorsque je vous dirai que ce livre m'a ennuyé tant sur le plan littéraire que sur celui de ma morale? Et, il en est peut-être de même pour les membres du comité de lecture de la maison d'édition, mais n'oublions pas que l'homme est directeur du... journal "Le Monde" car cela explique énormément de choses.
"L'homme qui m'aimait tout bas"
Éric FOTTORINO
148 pages - 15 euros
Éditions Gallimard
09 octobre 2009
La "Rentrée Littéraire" 2009
D'une Rentrée à l'autre avec Amélie Nothomb: un roman toujours bien écrit, vite lu et à vous donner la peur du vide!
Par François LÉGER
Les habitués de ce site, qui trouvent (presque toujours), - du moins je l'espère - en fonction de l'actualité, un certain ordre dans les mises en ligne de nos articles, se seront probablement étonnés de voir la recension du livre de la "Rentrée Littéraire" 2008 d'Amélie Nothomb "Le fait du prince" le 1er juillet de cette année, donc à la veille de la "Rentrée Littéraire" 2009! Puis, pour un étonnement total, leur aura été proposé, le premier de ce mois, la recension du livre de la "Rentrée Littéraire" 2009 de cet auteur: "Le voyage d'hiver"!!!
Est-ce à dire que "Le fait du prince" traînait quelque part? Que nenni, soyez absolument certains que j'ai fait la recension littéraire de ce livre au moment de son arrivée dans les librairies et que je l'avais même entrée en mémoire dans l'interface de ce site. D'ailleurs, à l'heure où j'écris ces lignes, la recension de "Le voyage d'hiver" est aussi en mémoire mais pas encore parue. Ce qui sera chose faite lorsque vous pourrez lire ce petit article!
J'ai pris l'habitude de mettre ainsi en mémoire ces recensions dès qu'elles sont réalisées car cela me permet alors d'aller voir les critiques proposées par mes confrères car si j'en prenais connaissance avant, je serais influencé et surtout très gêné pour écrire. Or, vous le savez, je veux garder ma liberté de plume: comme l'a écrit récemment, en substance sur ce site, dans une critique de mon dernier ouvrage, Yves PAVIE: "Cet homme est non seulement journaliste honoraire, mais critique littéraire, libre et indépendant"... Or, là le critique n'a pas fait d'erreur!
Par conséquent, si ce n'est là en aucun cas une erreur, il me faut m'expliquer sur cette démarche qui est en réalité très simple...
Comme vous le savez, je suis assez hostile à cette fameuse "Rentrée Littéraire" dont on donne presque les meilleures ventes avant même que certains ouvrages ne soient écrits, ce qui me semble être quelque peu du "grand guignol", mais un "grand guignol" qui met des sommes folles en jeu, enrichissent les éditeurs, même ceux qui ont publié de véritables navets (ces livres dont on dit pudiquement que "L'éditeur aurait dû avoir le courage de ne pas publier cet ouvrage malgré le nom de son auteur"!) alors que des livres qui "enrichiraient notre esprit", selon la célèbre formule de l'un de mes maîtres à penser, Alfred SAUVY, dont j'ai eu l'honneur de faire partie des élèves, sont restés sur une étagère parce que tel ou tel éditeur ne travaille qu'avec ses auteurs...
Mais inutile que je fasse des commentaires sur la promotion, les batailles pour un "Prix littéraire", le jeu des critiques littéraires et celui des libraires qui a aussi son rôle. De tout cela, je vous ai parlé maintes fois, mais je voulais être certain que je ne pénalisais personne par mes articles sur l'un ou l'autre et je me suis donc livré à cette petite et fort intéressante expérience qui ne pouvait évidemment pas faire perdre d'énormes ventes à la Dame des 200 000 exemplaires, mais me permettre en revanche de savoir si tous ces arguments que je vous assène régulièrement constituent vraiment une véracité, une véracité sans la moindre faille.
Il n'y a pas que le nombre de pages qui a diminué...
J'ai donc "mis au frais" la recension du livre "Le fait du prince" pour y avoir noté par exemple: "Il est assez désagréable de refermer un livre en se demandant finalement quelle histoire on a lue et en étant totalement incapable de décrire les personnages, leurs habitudes et leurs rôles... Il est toujours désagréable de rester ainsi sur sa faim..."...
Ma conclusion avait d'ailleurs été la suivante: "... Amélie Nothomb ne fait que développer devant nous une histoire dont elle tire - seule - les ficelles en nous prenant pour des marionnettes... Elle le fait certes bien, mais il serait dommage qu'elle en abuse car le lecteur s'en dégoûterait rapidement..."
Dans ces conditions, je ne voyais pas le moindre cas de conscience à retarder cette critique littéraire en attendant le crû 2009 de l'auteur Amélie Nothomb qui a certes ses lecteurs et ses critiques inconditionnels, mais aussi quelques journalistes qui ont le courage de dire du mal de ce genre de prose...
Vous avez donc parfaitement compris que je n'avais plus en mémoire "Le fait du prince" lorsque je me suis livré à la lecture la plus attentive et la plus objective possible du crû 2009: "Le voyage d'hiver"... Mieux! Je me suis refusé à relire ma critique sortie ici début juillet avant de me lancer dans cette rédaction parue le 1er octobre! Ce n'est qu'ensuite que je me suis replongé dans ce texte en voyant avec étonnement que le crû 2009 n'avait pas beaucoup changé si ce n'est qu'il n'y avait pas ici que le nombre de pages qui avait baissé!
De 170 pages pour "Le fait du prince", nous voici à 132 pages pour "Le voyage d'hiver" et, apparemment, même l'éditeur a fait un geste pour la victime achetant ce livre puisque le crû 2009 est à 15 euros alors que le précédent était à 15,90 euros... Il ne faut surtout pas ne pas réfléchir sur ces chiffres car ils reflètent parfaitement la valeur de cet ouvrage qui nous donne une idée de ce qu'est le vide.
Dans ces conditions, il est tout à fait évident que je ne vais pas revenir sur ma conception de la "Rentrée littéraire" qui n'a pas grand-chose de littéraire, mais qui est une affaire de gros sous pour les éditeurs, les auteurs connus, etc... Je ne vais pas vous tenir mon discours habituel à ce sujet!
En revanche, cela me confirme dans mes idées et notamment celle de tenter d'aider des auteurs méconnus, ou peu connus, qui ont édité "en contrat (dit) participatif" ou à compte d'auteur, qui n'ont jamais pu obtenir la moindre critique et se morfondent de voir leurs ouvrages restés dans le carton envoyé à la librairie et jamais ouvert! C'est dire que j'essaierai de faire arriver le plus grand nombre qu'il m'est possible dans ma rubrique "Lu pour vous" qui peut être pour eux une vitrine... Les personnes intéressées peuvent prendre contact avec moi par la petite fenêtre "Contacter l'auteur"... Mais, bien évidemment, il faudra avant tout s'armer de patience avant de voir arriver une critique car il est des "grandes pointures" qui sortent des petits chefs-d'oeuvre qui sont évidemment prioritaires.
01 octobre 2009
Butinons d'un sujet à l'autre...
LU POUR VOUS
Par François LÉGER
"Le voyage d'hiver" d'Amélie Nothomb: simple survol d'actes et de sentiments...
En commençant la lecture de cet ouvrage de la "Rentrée littéraire" 2009 qu'est "Le voyage d'hiver" d'Amélie Nothomb, je me serais presque vu installé confortablement, dans une salle de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, avec cet homme s'apprêtant à faire exploser un avion. Non pas que j'ai une âme de pirate de l'air, mais parce que ce garçon, ayant pour nom Zoïle, dit (ou écrit) des vérités que personne n'a jamais écrites - à ma connaissance - par manque de réflexion, ou par peur de passer pour un fou...
Et d'expliquer ainsi - avant même d'en être à l'origine - "L'Affaire du Boeing 747" et de donner les témoignages des parents ou amis de l'auteur de ce fait divers (témoignages qui sont effectivement bien souvent les mêmes d'une affaire à l'autre). Mais, ce qui m'a le plus frappé est cette réflexion stupéfiante de véracité: "Supprimez les médias et tous les terroristes se retrouveront au chômage"! Il est en fait bien évident que l'on ne fait pas sauter un avion par plaisir, mais en premier lieu pour occuper la "Une" des journaux et être écouté dans ses revendications.
L'analyse des hommes que fait Zoïle est intéressante dans la façon de présenter un certain nombre de choses comme la médiocrité, le discours des bien-pensants et la haine. La Médiocrité? "Aussi longtemps qu'on ne se réjouit pas de la chute de quelqu'un, c'est qu'on peut encore se regarder dans la glace. Se délecter de la médiocrité d'autrui reste le comble de la médiocrité" affirme Zoïle qui en arrive à la haine: "Le discours des bien-pensants n'est déjà pas facile, mais cela devient intolérable quand on découvre l'ampleur de la haine dissimulée derrière ce catéchisme".
L'analyse des gestes de notre héros par celui-ci est aussi intéressante car il veut appeler un chat un chat, que tout soit clair chez les autres et dans son âme. Pour lui, à la suite de ce crash aérien, étant données les raisons l'ayant amené à commettre cet acte, on pourra dire qu'il est un salaud, une ordure, un cinglé, une raclure: tout sauf un terroriste...
Ici, je pensais encore pouvoir me délecter d'un texte profond. Vous savez: un de ces textes dont l'un de mes maîtres à penser, Alfred SAUVY, disait en substance: "Je préfère toujours une information qui élève notre esprit"... De fait, en relisant ce qui précède, vous m'accorderez qu'il y a là tous les éléments nécessaires à un bon écrivain pour créer un livre d'un excellent niveau, prenant et enrichissant: il y a le héros, il y a l'ossature d'une histoire qui peut être passionnante et des thèmes de réflexion d'une très belle richesse...
Où nous emmènes-tu?
Mais, apparemment, Amélie Nothomb nous a servi ce qui précède comme amuse-bouches et n'ose pas écrire ce livre dont le prologue figure ci-dessus parce que cela ne l'intéresse pas ou parce qu'elle ne se sent pas capable de l'écrire, persuadée d'un fiasco annoncé?
Dommage qu'elle ne puisse apparemment pas - une année, une seule année - nous sortir enfin ce livre qui rehausserait
véritablement le niveau de la Rentrée Littéraire en France et ferait jubiler ses concitoyens belges qui, "Une fois!", liraient un livre où l'auteur ne fait pas que promener habilement le lecteur pour le faire réfléchir à sa place!
Mais, pour aujourd'hui, la voilà donc qui se met à butiner et nous emmène - avec aisance, il faut le souligner - dans un tout autre cadre avec le métier de Zoïle qui se trouve dans une sorte de "fromage à EDF" en exerçant quelque chose comme un métier d'assistance sociale! Or, dans le cadre de son travail, celui-ci va être amené à rencontrer un écrivain, (une femme assez particulière) qui vit avec une femme ayant pour nom Astrolabe.
On remarquera, en passant, un flash-back manqué (p.56). Un flash-back manqué dans la mesure où le texte ne s'enchaîne pas véritablement, le lecteur devant retourner en arrière dans sa lecture pour pouvoir comprendre le fil de celle-ci. Voilà qui est surprenant sous la plume d'Amélie Nothomb qui est une spécialiste de ces "flash-back" permettant de passer avec une certaine aisance d'un sujet à un autre ou d'une idée à une autre, ce dont l'auteur ne se prive jamais.
C'est ainsi que Zoïle va tomber amoureux d'Astrolabe et que nous allons bientôt être devant l'amour de cet homme en concomitance avec la vie de la romancière, dont s'occupe Astrolabe. Une romancière qui est une femme hors du commun - non pas par sa finesse, mais par un handicap inconnu et particulièrement lourd - que l'auteur a tout de même bien du mal à rendre crédible, voire plausible, tant existe un véritable océan entre cette "femme écrivain" et ses ouvrages. Ce à tel point que l'on peut encore se demander longtemps si la plume féminine n'est pas celle d'Astrolabe...
Mais cela permet à l'auteur d'aborder - sans en aucun cas le traiter - le problème de notre regard et de notre attitude face à des personnes souffrant d'un handicap. Qui aurait le courage de Zoïle pour dire honnêtement : "J'étais comme tout le monde: j'avais peur des anormaux. Je me sentais incapable de dépasser cette terreur primitive"?... Mais ici encore, on passe: au lecteur de réfléchir!!!
De tout, un peu...
Et l'auteur de continuer de butiner en laissant son héros dire sans plus amples explications: "Intégrer l'amour de ma vie dans le plus grand acte de destruction de mon existence"... On peut supposer que ce ne sont pas ici que des mots lancés comme des confettis mais qu'ils mériteraient un développement... Allez, lecteur, réfléchissez, on passe à autre chose...
Dans la mesure où il est aussi question d'hallucinogènes, on peut comprendre que l'auteur ignore la bonne vieille règle des trois unités du théâtre classique - "Unité de temps, unité de lieu et unité d'action"- car cela permet de passer allègrement d'une action à une autre dans un autre temps... Et de la nécessité de reconnaître que cela est bien mené, pratiquement jusqu'à la fin du livre...
Toutefois, il y a un niveau de saturation et il m'est apparu quelque peu gênant de suivre une action qui aura été l'Arlésienne de bout en bout dans cet ouvrage pour se retrouver dans le temps de celle-ci (p.119).
Cependant, en butinant de concert avec l'auteur, il m'a tout de même semblé que les idées forces de ce livre étaient, tout d'abord, à la fois l'attitude des personnes anormales et la nôtre à leur égard, un hiver d'amour pour le héros (je ne vais tout de même pas vous raconter le livre même si celui-ci fait - presque - uniquement appel à votre réflexion sur des sujets parfois sensibles de la vie), une étude entre des sentiments déclenchés par des actes de la vie et inversement tout en se demandant jusqu'où cela peut nous mener.
En refermant cet ouvrage, j'ai eu l'impression que je pouvais faire le roman que je voulais en lisant: "Me voici à bord. Les stewards qui vont mourir me saluent. Nous décollerons d'ici peu. Le printemps va pouvoir commencer". De fait, il semble évident que Zoïle va mettre son plan à exécution, mais si tel était le cas, ce serait en parfaite contradiction avec la quatrième de couverture signé Amélie Nothomb: "Il n'y a pas d'échec amoureux"...
"Le voyage d'hiver"
Amélie Nothomb
132 pages - 15 euros.
Éditions Albin Michel.
27 août 2009
Recensions
La rentrée littéraire du nouvelliste François LÉGER vue à travers les analyses critiques de ses recueils faites par ses pairs!
On ne parle généralement de "Rentrée littéraire" que pour des livres arrivant sur le marché à l'occasion de ce rendez-vous annuel de fin d'été ou début d'automne, un rendez-vous que nous allons suivre avec intérêt.
Toutefois, il va de soi que tous les écrivains animant un site culturel n'hésitent pas à parler beaucoup plus de leurs ouvrages que je ne le fais. "A quoi bon, direz-vous, faire et refaire les mêmes présentations des livres déjà proposées aux visiteurs de ce site?" En cela, vous avez parfaitement raison et il n'est pas question ici que je vous présente mes ouvrages mais que je vous livre, ici et là, une critique faite par des professionnels qui ne sont pas toujours tendres mais apportent toujours leur touche personnelle qui est une information pour le lecteur et une alerte pour l'auteur!
Retrouvez donc ici "Il n'y a pas d'âge" à travers la critique d'Yves PAVIE, responsable des Éditions du Sagittaire; et celle de "Entre rêve et réalité" avec l'oeil de "La Gazette Nord/Pas-de-Calais".
En ce qui concerne "D'ici et au-delà", encore disponible chez l'auteur uniquement, je reprendrai la plume pour vous certifier que le paranormal existe et qu'il est parfois difficile d'avoir affaire à la voyance alors que l'on ne s'y attend pas...
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Recension réalisée par Yves PAVIE
J'ai la fâcheuse habitude d'aborder les livres par leur table. A son examen l'ouvrage me semble très structuré: 14 nouvelles réparties en 3 séries sensiblement égales en nombre (4.5.5) chaque série initiée par un titre reprenant celui de l'ouvrage et évoquant les étapes de la vie.
- Il n'y a pas d'âge pour naître
- Il n'y a pas d'âge pour aimer
- Il n'y a pas d'âge pour vivre
- Il n'y a pas d'âge pour mourir
La première nouvelle narre l'histoire d'une double renaissance, celle d'un couple de vieillards qui renaît à la vie un soir de Saint Sylvestre où leur fils dans le coma depuis 11 ans renaît à la conscience. La nouvelle se développe au rythme de la pendule familiale qui a connu les heurs et les déboires de plusieurs générations paternelles avant d'égrener les problèmes du couple septuagénaire des parents de celui qui a vécu isolé du monde.
Cette première nouvelle sera comme les autres l'occasion, pour le (s) héros ou le narrateur, d'un retour sur son histoire et les valeurs qui l'ont fondée, bref d'un examen de conscience.
La seconde nouvelle de cette première série met en scène un personnage de 17 ans, la troisième un couple de 28 ans, la quatrième un homme de 5O ans. Quel que soit leur âge les héros sont tributaires d'un passé qui a forgé ce qu'ils sont à l'instant du conte. Non seulement l'auteur nous fait partager sa croyance dans le fait que chacun est le fils de ses oeuvres mais il affirme sa foi en la métempsychose. Il est très vite clair que chaque étape est un passage vers un devenir à découvrir, la mort elle-même n'échappe pas à cette règle.
Il n'y a pas d'âge pour aimer ouvre une deuxième série de 5 narrations par le portrait d'une veuve inconsolable que le dévouement d'un ami du défunt, veuf également inconsolable finira par ébranler. C'est la seule nouvelle de l'ouvrage qui se termine par un doute ou une interrogation: "Mais quant à savoir si, vraiment < Il n'y a pas d'âge pour aimer >, il faudra encore du temps, peut-être beaucoup de temps, à Martine et à Jacky pour répondre par l'affirmative'".
Les quatre autre nouvelles de cette deuxième partie, dont je m'attendais à ce qu'elles mettent en scène des personnages à l'âge décroissant tant mon conditionnement classique requiert la symétrie, portraiturent, sauf la dernière dont l'héroïne est une jeune fille de vingt ans particulièrement mature, des sexagénaires. L'une d'elles qui nage en plein Oedipe m'a particulièrement émue Un homme et trois femmes. Elle illustre parfaitement combien l'homme a du mal à se détacher de sa génitrice, la recherche dans son épouse, finit par l'y retrouver même si elle ne lui ressemble pas et, reproduisant le modèle paternel, passe le flambeau à sa fille lorsqu'il n'a pas de fils à qui le transmettre.
Il n'y a pas d'âge pour vivre ouvre la dernière série de cinq nouvelles par une histoire de moeurs villageoise, saisie sur le vif. Une veuve dont le mari s'est tué au travail retrouve à plus de soixante-dix ans la joie de vivre grâce à la prévenance d'un amoureux, transi depuis l'enfance, qui finit par l'émouvoir. Cette dernière série s'achève par Il n'y a pas d'âge pour mourir parfaite illustration de ce que l'on peut être âgé et dynamique ou mort-vivant depuis l'enfance. Comme pour faire douter le lecteur des affirmations antérieures, la nature, le tempérament semble ici l'emporter sur les artères. Tant il est vrai qu'il y a une exception aux principes les mieux établis.
Les Nouvelles sont presque toutes structurées selon un même plan, d'abord une mise en situation des personnages, puis l'événement qui n'est pas nécessairement dramatique mais constitue le noeud gordien du conte et permet son dénouement sous la forme d'une conclusion véritable < billet d'opinion > de l'auteur. Il y exprime avec nostalgie son regret des moeurs perdues.
L'auteur a incontestablement une belle plume et une culture d'une rare étendue, il faut oser faire référence au Banquet de Platon en pleine scène de village. S'agit-il d'une contrainte Oulipienne? Pour qui sait qu'il a été journaliste, qu'il est critique littéraire, et par dessus le marché personnel et indépendant, il est difficile de le croire. L'auteur Oulipien, dont les modèles sont Perrec et Queneau, est un rat qui construit un labyrinthe de mots, de phrases, de caractères (typographiques) et de sons. François LÉGER construit son labyrinthe de personnages et de caractères (humains) diversifié par le lieu, la situation et l'âge, unifié par sa certitude que chacun d'eux est soumis à une morale traditionnelle et bourgeoise que certains qualifieront de BC-BG mais qui, avec le mauvais esprit qui me caractérise, me semble BI-BG, Bonne Intentions - Braves Gens.
S'il n'était que cela l'ouvrage serait lassant tant il serait peu dans le vent ou la simple expression d'une éternelle querelle générationnelle or il interpelle le lecteur tant l'humaine matière est constante et est un perpétuel recommencement. Surtout la fréquence des happy ends des nouvelles est un message d'espoir qui remonte le moral et nous aide à surmonter les doutes et passer les deuils, ce dont nous avons bien besoin par les temps qui courent.
François LÉGER a incontestablement l'expérience de l'Homme. J'en donnerai un dernier exemple qui touchera ceux qui fréquentent les Salons du Livre qu'ils soient auteurs ou lecteurs, c'est-à-dire la grande majorité de ceux qui achètent des livres, tous ceux pour lesquels un auteur ou un critique écrit. L'avant-dernière nouvelle se nomme Écrire sans trop savoir lire! Quel humour dans la description du comportement des visiteurs du Salon. "J'ai été très surpris par votre style, certes irréprochable, mais peut-être d'une trop grande qualité..." ou de celui qui déclare revenir dans un instant acheter tel ouvrage dont il complimente l'auteur mais dont ce dernier sait d'avance qu'il ne l'achètera pas. Quelle dérision dans le portrait de l'auteur à succès qui n'a jamais écrit une ligne, le grand sportif dont l'ouvrage est entièrement écrit par son < nègre >, je veux dire celui de l'éditeur ou enfin, c'est le comble et la conclusion de la nouvelle, dans la déclaration, pleine de succès, de celui qui n'a jamais rien lu car il est dyslexique donc d'une intelligence supposée supérieure à celle des autres et a en conséquence beaucoup à dire.
J'apprécie particulièrement les Nouvelles, elles permettent au lecteur l'abord en un temps court d'une oeuvre achevée, c'est pourquoi je m'étonne toujours de ce qu'elle n'ait pas plus de succès à une époque où la télévision empiète de plus en plus sur le temps consacré à la lecture. Avec ce troisième recueil, à lire pendant les vacances et l'hiver au coin du feu, et chaque fois que le < moral > est en berne, François LÉGER confirme être passé maître dans l'art de la Nouvelle.
Yves PAVIE
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Critique parue sous le titre "Rêves éveillés" dans "La Gazette du Nord/Pas-de-Calais".
Ce recueil de nouvelles de François LÉGER raconte de petites histoires, celles de journalistes confrontés aux écueils de leur métier, celles d'amoureux, de parents, de personnes âgées. Tous se regroupent autour des valeurs chères à l'auteur: la sincérité, le partage, le respect. "Des valeurs qui donnent un sens à la vie et permettent de rester debout face à l'adversité, en un mot: d'exister". Poète de la vie ordinaire, François LÉGER livre des récits d'une extrême sensibilité assénant parfois quelques vérités que l'auteur, journaliste dans la vie, doit brûler d'envie d'écrire dans ses articles.
Lorsque l'un de ses personnages, journaliste de province, semble perdre la foi devant la réussite de son fils, grand reporter, quelle n'est pas sa surprise lorsque son fils lui dit son admiration et sa volonté de se réorienter comme son père. "C'est vrai les Français sont versatiles et assez égoïstes, mais ce qu'ils ne savent pas, c'est qu'ils sont nés avec le bonheur dans leur berceau", explique-t-il.
Conscient des difficultés de la vie, François LÉGER essaie de montrer que l'espoir est en chacun de nous, même dans les pires moments, dans le deuil, dans l'abandon. Une fois refermé, ce recueil continuera de vous habiter: parce que vous connaissez des personnes décrites dans ces lignes, parce que vous partagez ces valeurs, parce que tout simplement l'émotion vous gagne au fil de la lecture: François LÉGER n'est pas seulement un auteur, c'est aussi un formidable archer qui vous touchera en plein coeur.
C.M.
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Des nouvelles crédibles et plausibles?...
Oui, celles constituant le recueil "D'ici et au-delà" le sont toutes, malgré ce titre ambigu...
Pourquoi avoir intitulé cet ouvrage "D'ici et au-delà"? Un recueil de nouvelles disponible uniquement chez l'auteur qui a enlevé tous ses droits (y compris tout droit de commercialisation), depuis maintenant deux ans, à l'éditeur de ce livre! Là est la question à laquelle je vais essayer de répondre aujourd'hui en m'appuyant sur une récente conférence ayant pour titre "L'art de la nouvelle" que j'ai donnée, il y a peine quelques semaines, ce qui vous permettra de mieux percer les "mystères" de ce recueil de nouvelles qui a été mon premier arrivé en librairies et qui, s'il est fait différemment de ceux dont mes confrères vous ont parlé ci-dessus, ne me fait rougir en aucun cas...
De fait, il s'agit là tout simplement d'un recueil de nouvelles parfaitement classique qui n'a rien à envier à un recueil de "Short stories" chères à nos amis anglo-saxons ou à la "Novela" de nos amis espagnols et italiens. Beaucoup de ces recueils sont en fait une compilation de nouvelles construites sur des thèmes différents qui ont pour titre soit celui de la première nouvelle de l'ouvrage, soit un titre bateau comme "Voulez-vous de mes nouvelles?", mais cela ne gêne en rien les lecteurs de nos pays voisins à partir du moment où chacune des nouvelles répond aux règles strictes régissant cet art littéraire où chacune d'elles est un morceau de littérature bien composé.
Je veux insister ici sur le fait que la "Nouvelle" est bel et bien un genre littéraire et qu'elle ne mérite son titre que lorsqu'elle répond aux règles de sémantique, de linguistique et de stylistique qui sont les siennes. C'est dire qu'il faut que ceux qui ne connaissent pas ce genre de littérature - comme de trop nombreux libraires - cessent de clamer qu'il s'agit de "petites histoires"... Oseraient-ils parler ainsi des livres d'Anna Gavalda, nouvelliste française de 39 ans au succès incontesté? Pourraient-ils traiter ainsi des recueils de nouvelles de Marcel Aymé, du nouvelliste français Régis Jauffret, né en 1955; du nouvelliste américain - qui a l'âge de celui qui écrit ces lignes - Pete Dexter; sans oublier des plumes comme Alex Garland, britannique né en 1970? ...
Mais, que l'on ne s'y trompe pas, ces auteurs contemporains n'ont rien inventé, ils sont tout simplement les héritiers de "petits écrivains" écrivant de "petites histoires" comme Balzac, Flaubert, Maupassant, Prosper Mérimée, Tolstoï - mais oui ! - l'écrivain Adolfo Bloy Casares (né en 1914), écrivain argentin dont l'oeuvre principale est constituée de nouvelles policières... C'est dire que l'on comprend mal cette sorte d'inhibition des Français pour ce genre de littérature, tout au moins à en croire les éditeurs.
Le paranormal peut parfaitement être crédible et plausible!!!
Cela étant dit, je reste persuadé que la nouvelle doit être crédible et plausible et qu'elle doit présenter des personnages forts, complètement impliqués dans les situations que va vous proposer l'auteur. C'est ainsi que, pour ma part, je ciselle et peaufine mes personnages qui vont être ceux de la nouvelle que je suis sur le point d'écrire, ce qui me mène à penser que mes personnages ne sont pas interchangeables: vous ne trouverez jamais le même personnage dans plusieurs de mes nouvelles car il est une partie intégrante de la nouvelle pour laquelle il a été créé.
Comme tous les nouvellistes, je fais en sorte que le titre de chaque nouvelle soit incitatif et non pas informatif car il va de soi qu'une nouvelle bien menée doit prendre le lecteur à la première ligne pour le mener à la dernière où l'attend une surprise, un basculement, qui explicite le titre.
Cela étant posé, je pense m'être parfaitement acquitté de ces tâches en écrivant "D'ici et au-delà" et que le fait d'y avoir évoqué quelques phénomènes que nous considérons comme étant des choses inexplicables (qui ne sont pour moi seulement qu' "inexpliquées" dans l'état actuel de nos connaissances) ne devraient pas gêner le lecteur. Un lecteur qui se doute bien, en ouvrant un livre ayant pour titre "D'ici et au-delà", qu'il va y trouver des choses qui le surprendront. Toutefois, je tiens à préciser que tous les événements "paranormaux" que vous y trouverez sont réels pour les avoir vécus, sauf deux d'entre eux... Parmi ceux-ci, il en est un connu de tous les vieux habitants du Touquet-Paris-Plage (l'une de ces plages favorites des Parisiens) et l'autre m'a été narré par une de mes belles-soeurs qui ne croit pas à toutes mes "fariboles", mais ne veut plus en parler aujourd'hui car elle en est à chaque fois toute retournée... sans pour autant être convaincue qu'elle ait pu vivre cet événement!!!
Bien évidemment, si, dans "D'ici et au-delà", il n'y a que des histoires vraies, elles sont toutes contées de façon à ce que les personnes en cause ne puissent en aucun cas être reconnues... Cet homme ayant assisté à son enterrement existe (c'est un ancien espion français qui, "grillé", a été obligé de disparaître pendant plus de vingt ans pour sa sécurité et celle de ses collègues... Mais vous lirez cette histoire : c'est la première du livre!)...
Cet homme qui, brutalement, voit la mort de son frère alors qu'il n'y a aucune raison pour que cet homme en bonne santé vienne à disparaître, flash de quelques secondes peut-être, suivi d'un second flash de l'enterrement, oublie rapidement cette rencontre avec la voyance. Mais, que dire lorsque, le lendemain matin, il apprend que son frère est décédé dans la nuit? Cet événement est vrai, mais présenté de façon à ce que la personne en question ne puisse pas être reconnue: l'événement est décalé, mais véridique... Toutefois, je sais que certains lecteurs m'ont reproché de ne pas avoir donné d'explications à ces phénomènes dits " paranormaux", mais je ne possède en aucun cas l'explication, je ne fais qu'un constat placé dans une nouvelle dont la construction ne souffre en aucun cas de cette absence de réponse: c'est une nouvelle finie, travaillée et composée comme tout morceau de littérature...
Si vous voulez en savoir davantage, n'hésitez pas à contacter l'auteur - par la petite fenêtre idoine du site - pour vous procurer cet ouvrage...
François LÉGER